‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 485 sur 494 · SCR TÈKITÉ MAI, PUISE · texte numérisé non relu

SCR TÈKITÉ MAI, PUISE

El ne ee prise une poire chclivc ; MaÎb seul conteiil en ïerlu pure el vive , De vous g<iig]>cr le cucr e[ amollir, Pour niesnies so}' parer et eiubcUii.

L'acteur met sa hanlteexallacîon glorieuse, qui esl tanl en fortunes | comme en nobles opéraciona ; et puis met sa très parfonde humilité, qui est en sa vertueuse occulte personne. El veult donner à en'endre facteur ; que icelle parfonde humilité monslrée en luy, \ous doilesire tanl plus de hauUereputacion, comme sa personne est plus hauUe et plus prande et plus occasionnée d'estre fiêre , Donobsianlque, pour nulle fortune terrienne, ne pour joye de sceptre impérial sur le monde, son cuer ne se peut ne ne veult enfJérir devers vous , ne se voudroit exalter ne roidir ik rencontre du ihrone ou il prist estie, mais ploier et décliner en terre , envers le giron dont il prend tiltre el gloire.

' Et donne Lien fi entendre cela l'acteur, par ce qu'il dit : qu'il a mis peine d'essourdre Cl faire voler la gloire de ce royaulme par dessus les cleulx , non réputant riens son povre fait eraprès le vostre très excelleniement recordable. Donctpies , n'y a point de presunipcion en luy qui vous cause indignation ; n'y.a'poini d'orgueil qui le juge soydescongnoisire ; mais y a parfonde humilité , par laquelle il contend de tout temps de vous vaincre et gaigncr, pour mesmes se parer de vous et faire glorieux. Pour la quelle chose monslrer encore plus disiincleinent, dit en outre en son cinquanle-deuxicsme article.

Non serf à nul , lont snli^cct se présente Grantcmpr^ Ions, toulhumiiliise répulc.

Corps , biens , pnjK , pooir, vie présente , N'a riens de bien qu'A tous il ne consente , Et pour sertir toa haultenrs, ne Jf pule. Los , prière gloire il iginore et confute , Et rojde an monde, A vou» tout seul se ploie. Quèr«i ailleurs qui si bien h'y eiiipluic.

Et n'est vray ceci, dame? Recongnoi, te prie, eu ung prince cresiien ce que demain ou après lu recongnoislroies en ung paycn en pareil cas. N'est -il non serf à tout homme, par loy de francise à lui accordée sa vie durant , et la quelle cliose tu ne peus dcscongnoistre?

El louievoies , non serf par possible et hoBnesie , se présente e[ paroiïre serviteur et subgect, de libéralité cordiale. Grand emprès tous autres du monde, se répute humble envers VOUS; vous offre corps, biens, pays peuples et possessions ; n'a rien qu'il ne députe et habandonnc à vous servir, et à eslre converti tout et exposé en vos haulx glorieux affaires ; soy mcâine il se ploie et appétisse , il se ravale et confute devant là où il honncure ; et roide à tout aultre du inonde fors à vous seul, il se prosterne devant voB , yeulx pour glorifier soy mesmes, «Quérez, dit I l'acteur, ung aultre ailleurs , qui si bien s'y ! .icquitte -■, comme s'il voloit dire : " Vous D'en trouverez point. »

FB.tNÇOISE THAGINACION.

