I MAL PRISE
est f^it fust non f JÎt, tu n'nroics occasion d'on- Irer en cesl argu , ne moi de me meitro en les danyiers, là où tu conlens de me tenir dos. Me poise bien toutesvoies, et le t'ai dit assez , que ù dur et rt'([rol je me ireuve droit cy, paree que nulle solucion , tant puist estre véritable, no porra estre doirtable k Toye. Et pourtant en amasse-je mieux le déport, et que l'aclcur, entre toy et moy, f osl demouré cause de nostre non ai'guei-. Or n'est-il auli-ement, et ne se perent paroles revoquier, qui tant sont amples et manifestes partout que uliasctm les porte conceues. Si convient passer par cesiui destroit que tu dis , ou y laissier l'acteur enfondre ; car de fuite ne d'eslonge n'y a-il point. Il v convient ou pendre ou rendre. Constraînt,doDie, et contre ctsur je me dispose à y passer parmi, en toi requérant que, à si légier que lu me verras passer oullre, que à si légier lu le veulles contenter de moy, sans moy y faire rentrer cop après autre ; car ne me plaist point le louj^uemeul y arresier sus, parce que l'aciivîté courte t'y doit estre iiussiaggréable comme à moy propre.
Voirement accuse l'acteur François de cliarà gc que donné ont à son maislre à tort, de qitoy marri, comme raison vtult, lejusliOe et le profère celui du monde oii moins a de reproce et plus de nobles condicions , par contraire de la charge que à lui imputent. Dont, et qui voudroiL avoir spécitié quelles charges : on re{;arde , et preigne-on recort qnellcs ou lui a données à cause de monseigneur le daulphin , dont ne mors , ne vivans , ne angels , ne hommes , ne le sauroient raltaindre. Car qui a mengié son pain, jus<]u'£i un;; petit chanteau , en lionneur et proudommie , et qui a mené son jeune llourissant ôage volage et légier jusqu'au terme de haults glorieux vieux jours , Ions nets ol impollus, est vraisemblable et digue de croire, qu'cmis lerniruit la clarté de si longue régnacion glorieuse sur le bord de sa fosse ; combien que vous, seigneurs ffaoçots, souventesfois el assez, dont c'est pilé , lui avez douné des occasions assez légitimes pour le despasser ; (jui toutesvoies s'est contenu mérituiremcnl en vertu , là oii excusablemenl el à lilirc Iiobnestc povoil traire à la voie oblique. Muie
ata
plus s'y est porté bien . plus y est rsprouvi bon ; et en lire tant plus gloire, quand, ne e dur ne en folble , oncques légïèrcment i obéi aux passions , jusqu'au dernier, là oV constrainte d'onneur ou de péril le perftjri^ çoient de soy deffendrc.
Si a bien dit l'acteur voir : > que pour ton) l'avoir et seignourie du monde, non pas poui Dieu mesme ne pour son pai-adis, ne vouldrdl faire faute •; entendant que Dieu ne l'enr^J querroit jamais , et que paradis n'est point 1 obtenir par ce mesmes ; mesmes sont tauiut et telles opéracions contraires k Dieu et I salul. Dont, après l'avoir ainsi justifié par VI causes propres, il tourne le visage envers 1 vous et dit :
Tournez, virci, perquérez ses légemles.
Le droit , l'enTcr» île m vie honniirèe ,
Comme s'il vouloit dire : » Vous n'y Iroti^l vercz riens qui à reprendre face ; mais i' foillant ses faultes et amendes , quand v aurez tout qois , et riens trouvé ,
Yeci l'estroil point , daire , où lu dis qae'l l'acteur charge évidamment François d'onneu " mesfuil , par ce qu'il dit ; - Rctournez-voai sur vos propres kalendes, sur vos propres fais qui sont cscripls et enregisti'és , cav ceux-là vous feront taire d'auUruï. ■• Ot».^^Ê dame , ce qui escript est et tant publié , K^^| convient biin qu'il demeure; et jilus OK^^H possible de le réparer par bonne interprélacion, que de l'anéantir tout et ettaindre par désavoer l'oeuvre. Kalendes, lu scés bien , dame , est une diction qui signilie mesure de temps générale sur tous les mois de l'an, et soubs laquelle les mois sedistlnguent l'un de l'autre. Or dit l'acteur: "Retoumczvous ù vos propres kalendes, aux heures, aux jours , aux mois des années passées , où choses diverses sont avenues en ce royaulme , et dont la lecture se pent trouver es livres, Retourne &'Vou& vers icelles, comme en qui vous deves avuir vosire confidence ; car sont faites et escriptes de ceulx de vostw J parti , (le ceulx qui vuus fuveurent et majjnir I fie' vivent de vos gi>iges et bienfa». f
k ia'lleâ et les visilcsi 1
SM
EXPOSITION
maisYonsn'y trouverez rien qui blâme luisoit , ne qui le repreuve de nul mésus. » Et n'entend point Tacteur , dame , blâmer ne ung tel , ne ung tel , ne ramentevoir ne relever rien du vieil temps, tant soit pou \ mais seulement que devez avoir recours à vos propres escrips et escripvains, qui sont devers vous ; dont la lecture, par ceulx qui en ont veu tant de deçà que de là , est assez proférée , est assez publique quelle elle est.Conune se Tacteur voulsbt dire: «Je m'ose bien fier es escrips de vos propres historiographes , que vous n'y trouverez riens mal, non plus que nous. » Et monstre bien cela parla chose qu'il adjoint après :
L'on nous dit bien : Ciel et mer ont durée ,
Biais plus possible est demain tous deux rompre|,
Que son hauK cuer de mauvaisté corrompre.
Là monstre-il bien'qu'il ne vuide point de ^es termes , et que tousjours a son regard en ung lieu, combien que la figure qu'il fait du ciel rompre avec son cuer, n'est mot évangélique ne article de la foy ; mais il le dit par une manière de conformacion de saproudommie et léauté , en quoi il est résolu pour morir premier que les rompre.
Dame , doncques puisque une chose peut avoir deux entendemens , et que Tacteur en prent devers lui le meilleur, n'est pas de nécessité pourtant que celui qui reste, mauvais et poingnant, soit imputé à l'acteur à charge, quand sciamment il désavoe et révoque tout mal dit, et souverainement en la personne royale. i
Et que ceci vray soit, l'acteur le monstre en son cinquante-huitiesme article , là où il dit :
Ne tous T08 clers , ne toutes leurs contreuTes , Ne tous les haulx engins qui tous soustiennent, Et fussent ils plus habondans que fleuves , Plus infinis que les gouttes des pleuves Et plus subtils que ceulx qui d'enfer viennent , Se|contre*honneur et vérité ne tiennent}, Faire apparoir eulx tous ils ne saroient , De quoy d'ung grain sa gloire terniroient.
, [ Cecy met l'acteur notamment et tout de gré rencontre de pluscurs clers et officiers , non tous p mais aucuns haultement promeus , qui non nobles ne de sang ne de meurs , occupent les sièges et dignités souvent en court des vrais nobles en cuer et en fait ; et les ac-
compagne naturellement plus volenté que raison, plus affection oblique que discrécioB grave , par flatterie , par complacence , par regart à privé bien/et parce que la grâce da monde leur est plus quise que la gloire de Dieu par vérité essourdre.En contre telles gens doncques, met l'acteur ce qu'il dit : « Ne tous vos. clers, ne toutes vos contreuves, ne sauront riens mettre avant, comme ioings ne parfont ils le voisent quérir , de quoi ils puisseûi ternir sa gloire , de quoi ils ptussenC noircir sa renommée , ne de quoi ils le puissent prouver avoir délenqui encontre honneur, ne encontre debvoir;, ne encontre équité nulle. »Si te dis , dame , que sans que désormais tu me mettes guièresplusen question, moy mesmeste veul mettre en termes les articles qui encore y restent scrupuleux , pour Unt plus abréger nostre procès, qui jà longuement a duré. Et saillant de Time clause en l'autre , viens au cinquante-neuviesme article, là où l'acteur arguant encontre François , dit :
Mesmes le siècle et toutruntTers monde Vous excepté , le tiennent à proudomme Et n'a hault roy ne prince haulc eo la ronde Qui tout son temps ne Tait tenu la bonde Dont d'amour vrai se trait la pure gonime. Vous donc hellas que le siècle, tant nomme Haulx et fameux , et le juste aggravez O et pensez quel los propre y avez.
Ès deux premières lignes de cestni conpplet, Facteur, en confessant renvicdesFVaDçois et leurs haynes, remonstre la grâce que a de Dieu et du monde son maistre , qui est tenu et jugié à proudomme de tout le siècle et de ce qui estdedens, roys et empereurs, les quels Tout tenu et tiennent le coflFre d*oo* neur et de hault los. Par quoi , condoléant en François et en la régnacion d'aujourd'hui , dit suspiramment :
Vous donc , hélas ! que le siècle tant Domme Haulx et fameux , et le juste agraTez , O et pensez quel los propre y avez !
