‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 42 sur 494 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Comment furent gagnés les faubourgs de Eoye sur les

dauphinois.

Dore fut ceste première envahye et grande la cryée à deux lez. Ny ot ceiy qui ne monstrast cuer non desbaretté et fier visaîge à son compa{pion. L*escarmuce croissoit tousjours et enaigrissoit, comme la bataille approehoit plus et plus ; et ne tendoient ceulx de dehors que à logier au plus près des murs de ceuix de dedens pour les espoventer. Laquelle chose appercevans que à ce véoient , non pavoreux de les recevoir, vaillamment -saillirent dehors les aucuns , et laissans leurs murs garnis d'aigres et aspres gens, vindrent à la porte à cheval et à pié , et là par ung très orgueilleux mortel encontre vindrent à la deffence d'ung fourbourg joignant de eulx, que ceulx de dehors barguignèrent en fel et dur péril. Fiers estoient à deux lez, et en cestuy premier encontre ensemble , aigres tous deux. Si y avoit de rudes cops donnés et de périlleux hurs de lances et d'espées Tung sur Tautre , dont les haubers ne lesharnoisne porent oncques garantir les corps qu'ils ne respandissent largement sang. Gbascun s'acquittoit endroit soy, et craignant lahonte d'estre vaincu s'efTorçoit d'acquérir los de vaincuer. Si en furent les vaisselaiges entre eux|plus durs et plus mortels. Finablemen( toutesvoies ceulx de dedens ne porent porter le fès des assaillans , mais à perte aucune de leurs gens furent reboutés aigrement en leur fort, que mestier leur faîsoit bien de fremer bientost , car on les eust sievy de près. Si demoura gaingniéleur fourbourg à leur grant mes-aise, et y logèrent les dis de Tavant garde , et tantost après tout autour d'eulx toute la battaille.

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