CHAPITRE CLXXXIV
Du retour de Jehan d'Arson qiii ^voil esté devers le duc de Bourlion , et de ce qu'U avoit besoignié pour le bastard Baudewyn.
Or venons à matère. Ce Jehan d*Arson doncques , après avoir fait ce qu'avoit de charge de son maislre le duc de Bourgoigne , et obtenu devises aveucques le roy, teles que avei oyes , fit son retour devers ledict duc , son maistre , et lui fit relacion sur Testât de ce qu'il avoit besoingné aveucques le duc de Bourbon ; mes ne descouvrit point pourtant le malvais corrage qu'il avoit devers ly, et de quoi il avoit tenu parlement en son contraire. Si coule et lesse tout ceci, et viens à messire Baudewyn, le bastard, qui fit grand feste du retour de costui , en espoir d'avoir nouvelles du roy, d^aulcone recoivre , laquelle il désiroit fort. Si lui conta Jehan d'Arson , du long et du lez , les devises en quoy le roy l'a • voit mis ; et lui avertissoit que 8*il voulcjt entendre à complaire au roy en telle matère, la rétribution eu seroit si grande qu*à tousjours il s en sentiroit ; et lui aideroit à mettre en ses mains bonne ville ou pays du duc Chartes ; car y aroit largement grand butin pour beaucoup de {;ens, quand à cela venroit. Si s'y acconla prostenieiit messire Baudewyn ; et di:)t; par ses bgus dieux! qu'il oseroît bien
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emprendrc la chose , et la mellre à effect , nonobstant qu'il portoît le no;n de sop frère bastard. Mes dire f^ult que ce lui mpvoil d'ungj mauvais sang et d'une desléale faulce pâture , quancl encore 9 n'eust esté que son maistre çt son nourrisseur ^ d'entendre à tel mur^re. Est vray toutefois , que Ten a trouvé depuis^ et attaint au vray, que Torij^inal comipenchemeut c|e tout cecy fut practicquié et pils avant par le sei{]paeur de Grussol , png çbev:^* lier prochain du roy et bien à sa niain , et lequel chevalier le roy avoit envoyé devers le duc Charles , à Lille , assez tost après sop retour de Liège en Frapce , pour entretenir , ce faisoit à croire , amour et. union çntre le roy et ly , et y faire chose de grand fruit ; e^ le cuidoit chascun ainsi , et le duc mcismes tout tel ; mes en faisant assez long séjour par dechà, epTos^l du duc, et ep allapt cke ville à aultre aveucques ly , ledict chevalier s'accointa fort de piessire Bj^iude^yn ; et fprent souvent en priyées solitudes ensen\bi[e et en estroites devises ; ei là dict-Von que le ptre^ mier compact fut faict de ceste bonne euvre. De par Dieu 1 et se trauvèr^al deux malvais d'uDg commun accord en malice. Et maintenant, quand Jehan d'Arson s'est trouvé de-, vers le roy, et accueilli du sei^eur de[Cru^ sol , qui jà avoit basti tout le ca& , et e&toit ce Jehan cogneu esti*e privé et bien à main de messire Baudewya, le roy hardiement, aveucques le moyen du seigneur de Grussol, s'en desconvrit à ce Jehan d'Arson , lui vcmonstrant comment il estoit de soa royaulme et son subject, et qu'en ly se devoit mieulx fier qu'en ung estrange, et luy aussi estoit tenu de voloir son bien et de son royaulme devant nul aultre ; et pourtant , comme ce duc estoit l'omme du monde que plus devoit hayr , et dont ly et sa couronne avoient plus porté et receu de foule , et dont il ne se pooit vengier à son bel ne à son appétit , ne désii*oit que sa mort, comptent que ce feust, mes qu'il en feust quitte. Ce furent ici les argumens et les couleurs du rey , dont il persuada ce Jehan d'^Arson ; et par dcdéance qu'il f esoît du duc Charles, justifia sa cause estre belle, ce que non: mes se procura uqg grand biasDaie, jàsoit-ce que aultrefois, seipt ans par savant,
avoit proGijuré tout h^ «M)|rI^i ^ \%}»-
lard de Beubeppré , qpi ep fut pris et rafrlaint du vivant du père , le dw? Philippe», comme le conte ep a esté faict en son Ueu, et par quQy piainienant je m\ïK déporte.