«Vous les François qui estes *sihaulte et si glorieuse nacion que nulle vostre pareille , et aggravez et chargiez le juste , l'avez en liayne et en despeclion pour sa (glorieuse fortune, ruez et machinez en sa ruine par envie , qui riens toutesvoies ne vous demande ne empesoe.
Sun YÉniTÉ MAL PUISE.
ism
mais fuit vos mains belliqueuses, vos exircmes cheval cure uses puissances , et renon^'aiit à ficrié et orgueil enconlre vous, vous offie service cl révérences humbles : o ! pensez quel los vous vous acquérez en vous [ienir en ces termes devers lui. " Comme s'il voloit dire : " Vous vous'eD faîtes blâmer par tout le monde , et commettez vos âmes en grand péril. -
■ ENTE?iDESE^T.
-; Or sai je bien que cy après, en son soi\anliesmo uilicle, il y a unj> mot qui le cuit beaueop, dame, et le quel par aventure tu noies cstre assis en tout excès d'outrage et de fel orgueil.|Si^désire bien^à l'en eselarcir ungpou la fiuilaisie, comme qui sai bien, que tu y nmses bcaucop, et est ung des principaux points sur quoi plus tu arrcstes ; là où il dil :
Lui moDYoir f^ierre il tous esi bien possible , Don! le poiirCt gisi celé en Torlune , Mali le la cause en eat jusle et loisible , Ne «'«lie est moins à Tnire ou plus liii«il>[e, (kla fcel Dieu qoi règne iiir la lune. Mais soit ou dÉre , ou noire , ou loutc brune . Quand vous vendrez pour sa linulleur contondre , Il est non roy mais duc pour voua responJre.
Et ne dil bien vrai racleur, dame , quand il dît : que mouvoir guerre à son maislre vous est bien possible, puis qu'il est en vostrc franc arbitre!; '"^'S '' ("^ après : que le pourfil qui enpourra venir à vostre part, cestui Ucerlainement n'est point sceu', |car il gisl celé en fortune -,
Mais se la rause eneil JitiIeonloiiiMc;
Oua'clle est moins iiOiire ou plus laisible,
Cela ïcel Dieu ijui règne sur ta lune.
r Droit cidit-il vrai aussi. Et n'est oeil si troublé qui ne voie bien et entende cestc lettre, qui n'a besoing 'd'exposîcion autre que telle que elle porte, parce que nul autre ne se porroil donner plus clère. Mais dit après : " Soit vostre querelle noire ou clère, soit juste nu lellcquepeutesire, quand François vendroient pour confondre son honneur,
11 e'^l non m^ , mais duc pour cuU rcipondre. ■
•■ Non roy, mais duc pour vous rcspondre , liiilL'iit IVJ1..U1S et preuuenlà aijiie, je peuse, et en grand ravalement, put :■: qu'il semble
parler pcr ii per en compaigHon, (il que l'iing ne donroit k ï'amre avanUge d'ung cliîvol. Comme s'il voloit dire : « Se lu me quiers, m mé trouves; je suis homme pour loy. »
Dame, à cesie difficulté il convient respciH dre et donner l'interprétacion saine qui y siet. 1,'acteur droit cy, par les choses ainsi que les voit disposées, etqueà tous [c/. on circuit subtillemeut pour avoir bras dessus ce prince pour le faire ployer, et qu'en icelle qui.sicioa pourvenir à ses 6ns les moyens sont moull divers, et de très évident péril, se Dieu ne les conirelicnt contre la volenté des hommes, suppose l'acteur et craint pooir advenir ce qu'il voit en disposicion'de non povoir faillir, qui aucun (emps long y persévère : C'est geurre et tribulacion, dont nourrice ara esté envie, et nulle riens autre. Par quoE venu jusqu'à là, et que nécessité constraindra l'aignel de devenir loup , qui lousjours ara fui ta meslée , toujours se sera monstre sage et souffrant homme 'de paix et de léaulte vive, et néanmoins lui voudra-an courir sus , le mordre et le mener à confusion en ses vieux jours, qui oncques ne fut humilié piir force, jamais ploie ne mis àsubgectionpur menace ne par haulteraent entreprendre : dit l'acteur de lui-mcsme et en faveur de celui, le quel il congnoii invincible en corage et sans paour: "Ilestnonroy"; comme s'il voloit dire: " Il estceluy qui n'a pas puissance d'iuig roy pour égaliser la sienne à ['encontre <le8 Traus, mais il est duc pour deffendrc soa honneur, pour deffendre ses terres et ses pays à l'enconlre de vous, quand vous le surquerree dedesraison." El ne dit pas " duc pour vousrespoudre» , par entendement qu'il le veulle faire éyal avec le roy, ne iju'il le die par^oi'gueil ne despcclioQ à l'eucuiitre de sa très noble personne, mais par confession de vérité, qui est telle en effect ; qu'il est non roy et non si bon que de t'eslre, mais il est duc povre omprès lui , plain de , corage toutes voies pour oser deffendre son lioniieur et sa querelle, constraini, contre vous les François tous autres, réservé seul le roy. Dont, et se le fuit, est plus grand chose que parole, encore est plus permissibie :i homme de remonstrer ïigramont ce qui peut au . unir, que n'est de faire de fait ce qui peut porter dommage i:t daugicr.
hm
EXPOSITION
Or antroFois, dame , ont princes non roys, comme cestuy, donné des affaires beaucop à cetitx qui rois estoieni très-i>uissaDs ; et n'ont point ressongnié, par lahaulteur de leurs lil- Ires, à deffendi-e fièrement leurs querelles en moindres possessions de seig nouries. Exemple de plusieurs comtes de Flandres, qui loujours n'ont pas esté concorduns avec les rois françois, mesmes leur ont donné des vexacions beuucop et des répugnances irès-dures ei roîdes plus d'une. Entre les -(juels Ferrand de Porlingal, non de sanf; si bon que de France , se monstra moult fcUe ; et soi exposant contraire à la couronne , en confidence de sa haulie fortune, fut humilié toutes voies et vaincu par le peschié de son descongnoislre. Or n'est mie cestuy iing Ferrand de Poilinffal, Ce n'est mie celui qui |descongnoist la sève dont il prent estre.Ce n'est mie celui qui, rebelle à lu majesté [;lorieuse , se veulLe eslever contre elle à main ennemie. Mon! Mots est celui qui assailli de tout le monde, et seullenient son roy et son chief mis dehors, B'exposera à la fortune dung jour pour soy delTendre. C'est celui Kguraiivoment que l'on peut dire Saint- Michiel, qui cliamjiionni' avecq je roy de là bauh, à l'caconlre du dragon; et n'est mie celui qui adhère au prince de rébellion, au prince d'orgueil présompcieux. Mais puissant soubs le bras de son roy plus que nul autre, plus que nul aullre voudroit soy exiber déprimeur de ses contraires , là où comme non roy mais duc très Ipuissant se peut bien nommer justement prince pour i-espondre à tous ses ennemis ft'ancois mis en ung tas, par ce qu'entre enls tous, réservé la personne royal, n'u nul de si liaulte condicioR que par lionneuret llciment il ne puist dire le mot et l'exécuter par fait.
Appaise loy doncques de ce mot
Il est non roy, nuÏE dac pour vous rcsponilrc.
car le respondre ne s'entent point au roy , mais s'entent à tout le rcmauunt en dessoubs, le quel il veult revérender par amour et non craindre, par le surquerre en main ennemie. Dit en outre l'acteur eu son soixante uniesme article , continuant sa malère selon les dispositions que voit tendre à- péril;
Bien 1« porrca moleEt^r ei conibaure , S'aïnsî 1c veut furlune ou desliaée , MaU ne sarcz, pour tout loslre ili-lutlre, Son honneur pur infrcter ne rnbaltre De qiioi sa vie en terre est couronnée | Mail inmigré von* ara place orrionnèc Tout au plui haut du iriumplul paroir,
Droit cy l'acteur, soy argaant en luy-mesmes et tmpacient des choses que voit couver bien douteuses , et des quelles ne peat traire Hn auire, en son avis, que guerres et tribulacions recommencées, là où les victoires sont incertaines tant au plus puissant comme au plus foiblc , tnuis prenant le pire devers lui, dit: <• Vous le porrez combattre et molester, vous autres qui tant avez la dent à iuy, et à l'aventnre, le vaincre et humilier, se cela vous est permis de fortune, ou que sa destinée le porte ainsi ; mais ne sarez par tout vostre effort, diminuer son homieur, sa glorieuse renommée acquise en baultes upéracioDS passées; laquelle, quand le corps viellart seroit succombé en vos mains soubs honneste et corageuse delFense , ne seroit pourtant point amendrie ne prosternée avec lui soubs la clarté de voslre victoire ;ains seroit cbeu plusgilorieux vaincu,que vous, à bras deseui-e, ne voua acquerriez t;loire vaincuers, parce qu'en juste dellense, posé qu'il y peut clieoir Uilbrtuoe, si n'y peult'il cheoir reproce^ mais est tîltre plitscler, clieoir corag eux en juste querelle, que esire vaincuer on tyrannie. F.l ce coiuldérant l'acteur . avec ce qui est méri par avant, moult liault et moult cler, et en quoy sa famé attend glorieux diadème, dit: que maugrê vous tous,ceulK qui avez ainsi envie de ce qui ne vous griève , meure ou vive, soit vaincu ou vaincuer, il ara son siège au plus haut dti palais d'otmeur, avec tous les meilleurs et les plus nets de ta terre , s'en ses vieux jours, et contraire de ses meurs et condicions, il ne se mue et cliange, etsoulle et pollue tout volentiers ce que si curieusement a gardé jusques cy; que l'acteur ne craint point. Et parle droit cy l'acteur notamment contre ses envieux égniilxdc lui et moindres, et non pas ù autres.
