CHAPITRE XL VU
Coniment fut trouvé le corps du duc Jehan et tniv- . porté à Digeon , là où il fut enterré auprès son père.
Tantost la ville fut plaine de gens d'armes bourgoingnons et anglois ; et se logèrent icy et là par Tordonnance des marc-scbaux des logis en tous lieux. Et souverainement devant le pont qui respondoit au chasteau, se mirent ea gardes et deffense , pour leur deflendre le saillir. Pareillement, par derrière du chasteau devers les champs, là où il y avoit une saillie, demouroit ung bon et puissant siège contre ceulx qui s y estoient retraicts. Et en ce point demeurèrent par aucims jours , chacun faisant du mieulx et du pis qu'il povoit pour faire son fuit bon. Si s*avisèrent les BourgoUh gnons, si tost qu'ils estoientdedens, de deman* der à aucuns de la ville où estoit la place et le lieu que le duc Jehan avoit esté mis en terre. Si ^leur fut monstre le lieu par ces povres femmelettes, en lëgUseprincipalle de la ville où elles les menèrent jusques à mettre le pié dessus. Dont incontinent atendris de couraige , quand virent la terre encoires tonte fresche et rudement gettée dessus sans aucime révérence de sa personne , en souspirset gemisons , prindrent ung drap noir pour celle première fois, et Tespandirent dessus, et y mirent en croix quatre cierges alumés , en remcmbrance au moins de son très hault nom ; et ce fait, s'en alèrent vers leur prince le duc Phelippe, qui le lendemain y renvoya beaucop de notables et de haulte seigneurie pour le faire desterrer. Et de fait desterré fut el trouvé gctté inhumainement tout chaussé et vestu , au moins en pourpoint et des hotisseauli ; dont les voians, ses serviteui*s jadis et subjectSi avec pluiseurs cris et pileuses lamentacioDS « senibloient fondre en picui's , et désiroient à nettoyer ses playcs en leurs larmes; lesquelles, comme aucuns relatent , au descouvrir rendirent sang nouvel et tout frès, comme se hier eust esté tué ; si avoit-il bien huict mois passés que le cas advint. Si fut lors solempnelle* ment relevé le corps , et après Tavoir mis en son appartenir,fut mis en ungnouveau sarcueul de plonc blanc, bien richement , et transporté
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CnilÔNIQtË DU Ï)UC PHILIPPE.
de là assez tost et renvoyé {j^randement acompai{;nié de seigneurie aux Chartreux de Di- (vcon , où on le renterra emprès son père le bon duc Pbelippe.