‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 22 sur 100 · M0LS1IE1M · texte numérisé non relu

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Ce conflit de juridiction produisit des difficultés entre l'empire et 1 evêché de Strasbourg. Un traité préliminaire, passé le 5 mai 1223 , entre Henri , roi des Romains , au nom de Frédéric, son père, et entre Berthold , évêque élu de Strasbourg , Als. dipl., lom. 1 , pag. 250 , porte : in Mollesheim jus patronatus ecclesie et officium villicacionis et décime et quedam alla jura ab antiquo ad episcopatum spectantia domino episcopo remanebunt. In eadem vero villa advocacia domino régi cedet provenlus, autcm advocacie et precarie in predicta villa et ejus pertinentiis quocumque temporc facte inter dominum regem et dominum episcopum equaliter dividentur. Par ce traité , l'advocatie de Molsheim resta à l'empire. Mais les revenus attachés à cette advocatie et les impositions levées sur les sujets de Molsheim devaient être partagés entre l'empereur et l'évêque. Le cardinal Conrad, évêque de Sainte-Rufine, qui fit, en J224, une nouvelle transaction entre l'empereur et l'évêque Berthold, Als. diplom. , tom. i, pag. 351 et 352 , statua presque de même. In MoUisheim jus patronatus , décime, census, aliaqve jura, que ab antiquo episcopi perceperunt , ad episcopum, qui pro temporc fuerit, pertinebunl. In predicta etiam villa officium viliicationis ephcopus pro voluntate sua persone , cui volet , locabit. In eadem autcm villa dom. imperatori et ejus filii régis Romanorum advocacia ab episcopo in feodum concedatur, sic tamen eam retenturis, quod quicquid vel qualitercunque ex ea et ejus pertinentiis exactum fuerit, vel acquisitum, equaliter inter dom. imper, et episcopum dividatur. Enfin, par une transaction finale, passée au mois de mars 1236 , entre l'empereur Frédéric et l'évêque Berthold, Als. dipl., lom. i, pag. 375, ce dernier accorda à l'empereur Frédéric et à ses héritiers mâles, in rectum feudum in Mollesheim advocaciam , que debent

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lenei i per Fridericum et heredes suos , ita videlicet quod quicquid vel qualitercunque ex ejus pertinenciis exactum fuerit vel acquisitum, inter eos et episcopum equaliter divvdetur. Reservavit insuper episcopus in eadem villa sibi et suecessoribus suis jus patronatus, décimas et census, aliaque jura , que sui predecessores episcopi hactenus perceperunt ibidem. Officium vero villicationis ipsius ville persone , cui volet, locabit. Par ces transactions, l'évêque de Strasbourg resta en possession de la plus grande partie des droits et revenus de Molsheim, dont l'empire ne conserva quel'advocatie ou la supériorité territoriale. L'évêque Conrad de Lichtemberg obtint même des empereurs Rodolphe et Adolphe, en 1274 et 1293, qu'il posséderait tempore vite sue, oppidum sire villam dictam Mollesheim , cum omnibus juribus et pertinentiis. Le diplôme de ce dernier se trouve dans Y Ah. dipl., lom. 2, pag. 58. Enfin l'évêque de Strasbourg n'entra en possession entière de Molsheim qu'en vertu d'un contrat d'échange, passé le 28 novembre 1308, entre l'empereur, Henri VII, et l'évêque Jean, Lunig , Reichs-Archiv., part.spec. contin. i, Absetz. 1 , Abtheil. 1, pag. 18, et Dumont, Corps diplomatique , tom. 1 , part. 1 , pag. 350 , en vertu duquel ce prince , au nom de l'empire, céda à l'église de Strasbourg, opidum sive villam Mollisheim et omne jus romano imperio in eodem et ejus universis attinenciis compétents. Cet échange fut ratifié et confirmé , tant par les électeurs, que par l'empereur , Charles IV. Par le même acte, l'empereur céda à cette église, omnes ut r jusque sexus judeos opidi Mollhheim incolas présentes et futur os, ita quod dietijudei eidem ecclesie serviant et ad illam pertineant plenojure. Les juifs devenant odieux aux habitants de Molsheim , l'évêque Robert leur accorda le privilège, en 1440, de n'en point recevoir sans leur

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consentement ; Als. illust. , tom. 2 , pag. 144. Depuis ce temps les juifs furent et sont exclus de Molsheim.