Dit en oultre l'acteur, en sou soîxiu)l«deuxiesme article :
SUR véhité mal prise.
Meniez, régnez, amplîez voa cimiures, Esteridez m«ins en lerre et en mer Gém , Faites «eoiir toi fen et tm «mures , TramLler pu;» , peuplei et fernieliireB , DonlDQiu ciHU Touciavoiui bieiilt'S uioaitres, Mêliez à l'air venlclcr vim Imnnièfea El atijuiit/ le monde va resie qucsie.
Ma» de cetiul n'slouchiei lu confiueste.
Droit cy l'acteur présuipose le pire encore par devers &on paili, comme tout recuafortd du meschieF, et cuucède que le bras des François se porru tant eslendre et soy esUi-glr, qu6 le inonde cl les nacions voisines tramblcui devaut lui-mesRies, porra faire humilier, se l'aventure le doint ainsi, cesluy duc son niaislrc de quoy la liayno des François seroit eslancée alors '. louiesvoies, dit l'acteur après, quanù Frarçois aroienl tout ce par obtenu, cl que l'assailli seroit dieu à l'envers ses pays irascés et courus , ses liommes et subies mis à l'espée , et dissippées toutes ses ricesses et substances, loutesToies y ii-il une chose h lu quelle il leur deirend qu'ils ne atouchent , la quelle lui raesmc a conquesiée , et est inexpugnable et invincible : c'est l'oiineur, la jjluire et la bonne lame qu'il a acquises en son temps par léauté, par preud'omie. pur intcgiilé et par nobleuienl et clievaleureusement vivre avec tous les meilleurs de la terre, entre les quels ne se trouvera nul plus cler ne plus net. Dont, en conformant sa raison, il expose plus amplement ce qu'il y entend, et dit en son soixanle-troisiesiiie article ce en quoi gist la custode de sou honneur, la garde et conserve de sa splendeur et clarté, qui u'eat ailleurs qu'en sept pies de terre 1res {jlorieuse , que honneur lui f^arde, cl qui sont plus dignes et de plus grand fruii que nulle couronne ; ^ès quels tant plaio de gloire et de bon nom^, plain de mérites et de haiikes recommandacions , il gerra enseveli comme la précieuse pierre est assise en l'or. De la quelle fosse, posé que serpens et venins pluiseurs y porroat ctrcuir autour, si y porront inorir pluslost que y aloucier, pnrce qu'enta précieuwté de sa famo ne porra m
Sept pîéï Mns plus de terre gloriense Lui girile honneur, pliis dîimes que coronna Ik où Toue II d'navre mialéricuM, Toute enlaihiée en pierre prCcieuse, riiis rcluisarit que le soleil au Ihrone,
Trop bien crever et
Il serpent t'nviroiirie,
et raorir y porront,
cr jamais n'y oseront.
L'acteur veuUant confenaer ceci : que ainsi en est, et que son honneur est si par très cler cunime il afferme , dit, en son soixanie-qua- Irîesme article , pour coniempnpr les ambicions et vaines gloires de ceulx qui paient leurs cuers autrement en la vanité du siècle.
C'est cj Vaequcst de ses Inngs jours foliées ; C'est le driit cbicr (te loiit imn haull conlendre. Or, lui r'oittez puiusnceseldtlicea, Qiiaiiil TOUS porrei, pir torcet et nMliem, Au Qioina cccy ne lui porrui reprendre ; Car'quond voudriez tenir A l'entreprendi'e , Et fnssiez vous cent empereurs de Ranime, Il en hit Ogne à Toriune cl !» homme.
Comme" si l'acteur vouisîst dire : i Costiii poui'chas et conlcndemcnt qui est de monr en ncllp famé et clère, non avoir riens fait ne conseillé qui ait esté contre honneur ne contre entière preud'omie, soy estrc offert^à servir Dieu et la chose publique, avoir ensîevi vérité et raison humaine, affecté bonnes meurs ei opéiacions nobles ; c'est ici l'acquest do ses longs jours ; c'est ici la chierlé qu'il propose devant toutes ricesses et possessions de 'sei- {rnouries, ;les quelles inorront avecqucs lui, mais cecyne lui morra janiès.-Orlui r'osiez, ce dit l'acteur, cestni acqiiest -, r'ostez-lui ses villes et cités; déprivez-le de toutes ses possessions, par tyrannie; vainquez-le et humiliez en bataille; fuites lui du pis qne vous porrez; au moins cecy ne lui osierez vous jamuis, et fussiez vous cent empereurs; car il vous en fait ligue , quand, en la perdicion du tout , cecy lui demonrra adjoint, ceci lui demourm insép-irable à toujours ei non ravïssablc. Mais vous porra bien tourner sa netteté en confusion , et en enlaidissement de vos f:ices, quand si juste liomme et si noble en tousses fais, par envie, par dol, parpurema-
lignilé de venin, arez persécnté et mené à sa fin, la quelle, vaincu au pis venir, lui sera glorieuse , et à vous dampnable et confuse, vainqueurs.» Et droit cy Tacteur, compressé en cuer d'amertume, et excité à lermes par pité du cas que parfondément a enfonsé, dit en son soixante cinquiesme article.
L^estrif m^ennuie et m*en caert pité seare ; L'ar^ aussi m^en tire à amertume.
Si complains bien que né suis de telle heure , Qu'en propres yeulx^et larmes que je pleure Baignier ne fauU ma doloreuse plume , £t queSathan, qui tout ce feu allume.
Tient de si près les cuers de haulle sorte , Qu*honneur s*y pert et raison y est morte.
« L^estrif m*ennuie et me poise que né suis de telle heure, que traittier me convient telle matère, ne que les pités conceues me sont occasion de baignier ma plume en propres lermes , qui amasse mieulx avoir autre occupacion que ceste, qui est plaine de rumeur, plaine de mérancolie et d*amertume, et finablement tendant à ruine et dampnacion infallibles, par le conseil et pourchas de Tennemi, qui allume tout ce feu et lient les cuers de haulte sorte , les cuers des princes, si vicieux et si frois , que honneur n'y a lieu, ne remors habitacion. » Dont plain d'ennui , de doleur et de passion, et voiant que dire n'y sert riens, ne change ne ne meut les desvoiés, ains persévèrent plus et plus en leurs erreurs, en leurs dolentes et damnables entreprises', dit en son soixanie-sixiesme article.
Dont pour conclure et fin meure en mon %Buvre
Qui aigre est plus que maWaisc en essence,
Peur m'est, se Dieu les cuers tous ne vous œuvre
Et d'autre avis vous nourrit et abreuve,
Que dureenûn n'en soit la conséquence,
£t que fortune et amère influence
Ne facent rapt final de ce royame.
Par nos péchiés chascun y pert une ame.
«Pour mettre fin, ô vous François, en mon œuvre, laquelle vous semblera plus aigre en son qu'elle n'est toutcsvoies en essence , j'ai peur, se Dieu ne vous œuvre les cuers et vous nourrisse d'ung autre avis, que la conséquence nedoie esire dure, et que les fortunes
EXPOSITION
et occultes destinées indon^enes ne' htxai rapt et exterminacion final de ce royaubne par vos péchiés , par vos envies et divisions, en quoi chascun, comme pour soi. doit legnet pour s'en parer et justifier. Et dit natammeot rapt; car, comme l'escouffle vient flécissant des èles au long de la terre, et ravist le poudn et l'emporte ; ainsi ont esté les autres regnaciom de jadis emportées et transférées d'une main à autre et venues à leur fin ; et pareillement porra avenir, et ne scetKMi quand, de cesiui très glorieux et très crestien royaume , qui plain de gloire anciennement et de vertus, chiet à nos yeulx et se renverse à plénitude de vices. »
Laquelle chose Tacteur regardant , et venllant mettre au front des François ce qui aoltrefois et tout frescement les avoit mb toii bas, pour leur donner hide du danger oii passé sont, leiu* dit :
Felle jadis division murtrière
Le mena près jusqu'à la nnort extrême
Dont, grâce Dieu ! la reboutant chartrière,
N'a pas trois jours, par pité desconibrière',
Luy restora et gloire et dyadème
Mais maintenant par ire et par blasphème
De Dieu lassus , arrière y est rentrée.