Les mots sont beaux , mais les excusaciont sont povres. Si esl peu de fait de parole , là 1 où l'opéracion se monstre si froide. Quoique Jient les hommes , les œuvres appreuvent lei corages. Tu m'as cy donné de mos enir mieliés , de paroles farcies de sucre , dont lanlosi, après et en l'instant le venin se des- | coeuvre tout cler; car tout si tost que tOD bommc , que tu laut prises , vuide des termes que tu as dit droit cy, il rechiet arriére eu. repreuves et en arrogans parlers tous Cou- . traires des autres devant. Et dit en son cinquante-Iroisiesme article l'acteur : que jàsoit-ce que son maislre se monstre si humble ! el si entier envers nous , loutesvoies ne le fait-il point par cruïnie qu'il ait de nos personnes, ne que envers lui nous aions desserû de soi monslrer si humble ne si lige comme il a dit ; mais le fait seulement en vertu de noble corage dont il .est maislre et vaincuer, pour nous monslrer , par vive opéracion et ' exemple , que sang , nature et raison sont en lui, non pas orgueil et venin. En quoi samblé J voloir dire l'acteur : « Ce qu'il en f^iit , il le 1 fait comme bien ; mais si esl -ce de sa vertu et I francise , mais non pas par crémeur de nulluf, 1 ne par devoir aussi , qu'il ne s'en passasi biea | s'il voloit >i ; qui est povrement ensievir les J paroles ici devant remonsirées, qui serveilit f plus à injure que les aullros à bonne accepta- ■

cioD , coome («smoigne ce-iui conpplct :

EXPOSITION

Non jKu pourlanl qoe eniinle h ce l'oLlIgc ,

Ne i|u'eiivcrs lui en a^ez grand ileaerle

De aoi luoiislror si enlicr ne si lige.

Si non que propre il s'Iiunibiie cl corrige

Par sa vcriu ei ta liaulcur experte ,

Pour tous Dionslrer, pnr raison loiiie ouverte,

Que Mng , nature et raison sont en lui ,

Non pis orgueil ne venin enrelti.

BSTESDEMENT.

Dame, ù ce que j'entens, i?iicorc n'est pas ta suspicion Lien i-ésoliie, quant), après tant (j'escluircisseinens fais sur uiij; eus , tousjours tul'arresles sur clioses legiëres, Dont il convient, par tes scrupules qui n'ont point de lieu , réilércr deux fois une chose jù dite. Dame , n'y a point iti d'arresl ; et n'y a liens qui repupie aux beaux mos de devant, se lu veulx pai'fonder à demi ce que tu ne regardes que superficiellement par deliors. Tu t'fsmaies arrière et le seinMcs troubler encontre cesl homme , qui mellnnl humbles laiigoijïes et savoreux, tanliist refiert d'une queue poignant pl:iine de venin , comme lu dis, et ayant tnonsiré manières de dévûcioo extériofes, descoeuvre le fiul de son ypoci'isie secrète. Et hiy imputes cliiirge de repreoTe et d'an-ogance parce qu'il dit :

Kon pm pourtant qae crainte k ce rol)li{;e , Ne qu'envers lui en nf e;i grand desserte il entier De si lige.

' Dame, droit cy je le vais respondrc par ordre contraire à l'assiette deU'acleur; et lesse la crainte dont il parle premier, et viens •! la desserte tjtù se lonce en la ligne seconde. I-a desserte dont l'acteur parle , est tout évidentquclleelle est. Se les choses devant mises pur 1* acteur sont vraies et réalement avenues , les dessertes aussi touches droit cy sont de tel effecl comme l'acieur les y entent. Mais les enlent-il petites et non dignes de grant rètiïbucion , quand les choses de dessus alléguées sont de petite et sobre amour, et encore de moindre mérite. Si ne convient point aller de deux à Irojs. Mais pour férir au vif, ains lost que tard; dame pren ion relour à la journée de Vendôme , et considère droit là (juelle desserte il y peut avoir , qui doie causer ce duc d'en faire

