‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 460 sur 494 · CHAPITRE CLXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXXV

Commeot ce oiuvdire fut |iracti«|uié ei^tre quatre j^er^ sonnes, et comment ïj^ s*avisèreat d^ le ouettce ht exécution.

Or a esté practicquié ce murdre entre quatre personnes , là où il a esté longuement celé et couvert. Et messire Baudewyn , qui devoit esure cliief de ceste euvre et le principal facteur, long- temps alla musant et songeant comment et par quelle manière ceci se pourroit faire i et après le cas perpétré, la manière aussi de soi saulver ; quist diverses voies et subtiles, et prépara tous ses projets de longue main. Et par espécial à Hesdin.,, là où le duc estoit en long séjomr, s'qu devoit^ fajre l'exécution, ce sembloit, pour cause^ que' le lieu estoit plus^propre que Qul autr^, tant pour la sauveté des acteurs^ comme ppur trouver le corps du duc plus à son aise , e.t en lieu apt à ce pour le tuer, à cause du parc qui est une desvoyable forest, et là où souvent ajloit comme tout seul et ^ très peu de gens , et comme ce duc Charles amast fort ce bastard , messire Baudewyn , et lui cornpleyst beaupop , et messire Baudewyn, estoit tousjours aveucques ly , là ou iit s'afl^eutoît, et pour tant Tavoit plus belle faire aussi. Or n'y avojjt ppiqt encore de marchié ferme entre le roy et messire Baudewyn , parquoy il besoing:n,oit^ ce lui sambloit, ainsqpe plus ayant procéder , savoir ce que le roy lui feroit , et quelle s^ureté il aroit de ses pro-r messes. Si s'aviâèi;ent Jehan. d'Arson et ly , que , pour venir au parfaict , nécessairement il convenroit avuù*, aveucques eulx et de leur: apcord ung chevalier, messire Jehan de.

Chassa, du comté de Bourguigne ; et estoit d^ l'ostcl du grant bastard de Bourgoigne , geii-*. til , gallant, de plus grand cuer que de popic, et de plus grant port qu'à son appertenir ;, estoit chambrelen aussi en ordonnaaco de Tosiel du duc, et bien eu giace. £t cestiii

filievalier, tant firent ces deux dewyn, et d'Arson , qu'ils le tirèrent ù leur accord; et de fait lui boutèrent en teste que ce seroit cely qui s'en iroit devers le poy , sans retourner, fa'rgnant de devenir Franchois, commi; par dechà ne se pooit plus entretenir , pour les grandes debtes qu'il devoit en Tostel du duc as marchans ; et lui venu devers le roy , qui lui feroit des biens beaucop , et le recevroit joyeusement , feroit le niarchié de messire Baudewyn aveucques ly, tout ferme, et puis après le lui slgnifieroit par homme lîable; et de là en avant, il eniendroit au parfait. Comme doncques ceci fut conclu entre eulx , fut aussi mis à eOect. Et messire Jehan de Chassa trousse ses quilles et s'en va tout droîct devers le roy , qui lui fit bonne ctiîère , et lui donna estât et pension , comme j'ai dict cy-devani. Et à cbief de pièce , le roy estant en Amboise , ung jour qu'il alloit à la chasse , fut parfait et conclu le marchié et l'appointemeot entre te roy et messire Jehan de Chassa , de messire Baudewyn, tant seulement le seigneur de Crussol présent ; et icely appointemeul devoit on signifier audici messire Baudewyn, car n'y aroit point de faulte.

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