Dans tous les actes , et dans celui de 4236 , Molsheim ne comparaît que sous le titre de villa , et c'est par une erreur que Zeiler, Topographia Alsaliœ , pag. 34, en parle, dès l'an 4488, comme d'une ville. Les actes de 4274, 4293 et 4308 , la nomment indifféremment oppidum, sive villam. Les évêques , qui en étaient dès-lors les principaux propriétaires, songèrent à l'élever au titre ie\ille qu'elle portait dès le milieu du 43 e siècle. On a conservé une charte de Henri , évêque de Strasbourg , qui accorde le 9 août 4254, universitati civium in Molsheim ut jura, que ub antecessore suo B. tenuerunt, ulililali et reparationi opidi sui applicent. Walther, successeur de Henri, eut une guerre sanglante avec sa ville épiscopale. On lit dans la chronique manuscrite de Godefroi d'Ensmingen , qu'en 1262, après les moissons, les bourgeois de Strasbourg sortirent de la ville et ravagèrent plusieurs endroits appartenant à l'évêque : plures villas episcopatus devastarunt , venientes Mollesheim, quod non devastarunt propter quamdam summam pecunie, quam eis tradidit , populus ejusdem oppidi. On lit la même chose dans Kœnigshoven , p. 253. Le même évêque Walther, par ses lettres du 48 décembre 4262, établit exactionem, que ungclt vulgariter nuncupatur in opido nostro Mollesheim , et ordonne qu'elle ait lieu quandiu civibus nostris dicti oppidi ad peragendum opéra necessarie vallando, muros construendo et alias se muniendo videbitur expedire ; Original es archives de la ville de Molsheim. On trouve cependant que les habitants de Molsheim se liguèrent , en 4263 , avec la ville de Strasbourg contre Walther de (ieroldseck, père du défunt évêque, et l'acte qui le prouve , fuit voir que c'étaient la plupart des

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nobles qui étaient alors à la téte du magistrat; Als. illust., tom. % y pag. 144. Eniin ce fut l'évêque Jean I er qui acheva les murs de Molsheim , dont il fonda l'hôpital et où il faisait d'ordinaire sa résidence. L'évêque Jean mourut à Molsheim et y fut enterré. Ce fut lui , selon Wimphelingue , pag. 80 , qui augmenta l'étendue de la ville de Molsheim et y ht bâtir un grand château. Ce château fut détruit dans le siècle passé : il n'en restait plus qu'une tour , qui Tut abattue vers l'an 1766. Les ouvriers y trouvèrent, à la hauteur de 150 pieds, l'inscription suivante: « Venerabilis Johannes episcopus Argentinensis primus,

* qui fundavit et construxit hospitale et muros istius civi-

• tatis , hoc opus fecit fleri. Anno Dom. m.ccc.xxiiii. » La pierre qui porte cette inscription , se trouve aujourd'hui dans la cave seigneuriale. Berthold de Bucheck, qui succéda à l'évêque Jean , demeurait aussi fréquemment à Molsheim. On lit dans Albert de Strasbourg , sous l'an 1353, in Chronico, pag. 160, et de Gestis Bertholdi episcopi y pag. 179, « Decubuit infirmitate durabili in Molles- « heim Bertholdus episcopus. » L'empereur, Charles IV, vint l'y visiter dans sa maladie, au commencement du mois de novembre 1353 ; Kœnigshoven, cap. 2, pag. 135. Berthold y mourut le 24 au 25 novembre suivant et fut transporté à Strasbourg.

Molsheim fut brûlé en 1388, dans la guerre que Robert, comte palatin du Rhin, eut avec les villes du Rhin ; Hertzog, in Chronico, lib. 3, pag. 27. L'évêque Jean de Manderscheidt établit, en 1573, à Molsheim, sa monnaie, où on battit différentes pièces de différents métaux; Als. ill., tom. 2, pag. 144. A sa mort , arrivée en 1592, les chanoines protestants élurent, pour lui succéder, Jean-Georges, margrave de Brandebourg, et les catholiques, le cardinal

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Charles de Lorraine. Cette double élection alluma en Alsace une guerre longue et sanglante. Les troupes du margrave vinrent former, le 21/31 juillet 1592, le siège de Molsheim. La tranchée fut ouverte : mais les fréquentes sorties de la garnison retardèrent beaucoup les travaux et causèrent de grandes pertes à l'ennemi. Albert, comte de Tubingen , et Jérémie , comte de Neuvenar, général d'artillerie , y furent tués. Le marquis de Brandebourg leva le siège le 14 août. Le prince Chrétien d'Anhalt fut plus heureux. 11 marcha à Molsheim le 2/12 novembre suivant. La place fut investie et battue du canon avec tant de force, qu'en peu de jours il y eut trois brèches assez grandes pour donner assaut. Le prince d'Anhalt y fit monter ses meilleurs soldats , qui furent repoussés par les assiégés. Le baron de Hohensax, colonel, y fut tué avec deux lieutenants-colonels des troupes du margrave de Brandebourg. Malgré cela , le prince pressa si vivement le siège , que les assiégés se voyant sans espérance d'être secourus, demandèrent à capituler. On accorda aux ecclésiastiques et aux habitants la liberté de sortir de la ville avec leurs effets : la garnison , qui n'était plus que de trois cents hommes, sortit avec armes et bagages. Cette capitulation fut du 1 3/23 novembre. Mais par un accord passé , le 27 février 1593, entre le cardinal de Lorraine et le margrave de Brandebourg, la ville de Molsheim fut rendue au premier; Laguille, Histoire d'Alsace, partie 2, liv. 7.

