‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 58 sur 494 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

Comment «nprcs un dur assaut les hommes d'Alibandièresse rendirent , leur \ie sauve tant seulement.

Geste adventure advenue ainsy , le comte de Ligny pour estre mieulx pansé à son ap> pertcnir fut ramené 4 Troyes. Et demoura son frère le comte de Conversan et de Brienne, conduiseur de Tost avec toute la noble chevalerie qui y estoit venue avec son fils bleschié. Si se loga tout l'ost entièrement autour de cesto place ; et y mirent siège forme , et pour faire euvro de bricf exploit , affustèront tout autour du cliasteau toutes manières d'ongins et de bombardes pour les batre et moitellelement traveillier ; car beaucop en y avoit à

qui durement cuisoit la perte de ceulx qii J Troyes où il s'alla logier et à renvnron.

estoient demeurés. Si contcndoit chacun à s'en ven{>[icr ou en ce lieu meismes recevoir mort. Parquoy, comme il est tout cler que couroux est matère d'aigreur et de feUeté , certes ledict comte de Conversan, par revenge de son frère, fit continuellement batre la muraille tout alentour, et ne leur donna retpit d'une heure de jour pour reprendre à paine leur alarme ; et tellement le^ mistàrextresme paour, par traveil et par estre tout an deiooiivert en leur fort, qu'en la necesûté du péril non eschappable, ils demandèrent parlement; lequel par oppinion de principaolx leur fut accordé , mais non encoires pour celle première fois rendant prouffit. DonI qoantlei assiégans virent la chose tourner à néant , et que les parlementeurs jà estoient rentrés ea leur fort sans rien faire, soudainement et aaai ordonnance de leur chief , tout enfellis, partirent atout eschielles, passèrent les fossés aux niui*s et aux tours descAirées , et montèrent dedens chascun en son lien, nonobstant toutes possibles résistences et pins qne possible des autres. Et de fait, en une des tours montèrent bien jusques au nombre de soixante hommes, cuidans y avoir fait grand acqnest, mais non firent; l'avant passer ienr eslut presque impossible , tant y avoit mis fariiffication à rencontre ; et aussi se defiendirentsi vaillamment ceulx de dedens et y nmrent si aigres résistances corporelles par armes que force y estoit d*en vuydier. Si dura çestni assault dur et ten-ible par l'espace de kait heures , au coust de maints hommes de banlt pris qui y moururent à deux les ; et cessa ponr cellui jour à tant d'exploit. Dont le leadenain les assiégiés doubtoient arrière estre rassaitlis, comme de fait ils eussent esté , car neten-» doient les Bourgoîngnons que à les prendre oultre , et pendre après ou tuer. Certes demandèrcnt traictic et offrirent de rendre la place, sur condicion seullemcnt d'avoir leur vie sauve et de vuidier à piet ung baston en leur main. La quelle oliosc à dur loutesvoies leur fut accordée fmablement , et en ce point vuidèrent la place et s'en allèrent ù Moimicz. Et furent leurs biens dissipés etpilliés par les entrans, la place toute ai*sc et démolye , et puis après se retrahy chacun et print son retour vert

CHRONIQUE DU DUC PHttlPPE.

Page 1