hauUe rétribuoïon.' Eetoume après à TbéonviUe , là oit François lui envoyèrent menaces eu barbe , pour lui r'osler ce que glorieusement a conquis à l'espée. Retourne arrière à l'alliance faîte avec le roy Lancelot en son coniiaire, de qui main encore voua, François, tenez |enonglée la querelle de Luxembourg. Retourne après auroydesUanois, lequel, lui faisant otTre de cinquante mil Itommes , à son siège de Devenicr, pour entrer en la conqueste de Frise , vous François, vous lui avez soustrait maintenant; sans autres encore grans cas semblables que je célejjour l'eure, et n'en veul faire pois, pour ce que à trèsenvis je me boute en ce destroil par la pité qui yest. Toutevnîes, dame, combien que toutes ces choses icy alléguées soient de povre mériie , de povre pris , et de piieulx effecj , ne veutt toulesvoies ce bon prince rendis mal pour mal , austérité pour orgueil , ains remeiuiQt tout eu la main de Dieu, et dispensant en humaine fragilité le plus que souffrir en peut, veult rendre bien pour mal, devoir pour maulvais acquit, honneur pour desdaing , servire pour menace , et donnant voie et auctorilé à noble nature , se humilie et supploie à raison vertueuse , là oit il voit que honneurl'obligedelefaire, et que nature l'on semont. Dont, s'il ne vous hoonouroit et servoil qu'en la qualité que vous le desserviriez envers lui, n'y aroit point de mérite, car ne sei'ott que eschange d'une chose pour auUrc , tant à tanti mais, en ensievaul l'exemple de nostre rédempteur Dieu et bonmo , il vous affecte et honneure en celoi point, oit gist le vrai méritci c'est en celui estât où il vous perçoit non esire guières ufTeclés envers lui ; et dit : • Là il espreuvesa vertu, il monstre sa vraie bonne inclinacion , ei ne desmeut point sa noble ancienne nature , que pi-ise a au tronc là oii il aiïecte , comme veuljant sievir tousjours honneur el léal debvoir, et mettre Dieu et toute éqnité par devers luL ■>

Or venons à la craînie. Dame , n'entens-ta que cniinle se distingue ea deux parties : l'une si est , une crainte servile par la quelle les moindres redoublent les -princes tirans; et n'est pas icelle méritoire au portant , m fructueuse aussi ne coDiempIaiive à qui k

SUR VÉRITÉ MAL PRISÉ

refoii, car elle esl snns amour -. l'aulirù cruinte si est , qui se appelle liUale , et est celle qui procùdc de vrai cuer aimant envers l'auire qiie l'en r^pule digne d'esiro amé. Si est cesie fondée en racine d'amour vraie, en ardeurde dilpciiun, comme qui loutes deux ne pevem estre l'une sans l'aultre , ne icelle des deux se desjuindre de sa compagne , que l'atilire ne perde son eflicace.

Cesle cy esi la cremeiir, dame, dont Dieu veult esire cremeu des bomoies, quand, par icelle con|;noiBlre en eulx, il y perçoit ce qu'ilyquifrl : c'est vrai amour. D'amour servile ne crcmeur ne tient compte , parce que ceulx qui de ce le servent ne l'aiment ne ne doublent que par paourqu'ilsont de sa puissance, de sa rigueur estroite, de sa veiifjence droilurière; car anirement se passcroicnl de lui, ce leur sembleroit, pour ce que vraiv amour n'y est. Or dame , quand l'acteur dit , que ce n'est point 'par crain.c de vous qu'il s'obli(Te ou présente si avant , il dit vray certes; caren'luy n'a nulle crainte servile, par laquelle il redouble nuUui. 11 ne craint ne tirant ne tirande; il ne ressongnc ne menace ne main mise , ne estroilo compression ne esti-alnte ; il craint par amour non servile et si aime par amour filiale. Oacques ne se trouva en cremeiir vers liomme, que telle que a envers Dieu. Mais pour ce qu'il a en lui amour radical , que Dïcv ::ingnoit et que les liommes ont peu percevoir assez, ilaunecremeur aussi filiale, de laquelle ne se veult e\enipter, parce que connalurelle est avec l'amour de sa racine, que toi, dame, de par Dieu ! et vous mes seigneurs les François aussi, avez assez peu eon^^nolstre s'il vous a pieu , et la quelle , quand la voudriez ifinorer, n'est pas ignorée pourtant ailleurs ne foitcenvain. Dont, et se vous les François alTeciej! à savoir la vérité de ceste cremeur, si elle est filiale ou aullre , enquérez-vous et revisitez ses œuvres recommaodables, là où il a mons- Iré quel est son amour entre vous, ou filiale, ou servile, car là confjnoistrez-vous sa cremeur maintenant dont il parole. Si pon'oz mordre aussi, et sai bien que le ferez, sur le cinquante-quatriesme article , là où il dit en après :

ii4.