La guerre fut enfin terminée par le traité de Haguenau, du 12/20 novembre 1604 , qui assura l'évèché à Charles de Lorraine. Ce cardinal, de concert avec le grand-doyen et avec les senior et députés du grand-chœur de son église cathédrale , transféra le grand-chapitre , ainsi que le grandchœur, par lettres du 18 juin 1605, nouveau style , dans

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l'église paroissiale de Molsheim , où ils commencèrent à faire l'office divin le 28 septembre suivant ; Essais sur la cathédrale de Strasbourg, liv. 1 , pag. 123 et 124. Le même cardinal avait transféré à Molsheim , dès l'an 1597, son consistoire , ainsi que tous les tribunaux ecclésiastiques ; Als. illust., tom. 2 , pag. 144. Les princes confédérés do la ligue protestante étant venus de nouveau en Alsace, en 1610, ils vinrent assiéger Molsheim, le 10 juin. Le comte Hennan-Adolphe de Salm , chanoine de Cologne et de Strasbourg, qui y commandait au nom de l'évêque, Léopold d'Autriche, s'y signala par une vigoureuse résistance. Mais se voyant dans l'impossibilité de soutenir un assaut, d'autant plus que sa garnison manquait de poudre , il fut obligé de capituler et il sortit de la place avec sa garnison, composée de douze cents hommes , mèche allumée , enseignes déployées, tout le bagage et une pièce de canon ; il fut aussi stipulé que les ecclésiastiques et les catholiques y conserveraient leurs biens , leurs dignités et l'exercice libre de leur religion. Les habitants de Molsheim ne fuient pas cependant épargnés comme ils l'espéraient. Ils furent contraints de payer vingt mille florins pour les princes qui commandaient l'armée , et soixante mille pour leurs troupes; Laguille, livre 8.

Molsheim ne fut pas mieux traité par les troupes suédoises, qui vinrent faire la conquête de l'Alsace. Gustave Horn, leur général, s'approcha de cette ville en 1032, qui se rendit à lui le 6 10 novembre, après avoir attendu inutilement des secours; Schleder , in Thcatro Europœo, tom. 2. Les troupes impériales reprirent cette ville le 14 novembre 1035 , et elles y rentrèrent à la faveur de ses habitants; Zeiler, pag. 34. Celles du duc Bernard de Saxe-Weimar y rentrèrent de nouveau en 1630 , au mo-

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ment que deux mille Impériaux , qui venaient à son secours , n'en étaient éloignés que de deux lieues ; Laguille, liv. 13. Elle fut reprise de nouveau en 1642 , par le duc Charles de Lorraine, qui s'en empara le 14 juillet, n'y ayant trouvé aucun soldat pour la défendre ; Laguille, liv. 15. Enûn Molsheim ne devint tranquille qu'en 1648, que la paix de Westphalie assura l'Alsace à la France. Alors le service cathcdral , qui avait été transféré dans cette ville et que les guerres y avaient interrompu depuis 1632, y fut rétabli le 10 août 1649 ; Essais sur la cathédrale , pag. 131 et 132. Le grand-chapitre et le grandchœur continuèrent à y avoir leur résidence jusqu'au H/21 octobre 1681 , qu'ils rentrèrent l'un et l'autre dans la ville de Strasbourg.

L'ancienne église paroissiale de Molsheim et son églisemère est celle de Saint-Pierre , nommée Dompieter, ou Domus S. Pétri , située entre les deux rivières de la Brusch et de la Mossig , dans les champs , à un quart de lieue de Molsheim et à un demi-quart de lieue d'Avelsheim. Elle est nommée dans une charte de Berthold, évéque de Strasbourg, de 1337, ecclesia parochialis S. Pétri juxta Mollesheim, que est matrix cappelle in Mollesheim, in loco> qui vulgariter Dumpieter nuncupatur. Cette église serait la plus ancienne de l'Alsace , s'il était vrai qu'elle fut bâtie par saint Materne , apôtre de cette province, en l'honneur de saint Pierre. Mais cette tradition est trop incertaine et peut-être trop fabuleuse pour y ajouter foi ; voyez l'Hist. de l'église de Strasbourg, tom. 1, pag. 52 et 122. Au reste , cette église n'a rien de remarquable et ne conserve aucuns vestiges qui puissent faire remonter cet édifice à l'antiquité romaine. On y voyait cependant , il y a quelques années , un tombeau fort

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ancien» qui se trouvait à la droite de l'autel et qu'on disait renfermer les reliques de sainte Pétronille, fille de l'apôtre saint Pierre. Les peuples même d'alentour, selon Wimphelingue, de episc, pag. 5 , et Coccius , in panegyrico Leopoldi episc. Argentin., lib. 3 , cap. 2, pag. 155, plaçaient dans ce tombeau les malades attaqués de la fièvre et croyaient qu'ils y guériraient par l'intercession de cette sainte. Ce tombeau cependant n'est, comme le prouve son inscription , qu'un monument païen , qui fut érigé par un Romain , aux mânes de Tarentie-Augustule , sa femme. Feu M. le cardinal Constantin de Bohan fit ôter de l'église de Dompieter cette tombe , qui donnait occasion à plusieurs superstitions, et en fit présent à M. Schœpflin, qui en a fait la description, Als. illust., tom. 1> pag. 523, ainsi que M. Oberlin , in Musœo Schœp/lini , tom. 1 , pag. 29. Cette tombe se voit aujourd'hui dans la bibliothèque publique de la ville.