O ! et com dure et maudite ventrée !
« Felle jadis division murtrière mena presque ce royaume jusqu'à final termînacion, mais après que grâce de Dieu l'en a degeltée, doct il a esté remis sus et relevé assez gloricDi, tantost arrière s'y] est reboutée dedeiis,et Font repris par devers.eulx les haults membns d'icellui;, à leur piteuse et très confuse attente. » Et dit Tacteur [notamment dipUm muririèrey non pas que^par ce il entende nulles vilaines œuvres du temps passé, mais que *vision, en elle mesme et de sa nature est murtrière cause, et fait avenir raurtres, homicides, ruines de peuples, blasphèmes de JWcn, et toutes choses inhumaines et dyaboliques, que le monde abhominer doit, et Dieu dob tolérer.
Dont arrière, plain de regrets Facteur, et pour faire mieulx apparoir que les choses t'oucées dessus ne lui procèdent point taui de felle corage envers nul, comme de dévocion à la chose publique et honnesle, gcttant ses yeulx
pav
au ciel, invoque Dieu et toutce qui peui avoir I puissance ou admiiiistraeion en Immuine salut,
Iet clame envers fortune et nalure, envers toutes les puissances célestes de lassus . et I loute bonne et dévote créature d'icy en bas, priant qtie pité leur puist prendre de cestes si doloreuses et dampnables questions et clielivelés, qui aujourd'hui se noumsseni, en dure attente el pe^pIe^îlé de rnnivcrs monde èreslien et de chascune privée personne , par l'inslruclion de l'ennemi, qui les bons content à faire perdre en tribulacton, el les mauvais essourdre en règne et durée pour desrigler tout l'univers. Par quoi en cestui son soisanlebulticsme article , dit enfin : que ne peut percevoir riens autre en cestes rumeurs et tribulacions présentes, que (in |proçaine on vieilles propliécies, et que nous sommes sur la fin du monde, sur la venue d'Antéchrist, que nosire rédempteur Jliésus nous a certifié de venir; et assez demonstre l'euvre , et le temps par les circonstances qne mises y a, et qui maintenant et |de piéça appèrent et ont eu conlinuacion longue ; car foy et charité faltent par I l'univers siècle, nmour et cordialité entre piir rens , nature entre enfant et'père , vériié eu cuer des princes, honneur et vertu entre les nobles, verjjojine et honncsteté entre les prélas ; se prisent vices et desreglemens ; se quièrcnt vanités et ambicïons , flalteries el voluptés de corps ; n'est cure aux princes des choses de Dieu ; ne leur est eurc.de la chose publique ; ne leur est soiug de félicité commune; moins encore à leurs nobles, moins encore à leurs |conseiiliei'S , moins encore à leurs juges et préfets. Mais tous au privé bien n entendent; Dieu oublient, honneur ne congnoîssent; de pitc n'acontcnti au salut ne avisent ; seulement au corps maleureux vivent et l'ennemi servent. Dont à ceste cause sourdenl gens contre gens, peuples contre puissances, régionscontre royaumes; et les roys et les priuces de la terre, par convoitise , par iiiïeciion desriglée , par ire, par envie, par gloire vaine, par alTection de régner, s'entreiuent,s'enlre-mordenl,8'entre-confroîssenl en batailles et en cH'usion de sang ; dont ne leur est ne que de bestes mues; car pilé n'a lieu en culx, ne criniBur de Dieu. El par ce dit l'acteur : que cestes choses considérées, n'y cn-
STTR VÊiïlTÉ- MAL PUISE.
tent aulire chose, fors fia procaine en toutes vielles promissions.
es.
A Dieu lassus ; à fortune cl nnliirp, A lous le; cieulx el ci^lualL'E puiïsancw, Et à loute humble et lionne créature, Tuist pilA prendre el clameur haute et duK De cesics cy marmures et meachiincei , En quoi ne toi , par toutes coDgnoilunccs » Que pleurs, doleurs d'amcrlutnesfarcîei, . El fin proçaiue en TÎeiUcs prophécies.
La viïiou du Icnipa de McronnÉe
Divil ts'nie tient Tiappct au tranl sulijl.
Vous qui avez ualurc eniloctrinée ,
Notex que Tat et vieille dealroie
Par long deconrs viennent i fin escripte.
Foint si n'en fusl la substance petite ,
Dont, qui voudra savoir quelle est la chose , '
Demande après ou eu quiêre la glose.
L'acteur met en son soi^tante-nCBfviesniQ article iey la vision de Meronnée, de laquelle ne fait guéres ample recitacion , pai-re qu'il la remet en la main des clers et de ceuls qid . Iiystoriens sont. Et encore présentement moy n'en quiers faire autre déclaracion que celi» de l'acteur , parce que le quérir au lieu où il est escript porra donner contentance aux affectans , savoir le mistère.
Si met droit cy l'acteur sondarniercoupplet, qui fait le soivanle-dixiesme , là où il diC:
Dieu maÎDc 1 niieulx ce qui est mat m vole , El mette en paix ce qui pend en discorde ; Et à tous ceuU qu'amour duit] et convoie. Dieu, en l'eslroil de leur cas, leur envoie Honneur , salut , grâce et miséricorde.
DonI au regard de ce que je rccorde , Fruit y a potre , el encor moins délkl. MBisleU'ai fait, angoiaseiii, enman 1*,
Cestui article ne besongne de nulle exposîcion autre que la lettre lui baille, esceplé que l'acteur donne plainement à entendre par icelui quelhommeileslcidequel fous lui i est meu son ouvrage, quand il requiert à Dieu pour amendement en tout cela où il fait ' besoing , et pour conservaeion en paix et en bien , ce qui est en bon train. Dont après H recongnoit la Dovreté de sa passion , qui a
esté CD npre , et coofesse
que se le fruit peut estre povre qui en sera tiré, encore sera le délit moindre qui s'y asavourera par cause de son aigreur.
Dit toutevoies en sa dernière ligne là où il tout clôt , pour tant mieulx pardon obtenir envers les mal prenans : que tel qu il est il Ta fait angoisseuK et plain de larmes, en son lit. Dont comme larmes procèdent de racine de charité vraie , présuppose et entent que son œuvre doibt estre prise et entendue comme faite abonne fin, parce qu'elle procède et est fondée en bon commencement.
Dame doncques , Françoise ymaginacion, vecy le réparcmenl que j*ai sceu faire présentement sur le mordant langage de Tacteur dont tu t*cs plainte, cuidant y avoir cause plus juste à Taveniure que je n'y entens , se mes spéculacions et parfondances de vérité pevent avoir lieu et prévaloir sur mauvaises inlerprétacions grosses et non bien attaintes ea racine , comme il siet considérer plus parfont maintes fois que le sens littéral; le quel en sa première concepcion souvent est tout autre à rintencion de lacteur. Si ques , dame, se mes présentes exposicions te pevent souffire et donner contentement, j'en loeDieu et en répute mon eurbon , si non parce tontesvoies que je ne puis excogiter réparacion plus ample ne plus vraie. Si convient-il que je m'en tiengnc atant , et que j*en attende ton bon' plaisir, comme qui ne puis désavoer l'ouvrage qui fait est, et que tu as par devers toy en nom de celui qui en est louvrier.
Dont, jà-soit ce que je redouble assez que, nonobstant mes solucions il ne te doie demeurer tondis des soiippoçons non bien appaissées, si m'cst-il espoir à Taultre lez , que tu, qui es concierge de tant de nobles et deliaulx cuers plains de science, plains de ver(us, plains de bonnes meurs, plains de proud hommie, plains de grand sens et de prudence , seras trouvée aussi contenlabic avec culx , comme avec autres de perverse condicion murmurans tousjours et doubtive.
