‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 21 sur 100 · MOI · texte numérisé non relu

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de la paroisse de Hoh-Gœfft. L'évêque de Strasbourg en est seigneur, et le curé de Hoh-Gœffl , décimateur par la cession des dîmes à lui faite par le grand-chœur , auquel elles appartenaient. Il n'y a point d église ; il y avait autrefois, près de ce village, une chapelle sous l'invocation des saints Pierre et Paul , dont il n'existe plus que les débris.

C'est peut-être de cet endroit que la famille noble de Kurtz , éteinte vers l'an 1417, dont parle M. Schœpflin, sous l'an 4384 et 1399, Ah. illust., tom. 2, pag. 654, tire son origine. Hanseman Kurtze, edelknecht, vivait en 1399 et 1416 ; Ah. dipl., tom. 2, pag. 306 et 323.

MOLSHEIM, dont on trouve le plan gravé par Mérian, tel qu'il était en 1663, dans la Topographia Alsatiœ , pag. 24 , et par Weiss , comme il est aujourd'hui , dans YAlsatia i/lustrata, tom. 5, pag. 143 , est une ville de la Basse-Alsace , appartenante à l'évêque-prince de Strasbourg, située sur la Brusche, entre Dachstein et Mutzig, à quatre lieues de Strasbourg. Elle dépend , pour le spirituel , du diocèse de Strasbourg et elle est le chef-lieu de l'archiprôtré ou chapitre rural qui porte son nom. Elle est sous l'intendance et la subdélégation de Strasbourg.

Quoique Molsheim soit situé dans le bailliage de Dachstein , qui en porte même le nom dans d'anciennes chartes cette ville est cependant gouvernée par un magistrat particulier, dont les appels des sentences ressortissent à la régence princière de Saverne. A la tête de ce magistrat est un prévôt , nommé Schultheiss , dès l'an 1194 , ainsi qu'un greffier et qu'un procureur fiscal. Otto quondam scidtetus de Molleshcim est rappelé dans un

' On lit dans une charte de 1451 : - Die Pflefe MoUheim , nemlich die Stetle « MolUheim, Mutiich, Ber«e, Dachsteiu, und die- Dœrfe darzu gehœrende. •

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diplôme de l'empereur, Henri VI, de 1191 ; Liber salicus , fol. 69. Wolfhclmus schultetus de Mollcsheim signa une charte de l'évêque Conrad , de 1194 ; Ah. dipl., tom. f, pag. 302. Le nombre des conseillers qui composent le magistrat a souvent varié. L'évêque Albert le fixa , en 1482, au nombre de treize, sans compter le schultheiss ; Als. illust.y tom. 2 , pag. 145. Depuis que Molsheim est sous la souveraineté de la France, il a été composé de deux stettmeistres , ou bourgmattres , qui sont de régence de six en six mois, et de huit conseillers ou assesseurs, lesquels ont été réduits au nombre de quatre , en vertu d'un arrêt du Conseil d'Etat , du 23 août 1 760 ; Ordonnances d'Alsace, tom. 2, pag. 565. Le prévôt est à la nomination de l'évêque qui, en vertu d'arrêt du Conseil d'Etat, du 27 janvier 1759 , et de lettres-patentes du 18 septembre 1772, est autorisé à le destituer à sa volonté; ibidem, pag. 519. Les bourgmeistres et les conseillers sont élus par la bourgeoisie : les premiers sont perpétuels , les autres changent tous les deux ans. L'évêque a aussi , à Molsheim , un receveur particulier, qui gère la recette du bailliage de Dachstein , et qui ressortit à la chambre des Comptes de Saveme.

Le nombre des habitants de Molsheim peut monter à environ 330 familles , qui peuvent former près de 2860 personnes. L'évêque de Strasbourg en est seigneur et collateur de la cure ; il est aussi déciraateur universel en grains. Quant à la dîme en vins, elle se paye en temps de vendanges aux deux portes d'entrée. Tout ce qui entre par la pDrte supérieure, dite Bergthor, qui conduit à Saverne, dîme à l'évêque. Tout ce qui entre par la porte inférieure , dite Schmidtthor, qui mène à Strasbourg, dîme au grandchœur de l'église cathédrale de Strasbourg et au collège de

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Molsheim , qui en ont chacun la moitié. Ces deux corps ont aussi la dîme en foins , pour laquelle la communauté de Molsheim leur paye un canon fixe et annuel.