Mais l'église de Dompieter devenant trop éloignée de la ville de Molsheim et trop peu spacieuse pour contenir ses habitants , on en bâtit une autre dans Molsheim même , sous l'invocation de saint Georges et qui , dans la charte de l'évêque Berthold, de 1337, n'est encore qualifiée que chapelle. Cette chapelle cependant fit bientôt abandonner l'église-mère , et elle forma enfin la paroisse , telle qu'elle est encore aujourd'hui , sous le titre du même saint Georges. Nous avons vu que le cardinal Charles de Lorraine transféra dans cette église , en 1605, le grand-chapitre ainsi que le grand-chœur de son église-cathédrale , qui y célébrèrent l'office divin jusqu'en 1681. Comme l'ancien chœur de cette église n'était pas assez considérable, on le démolit en 1606, et ces deux corps en firent bâtir un nouveau, qui fut achevé en 1609; Liber vitœmss.

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8ummi chori , pag. % Ce fut dans ce chœur, abandonné en 1681, que les chanoines de la collégiale de Haselach, que les guerres du commencement du 18e siècle obligèrent de quitter leur propre église, firent pendant quelque temps, en 1706 et 1707, le service divin. Enfin l'usage en fut laissé à la communauté de la ville de Molsheim , par acte passé le 29 mars 1 738 , par le grand-chapitre et le grand-chœur, qui s'en réservèrent cependant la propriété, ainsi que celle des stalles; Essais sur la cathédrale, liv. f, pag. i43. Il y a, dans l'église paroissiale de Molsheim, une confrairie de Notre-Dame , établie depuis longtemps. On trouve dans cette église plusieurs épitaphes remarquables , entr'autres dans le chœur celle de Philippe Salentin , comte de Manderscheidt-Blanckenheim , granddoyen des chapitres de Strasbourg et de Cologne, mort à Molsheim, le 4 avril 1680.

Il y avait autrefois dans l'église paroissiale de Molsheim , outre la cure-rectorat et le primissariat , six autres chapellenies ou bénéfices, la plupart à la collation de l'évêque , savoir: 1© la chapellenie de la chapelle de la Sainte- Vierge ; 2« celle de l'autel de Saint-Jean-Baptiste ; 3<> de l'autel de Tous-les-Saints ; 4° de l'autel des SS. Pierre et Paul ; 5° de l'autel de Saint-Jacques ; 6° et de l'autel des SS. Michel et Nicolas. Toutes ces chapellenies sont au- • jourd'hui éteintes , à l'exception du primissariat , fondé le 31 octobre 1485 , dont le magistrat de Molsheim est collateur et dont le possesseur dessert les habitants du village voisin d'Avelsheim. Les revenus de ce primissariat furent augmentés, en 1601, par l'incorporation des trois chapellenies de l'ancienne église de Dompieter.

Près de l'église paroissiale , sur le cimetière , est située une ancienne chapelle sous l'invocation de saint Michel.

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Elle fut réparée en 1660, par Jean Reineri , roi et senior du grand-chœur et prévôt de Saverne , ainsi que le porte l'inscription suivante qui s'y trouve :

« CapeUam hanc vetustate collapsam

• In honorem S. Michaelis archangeli

t Sumptibus suis reparavit reverendus

c Admodum dom. Joannes Reineri,

« Trajectensis ad mosam , chori

« Cathedralis ecclesiae Ârgentinensis

« Re* et senior deputatus ,

€ Episcopatus consiliarius

« Ecclesiasticus et sigillifer,

« Prsepositus collegiatœ ecclesiae

« Beats Maria? virginis Tabernensis

« Anno 1660. »

Dans la même chapelle se trouve l'épitaphe de Jean- Jacques Sigel , chanoine et doyen de Haselach , mort le 18 septembre 1707. Ce Sigel fut le premier possesseur d'un bénéfice simple de famille, fondé le 1er juillet 1671, par Paul Sigel, chanoine de Neuvillers, curé de Siltz, en Tyrol , et vicaire-général de l'évôché de Brixen , mon bisarrière-grand-oncle. Cette fondation fut confirmée par l'évêché , le 17 octobre 1708. Le magistrat de Molsheim, qui a le patronage passif de Ce bénéfice , doit y nommer et présenter le plus proche parent du fondateur.

Dans l'enclos de la maison appartenante à l'abbaye bénédictine voisine d'Altorff, est une chapelle sous l'invocation de saint Joseph, bâtie en 1668 par Beda Heldt, qui en était alors abbé, et consacrée le 18 août de la même année , par l'évêque de Tripoli.

Hors de Molsheim , près la porte dite Schmidthor, du côté de Strasbourg , est une chapelle , appelée Gutleuthen

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Capelle. Elle fut bâtie en 1741, sous l'invocation de saint

, dans l'emplacement de l'ancienne maladrerie.

Cette maladrerie ou léproserie est ancienne et l'on trouve que l'évéque Albert lui réunit, en 1501 , les revenus d'un ancien béguinage qui se trouvait autrefois à Molsheim. Ces béguines sont nommées dans l'acte : das Leyschwester oder Begynen Htis in unser S tait Mollisheim gelegen. L'hôpital de Molsheim possède aujourd'hui les revenus de cette maladrerie.