Dame, le lieu de ton habiter, se le ciel a plénitude d'estoilles, si a-il plénitude aussi de cuers nobles en son clos; et n'y fallcnt pru* dences, et profondités graves, ne que au firmament le soleil, sur les quels ^ en tout
ï%Ht9ii parullcrt j^ pote fgavle et confie. Et
EXPOSITION
ne m'est la dilficultacion des cuers vobg«s point tant cremue, que la saine concepcioi des prudens honunes ne me soit plus potence de repos. Dont, et se aulcuns non convertissibles, comme Ton en trouve beaucop, disoieiK: « Que nous est-il des solucions et des vestemens que tu ireuves droit cy pour parer img injurieux livre, dont tousjours le venin perce la couverture ! Et nous cuidc Entenoemext faire ù croire que blanc soit noir, et que ce que nous voyons noir aux yeulx et au sente* ment, que par fallaces et par toutnoier autour il puist devenir blanc? nenny voir l Doncques ce que Entendement en fait il le fait constraint, et parce que luy mesmcs perçoit que le cas est maulvais en soy et plain de venin; et pourtant content-ii a le [parer et vestir d'une robbe de décepcion, pour abuser gens; mais toutesvoies ne peut, que tousjours la chose ne demeure en sa nature, telle comme elle est , et que Facteur aussi ne demeure enfangié de Tordure de son escript.* A cest argument il y ckiet, dajae^ responce moult belle. Et prens, au nom del'icteur, le pire que telles gens porroient sa(H poser, et que l'acteur soit vaincu de dob avoir aultre sens eu son escript que le littéral , ainsi qu'il gist. Dont, pour lui vf-nir i8^ cours , et que raison vcult que la plus foible partie trouve main forte aulcune pour la deffendre, je dis pour l'acteur : que encore en soo sens littéral ne peut avoir tant de mespris, qu'en équité et jugement de raison saioe ne se puist honnourablement parer et sauver sans encourir grief. Et ce je te preuve par I exemple et par induction véritable de ce qoi avient tous les jours par fait, qui est trop plus que parole. Tu vois tous les jours vassanli avec leur princes mener guerre encontre iv{ aultre plus grand, et iceulx mettre main liolenle en ung roy, ruer en lui et se joindre m corps en bataille, le. vaincre et occire soosh main de son seigneur. Ck)mmc doncques mtf mise est le dernier exploit d^apétit vindicalif, et que nulle injure n'est si griève que percflftsion, n'est doncques parole aigre plus supportable que main mise , quand main exécute son iro parfait, et cuer passionné tant seulement par parole, qui ne offense que Toye ? Dont,
comme vray est que Dieu a créé les lionoia
de divers semblans, les a créûs aussi de diverses condicions, de diverses natures ei influeuces, et leur a donné divei^es propriéiés différentes : 1rs uns a fait naitrc û labeurs et œuvres servîtes, autres à gouvernement de villes et de cités , autres à préfectures et di- £;nités sur le peuple, autres ii marchandises et mu tuac ions de biens, autres à servir l'église en diversités de degrés , autres à maintenir l'eslnt de noblesse en diversités d'ordres , en bacbelio8,'enchevulters.enbaroasetenbutilx princes , roys et ducs , qui Ions reSpondent à une vocacion final, qui est de delTendrc l'église de Dieu , uufpnenler et targier la foy crestienne , garder le peuple d'oppressiun, maintenir la chose publicque et conserver en estai, rebouter force par roidcur, tiranniepar puissance, rébellion par bataille, fortifier pai\, esvigorer justice, et soustenir et essourdre vertus et vie tranquille.
Gestes droit cy sont les propriétés appartenans à Testât de^ nobles , et en quoy se doivent exposer selon leur vocacioo, Dont et comme il a ordonné une telle iérarcie de précieulx hommes bateîllères, et qui ont cuers pour bautemcntemprendre, perfections pour glorieusement conduire, natures non espaourés, corps pour rompre batailles, bras pour vaincre cl faire cbeoir hommes par milliers : ae peut-il avoir crée aussi et fait natstrc aulcuns qui ont uainres pour logier diverses concepcioQS , ycuK pour spéculer et entendre les clioses variables de ce monde , dont les unes sont contemplatives, autres de iritte inspection ? Et emprès tels rcgars, cuniine clioses conceues donnent ou passion ou joie, et qu'en t'Iiouime n'a membre qui ne serve et n'ait son olfice, n'y peut-il avoir langue qui profère ce qui est conccu , et main qui mette en esiripl la vuidange de son entendre. Certes si fait. El sont têts gens aussi nécessaires el de semblable utilité avec les aulires , à prendre les circonstances et condicions des choses temporelles, qui besognent d'autant de personnes diverses, comme lesévénemens sont sauvagps et de diverses natures.
Escripvans, dame, en loenge, ou ils raffermcni el eacora(;eni les bons en bon persévérer tous ïivans, ou ils exaltent les esvannis du siècle el les coroiuient eu renumméc,
lors quand ceulx qui reprennent eldétestenl ai{;remeiit les faulles conceues pourfilent souvent et réduisent les delinquans de leurs vices, parce que nature raisouuable , souverainement en prince , doit affecter lousjours, avecques haulto régnacion clère renommée , ou la tin contredit it son contendre.
Dame, doncques, contente toy. te prie, da mon respondrc , et ne te griève se les hommes usent de la vocacion telle que ont de Dieu, el souverainement quand leur user n'est qu'en ofiiee bonnesle , en œuvre pourfilable et utille, et conjoint à la vérité souveraine qui est Dieu , qui envoie ses instrumens en terre tels qu'il lui plest, et comme) il voit esLi'e utille et ex[)édient. Et te recorde, pour tin de mon conte : que comme le marteau est instrument au févre diversement; àl'ungpour rompre fer et le planier par force et vigueur, à l'autre est instrument pour ouvrer ea or et argent qui sont métaux précieux , là ou le férir dessus est doux et amiable : pareillement est-il ainsi de l'humain engin. Eu matères roidcs et rigorenses, îl convient fèrir dessus fi l'avenant de leur naiiire pour les amollier; et en celles qui sont doulces et aggréables aux scnemejis , lu voleutiers se délite et y preste main décorative, pour encore les faire plus belles et plus cléres par sou art, et que les auires, qui les regarderont après lui, puissent prendre délectation en son œuvre.
Et à tant je mets fin à cesie conlencion avec toy, et te dis adieu.
IjOrs comme les paroles esloient tinées entra ces arguans à ma cause, et que je perceus aUKsI soudainement esvanouir tout , comme souduinrmenl s'estoient venu apparoir à moy leurs personnai^es , alors , tout revenu à moi et resvertué en mes esperis, commençai à rendre grâce à Dieu du fruil que tiré avoie de ma vision, et de la très saine et honneste reparacion que avoil fait EaTKNDEJiBKT sur mes escrips, dont hauliemeoi me lenoie joyeulx. Mais comme une chose encommencée si anbstancieusemenl comme cestc, et déduite par lelâ personnages comme droit cy ont esté uys, ne devoit avoir que lerminacion de miasme par aucune glorieuse i»sne. au poiui
ppopremeni oii tous lesautress'estoient csva- i nouis el perdus, ne savoie où, advis m'estoit que de loingvcysscouvriruDCS courtines asu- | rées, semées plaines de fleurs de lis d'or, 15 où esloit dedeos la irès noble et très Immaine personue du roy, qui arresiécment contint ses yeuljt en ma très povre personne, sans les en reiraire. Dont moy doubunt que ce ne féist per aucun mistère , feust de malveillance ou d'autre couvert appétit, et que raison aussi me enseignoit que révérender dévoie la noble représentacion de sa vive image , me laissai clieoir à genouix.
Et lors, par espoir de lui pooir attendrir le cuer , se meu l'avolt à rencontre de moy à ravenlure , ou de le pooir traire à bénigne ascout,'se envers aulirui pooit avoir intenclon non pourfitable) , fondant lermes des yculx, avec gémissement de vois commençai à crier en liaultet à dire.
ORACJOS AU ROY POt;R FIN DB LtVBB.
Très crestien roy des Frans, très noble el très excellent roy Charles, que lanl ont veu hommes en adliction dure , tant circui à tous lez d'impngnacion ennemie, qui conduit toutes voies toujours el non relcnqui de In main de Dieu, as vaincu tout et suppédité par vertu, as triumphé sur la moqueresse fortune en constance , et tirant fruit de ton vertueux persévérer en labeur, es monté glorieux et tout sage en la sublimité de la roe, là où te refjurdeparadmîration confuse celle qui te soloit faire la moe jadis, en desrislonco&tumicre ! 0 très glorieux roy doncques , roy esnierveillable el prodigieux, roy plain de mistères et de divines osiencions , que sens ne parataigncnt, ne eniendemens à comprendre suftisent ! ici preste bénignes oreilles , droit cy alourne tes royales clémences , et qui eon- {rnois toutes précieuses fleurs croistrc sur estocq buffible, dévale doncques la précieuse nobililé ung'pou envers ma|personne, qui fiuis, comme le poulieul de la terre, tout povre , el toy le précieux cèdre de bybnn , là on convenience ne peut avoir aucune, proporciou nulle ne conformité , si iiou U'uulunt
ÈxposmoîT
que ta hautesse se porra humilier enver* ta basseur et me prendre en grâce non digiK
0 le soleil des princes, ciel reluisant SUT les mortels liommes, plain de dyaprure céleste, plain de glorieuse impression divine, plain d'exaltacioD de fortune , plain de faveur et de dileclion de nature , qui toul le précieux de son contenir rue à tes pies, toul l'abscons de son cloisire te présente en service, et non ayant riens aiilre que or precîeulx et gemmeson dignité emprè» toy, les estime non comparables !