Son fotis, con cner.

Sont en l'aspect de Dieu i]iii Ira rcjiiiiilc ,

£t tur keuU il leconne cl IkhiIc.

£1 ne vous crflinl ne toute voslru ruule,

Cflt Divu, espoir, le tendra en sa gante;

Ciier net el bon n'a linoing qu'on le faute;

Mais qni l'a doiiUe iiirecl et vicieiiK,

Là font lea neux dura cl luspicieux.

De cestui article, dame, je te veul prévenir en responce, premier que tu m'en boutes en argument. Or enten bien, te prie, à ma solucion, comment d'une chose qui mal sonne 1 ciicrs non parfons, je te feray sentir le; gcrnoa d'une favoreuse sentence non repri'hensible. Quant au premier point, là où il dit : "Son cuer, son fons, il met tout en Dieu » ; l'acteur ne dit chose à reprendre, mais dit chose méritoire à tout prince de faire aîusi. Mais là où il dit : El ne vous craint ne loatc vosirc roule ,

là est le point ou il sembleroit qn'il y enst assez parler arrogant et despileux, par le semblant qu'il fait de non craindre uulluy. Mais, dame, il convient droit cy avoir plusieurs regards : Premièrement, que l'acteur icy ne parlejen personne de nullui, fors en la sienne propre, qui, du maintes prémisses toucées dessus, fait.ces conclusions telles qui en ensievent, es quelles , s'il y clitei avoir aigres ne précis tenues à la nature ducas, n'est pas cela à imputer à autre nul que à l'acteur; dont tontesvoies il se parera comme en propre personne, sans en lessier charge à nul aultre. Convient regarder aussi que, comme le temps se juge par les vens et disposicion du ciel, que les choses futures aussi de ce monde se prévoient et conjecturent par la dispoaieioa et gouvernement des seignouries aux quelles le monde est subgect ; et préavtsent les hommes l'ung l'aultre en celui endroit do leur procliaine infélicité ou salut. Comme maintenant l'acteur droit cy , considérant les misérables ditlicullés , les doloureuscs macbinacions et contendances quiappèrent, qui se mettent sus et visiblement semonstrent, juga en lui^nésmo icelles devoir venir à tribulacion , tourner à batailles et à mortelles rumeurs, et non pooir r ement, si non

«fl^

ÎSXPOSITION

par contre-nature 'parinopînable, par seule grâce de Dieu , et par mort de personnes , en quoi loulesvoies ceulx que conf^noit iniquement vexés, innocens mesmes cl justes en leui-s oenvres , metians Dieu en leur tiltre , équité pour leur appnye , honneur et vertu pour leur dcfTense : iceulx , quand ce vendra en tcnips|dc Iribulacion , il prononce fortifiés de la main de Dieu, asseurés à l'enconire de fortune, et évadables naturellement les périls npparens, trop mieulx que ceulx qui , plains d'aposlumes en cuer, se trouveront mouveurs du mescliief ; car loy semble que divine équité devra esire pour eulx, là ou elle devra tourner en contraire aux traveilteurs des bons.

Dame, doncques, pour venir à la lettre de l'acteur et à l'entendement d'icellui : ne ditil vray quand il remonstre que le cuer, le fons et i'intencioa de son maistre, tous gissent en l'aspect de celui qui tout voit et congnoit ce qui y est ; et sur iceluy regard, qui par riens nulle ne peut avoir empecliemeut, il se confie et s'y ose bien attendre , car sait en luy-mesmes que tout y est bien, tout y est net et léal , tout de nature et condicîon de proud'omme qui ne quiert nuls) LroullJs', nulles couvertes tins cauteleuses, nulles fraudes ne décepcions , riens seulement que paix, amour avec chascun , non quérant l'autrui , gardant le sien propre , nou voloir grever et non estre ^revé de nullui. Ceci est le fons de son cuer sur quoi il se confie ; ceci est le secret de ses repostailles sur quoi il met son attente , ci par quoi l'acteur dit, en justifiant sa personne :que ne vous craint, ne toute vos- Ire route, que le doiez trouver autre; mais le gardera Dieu et le conservera à l'équivalent de son mérir et de son bon voloir. 0 YHAGinA- CION rRANÇOisis ! icy ouvre ton œil ; ici regarde etencerce laprufondilédeceste parole, s'elle n'esi juste en soy et véritable, s'elle n'est raisonnable et liouneste pour estre maintenue , quand riens n'y a eu terre subgeci à Dieu, que tout ne soit conduit et prospéré de la main de Dieu de lassus , par plus et par moins , selon que par plus et par moins les hommes tendent à bonne équité et à bonne fin. I.a quelle chose considérée en l'Ucteur, dit pour fin de ecstui article :

