‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 59 sur 494 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Commefit lés BonrgnigiMms forent contrahiets de se retirer aTec perte de devaat Coussy.

^ En assez briefs jours après, aucuns des C2q[>itames principaiûx de cestui est , comme le vidame d'Amiens , le borgne de Fosseux , chevalier, le seigneur de Stenhuyse, Hector de Sayeuse , et autres en nombre de trois mil combatans , du gré toutesvoies et consentement de leur seigneur, prindrent congié de liiy et , après bonne et longue saison persévérée, se mirent en chemin pour eulx retourner en Picardie et es marches de leur manoir. Et en furent advertis, disoit Ten, les dauphinois , qui en bonne et convenable puissance les aguettoient en aucuns passaiges, cuidans les devoir repasser par là ; mais saigement conduits et instruits de leur entreprinse prindrent leur retour par ailleurs en lieu saulf , sans nul empeschement ne encombre jusques leur pais ; et )e remanant des capitaines démord comme le seigneur de Lille- Adam, le seigneur de Groy, de Longeuil, le seigneur Mauroy^ le seigneur de Saint-Légier , Baude de Noyelles , Robert de Saveuse , Robert de Bniney et pluiseurs jusques au nombre de six cents combatans, le ducbourgoingnon les tramist en Auxerois pour subjuguier aucunes places contraires. Dont, après la prinse de pluiseurs, et une viUe nommée Coussy réparée maintesfois par le seigneur de la Trymouylle et fort envenymée au party des Bourgoingnons, à poinct de jour, devant soleil levant , aprestés de tous habillemens nécessaires pour foire exploit, vindrent jusques au plus près dudict lieu ranger et ordonner notablement et en manière de gens de bien ; et là, sur la :délibéracion prinse entre eulx, firent de nouveaulx chevaliers bonne quantité , et de grands seigneurs comme le seigneur de Croy, Euther son fils, depuis ung très espreuvc chevalier de grand fait, Baude de Noyelle et Lyonnet de Bournonville et autres, et par la main du seigneur de Lille-Adam , marescbal de France. Et cela fait, tous d'ung couraige as- ^euré tirèrent jusques aux murs et passèrent les fossés. Les aucuns autres estoient encoires

au mylieu atout leurs eschicUes prests a dreschier, et firent semblant de vouloir aigremeoi assaillir ladicte place. Et de foict y estoient ji montés les aucuns jusques en hault des murs, quand ceux de dedens bien esbahys par aucune espace les perceurent. Après cooraige reprins, aigrement se mirent en deifences manuelles; et tant s'acquitèrent que les rebonlèrent en arrière d'eux , et les chassèrent 1res asprement hors de leurs fossés, pour cause du trait qui y voloit mortel autour d'eulx ; mais les entrepreneurs non esbahys pourtant à celle première faillie , espérant de recouvrer la seconde cnvahye , se logèrent tout à l>ntour dudict lieu de Coussy; et là feirent grand nombre d^eschielles, avec plusieurs autres habillemens nécessaires pour assauits. Le troisième jour ensuyvant recommencèrent Tassault arrière ; et en manière qui est assez sceue comment on y va , se exposèrent tous ardamment au péril, et en quérantle dangier d^utruy et ruyne meismes se boutoient, Beaucop en y avoit en gros meschief ;car aigres estoient durement et fels les enclos; et |Kir Toultrageuse vaillance des assaillans nécessairement constrains meismes à estre mortels. Si le DfK)nstrèrent assez celluy jour, car beaucop en tuèrent , et misrent en mauvais point pluiseurs; entre les autres un nommé Ogier de Saint-Wandrille , gentilhomme d'armes, et ung autre nommé Tabary , capitaine des brigans surnommé. Quand doncques le dommaige de tant de gens morts, avec la difficulté d'avoir la place par nul assault , estoit bien considérée entre les entrepreneurs , qui arrière se retrouvoient fellement déboutés comme devant, la tierce fois ne leur sembloit pas bien conseillable, sinon à trop grand perte et autre trop graQt meschief, et encoires non estre certain de victoire. Mais survint soudainement nouvelle en Tost que les ennemis leur venoient au dos les combatre,et|esatrapoient entre la place et eulx en leur logis. Parquoy le marescbal de Lille- Adam et tous les autres désirans à prendre Thonneur devers eulx, et meismes aler au devant de leurs ennemis les quérir en baiiie , montèrent à cheval et chevauchèrent toute nuy t pour les trouver. Dont au matin bien tempré, eulx advertis qu ils s'estoient retraicts en une forte église à deux lieues près d' Auxoirre, tî*

rèrent celle part ; et de fait eulx venus là, les assiégèrent bien estroit; et par leurs engins mandés et empruntés en Âuxoirre, avec noblesse et vivres , leur firent de Tannuy beaucop et de grant grief, car secours n*avoient de nul lez, ne de vivres, ne d'autres choses; dont il fallut que en dix sept jours après , eulx qui meismes estoient menasseurs se rendirent vaincus à demourer prisonniers pour ranchon, seuUement leurs biens sauves. Et fut la fortiffication de Teglise toute démolie par les vaincuers , qui joyeusement assez s*en retournèrent vers leur seigneur arriver à Troyes.

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