0 perle des roys , roy très cler et luisant , roy juste par sucession légitime, mais plus roy encore par dignité de personne , qui as en toy meurs cl conditions royales, et vertus à régalité requises, et par les quelles non seulement ta personne, mais les baultesses ci dignités du baut nom de roy sont décorées! Roy très humain, roy très expert et prudent, roy exalté plus par vertus que par forlmie , roy régissant et régnant, roy qui non nom seulement mais fait glorîlie : moy ton très humble orateur, serviteur indigne et scabeau de tes pies, requérant grâce et merci, miséricorde et clémence , non pas seulement de pardon, maisdebeningascoiu, à veuc déclinée en terre, aujourd'hui ù genoux revérens et mains jointes, ù voix souspirant et à lermes missives, viens aourcr ta face, viens rouver la bénignité intprîore, viens exclamer el requérir ta toute humble débonnairelé et benivolence, la quelle par grâce non par mérir mais par noblesse de bonté proprejeexorequesoïldonnéc! N'es-tu Texemple des vertus humaines?
n'es-tu le colfre de toutes meurs et condicions nobles!* n'cslu la balance du vrai pois ot équité du monde ' si es, voir ! Dont, sans ce que tu soies l'estoilie des roystrès clère, si estu la roche inexpugnable aussi et invincible que redouble fortune, que Fortune craint el fremist de aherdi'c ; comme qui vaincue est en ta vertu , matée et ruée à l'envers ; et rompue confusément el froissiée entre tes mains, s'est rendue à ton ceptre ancien et t'a babandonné clef et eschielle de sa roc.
0 roy li-ès noble et clément, roy deVnî bonté et venu lanl se sont perceo d'ommes, tant se sont seniu et e\périmentc divi crcaïuics, roy proprement inséculeur
SUR VÉRITÉ MAL PRISE
vioe condicion , qui est miséricorde et bénignité , modestie et clémence , espargne de sang et tardivilé à fureur : par paour aucune qui m'est prise que ne puisse avoir offensé ton regard , commeu aucunement tes royailes entrailles; pour icelles, se ainsi estoit, remettre en leur paix, pour à toy exhiber gloire et laudacions condignes , pour procurer au monde salut ^i tranquillité, et à moy propre justification libéralement ascoutée : après Texposicion de mon livre droit cy que entendement a fait du tout et en tout , je m'en viens mettre en tes mains, je m'en viens rendre en ta correction et chastoy ; et qui, par prendre peut estre mes paroles plus aigres que je ne les ay pensées, as peu avoir sang altéré de toute la corrosiveté d'icelles , j'expète miséricorde , protestant Tdevant Dieu et toy : que riens n'ay dit etescript que à intencionde bien , à affection de salut et de paix, et par condoléance de Taustère marastre fortune d'aujourd*hui , qui toy et mon maistre^ ton humble frère et parent , ton léal vrai cordial acrviteur et ami , tient et a mis en question , en frivoles et murmures ensemble , et enf roideurs et dampnables difBdences , de quoy les expectacions du monde sont de mauvais espoir, et à moy causes de mon aigre escripre.
Dont, et afin que tu pardonnes à ma fragilité, congnoisse aussi la bonté de ton léal humble parent], et à toy mesmes tu pourfites et vailles en honneur et salut , quérant union et eont)orde entre toy et mon nourrisseur , tranquillité par le univers siècle, en rudes et mal assis termes viens exorer ta bonté, implorer ta grâce et clémence , et suadant paix et retour de ton ire , présenter à ton oye aucune en moy concepcion fructueuse. , O très bumain prince ! et s'il te plest que présentement ouvrir 'puisse mon estomac, et que je monstre revéramment à tes yeulx ce qui s'y cœuvre, sire , lu y percevras doleur justement causée , et intencion bonne et honneste tendant à fin utile.
Dont pour toy atraire benivolent envers moy, et toy donner à entendre la vérité de ma cause, comment me suis meu et enaigri ainsi, non pas envers toy , mais envers tout autre à qui il touce, sire, mon premier mouvement si fut : que ung jour passé, à mes yeulx intériores se
présenta en mon estude mon maislre le duc, le quel tout vestu de ses armes, mais d'ung manteau long tout noir où estoient tissus dedens multitude de lermes avecques lettres d'or qui disoient :
Etenim sedûr uni principes, et adverêum me loquehantur; servua autem iuui exercebatur injuatificationibus êuis.
Lequel, comme ainsi vestu s*estoit monstre devant moi et que le regardasse ententive* ment, ne me donnai garde que soudainement le vis cheoir à genoulx. Dont, esmerveillié de la cause , et devant qui ce féist , surlevai les yeulx ung pou. Et me sembloit que de Icmig véisse ta noble personne laquelle il reveren^ doit, et du doy touchant la lettre du manteau par embas, te monstroit la clause qui vers toy s'adresssoit, respandant larmes Imbondament avec l'ostension.
Et moy, prestement privé de ceste vision mentale et glosant sur l'entendement d'icelle que je compris, et me sembloit piteux ea mistère , commençai à plorer aussi par compassion du cas , de qui je tiroie douleur touçant Tune part, et de l'autre grant joye pour son fructueux donner entendre. Carme signifiojtla clause première, haynes etmacinacions mauvaises à rencontre de ton noble parent , en plaine congrégacion des princes.
Dont , avec autres choses précédentes beaucop que j'avoie rjecueillies , je ne povoie riens traire fors noises et debas, rumeurs et tribulacions misérables renouvellées arrière en ton royaulme, que tu si glorieusement avoies purifié. Si m'en estoit la conjecture fioablement désespoir , et l'expetacion non autre que de morir en tribulacion povre, conune je fus né. A quoi veuUant prévenir par remonsr* trance , j'en ai ung pou vuidié trop légière* ment ce que j'en avoie en corage , où toutesvoies la fin de l'intencion doit parer Tardant aigreur du procéder.
La seconde clause, sire , qui me donnoit . joye et m'estoit fondement très seur d'ung noble édifice , icelle certes je attribuoie à toy, comme j'avoie veu qu'en icelle s'estoit humilié envers toy la personne de mon maifr* tre , qui non content de toy monstrer la lettre une avec son corage, la séella des larmes de ses yeulx pour t*ea monstrer Torigiiiei car
EXPOSITION
loi qni aTftît Ions Trriliib!p . eaer noli'* H | h foroaîïe d'CTaminacion aspre qne oin'qM lÈùl , cfnam'i prince i]ui r.-i;i>n;;n'jit Dk-u ei \ nisqui guii-res. et buvanl le vio d'ameriiiiiit «*▼ OKitaf. . qui aroe jiisie up-rracion *^i luil : loui jeune . pain de doleur encendrê 4e»- LlânK . dùUnt il>^ la clur^f" >-t mali<7'.il>.- iJe 1 ranr»lie tout viel, à priemes es paneniu ti-i hâVD«u:( . 'l>^>.iDi tt:9 pi'-s Â^ Wsa clieijir | goiut delîuble et à saveur nourrissant dignbuadÀn: et t>^ullani . cumme dr^ani'ion <n,'re 1 tive. TtoDl. recordani lesinqiiiétudes passM. f I tf i[Ti' iir friwiMtrrrlriir tnrT irprminrii- i les d>'leurs eiafflictioos jii\'étiil«^.fn3iDi»id . ' In tri>ni-<>« rpnns . miiintenniil In ti
eldisf>it;.S»'Tiij autnatum rxrrcthit' Hfiealiafiibu» im*. Sir- . ti>n Si'mt.-ur huiiiUT- a eatê toujours net fnv.-is t.y. ne --Vst '■n rit?ns desvoié en lun conirjir-r . iujîs s'h^i i-niln-«ongaié toujours v>;rlu>i'usentt^ni en •:•:■ qui (o • luibt Mtre afpvaUe et u lui ju^te. I>xrl. de l'interliretVMM r^ejAyronijeuiiakt-clnréj'.itéque j« cODgiVjU estf'f aiuM . t-n>^ iiitile et que mes yeuU vin-nt cest'? hiimi^ité cûnliul'.- . •-[ soient tous le^ joni'S . je l';iî mis si'-cjnd f<»n-'L'iiit.-nt de ■ioo<i:uvre doiiiriniJiguu<;i'jnm'uest<.-cuu(>ée. 0 très cM-niL-nt roy ! *ei;irre , le prie . que ■GÙDtenaat . en dé!iii>$ani b cause de mes ruineux escrips de pii-i;^. je le reuiijn»ire lu cause de muo venir div^it ey ci de mon Irumijle et L'Iumoreux pai-liM' de si !iiin;T,(|uj ne voy que ta ti|;nre comme eu un;; luii'oir. Sire, te plaira-d du li* r* T aso -ut , ne de presier yeuls à l'anection d'un si povn; liuiiime que nmy ' Tourne doncques droit cy toii liumililé . et te rabaisse ù eiiii^ndre i-e qu*.- urJciu' d'amour le prononce.