Cuer iici cl bon u'a besoins hh'qu Iç (aide ,

non , n'a besoïng qu'on lui baille pointure ne décoracion nouvelle ; non ; car il est net et cler de soy-mesmes, et tel en son dedens que ce qui s'en monstre dehors lui soullîst. Mais tels ne sont pas, ce dit l'acteur, les cuers qui sont doubles et vicieux; car là sont tes neux et superfluités, là sont les frondes et les aposiumes, dont se tirent les suspicions, dont se traient les périlleuses et doubteuses attentes.

Et met ce , non par regarl fi nullui qui peut avoir cuer tel, mais par contraire de celui qui est net et tout vrai, pour le monsirer plus luisant emprés son contraire, commes'îl voloitdire:>Quiquece soit non net et infect, mon maistre est cler cl sans reproce.»

YMAGlNACtON.

Déa ! EmrEK0EME>T , j'entens bien les excuses et les évasions que tu quiers par Fentes terriblement estroiles , mais aucune fois les paroles répugnent l'ung à l'aul tre et se contredisent, comme droit cy en présent , là oà tu dis : que ton acteur, parlant des cuers infects et vicieux, ne le met point par regaiil à nullui qui puist estre tel ; et tout prestement après, eu son cioquante-cinquîesme article nomméement, il accuse les François ; et comme il a volu justifier son maistre et le jugier de bon fons , tout au contraire il accuse et juge François estre pervers et iniques, cl non avoir fons ne occasion que tout ne soit coniamîneux, mal sain et reboutable , disant : 55, Voua n'avez fons no occasion nulle Fors seule envie , anInLl ctuotiITroite , Qui par le monde univers vous recule , Vos fais, vos dis.ïns ocurrea, dampne et tmiM, Et vous acquiert Iriste faine orol)roiée. Duiil, quand la sauase arez toute broièe , Si aaroiil bien tons ceulx qui i'assaieurent Quels mixtions ne espices y iiueurent.

Comment donc, Entende>ient, n'estei répugnance droit cy à ce que lu as dit, que U iKimnie n'avoit regart à nullui qui eusl cuer iufecl , quand tout prestement , en vuidani de celle sentence , lui mesmcs le desmenl par confession propre, lors où il dit : " Que ne avons fons ne occjision juste , fors seule envie ardanl , qui nous danipne et dilFame par tout le monde, et eu oui brfssîu et $uusscs que nous

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SUÏl VÉHITÉ NAL PUISE.

Lroions, louL cbascun se porra percevoir clùrcmcnt quelles espiccs il y ara en h mixiion. - Il semble que c'esl assez noter que nous avous cuer inftict , et que l'accusacioD y est toute volontaire et délibéri^menl faite eo devers nous , comme la justilîcacion en devers sou maistre y est pi'oduite à nostre impiopère.

ENTESDEMENT.

Dame, et que puîs-je mais, se aucunnui t'aproce de blâme , là où je ne puis réparer l'oeuvre qui lui en est cause. Ja ne puis prévenir aux clioses faites, qu'elles ne demeurent cnleurqiialilétellesou telles; maisje puis bien justifier personnes en leur innocence, non contaminées de fiiulte.

