‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 4 sur 100 · I.AMl'F.RSI.OCH · texte numérisé non relu

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que le médecin Jacques Niedhammer avait distillé cette huile et l'avait employée pour guérir la goutte, les enflures et le mal des reins. Zeiler, in Topographia Alsatiœ , an. 1663, pag. 28, et d'ichtersheim, Topographia Alsatiœ, an. 1706, pag. 12, ne font que répéter ce que dit Hertzog.

Elisée Rœslin , médecin de Haguenau , dans son Wasgawischen Geburges Gelegenheit , imprimé à Strasbourg,. en 1593, pag. 28 et seq., s'étend davantage sur cette fontaine et sur cette pierre. II regarde cette dernière comme une vraie matière d'asphalte ou bitume. Il nomme aussi cette graisse onctueuse, semblable à l'huile, qui nage sur cette source comme du bitume liquide ou du naphte. Il ajoute que pendant l'été elle est en plus grande quantité que pendant l'hiver et que les paysans s'en servent tant pour goudron que pour huile de lampe. Il dit aussi qu'ayant été distillée , elle produisit une belle huile , dont le comte Philippe de Hanau s'était servi extérieurement pour soulager ses maux de goutte.

Jean Wolck publia , à Strasbourg , en 1625 , un petit traité de ce bitume , sous le titre de Hanauischer Erd- Balsams, Petreolei oder weichen Agsteins Beschreibung. Il dit que le terrain", où l'on trouve le pétrole, est couvert de pyrites , qu'il fournit une eau médicinale qui a la couleur du petit lait ; qu'il y a à la distance d'une demi-lieue , sur la montagne , une mine de fer très-riche. Il ajoute qu'il a distillé de ce bitume une huile qui ressemble à l'huile de Karabé ; il marque aussi que les paysans s'en servaient pour graisser leurs chariots , pour garantir les vernis , les couleurs et les bois contre la pourriture et les vers. Il ajoute qu'on peut s'en servir pour conserver les cordes et les voiles de vaisseaux , pour tenir lieu de suif et pour apprêter le cuir.

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Reisel , médecin de Hanau , in Nwderbronner-Bads- Arth, Eigenschafft , Wùrckung und Gcbrauch, 1664, p. S et i5, dit qu'on tronve à Lampersloch plusieurs mines de soufre , de pyrites et de cire fossile , comme aussi des rochers entiers de bitume et du pétrole liquide , dont les veines descendent très-profondément dans la terre.

Çans parler d'autres auteurs , qui n'en font mention qu'en passant , nous citerons seulement l'ouvrage de M. Hœffel , médecin de Deux-Ponts , Hisloria balsami mineralis Alsatici , scu petrolci vallis S. Lamperti. Cette dissertation, imprimée in-4°, à Strasbourg, en 1734, de 40 pages, contient une description exacte de ce bitume et nous y renvoyons tous ceux qui voudraient en connaître un détail exact médical et chimique.

Outre cette source , dont nous venons de parler, on en a vu de temps en temps naître d'autres qui faisaient tarir les anciennes, mais cette première s'est toujours conservée; les petites sources qui subsistent aujourd'hui, tarissent pendant l'été. La grande source est au sud de la mine , de niveau avec la prairie. D'un côté , elle a quinze pieds de profondeur, dix-huit de l'autre et cinq pieds carrés de largeur : ses eaux n'augmentent pas beaucoup , quoique celles des environs croissent considérablement. Cette source est entourée de planches: cette garniture, qui tomba lorsqu'on vida les eaux de cette source , vers l'an 1745 , fut rétablie quelque temps après. L'eau de cette source est bleuâtre, à peu près comme le petit lait, ce qui est causé par les parties huileuses qui y surnagent ; elle n'a pourtant aucun goût.

Le bitume, qui couvre l'eau de cette source, est une matière noirâtre, épaisse, gluante, d'une odeur assez forte qui lui est propre , très-pénétrante et très-volatile , d'un

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goût amer et soulevant , de la consistance du miel , qui s'attache facilement aux corps spongieux , comme aux bois, habits, etc. Elle tache ainsi les chemises des paysans qui la ramassent , qu'il faut cinq ou six lessives , pour en ôter les marques ; Hœffel, pag. 4.

M. Hœffel , pag. 5 , remarque qu'on pouvait ramasser autrefois , sur l'eau de cette source, jusqu'à quatre livres par jour de bitume. Mais depuis que plusieurs petites sources avaient percé aux environs , on pouvait en recueillir à peine une livre. Il s'y en trouve une plus grande quantité au printemps que dans d'autres saisons. On en sent l'odeur à une demi-lieue à la ronde. Les insectes qui voltigent sur la source, sont suffoqués par les vapeurs qui en exhalent et tombent dedans ; idem, pag. 5.

Il était autrefois permis à tout le monde de cueillir cette huile, mais aujourd'hui elle est affermée et regardée comme un droit régalien ; pag. 6.

Le fond de cette source est argileux: on y trouve des pyrites jaunes et blanches ; pag. il.

Il en donne , pag. 29 et suiv. , les vertus médicinales. L'usage du bitume de Lampersloch, dans la partie médicale , ne diffère pas de celui de tout autre bitume , lequel se trouve dans tous les auteurs qui ont écrit des vertus du bitume.