Sire . lii cause de mon clunir r droit cy, si est paix aiïecléc , et {;uLTrc à l'aulire lez que je rcdfiubte. Dont coumie paix est une folicité commune en quoy Uiou se sei'l ei se {jloritie , le monde prenl salut et re|)OS. le bien public K au(piiente, et le piivé se multiplie; par contraire, guerre est la f^ijulo et le jjouflede )'euHenii. (|uilnim;iiiic salui absorbist en son venlre , le monde (i'-iiord'uine et desii;;le , féliinlé déscMipare . crestienlé inaUic à perdicion, et Kdiie slubilité terrienne déujulist et renverw.
Sint. qui em |>1iH expert :iu monde de ses condittiiiiiH que loy r* qui csl il qui e» est plus Kifp! que la pei-s(mne . qui né en la ;;rippG de Ka malédii'liuu toute li(>n'il)lc , y as parcreu lledeus , plain de liauK jour» , [ireniier qu'en U'oiiver vuidiind'e ; là oii les assais fiadversité maint», kts impU{;na('iiiiis iTausii^re fortune niai-iihint, te ont l'ail le filus linui saj,'e rov, le plus expert eiivtirlut; priiicir , le plus purilié en
lu trenves repos , maintenant lu treuves sole et quoyeté , et te saveure mieulx une heuredt vivre, que tout T^age f )aKs.F^ Pourquoy, cert«; parle renda^ye de paix que Dien t*a traosiiHii et que lu vertueusement en grand labeur e soùig as procurée
O tu roy doncqties . glorifié bautemeni a compression d'infortune, quemoi'daDttjDem l'a procuré , et par la quelle , en toy desvf Ijppant d'icelle , lu es de%-cnu verinenx cbiopi'.n par en avoir obtenu AÏcioire , ne te s«ble-il que le rentrer arrière en cliamp &i contre Hlle le porroil causer péril, et fxt apparoir mou l d'infortunes bien à craindre' non pas tant seulement en ta personne, ma en tout l'iiniTers que tu as en pirde. «k quel en Inite et clianipiona{;e de quarante »«. lèvent au visape, lu as mené enfin eoiern de projnission , en (ransquillilé de vie rt Alabeur , et en obtencîon de la grâce de Di« eide paix.qui maintenant arrière tovsoini. ce semble brar le et vauere en péril, et penJi unntildesoienontorsc, en périlleuse aventaiv O tu roy noble et bumain , o fu roy «ni piveisément expert des misères dn monde o lu qui par adversité tant es devenu a[;f . pai- dilî;;ence el sollicitude tant ei de^'M glorieux . et oucques n'exposas vertu nulle « vigueur que â inteiirion de paix obtenir ; maintenant quand tn l'as embrassée . » 1^ dois-tu tenir estrainie^ ne la dois-to letr jointe à tes flans et pm^aine , et non sodirc eslongier de (a (farde celle qni est fw*' fllable et salutaire à tout l'univers siècle'
Sire, tu es le plus esprouvi.' clicvalicf ^ vivaus ; lu es le plus expériuienié en ike * iroiie , qni oucques cbaindi espt't* ; battue }»iiesst! t'a fait grave en Jiaulx jours, ei nieuit' de Jonrs graves te redonna espoenienieH des lialures passées. Doncques , quand se« est en toy pr apresure, el nous l'y véonSfl sentons p;ir exiiérieiice , et que la vérité tt telle qu'en sens el vertu seule ta x^»M<
SUR VÉRITÉ MAL PRISE
Boris, tu es monté et glorifié jusqu'aux nues, ne veul-xtu, en ce par quoi tu es monté en prospérité, persévérer constamment et en Ferme poiirpos , de peur de non redescendre ? O non plaise à Dieu, sire, qu*en ce tu failles! n'aviengne jamës que non chalant tu cecy ignores , et que tu , qui es si glorieux roy éagié , tant -décoré de précieuses gemmes esquises , tu offusques celle splendeur glorieuse par aucune povreté de passions , que tu , en vertu dont tu es plain, dois vaincre et dompter, et monstrer que , qui as sceu vaincre et surmonter légions d'hommes, as bien sceu vaincre aussi et triompher sur tes passions propres. O roy excellent , et s'il Loist clorre ung oeil devant ta majesté excelse, s'il loist non regarder d'icellui ta haulte dignité radieuse , et Taultre ouvrir envers ta personne comme mortel homme , et te semble-il à aultrui povoîr inférer guerre et observer propre paix ? et quand l'occasion aulcunement y porroit estre juste , que la production en peust estre salutaire aux jours où tu es parvenu , qui es déjà venu à éage bien avant , et plus encore près de soleil abscons celui en qui tu te troubla ? nenny voir ! il ne t'est possible , et encore moins portable à ta raison , que présentement , quand tu vois l'église de Dieu désolée vaucrer et mendier en emprunt, la foy estre impugnée de main vile , icelle prévaloir sur le divin peuple , menacer la religion crestienne criant sur toy et pleurant comme poteau de son attente , et tu, endurci en cuer, fuyant Tapparlenir de ta vocacion, et obéissant tout k volenté ireuse encontre ton propre sang , encontre ton humble cordial serviteur et ami, qui mesmes se veut exposer en ton deffault en ce que propre deusses entreprendre, tu r'esmeusses guerre, tu renouvelasses tribulacion passée , tu renchargasses mortalité sur plaie endormie , et que lu , qui es la tresmontaine des crestlens , le ciel immobile des roys et des princes , spectacle de paix et de bonnes meurs , et as purifié ton centre de toutes ténèbres, décoré icelui glorieusement de félicité , tu arrières mettant le monde en desvoy, et toy propre en affliction personnelle pour frivoles, |K>ur questions non honnestes , pour passions vicieuses, pour privées^ causes et rancîmes, m coflseatiraies le fait de Dieu estre oublié ,
sa foy estre non chalue, crestienté non recon* foriée , la chose publique non réduite à ordre , et povreté et tribulacion humaine non estre mise en estime ! 0 non plaise à Dieu , non plaise au roy de lassus, que tu, oublieux de tant de grâces receues et rcveleux en la grasse de ta félicité , tu te refaces d'ung roy de paix , d*ung roy possesseur de salut acquise, d'ung roy conduit jusques ici du bras divin , piain de gloire et de clarté, ung roy infélice , plain de malédiction et de maulvaise issue! Tu parcy devant domptas fortune p^r sens ; tu la vainquis par diligence ; tu la mis à tes pies par corage ; et Dieu joint avec toy , tu reboutas guerre hors de tes mettes, par main chevaleresse. Si nevoudroies mie rentrer, j'espoire, en quoi tu es né et ne voudroies prendre issue en ce où tu pris doloreux commencement.
Tu nasquis en guerre et tribulacion , et tu ne contens mie à rentrer en celui éage. Ta pris commencement de règne en pestilience, et tu ne désires mie à vuidier par celui destroit ne prendre issue , quand Tapprocement du dernier jour de tout homme , la povreté aussi d'apesandie viellesse.. pour félicité sou^ veraine ne demande que transquiinté de corage, paix et repos de conscience, pour percogiter les més-us de jeunesse , et pour soy pourveoir en son compte rendre où il se convient traire.
Dont , ce qui plus doit donner peur aux princes, parfonde et longue fremison en leur ame , c'est en examinant bien et au net leur vocacion, se icelle ont exposée en vanité et privée gloire , ou en Texaltadon de la gloire de Dieu et de Tutilité commune.
Que feroie-je longue persuasion à celui qui a bénigne esperit, oreilles flexibles et débon^ naires , nature toute plaine de bonnes meurs? Seulement se tu crains Dieu et se tu quiers sa gloire , se tu quiers propre salut et celui du monde , paix seule doncques t'est nécessaire, paix est ta rédempcion , paix est le giron de ton repos, et ce en quoy Dieu veult que tu le serves , que tu exposes tes vertus et valeurs , et les aultres crestiens tu avoies et amesures en tes exemples. Dont comme paix est une chose divine , à toy glorieuse et salutaire, guerre aussi est production de
l'enaenir, dolourâuse confondi'resso de lout le monde, ù lu quelle, qttund lu lui donras voie el la mouveras conlre celui que Ion craint , tu lu mouveras contre nnf; dont honneur une fuis el nature to douront remors , et le quel , quand lu l'auroies submis par amie forluae, tu auroies obscurci largement du plus beau de m gloire. Car est le plus beau perle.de ta couronne , le plus léalde laprogênie , le plus humble envers loy de lotit le siècle , et aussi net chevalier el preud'omme qu'il en est nul en la terre creslienne.