L'évêque de Strasbourg , comme nous le verrons ciaprès , a eu de tout temps le droit de patronage de la cure de Molsheim: mais ce ne fut qu'en 1324 que le pape, Jean XXII, unit à la manse épiscopale les revenus dépendants de la cure , avec tous ses droits et appartenances. Parochiolem ecclesiam in Mollesheim ad collacionem épisropi Argentinensis speciantem cum omnibus juribus et per/inenciis , dit ce pape , dans sa bulle datée d'Avignon, 28 septembre 1324 ; Als. dipl., tom. 2, pag. 136. L'évêque Jean , en faveur duquel se fit cette union , considérantes parvitatem prebendarum ecclesie sue Argentinensis, accorda, du consentement de Mathias, archevêque de Mayence, par ses lettres datées du 30 avril 1325, accorda, dis-je, au grand-chœur de son église cathédrale, pour augmenter les revenus des présences et des distributions manuelles, ecclesiam pamclnalcm in Mollesheim , in qua jus patronatus ratione ecclesie nostre habere dinoscimur.... cum medietate omnium fructuum proventum et obvenlionum ipsius ecclesie > en se réservant, pour lui et ses successeurs, la nomination du vicaire perpétuel , qui desservirait la cure et qui remplacerait l'ancien recteur de cette église. Le même évéque accorda , en même temps , reliquam medietatem omnium fructuum , proventuum , redditum et obvencionum dicte ecclesie parochialis ad hospitale sancte Marie virginis in Mollesheim , qu'il avait fondé quelques années auparavant ; Liber Salicns summi capituli , fol. 62. C'est à ce titre que le grand-chœur et le collège de Molsheim , qui jouit aujourd'hui des biens de l'ancieu hôpital , perçoivent

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communément la partie des dîmes en vin que nous venons de nommer.

Quant au droit de patronage et les autres dîmes appartenantes à 1 evéque, celui-ci les possède très-anciennement. Un acte d'arbitrage , passé le 25 août 1221 , entre l'empereur Frédéric et Henri , évêque de Strasbourg , Alsat. diplom. , tom. 1 , pag. 347, porte que le premier rendra à l'église de Strasbourg , jus patronatus cum décima, curti et domo lapidea in Mollesheim. La charte d'accord , passée en 1223, entre le roi Henri, fils de Frédéric, et 1 evéque Berthold, successeur de Henri, Als, dipl., tom. 1, p. 350, dit que in Mollesheim jus patronatus ecclesie et décime ab antiquo ad episcopatum spectantia domino episcopo remariebunt. La transaction passée l'année 1224, sous les auspices du cardinal-évêque de Porto, Als. dipl., tom. i, pag. 351, dit aussi : in Mollesheim jus patronatus , décime , aliaque jura , que ab antiquo Argent inenses episcopi perceperunt ibidem , ad episcopum pertinebunt. Par un autre accord, passé en 1236 , entre 1 evéque Berthold et l'empereur Frédéric, ibidem, pag. 375, ce prélat réserva vit in Mollesheim sibi et successoribus suis jus patronatus , décimas et census , aliaquc jura , quœ sui predecessores episcopi hactenus perceperunt ibidem. L'évêque Berthold accorda , en 1226 , viginti et très carratas vini de collecta nostra Molcsheim en fief, à Mathieu, duc de Lorraine; Alsat. dipl., tom. i, pag. 357. Ce fief fut augmenté, en 1286, en faveur du duc Frédéric, par l'évêque Conrad, qui y ajouta deeem carratas vini de décima in Mollesheim ; idem, t. 2, pag. 35.

Molsheim , nommé dans les anciennes chartes Mollesheim , ou Mollisheim , n'est connu que dès le neuvième siècle , et cet endroit paraît tirer son nom d'un moulin,

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mola, qui y fut construit sur la Brusch, aux environs de l'ancienne église de Dompeter. Aussi cette ville porte encore aujourd'hui pour armoiries une roue ou meule, de gueules, à huit rais dans un champ d'argent. Une ancienne notice du chapitre de Saint-Thomas , écrite sur la fin du dixième siècle , Als. dipl., tom., i, pag. \43 , rappelle entre les donations faites à cette église, vers Tan 820, par l'évêque Adaloch, in marcha Moleshemcro vineas ses , et vers l'an 920 , par l'évêque Bichain , mansam unam in Molleshcim marcha cum vineis mbjacentibus. Ce sont ces vineas in Mollesheim que l'empereur, Frédéric 1er, confirma, en 1163, au même chapitre de Saint-Thomas; Als. dipl., tom. 1, pag. 253. L'ancienne notice d'Eschau , écrite en il 80, Gall. christ., tom. 5, pag. 473 , fait mention des biens de cette abbaye, situés in Mollesheim. On voit par le nécrologe de la cathédrale de Strasbourg, fol. VU et XI , que Diehman , doyen de cette église , qui vivait en 1! 29 et 1134, et Baldolf, chanoine et chantre de la même église , depuis 1134 jusqu'en 1148, donnèrent aux Frères de Sainte-Marie quelques biens situés à Mollesheim.