Cet hôpital , dont le magistrat et le curé sont directeurs, n'est pas ancien. Il ne date que du seizième siècle , qu'il fut insensiblement doté par plusieurs ecclésiastiques et habitants de la ville. Ses revenus sont aujourd'hui employés au soulagement des malades et des pauvres. 11 est desservi depuis quelques années par des sœurs grises, dites de la Charité. Il y a une chapelle domestique sous l'invocation de saint Le roi , par lettres-patentes du mois de mai 1 TOI , réunit à l'hôpital de Molsheim les biens et revenus des anciennes maladreries de Molsheim , d'Odratzheim et de Gresweiller. Outre cet hôpital , il y a une fondation faite par testament du 21 avril 1731, par Marguerite -Elisabeth Jenner, femme de Michel-Oswald Schœffmacher, conseiller et avocat de la ville de Strasbourg, morte en 1737. La testatrice, qui institua pour ses héritiers les pauvres de la ville de Molsheim, dont elle était originaire , lit une fondation particulière pour l'entretien de quatre veuves ou pauvres filles âgées, qui seraient logées dans la maison qu'elle possédait dans cette ville. Cette fondation fut unie à l'hôpital de Molsheim, par lettres-patentes du roi, du 18 mare 1758.

Il ne faut pas confondre cet hôpital avec l'ancien hôpital, qui n'en porte plus le nom, et qui dut son origine

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à Jean I«\ évêque de Strasbourg; Kanigshoven, in Chron., pag. 257. La peste et la famine , qui désolèrent l'Alsace en 1313 et 1316, firent nattre à ce prélat la pensée d'établir un hôpital dans sa ville de Molsheim , près du château qu'il venait d'y faire bâtir. Il l'exécuta le 6 septembre 1316 , comme le prouve une ancienne inscription qui s'y trouvait à la porte d'entrée, et que Wimphelingue, p. 80, rapporte en ces mots : c Ad laudem Dei et sanctse Marise t virginis fundatum est hoc hospitale per venerabilem • « Joannem episcopum Argentinensem primum , anno c Dom. m.ccc.xvi, octavo idus septembris. » Cependant les lettres de fondation ne sont que du 4 novembre 1318. Par ces lettres , l'évéque Jean , du consentement de son grand* chapitre , accorda à la maison des malades de Molsheim , aream nostram juxta /lumen Bruscam in opido nostro Mollesheim siia cum ccclesia , seu capella , domo infirmorum et aliis œdificiis t ortis, vineis et cum aliis suis juribus , attinenciis , et pertinents omnibus.... Statuentes ut ecclesia seu capella predicta ad honorent gloriose virginis per nos fundata , conslructa et dotata cum domo infirmorum , su b nomine , titulo , jure , liber tate et privilégie Zenodochii seu hospitalis pauperum et rei ecclesiastice perpetuo censeatur et consistât , quatenus in eadem ecclesia seu cappella divina semper rite peraganlur ministeria et apud illam pauperes et debilss undecunque venientes , précipite tamen ecclesie nostre Argentin, hommes et familiares canonicorum ejus inventant caritatis subsidia. Wimphelingue , pag. 80 , ajoute que l'évéque Jean y fonda cinq prébendes sacerdotales pour la desserte spirituelle de cet hôpital *. Ces prébendes s'augmentèrent dans la suite au

• L'évéque Jean, qui mourut le 6 novembre 1318, fut enterré dans l'élise de l'hôpjUJ.

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nombre de sept , et Ton trouve que les sept bénéficiera firent l'office divin dans l'église de l'hôpital , dédiée à la Sainte-Vierge, jusqu'en 1550. Il existe une charte de Jean de Lichtemberg , évéque de Strasbourg , de 1354 , qui confirme l'érection capelle S. Michahelis in atrio hospitalis sui de Mollesheim , bâtie par Henri , aumônier de l'évôque Berthold, son prédécesseur.

Les guerres et les malheurs des temps rendirent , au seizième siècle, l'hôpital de Molsheim désert. Les Jésuites, membres de cette société fameuse , tant vantée et tant décriée, dont la chaire, l'éducation, les lettres et les missions pleurent encore la perte , dont un auteur anglais a fait un éloge impartial , Roberlson , Histoire du règne de l'empereur Charles-Quint , tom. S , liv. 2 , pag. 259 , et tom. 4, liv. 6, pag. 451, 52 et 53, les Jésuites, dis-je, en profitèrent pour s'en faire adjuger les revenus. Quelques Jésuites , de la province du Haut-Rhin , étaient venus s'établir, dès l'an 1567, à Molsheim , où Erasme de Limbourg, évéque de Strasbourg, leur avait assigné une habitation. Jean de Manderscheidt , son successeur, qui avait à cœur la conservation de l'ancienne religion dans son diocèse et l'instruction de la jeunesse catholique , donna , en l'an 1580 , aux Jésuites un établissement fixe dans la ville de Molsheim. Cet établissement ne se forma que deux ans après , qu'il leur accorda , par ses lettres du 12 juillet 1582, hospitalem domum cum templo , œdibusae hortis omnibus ad collegii institutionem. Cette fondation fut confirmée , en 1584 , par le pape Grégoire XIII. Huit ans après , le môme évéque Jean , qui jusqu'alors avait fourni à leur entretien de ses propres revenus , donna de nouvelles lettres , le 12 décembre 1590, par lesquelles il confirma , non-seulement au collège de Molsheim l'église,