Dont, et se tu autrement crois, c'est pité; et qui autrement te rapporte , ce lui est f aulle. Car quel est envers Dieu , est envers roy ; et ne tiiit à croire que qui est exemple d'umilité envers tout le monde, que envers toy son souveraia sire, le chief de su gloire et splendeur, deust enrudir en meurs, deust ubaslardir en condicion noble , et soy monstrer pervers contre jugement de raison saine.
Uellas! sire, moult povre choso est que la vie de l'itomme, quand CK^wsée n'est en vertu ; cl moult est chose recommanduble aussi , quand déduite est, par bien iiiirc, à fin fructueuse. Si n'est pus tant félicité, régner austèrenient sur lus hommes, comme est Immortalité de hault titlre, paratlaindre ù rall'ection de leurs cuers, la quelle ne se pinit conquérir par force , posé encore tyie les corps constraintement se supploient ù tirunnie.
L'amour, sire, des corages est la rîcesse des princes ; et débonnaire traclance de subget , c'est ce qui renforce seigneurie. Or est tout cler Ion royaulnie, ion throne purifié; tout y est tranquille et paisible , ce qui :t toi et ù aultrui peut donner béatitude ; el ce qui ù mes yeuls a esté royaulme de malédiction', cité de l'ennemi miEémblc , est royaulme de félicité maintenant , cité de Dieu glorieuse , par la paix que tu y as mise, et par la guerre que lu en as deschassée par maîu forte. Dont ne reste mie fors que division arrière n'y rentre pur les detl^ulx-, et qu'en avancement de sulut propre et commune, eu avancement de la (;loire de Dieu , par tes prudences et vertus , lu l'en lienjrnes fourclose. Car est cljose vraie : qu'en union .et amour avec tessuppos, ilt'rst plus expédient d'entendre on ton dehors, qu'en csvertuaut furce enconlrc toy luesmcs,
revigorer tes ennemis; mesnics quand ton bras belli(|ueux , ta main Iriumphanie est requise maintenant en cas plus nécessaire , en œuvre plus méritoire el de pins grand fi-uit, qu'en soy enaigrir en quesiions privées, en querelles et chetivetés non honnestes, de creslien à aullre, de parent ù parent, de seigneur à subgect , par l'attisement de l'ennemi , qui le monde parvole el pcrlrasce , et encerne la rondeur crestienne; dont, A lu liélas! as les miroirs qui te doivent non seulement rommouvoir les entrailles, mais fondre toute ton ame el les pensemens en larmes de compassion piteuses, par volenté d'y remédier, comme celui dont les progenileurs nobles d'icy devant en œuvre pareille ont acquis ce très glorieux sublime tillre , comme d'esire nommé , le Très Crcstien roy, non pas en confliction certes de creslien conlre crestien. non pas en exposement de force par ardeur de convoitise, mais en estre bras delTendeur de l'Eglise , invadeor de ses ennemis , cxpugnateur de ses hc'résies , permainteneur de sa liberté, et répareur véritable et protecteur de la généralité crestienne.
O roy François , roy glorieux se tu le scés entendre, roy bien euré se tu le veulx recongnoisirel 6 que (n me eoustes larmes aujourd'hui '. que tu me donnes pointures et doleurs ! que tu m'envoies angoisses et passions extériores ! quand tout plain de diteciion envers toy, plaiu de les liaulx el glorieux fuis et vertus, ptuinde les meurs et de tes nobles condicions fructueuses , dignes assez pour estre second Auguste, nouvel César triumpbant sur le monde, auli-e Charlemaîoe victorieux , je frémis ù rencontre de ce que je crains que lu n'auemples, et qne'demain propre injurieuse ù loy-mesmes , lu ne dérampes ce glorieuse dyadème qui te circuist , et le préfère , se in y pardures, sur le ilirone des roys.
0 com peur m'est , que celle clarté ne se contourne en lénèbres ; que celle radieuse gloriKcation parobtenue , ne redescende en eslal inféJice : que impossible est toutesvoies, si non p;ir donni^r voie à division, place fi envie en dedans ton clos , dont fait se porroit sourdre , guerre y rentrer et renaistre, et toy et auhrui faire encourir en fin repi-oçable Cl confuse. Dont comme de la fin se traisl le
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(illre de l'ûmme . el qiic les liUres voleniiers ensiëvent les meurs , lu qui aroies en disposidon pour esire e\alté avec les preux, pur les vues et passions volontaires maleuréement seroies devenu abjection et pie choulé des nobles. 0 n' es-tu celui qui représentes en terre l'image de Dieu, et qui ensievir dois au plus près du possible ses condicions i* Oy voir ! DoDcques, se tu es ymage de celui qui est bonté souveraine, donne doncques ce qui divin est , et tes meurs tes conforme avec ton estât; donne pais: à toy propre ; donne salut et soulagement au monde qui soubs toy respire ; et qui as guerre enchâssée pour H» de paix, entretiens icelle aussi pour fin de béatitude. Car est paix ladarniêre expectacion de félicité. C'est l'cxullacion souveraine dos anglais. C'est le solas et consolacion des lioiiimes. C'est le repos de la terre, la seule envie ,d;e fortune , et qui seule tient en estre et en
Ryertu toute la construction de l'œuvre divine. , 0 doncques , qui as icelle en ta possession , el qui par si longue labeur l'as acquise el par obtenue, ne la dois-tu craindre à reperdre ? ne la duis-tu tenir clause et eslrainte entre tes mains, quand par icelle, tant que tu la tendras cbière, lu surpasses les roys de mil ans, lu survoles les princes de l'univers siècle, et tant plus et plus haulemcnt comme les fortunes en jeune éage plus et plus te ont.csté basses ?
Sire , s'd te plest l'entendre , amour vraie engendre paour, et dileclion vers aucune personne cause soing en l'amant. Dont je puis dire que amour aulcune envers toy me donne soing do ton estât, et que la peur que j'ay de ton mescheoir me proc<'de d'amour, tant ppr congnoissance que J'ay de ta royal glorieuse dignité à qui nul ne se acomparc , comme par nourreturc qiie j'ay prise soubs Ion ombrage en longue liabiludc avec ta chevalerie , là où mon eur a esté ample outre mon mérir, et ma fortune large et amie sur mon appartenance. ' Si m'en restent encore les impressions jadis conceues ; el me causent amoureuses souvenances souvent les fréqueniacious que je y ai prisrs , quoy que imputé m'est d'avoir aigrement parlé, d'avoir mis Icnnoî avant, farcis de venin , qui ne l'ai fait lonlcsvoies sciemnienl , ne à ce volu contcndre. Dont , s'il peut ou doit
estre ainsi tourné , si m'est-il parti de ruer adolu , d'estomac pressé en merancolie sur les choses que je véoie , lA où cuidant parler en équité entre frère et fière , entre père et enfant , entre amant et amé , sans regarder condicions ne personnes, dignités ne précédences, quiplusneqoimoins, jeme suis eslargi peutestre et escbauffé en mes paroles ; et quérant fin bonne , qui est paix , par aigres remonsirances j'ay esvidié mes passions à l'oye des princes, comme k mortels hommes, sans (oucier oncques lonlesvoies à ta hanltesse royal ne à la glorieuse inviolée clarté de ta personne, fors à icculx seulement en général qui parçonniers en ceste présente action , frois et hayneux-, te distraient les oreilles de benine ascoul , et te fourvoyent à l'aventure et deslourneut de bonne oeuvre. Dont, marri en cuer, je cric contre eulx, priant Dieu, oa qu'il les révoque temprement de leur erreur et envie , ou qu'il face pngnicion publique de leur démérite; car n'est à maintenir en cuer de roy perversité nulle , malice à honneur royal contraire , comme celui mesmes maintenant dont tu te desfies , et qui est si vertueux el si noble en l'enfonsure , qu'il ne voudroït avoir pensement envers toy, que tel qu'il vonU droit avoir son léal serviteur ou fils envers luy; jàsoit ce que moult de dilUdences s'y entretreuvent , par l'instinction de l'ennemi, qui impugne ta félicité et la sienne , et ne content que à rompre le neu entre loy et lui , pour umbe-deux perdre , et ce qui en deppend ; qui frois maintenant et plains de rumeur par malignes personnes, deussiez estre féablement conjoins en amour et dilection cliaritablc , l'ung comme roy envers son très cher parent humble , et l'aultrc comme serviteur, Ical mainteneur de sa querelle envers son souverain sire, par supploîemeqt de l'ung envers l'aullre, selon l'eschéance des fortunes et des opportunités auxquelles il convient approprier les uffaires, par cousidéracion que ; besoîng fait que une main lousjours lave l'aultre, et que le moins sulhsant en anlirui pcrfei:lion et humanité, se parface et emprunta , quand par telle uccomodation , par telle amiable et libérale prestance de l'ung à l'aultre, le monde dès oncques se gouverne et pardure. 0 roy singulier! et quelle cause
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