BALLADE
Souffle , Triton , en ta bucce argentine , Muse en musant en ta doulce musette , Donne louange et gloire célestine , Au dieu Phébus à la harbe roussette , Quand du Tergier où croist mainte noiseUe , Où|fleurs de lys yssent par millions , Acompaigné de mes petits lyons , Ay combattu Tuniversal araigne Qui m'a trouvé , par ses rébellions , Lyon rampant en croppe de montaigne.
Le cerf volant qui nous fait cest acline Fol recueilly en nostre maisorfnelte , Sonef Doun;^ sans poison serpentine ; porte M noble corounette^ .
SUR SIRE GEORGE CHASTELLAIN
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El maintenant noos poinct de sa cornette. Ce sont povres rémunéracions !
Mais Dîen , Toyant mes opéracions , M*a fidt avoir Tictoire en la Champaigne , £t feolt qae soit sar François mencions , Lyon rampant en croppe de montaigne.
Louange à toy , glorieuse Tirgine, Dame Palas , qni régis mon aubette Quand de l*estoc où je prins origine Ay extirpé la venimeuse herbetle; Tant qu'il n*y a homme qui plus barbette , Sans excepter royne , roc ne pyons ; Comme nng Hector on ung des Scypions , Ou Gonune Arthns en la grande Bretaigne, Lui demeuré entre les champyons Lyon rampant en croppe de montaigne.
Tremblez , Liegeois\ tremblez par légions , Car TOUS verrez , si je veulx ou je daigne , Comme je suis , es basses régions , Lyon rampant en croppe de montaigne.
Cette ballade , d*un homme aussi célèbre qne George Ghastellain, parait avoir vivement piqaé les Français , et une foule de poètes ^^empressèrent d*y répondre. La meilleure des réponses est la suivante , de Gilles des Ormes.
Changez propos , cerf volant , nostre chef; Disposez vous k guerre et à bataille , Vestes armet en lieu de couvre chef « Et en vos mains glaive qui poigne et .taille ; JPaictes cryer le ban , et que tout aille Sur ce lyon qui vostre honneur entame , Qui prend vos biens et ditqu*il ne craint âme Ne Toy ne roc , n*en ville n^en campaigne ; Lors le ferez , au plaisir Nostre-Dame ! Lyon couchant au pied de la montaigne.
N*aclehdez plus , courez-lui sus et brief ; Ne le doubtez , je vous supply , pas maille, Car, si Dieu plaist, jà ne vous sera grief. S'il a grand gens , le plus n'est que canaiUe Qai n*ont harnois ne conduicté qui vaille , El ont le cuer failli comme une femme. Enrassaillant requevrezlos et famé , Et vous tiendront un second Charlemaigne. Lors le ferez, au plaisir Nostre-Dame!
Lyon couchant au pied de la montaigne.
Je TOUS requiers , évitez ce meschef ; Ne souffirez plus qu*il vous rançonne et taille ; Or sans hurler n'en viendrez jà h chef , Car il est fier comme est un rat en paille. N*ayez jà peur que gendarme vous faille , Ne le commun qui tant vous craint et ame.
Ad venturez à ce conp corps et âme ; Il en est temps , on à perte ou à gaigne. Lors le ferez , an plaisir Nostre* Dame ! Lyon couchant au pied de la montaigne.
Prince puissant que Téglise réclame , Très chrestien , si vous pouvez sans blâme , Tirez à vous Thermine de Bretaigne. Lors le ferez , an plaisir Nostre-Dame ! Lyon couchant au*pied de la montaigne.
Ce numéro renferme un {p^nd nombre de vers de George Ghastellain et de Molinet. Parmi les meilleures pièces de mon auteur, je citerai la suivante i