Berthold III, duc de Zeringen , le même qui avait bâti, en 1118, la ville de Fribourgen Brisgau, vint en Alsace, en 1122 , au secours de Hugues , comte de Dabo. Ayant voulu loger par force à Molsheim, les habitants s'attrouppèrent, dissipèrent ceux qui l'accompagnaient et le massacrèrent ; Crusius , Annal. Suevic., part. 2, lib. 9, p. 324 et 329. Ceci arriva le 19 février 1123. Le Fragment historique dTrstisins , pag. 84, dit sous l'an 1122 , an. dom. H22 y Bertholdus dttx de Zeringen Mollesheim occiditur. On rendit Cunon , évêque de Strasbourg , complice du meurtre de Berthold , et ce lut là, selon l'annaliste saxon,

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apud Eccardum in corpore historico medii œvi , tom. 1, pag. 650 , l'une des principales causes de la déposition de ce prélat, arrivée en 1123. Lunig, in Codice Italiœ diplomatico , tom. 5 , pag. i435 , rapporte un diplôme de l'empereur, Conrad III , pour la ville de Plaisance , daté de U 40 , in Alsatia , in loco , qui diciiur Molescum. Cet endroit , mal rendu par le copiste , ne peut être que Molsheim. Philippe, qui fut élu, en 1198, roi des Romains par une partie de l'empire , vint en Alsace au commencement du mois de juillet de la même année , pour se venger de Conrad , évêque de Strasbourg , qui s'était déclaré contre lui en faveur d'Othon , son compétiteur. Il s'empara de Molsheim qu'il brûla : il fit massacrer les habitants qui défendaient cet endroit , et il ne reçut à composition que ceux qui s'étaient retranchés dans le cimetière ; Kœnigshoven , pag. 115, 243 , 315 et 419.... « An. Dom. 1198, « Philippus exercitum colligens Alsatiam petiit, Mollesheim « expugnando cremavit , solo cœmiterio in deditionem « recepto , » dit le Fragment historique , pag. 86. On lit dans la chronique manuscrite de Godefroi d'Ensmingen : An. Dom. 1198, Mollesheim destructum est a rege Philippe

Dès lors l'évêque de Strasbourg jouissait d'une certaine autorité dans Molsheim , comme le prouvent les faits que nous avons rapportés sous les ans 1122 et 1198. Il y avait même des hommes propres , puisque le même évêque Conrad , dont nous venons de parler, rappelle dans une charte de 1194, homines nostros de Mollesheim, auxquels il confirme silvam illam, que sita est a termims t in quibus oriuntur duo rivuli Sulzebach et Emerbach mque ad locum quo bruscam intulit ad secavda ligna conbustibilia, eojure quo a predecessoribus habuerunt. L'évêque avait également

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à Molsheim les dîmes du ban et le droit de patronage, comme nous l'avons remarqué ci-dessus. Il y avait également plusieurs droits seigneuriaux, dont le principal était officium villicationis , ou le droit 'de nommer le schultheiss. Il y avait aussi une cour seigneuriale et plusieurs maisons qui lui appartenaient. L'empereur, Henri VI , entr autres, accorda, en H91 , à l'cvêque de Strasbourg, aream in Mollcshaim , que fuit Ottonis quondam sculteti, cum ejus edificiis ; Lib. salicns sum. cap., fol. 69.

Cependant la souveraineté ou la supériorité territoriale de Molsheim appartenait alors à l'empire, qui la possédait sous le titre d'advocatie. C'est à ce titre que l'empereur, Frédéric II, attendons grata et accepta servicia , que fidèles nostri cives de Mollesheim ipsi exhibuerunt , advertens puram eorum fidem et devotionem , quam seinper progenitoribus nostris conservarunt , les prit sous sa protection et leur confirma tous les privilèges dont ils avaient joui sous ses ancêtres et qui sont détaillés dans le diplôme de ce prince, daté du 4 février i2I9 ; Als. dîpl., tom. 1, pag. 336. Il en déclare les habitants exempts de tout service étranger; il veut qu'ils ne soient soumis pour leurs héritages à aucun droit mortuaire ; il déclare qu'ils ne pourront être traduits devant d'autres juges que devant celui qu'il leur aura constitué lui-même ; il veut qu'ils ne soient sujets à d'autres droits et péages pour Strasbourg et pour les autres villes de l'empire , qu'à ceux qu'ils avaient coutume de payer sous l'empereur Henri , son père, et Frédéric, son grand-père. Frédéric II, attendons fidelia servicia , que cives predicti de Mollesheim fidèles nostri hactenus exhibuerunt , leur renouvela les mêmes privilèges par un second diplôme , daté du mois d'avril 1236 ; Original à Saverne.

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