Ce m'est dur, voir ! que la lettre de l'acleur a besoin de mon réparer; mais encore m'est-il plus amer de la cause qui l'a meu à escripre. Je n'ai,gracesàDieufcuer{frosà rencontre des nobles François , par quoi je doîe adhérer à nullut qui les déprime. Mais je désire bien à parer les aigres paroles de cestui escripvain, qui aux François ne sont bien agréables. Si me pardonne , dame , se je parfai ce que j'ai commcncié, car ne tens, moy, que il fin bonne, à lin de paix et de transquilité en la conscience, et que les murmures qui maintenant , à cause de ces ai;;res escrips , le troublent en corage , soient applaniées ung; pou et mises à néant, par bien donner entendre. Dame , n'en soit à toi tout le tort, ne à l'acteur aussi; soit ray parti cestui fardeau , et en porte cliascun sa porcion, tantdubiencomniedumal.Peutesire qu'en prestant main it l'un l'autre, le pois en sera moins dangereux et la charge moins gievable cbascun.

Pour gouvernement des choses humaines ne convient mais que dîscrécion : peser les malères , parfonder les causes, déterminer gravement, et vertueusement exécuter, et que chascunes privées personnes, pour parvenir à la congnoissance et distinction de toutes choses, mettent peine premièrement à congnoistre ce que c'est d'eulx mesmes, ne quel jugement ils en porronl donner véritable entre Dieu et leur ame; car là jjisl la racine première de saplence , le fondcmeut de bien enicudre et le commenceiiieut de bien savoir faire à mesure; par les quelles clioses toutes choses «stables

et bonnes se pevent parniaintcnlr en cslre , el toutes ruineuses et décUnaioires de salut relever et ressourdrc.

Dame, qui emprendroit h faire d'une teri^ arbuste, d'une espèce forest, terre pour semef grains , ne convendroit-il^avoir divers engins de fer pour tirer deliors et escharter les rU-* cines, el pnjs, icelles tirées à diverses labeurs, replanier la terre arrière , et remettre en disposicion arable; certes si feroit. Pareillement est-il droit cy, dame. L'acteur perçoit aujourd'hui la terre fVançoise estrc arbUstO) durement plaine de superfluités nemoreuse», non bien cultivées el moins encore pourfita" blfs à commune salut. Si a quis ses crocs de fer et liavès , pour aller quérir les racines dommagenses qui empeschent la semoison , et les faire morir et sechier au ventre de lu terre qui les produist , affin que la noble se* mence y viengne qui y est deu de nature. Si ne le peut faire que par fer , parce que le fer rude et de rigoreuse matcre est tout propre à la rigueur de l'ouvrage, et que vaincra et rompre convient fort pas fort. Qui est la chose, dame, qui pluss'aguise que te fer? ne qui est la chose qui plus perçant soit , ne plus agué que parole ? L'acteur doncques, faindant parler familièrement avecques François, noa pas par contencion ne repreuve, maisp»* argumentacion ponrfilable,' tendant à salut, et considérant eulx non avoir occasion juste ne tjlire honncste d'eux animer en contraire de ce prince le duc , ne de lui monstrer ne procurer ce que lui procurent et monstreiit, est allé quérir ses crocs de 1er trençans, ses havès pointus et parfons, pour tirer dehors le fous de leur cuer les racines mauvaises qui y croissent , et dont les arbres et ramures qui en naissent sont ombrages de mort et de malédiction qui s'y embucenl. Que pilé est , quand si noble terre n'est arée et disposée au fruit tel que nature y demande. Et ce voyant l'acteur, et tendant à y valoir devenir essarleur, vientbardiemenl férir au vif des racines, pour essay s'il en porroit nulles eslocier ; et remonsire aux François ce qu'il perçoit radicalement en leur fous, disant: f Vous n'avez funs ne occasion nulle, fors seule , envie ardanl, laquelle il vous convient g eu vole et souffrir extirper. Pourauoi ?

