CHAPITRE XXIII
Gomment après rudes combats les dauphinois de Roye proposèrent Iraiclè , lequel traiclé fut accepté.
L ost ainsy asscgrise , et place prinse en plusieurs autres fourbours et maisons qui y " estoient , le comte de Ligny prinst son logis en ung villaige à demye lieue près, et ordonna son siège bien clos et bien scur ; mais pour fah*e plus valeureux et plus kW ex- J
ploict de leur entreprinse , envoya le seigneur de Humbercourt , bailly d'Amiens , très aigre et très fier honune , à Amiens et a Corbye requerre leurs citoyens d'envoyer aucuns canons et gros veuglaires qui y estoient, et autres plusieurs instrumens de guerre, pour livrer assault avec un nombre d'arbalestriers. Dont rien ne fust refusé , mais accordé lyement. Envoya aussi à Douay, à Arras , à Péronne , à Saint? Quentin , Noyon , Montdidyer et autres villes de l'obéissance royal , semondre aussi et re^ qucrre les arbalestriers d'icelles , qui tous dilr ligemmelit furent tramis audit lieu et volontiers par les officiers et gouvemeivs de chascune sans desdit. Fiers durement se maintenoient ceulx de dedens , et ne monstroient pas semblant d'estre espaourés de menasses. Aussi ne furent pas moins aigres les assiégans de leur préparer toute mortelle envahye , et de leur certiffier honteuse mort à ung arbre s'ils se laissoient prendre non rendus. Qui n'en firent ne plus ne moings pourtant , car estoient tous duits de guerre , et estoient passés autresfois par autres semblables destrois. Si se reconfortèrent en leur aventure et en la vertu de leurs couraiges ; et disoient que tel nyd n'estoit à rober sans l'acheter bien chier. Puis entre deuxvoloientet rcvoloient quareaulx et gros cailloux, dehors et dessus ces creneaulx *, dont qui en fut attaint n'avoit , si mort non , ou afolure. En cest estât se comportèrent deux ou trois jours jusques les engins et gens des bonnes villes d'icy sus furent arrivés. Lesquels sur pies furent très aigrement dreschiés et mis en œuvre par tout où il besoingnoit, et les bombardes afustées en plusieurs lieux et les gros veuglaires. Le comte valeiu'eusement fist batre les tours et la muraille en son plus foible; et sur le copfaict, tansiosten fist redoubler en autre de veuglairc pour leur dépendre qu'ils ne bouchassent le trou. Dont tel fois fu qu'il en y eut des aitains , tel fois que non. Et en telle manière, pour nulle part leur souffrir avoir repos , furent salués par tout à Tentour ; dont grandement furent iraveillés de corps , comme bon que povoit esirc leur couraige. Si en y ot d'aucuns à qui il sembloit que Tassault se povoit assez bailler scurcmcnt , et que la difficulté n'y estoit point
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qu'on ne les proist bien oiillres. Si en parlèrent audict conic, Icitr cupiuiine, à qui plaisoil bii?n leur i>on vonloii' ; mais non veiillunl meilie lunt du noblesse h perte snns bctoing, et encoiros contre autres noblos liommes, (\m se vetidroient en ce cns bien diîèrement certes, il diH'éra l'assmilt ; et coiignoissant que assez les povoitespoanter par leur donner continuel traveil par ses engins, les espcroit bien ù vaincre al les avoir par autre manière plus seure et à moins de péril , combien (]uc de menasses leur faisoit paour assez il dire el faire semblant de les assaillir. Finablemcntle traveil leur esloît importable et le secours hors d'espoir. Sis'avîsèrent dedemander parlement et d'offrir traîctié ; et de faict par aucunes iii^t.inces tant firent que te traictié s'y trouva ,