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l'emplacement et le jardin de l'ancien hôpital , mais lui accorda aussi tous les biens et revenus qui appartenaient audit hôpital , fondé et doté par les évêques, ses prédécesseurs. Il lui remit aussi les sept bénéfices qui avaient été fondés pour autant de prêtres desservant l'hôpital , lesquels étaient à la collation épiscopale , et dont les possesseurs avaient discontinué d'y faire l'office divin depuis 1550, qu'ils avaient été transférés dans l'église paroissiale. Cette dotation fut augmentée des revenus d'autres bénéfices ecclésiastiques et chapellenies du diocèse, que le même évêque réunit à ce collège, et particulièrement, en 1592, de ceux de cinq prébendes de l'église cathédrale , que les Jésuites conservèrent jusqu'au mois de septembre 4670, qu'ils furent obligés de les restituer aux membres du grand-chœur, ses légitimes possesseurs.

Le cardinal Charles de Lorraine , qui devint évêque de Strasbourg la même année 4592 , fut aussi le protecteur des Jésuites du collège de Molsheim. Il leur accorda plusieurs pensions en 1595 , et il leur fit présent , la même année, du crâne de saint Materne, apôtre de l'Alsace, qu'il avait retiré des mains du margrave de Brandebourg , son compétiteur à l'évêché. Mais comme on n'y enseignait jusqu'alors que les basses classes et les humanités , ce cardinal songea à y établir les deux facultés des ails et de théologie. Les guerres qu'il eut à soutenir, et sa mort, arrivée en 1607, interrompirent ses vues. Ce fut son successeur, l'archiduc Léopold d'Autriche , qui se chargea de remplir ses intentions, et qui y établit, en l'an 1617, une université composée de ces deux facultés. Le pape , Paul V, approuva cette fondation par sa bulle , datée du 1er février 1617, et l'empereur la confirma, par son diplôme du 1 er septembre suivant. Enfin l'évêque Léopold,

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par acte du 30 juin 1618, assigna au collège de Molsheim des revenus nécessaires pour l'entretien des nouveaux professeurs. L'inauguration de la nouvelle université se fit le 27 août 1618 , en présence de l'évéque fondateur et d'un grand nombre de seigneurs de l'empire et de la province. Guillaume , évéque de Bàle , officia à cette cérémonie , assiste de l'évéque de Tripoli, suffragant, et de sept abbés du diocèse , en présence des députés envoyés par les universités de Fribourg , Mayence , Trêves et Wurtzbourg. Le collège des Jésuites de Molsheim produisit plusieurs gens de mérite , Sotvel , Bibliotheca scriptorum Societatis Jesu , pag. 618; entr'autres le P. Jodoque Coccius, de Trêves, qui y enseigna la philosophie et la théologie , et qui mourut à Rouftach , le 25 octobre 1622. Ce Coccius composa plusieurs ouvrages. Il est, entrautres, auteur d'un panégyrique de l'université de Molsheim , présenté à l'archiduc Léopold , son fondateur, imprimé en 1618, sous le titre $ Archiducalis academiœ Molsheimeiisis apostolica cœsareaque auctoritate firmata et explicata panegyrico, et d'un autre ouvrage qui parut en 1623, une année après sa mort , intitulé : Dagobertus rcx Ârgenlinensis episcopatus fundator. Ces deux ouvrages jettent beaucoup de jour sur l'histoire d'Alsace. 11 travaillait aussi à celle des saints de cette province , mais on a perdu les mémoires qu'il a composés sur cet objet.

Le pape, Urbain Y1I , par sa bulle du mois d'août 1623, renouvela les biens et privilèges du collège de Molsheim. Le roi , Louis XIV, devenu possesseur de l'Alsace , le maintint aussi dans ses possessions , par ses lettres- * patentes, les unes du mois de janvier 1645, et les autres du mois de janvier 1689.

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Son université obtint également de la réputation parmi celles de l'Allemagne et elle devint même florissante , au rapport d'écrivains protestants, comme Zeiler, Topographia Alsa/iœ , 1663, pag. 34 ; Bernegger, Descriptio particule territorii Argentinensis, 1675, pag. 36 ; Iselin , Ncuvermehrtes historisch und geographisches allgemeines Lexicon, 1723 , Articulo Molsheim , etc., etc. Louis XIV, par ses lettres-patentes du mois de novembre 1701 , transféra l'université de Molsheim dans la ville de Strasbourg, pour y être unie au collège royal des Jésuites, de la province de Champagne : ce qui fut mis en exécution le 20 juin 1702. Mais cette translation ne donna aucune atteinte au collège épiscopal de Molsheim , qui subsista en son entier. Les lettres-patentes, ainsi que celles du mois de février 1702, confirmatives des premières , ordonnèrent expressément que ceux qui y auraient étudié, seraient admis aux degrés dans l'université de Strasbourg , comme s'ils avaient étudié dans le collège de Strasbourg. Depuis ce temps ; les Jésuites du collège de Molsheim ont continué d'y enseigner les humanités , la philosophie el la théologie : il était même un de ceux dans lesquels les Jésuites de la province du Haut-Rhin faisaient leur théologie ; ils y tenaient aussi un séminaire ecclésiastique soumis à l'évéque de Strasbourg. Ce collège était d'ordinaire composé de 30 à 40 individus , tant pères que régents et frères , dépendants de la province du Haut-Rhin. Enfin , lorsque par ledit de Louis XV, du mois de novembre 1764, les Jésuites d'Alsace subirent le même sort que la Société de Jésus éprouva par la bulle de Clément XIV , le collège de Molsheim fut maintenu et conservé , aux instances du , cardinal de Rohan , et confié , par lettres-patentes du 6 septembre 1765 , à des prêtres séculiers , sous l'a dm i-

