CHAPITRE CLXXIII
Comment le roy cl le duc , après plusieurs préparatoires de guerre , par renhort des gens de liieD , firent parlementer de la paix.
Or avoit le roy sa puissance toute preste à Taultre lez ; et ap(M*ocba çà bas pour résitter au duc Charles ; et estoit tout son effort et son préparement de fier encontre. Et cooibrini que , au lez vers Bretaigne et Normandie , il avoit à pourvooir puissance en pareil comme ici, toutes-fois si amena-il tel eiTort par declii et de si grand espoir, pour livrer guerre as duc Cliarles,que la pité eust été criminelle, si reflect en fust en$ievy. Dont^ et pour ce qu'envers ce lez et du costé de ce due de Bourgoigne tout l'aguet du roy pendo^t et de son bien et de son mal , ce savoit bien, ec que là devoit avoir principalement son œil , ly-mesmes y voult transporter sa personne et soy apprécier d'autant près qu'il estoit possible et faisable. Et là où anltre part il poiivoil guerroyer contre son frère par commission de capitaines tels et tels , ici il voloit quérir et prendre son advenlurc en sa propre personne ; car lui sambloit bien qu'il lui faisoit bon besoing, et que c'cstoil le lieu et Tomme là où il convenoit ciiic tout se monstrast ce
que avoit en ly de sens et de venu , mesme-
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ment en tous les endroits de fortune prospère et adverse. Car pour venir à la {guerre , si ne pooit-il à nul lez trouver dur à faire que ici. Si séoit bien doncques , et lui sembloit bien juste chose , qu'en ung tel lieu , là où pendoit toute la gloire et tout le pois de son royaume, et là où il savoit ung tel homme devant son front , digne de susciter et de commovoir un monde par son ost, que ly-mesmes meneur d'ung ost deffendeur , présentast sa personne là où il considéroit la gloire ou la ruine de son royaume. Et combien toutes-fois que la guerre çà et là y estoit délibérée , à Testroit venir, et que en tel appareil si prochain Tung de Tautre chacun fust assez réconforté en ce qui lui en pooit tourner à péril , les deux parties nientmoins , le roy et le duc , espoir par divine inspiration , et par fréquent enhort aussi des sages et preud'hommes, premier que venir à confliction ne à Taspérlté du meschief , se misrent en devoir d'envoyer Tung vers l'autre , et d'essayer par paroles si leurs deux contraires animacions et felletés se poroient mitiger et ung peu radoucir par moyens. Dont, se chacun de sa part voloît ung peu entendre à raison pour ung boa commenchement, les moyens poroient de^ venir cause d'une fructueuse joyeuse fin, entre les deux parties , salutaire. Et estoit en partie ceci principale cause pour laquelle le roy se vint tenir à Noyon, afin d'estre tant plus près pour les allans et venans entre deux. Car, par le consentement des deux princes, la place de parlementer ensemble estoit ordonnée à Han en Vermandois , ville appartenant au connestable, qui icy laboroit et veil« loit de tout son sens.