EXPOSITION

certesqne avec le grief que elle vous faiimesmes, elle vous daoïpne, diflame et recule par l'univers monde. El porracongûoislrechascun, quand tout arez l'ait et brassé, etlonguemeai persévéré eu cesle miinière de faire, quelle raison ne quelle cause vous y porrez avoir , ne quelles sont les fins et conclusions que vous y quérez. ■■ Ne dit pas ceci toulesvoie» par repreuve, mais par advertissement de vosire honneur et salut, et pour vous donner à entendre ce que la généralité du monde vous impute en darrièie- Dame, si bien que paroles flatieresses cousiumièrcmcut sont ugjjréables, si bien sout reprébensiODfi aulctuie l'ois de grand fi'uit ; et est langue de corrigeur médecine au prudeni, lorsque venimeuse est et tacère celle du flatteur. Congnoit bien toutesvoies l'acteur qu'il ne luy apparlenoil soy bouler droit cy , ne de prendre une correction si aigre sur nue si baulle et glorieuse nacîon comme est celle dos Frans , là ou vertus et bonnes meurs sont comme en rivière poisson ; mais ne peut esire la chose aulre. Il convient ou reparer, ou nier. Nier ne peut i car l'ouvrage accuse l'ouvrier. Sont il convient reparemeut aulcun bonueste et véritable, là ou le nier ne peut donner à l'ouvrier sauveté ne fuite. El pourtant , dame ïuAQtKACton , ù comme tu poses sur les aigres mes t'roit cy, pose loy ung pou aussi sur le bon voloir de l'acteur, qui, par aigres voies parlies de bonne ame, tend à lin de salut et de. félicité, non pas à inten> cion de injurier, mais par alTection de renionslrerenvéritiéestroite,cequiàliaullesglorieuses personnes blesse et mossiel. Adjousie après encore i'acleur chose laquelle je pense bien, dame, que lu lièves bien hault, parce que arrière il accuse les François donner charge à son maisire ,, là où il dit :

Vnus impnlex cliaife ri bUmc importables , Dont 11 Dieu wul on remet lu xengesncei ; Et aggrevei p*r dis très laaicn labiés Celui (l>i luoDdc où pliu a biens notable*, ïliis de vertus et moins rie reprouvonces , Et qiii pour cent non millions de France» , Non pas ponr Dieu ne pour snn itRmdis , faire vuudroil dont il Siul culaidU.

FILiNÇOISE TMAGtKAClON.

* Holà , Entendemekt , tn me proviens de ceslui et m'en romps la parole ; mais je le préviens maintenant d'un autre , et la (e rendrai telle. Tu as dit voir ! Cerles , Ion homme charge François comme il scet bien faire; et dit que eulx le chargent et aggravent par paroles pileuses et de grand pois durement, qui toutesvoies est le prince du monde là oii reposent plus de vertns et de nobles meurs, et qui, pour Dieu ne pour nutlo rien créée, ne voudroit faire chose luide ne contre honneur.

ËHTENDBuenT, cecy il cou vendra bien que lu exposes , el que lu preuves en qiioy François le vont accusant contre vérité. Mais quand lu aras fait cela , et que,àbien venir, ta raison y seroil bonne, si te trouveras-tu au plus haut péril de meshuy, en ung passage dont moi mesmes preng hide d'ygeter l'œil i car n'a suufii à ton homme , parer son maîstre et le neiloyer de toute laideur ; mais vient, en son cinquante septième article , férir à gorge béant sur François généralement, et ne sceton sur qui ; et leur dit :

5fl.

Tournez, lirei, petquirei «et légendes, l^droH, l'envers de sa *io tioniiorict Mois en fouillant seslauttes et amendes Retournez vous sur tos proiires kateodes , Lt dont lecture est assez proférée.

L'on vous dit bien : ciel et terre ont durésj ">* Mais plus pusaibls est ileinain tons deox t\ Que son bault euor Ji maiiiaislË coiruinpraÉ

N'est pas droit cy rcprocié vilainement tout le throne françois ? n'est pas droit cy la généralité de France repprocée de faulte et de grand charge? Où est la vertu en homme ne constance , où est la tempérance etforiitude, qui droit cy conseille estre pacient, comme de sentir telles flaques vilaines ruer au visage de nobles gens , dont oncques nul el fussent-elles deméries , ne fut si cot que de les porter!'

ESTESDEMEiT. ;

'natuLJ

Daine , se | je povoie faire que ce qui

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