‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 99 sur 494 · CHAPITRE LXXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXI

Gomment la ville de Mcaulx fut également délivrée au

roy anglois.

Or avoit-il eu long machinement sur la ville de Meaulx , dont le marchié souverainement estoit une place de grand force à avoir, et luy donnoit de Tannuy assez pour ce qu'elle se tenoit en son contraire. Si disposa de son ost à tirer là envers et d'employer la saison en y mectre siège , nonobstant que le temps approchoit jà sur Tyver et estoit la fin de septembre. Toutesvoies, pour exécuter ce que délibéré avoit, vint logier à Laigny sur Marne qui se tenoit pour luy ; et là par aulcuns jours fit sa résidence, pendant les quels fit faire et cbarpenter plusieurs engins dont grever pensoit la dicte ville , et par especial engins volans , comme plus nécessaires à son intencion. Tousjours certes besoingnoit et employoit temps en fruit et nécessités; il y pourvcoit et subtilloit en ses aflaires les plus convenables et surtout avoitToeul. Parquoy, pensant que ses ennemis dedens Meaulx ne se doublassent d'estre assiégiés, et que à ceste c^use ne boutassent le feu en leurs faulbours, premier que y arriver, envoya son oncle le duc de Cestre avecq quaire mille combatans devers ladicte ville , aflin de soy bouler dedens les dits faulbours et de les garder; car moult luy eust porté dommaige leur destruction. Le duc de Cestre ne demoura gaires après ceste ordonnance qu^il ne se mist es champs et qu'il n'allast exécuter le commandement de son roy , dont il viendroit bien à chief, ce luy sembloit. Et de faict y alla, et la print soubdainement sans barguigner; et la garda tellement que ses ennemis en eurent deul et luy ^oye , combien toutesvoies que,* à rabborder, assez s'y opposèrent. Les menasses s'assaièrent à deffendre le logeis; mais ce ne leur valut riens; car trop puissans estoient les Anglois et les aultres trop foibles, qui n'avoient deffence que de leurs lances pour venir joindre au corps , et les Anglois fiers et horribles de traict pour les en chasser de loing sans main mise. Les faulbours doncques demourèrent saisis du duc de Cestre^ doot

GEORGE CHASTELLAIN

le roy son nepveu estoit bien joyeux. Ij^qucl, après avoir ses bcsoiognes bien apprestées, parly de Laîgny, luy et loiil osl, en nombre environ de vingl mille combaltans ; et le sixième d*octobre vint planter son ost tout à Tentonr de la dicte ville et du marchîé ; et de celle heure en avant tousjours labouroit en faire fortiflierson siège de hayes et de bons fossés par derrière luy, pour non estre surprins par nuyt d*aventnre par ses enncmys, dont, comme saige guerroier, il redoubtoit les agfies et les machinemens, disant qu'il n'est nul petit ennemy , mais assez se doivent peser. De ceulx cy me deporteray, et tant de ce siège un petit encoires, et de la manière de ses approches et pnissans apprestemens à tous lez de rartilleric qui se dressoit , jusques jà tost que j'en reprendra y à parler tout au plain, là où la vaillance des deux parties et le long persévérer mais, doit estre cause d'en escripre ; et reclierrai à parler maintenant du duc bourguingnon et de l'appoinctement qui fùst fait entre ses prisonniers et luy , eulx estans dedans le fort chastel de Lille.

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