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nistration et la dépendance de l'évéque de Strasbourg. 11 est composé d'un principal , d'un sous-principal , d'un procureur, de deux professeurs de philosophie , d'un professeur de rhétorique et de quatre régents pour les basses classes. Ils vivent en commun et sont tous à la nomination de l'évéque. Le sous-principal est en même temps directeur du pensionnat établi dans ce collège. Les lettrespatentes de 4765 et celles de Louis XV, du 24 mai 1776, concernant l'université de Strasbourg , ordonnent que le collège de Molsheim jouît de ses anciens droits dans l'université de Strasbourg, à laquelle il continuera d'être agrégé. Les dernières lettres-patentes confirment le concordat passé en conséquence en 1702, entre l'université de Strasbourg et le collège de Molsheim. Le principal de ce dernier collège est vice-doyen-né de la faculté de philosophie.

L'église du collège de Molsheim est grande et magnifique , une des plus belles de l'Alsace. Elle fut bâtie par les secours de 1 evêque Léopold d'Autriche et consacrée, le 16 juillet 1618 , par Adam Petz , évéque de Tripoli et sufîragant de Strasbourg. Le chœur est rempli d'armoires, qui renferment un grand nombre de reliques. A un des autels collatéraux de la nef , du côté de l'évangile , est conservée l'ancienne croix de Nidermunster, dont j'ai parlé dans mon premier tome , liv. 4 , pag. 362 et seq., et que l'évéque Jean de Manderscheidt accorda, en 1580, aux Jésuites de Molsheim ; voyez l'ouvrage du P. Lyra , jésuite , Historia de antiqua, sancta et miraculosa Cruce, quœ in templo S. J. Molshcmii pro devotiotie dévote asservatur, imprimé à Molsheim , en 1671. On trouve la gravure de cette croix dans Silbermann, Hist. von Hohenburg, pag. 53. Elle est de chêne, épaisse de deux doigts, haute

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de 8 V* pieds de roi et large de près de six. Elle est enrichie de pierres précieuses , revêtue de lames d'argent doré, relevées en bosse, qui représentent, outre le Christ, plusieurs traits de l'ancien et du nouveau Testament. L'église du collège a deux chapelles collatérales. On voit dans celle qui est du côté de l'épttre, la tombe de l'évêque Jean , avec cette inscription : An, Dom, M.CCC.XXVIH octavo idus novembris , obiit venerabilis dominas Joannes episcopus Argentinensis primus fundator et constructor hujus hospitalis. On y voit aussi le cénotaphe de Gabriel Haug , évêque de Tripoli , qui en fut le restaurateur en 1686. Il mourut le iO janvier 1691 et fut enterré dans l'église de Sainte-Madeleine de Strasbourg. Ce cénotaphe est ainsi conçu : « Memoria reverendissimi in christo € patris ac dom. dom. Gabrielis episcopi Tripolensis, trium « episcoporum Argentinensium suffraganei et in pontiticac libus vicarii generalii et consiliarii, hujus capelle, quam i reverendissimus et celsissimus princeps ac dom. dom. t Johann es I. episc. Argent, an. 1316, vi septembris func darat , restauratoris et conservatoris , 28 aprilis 1686. »

Il y a dans le collège de Molsheim une célèbre congrégation, nommée Pactum Marianum, composée de personnes distinguées de tous les états. Elle fut érigée, sous le titre de l'Annonciation de Notre-Dame , sur le modèle de celle de Rome, par des lettres particulières de Claude Aquaviva, général de la Société de Jésus, datées de Rome, 20 avril

L'ordre des Chartreux , le seul de tous les anciens ordres religieux qui s'est conservé depuis près de sept siècles dans sa pureté primitive , sans altération et sans avoir eu besoin de réforme, prérogative bien rare qui doit le distinguer aux yeux de la religion ; cet ordre , dis-je ,

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a, à Molsheim , un couvent attenant aux murs de cette ville, composé d'environ 15 à 18 religieux, qui tient noviciat et qui dépend de la grande Chartreuse de Grenoble. La Chartreuse de Molsheim doit son origine à celle qui était autrefois située près du village d'Eckboltzheim , sur la Brusche, à trois quarts de lieue de Strasbourg. Elle est nommée dans les anciens titres, mons S. Maria apud Argentoratum ; Kœnigshoven l'appelle Johans von Missen , et Wimphelingue Joannes de Myszna. Cette chartreuse fut fondée en 1320, en l'honneur de la Sainte-Vierge, par trois bourgeois de Strasbourg , Jean de Missen , Gérard de Saxe et Wernher de Hesse, qui la dotèrent de leurs biens. Mais elle ne fut achevée, à cause des guerres, que vingt ans après et elle ne commença à être habitée qu'en 1340, ce qui fait que Kœnigshoven, cap. 5, pag. 285, place sa fondation à l'an 1340, ainsi que Wimphelingue, pag. 85. Cette maison produisit de savants hommes , entr'autres Ludolphe de Saxe , qui en fut le premier prieur, fameux par ses ouvrages , qui vivait encore en 1330, et Nicolas Kempft, de Strasbourg , mort en 1397, auteur de plusieurs traités ascétiques. La Chartreuse de Strasbourg était devenue fameuse, selon Gebwiller, qui écrivait en 1521, in Panegyri Carolina , pag. 35, non-seulement par ses beaux et somptueux bâtiments, mais par la piété, la science, la vie régulière et la charité bienfaisante des religieux qui l'habitaient '. Tous ses bâtiments furent démolis le 29 juillet 1 591 , vieux style, par ordre du magistrat de Strasbourg , qui avait obligé les quatre Chartreux qui y restaient encore, d'en sortir la veille. Ces pères se retirèrent d'abord dans la maison qu'ils avaient à Strasbourg ; enfin ils obtinrent

1 II ; avait, en 1521, seiie prêtres profès, neuf convers et quatre donnés.

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un emplacement à Molsheim , où le cardinal Charles de Lorraine les reçut, par ses lettres du 26 février 1602, confirmées par celles de l'archiduc Léopold d'Autriche, son successeur, du 2 juillet 1613. Comme la ville de Strasbourg s'était emparé des biens de la Chartreuse, Henri IV, roi de France , voulut indemniser cet ordre , et par un contrat, passé le 21 août 1598, entre les commissaires du roi et ceux de l'ordre, Sa Majesté leur céda une rente annuelle et perpétuelle de sept mille cinq cents livres sur les gabelles de Normandie, pour être employés à la fondation et dotation d'une autre Chartreuse qu'établirait l'ordre. Cette rente annuelle leur est encore payée aujourd'hui , tant sur le trésor royal que sur les fonds annuels des aumônes du roi.

Cette Chartreuse , considérée sous différents objets , mérite l'attention des curieux. Le chrétien s'y édifiera à la

vue de ses religieux dévoués à la solitude et au silence, à des prières presque continuelles , à des pratiques aussi multipliées que religieuses , qui ont empêché l'esprit du monde à s'y introduire , dont les prières et les larmes attirent la bénédiction du ciel sur notre province. Le savant y distinguera la bibliothèque qui renferme plus de quatre cents manuscrits intéressants , mais qui ne sont presque pas connus. On peut y remarquer entr'autres , les ouvrages du fameux Ludolphe de Saxe, écrits de sa propre main, un traité de saint Prosper, qui a plus de huit cents ans , le recueil original des vers de Herrade , abbesse de Hohenbourg, des actes manuscrits du concile de Bâle , les quatre livres de l'Imitation de J.-C, écrits en 1474, mais sans nom d'auteur , etc. L'architecte en parcourera l'église décorée, dans le goût italien, depuis quelques années, de dorures et de peintures, mais peut-être avec trop de pro- .

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fusion. L'amateur des arts et de la peinture admirera ces belles et fratches peintures sur verre , dont le cloître est décoré dans tout le contour des cellules. Ces peintures , qui représentent la Passion et les Mystères de J.-C. , ainsi que les Vies des saints pères dans le désert , méritent la plus grande attention. Elles ont été peintes en \ 62 1 , 22 , 24, 27, 28, 29, 30 et 31 , par Laurent Linck, aux dépens des chanoines de la cathédrale, des prébendiers du grandchœur, de quelques abbés de la province et de différents particuliers , dont chaque peinture porte les noms et les armoiries. Enfin l'étranger sera charmé de l'hospitalité qui y règne , y mangera , s'il est gourmand , d'excellents poissons et y boira un vin qui passe pour un des meilleurs de la Basse-Alsace. Ce vin croît dans un canton de vigne du ban de Molsheim , qu'on nomme le Finckenberg et qui appartient presque en entier à la Chartreuse. Il y a un autre canton du même ban , nommé Kœttenhund , qui produit aussi du très-bon vin , et dont les vignes appartiennent au collège.

Les Capucins ont aussi à Molsheim un couvent composé de 12 à 20 religieux , qui fait partie de la province des Capucins d'Alsace, ils n'y étaient, en 1723, qu'au nombre de six pères et de deux frères. Ce sont eux qui desservent la chaire de la paroisse. Ils s'établirent à Molsheim en 1657, sous les auspices de Léopold-Guillaume d'Autriche , évêque de Strasbourg , qui leur donna une somme de mille livres pour bâtir leur couvent; de Georges-Alban Meyer, son vicaire-général , qui en obtint la permission, et de Jean-Georges de Neuenstein, qui leur donna l'emplacement où il fut construit.

Il y avait autrefois à Molsheim une famille noble , nommée Kember, qui en prenait le surnom. Dietericus Kember

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