Il parle, pag. 36 et seq. y des usages qu'on en peut faire tant en mécanique que dans les parties économiques et usuelles de la vie.

C'est des fontaines de cette prairie marécageuse que Ton tire tout le bitume dont on s'est servi jusqu'à l'année 1742. Un Suisse , nommé M. Tirais, commença alors à fouiller dans la superficie de la terre. M. de la Sablonière , qui avait déjà travaillé à la mine d'asphalte de Neufchâtel, a

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poussé le travail plus loin. Il pénétra jusqu'à l'intérieur de la montagne et découvrit le lit qu'on travaille aujourd'hui. C'est en 1745 qu'il commença à s'y mettre avec vigueur et c'est de lui que vient le nom de la Sablonière , qu'on donne à l'enclos de la mine qu'on travaille sur la colline , dont nons avons parlé et qui a Lampersloch au nord. On en trouve la description dans le Mémoire de M. Spielmann sur le bitume d'Alsace , inséré dans le tome dixième des Mémoires de l'Académie royale des sciences de Berlin, année il 58, et dans la Collection académique, partie étrangère, tome IX, pag. 399-4i6. Par là , on a trouvé le moyen de tirer en un jour plus de quintaux de bitume qu'on ne tirait autrefois de livres de la source.

Les vapeurs souterraines s'élèvent quelquefois, dans la minière de Lampersloch ou de la colline , en si grande quantité , qu'elles font un dommage considérable. Il est arrivé plus d'une fois que le bitume , qui nageait sur les eaux , s'est enflammé et que l'air en a été si prodigieusement ébranlé , que les ouvriers ont été jetés par terre et qu'on a entendu dans l'espace d'un quart de lieue, un bruit semblable à celui du canon.

Le bitume qu'on tire de la mine de la colline de Lampersloch , est le plus renommé. C'est celui qui a fait le sujet des expériences que M. Spielmann rapporte dans son Mémoire. Ce savant chimiste y décrit aussi la nature de la mine, qu'on appelle mine d'asphalte, et la façon d'en tirer le bitume. Cette terre est très-improprement nommée mine , car dans le fond elle n'est qu'un sable imprégné de bitume.

Le bitume séparé de sa mine est une matière noire, d'une odeur assez forte qui lui est propre. Elle n'est ni bonne , ni mauvaise. Quand on jette du feu sur cette

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matière, elle ne s'enflamme pas ; mais en la jetant sur du feu, elle s'enflamme aussitôt et donne une fumée blanche. Le bitume brûle dans la lampe comme une huile faite par expression, sans qu'il en résulte aucune odeur désagréable. Il tient le milieu par sa ténacité entre le miel et la térébenthine.

Si l'on expose le bitume à l'air , il perd non-seulement de son poids , mais il devient même plus tenace , et cela plus ou moins , à proportion que l'air est chaud : ce qui fait que dans les grandes chaleurs , on sent l'odeur de la mine à la distance de quarante pas. Les vapeurs qu'exhale le bitume qui surnage , ne sont en aucune manière nuisibles. Les mouches, les oiseaux et les autres animaux qui en approchent , n'en sont point incommodés. Il est vrai qu'on y trouve quelquefois des insectes noyés , mais cela ne vient point des vapeurs nuisibles de la fontaine, comme l'écrit M. Hœffel. Ces animaux y périssent plutôt faute de nourriture. Léurs ailes étant chargées par cette matière tenace , ils ne sauraient s'envoler.

Cette matière est aussi propre pour poisser les navires que le goudron végétal : elle est même préférable à ce dernier, en ce qu'elle préserve les vaisseaux de la vermine, que le goudron, au contraire , attire par son odeur du pin, agréable aux vers. Cependant on ne l'emploie jusqu'ici qu'à graisser les voitures , en y mêlant du savon et du suif, pour le rendre plus propre à ce dernier usage.

L'huile tirée du bitume est la véritable naphte, tant des anciens que des modernes , comme le prouve M. Spielmann. Le bitume mêlé avec l'alun, et calciné à propos, forme ce qu'on appelle pyrophore , lequel étant suffoqué tout ardent, s'enflamme de nouveau quand on lui redonne l'air.

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M. Spielmann dit que ce bitume ne parait guère différer du tar de Barbados, et que les puits de poix, qui sont aux environs de Clermont, ressemblent beaucoup aux collines voisines de Lampersloch et de Suite.

On faisait à la mine de la Sablonière des pastilles de n aphte ou d'ambre , dont les vertus médicinales sont décrites dans des annonces françaises et allemandes , imprimées à ce sujet. Elles les annoncent bonnes pour chasser le mauvais air dans la chambre des malades, pour parfumer les étables et écuries dans les maladies contagieuses et mortalité de bestiaux , pour faire périr les punaises , pour guérir les rhumes de cerveau , les maux de tête , ceux de dents , les rhumatismes , la goutte sciatique, etc.

M. Guérin , pag. 5 , dit que ce bitume produit de bons effets appliqués extérieurement , tant pour guérir les anciens ulcères que l'œdematose des pieds.

LAMPERTHEIM , ou Lambertscheim , est un grand village de la Basse-Alsace , situé sur la Suvel , à deux petites lieues de Strasbourg et à une bonne demi-lieue de Yendenheim, dans le diocèse de Strasbourg et le chapitre rural du Haut-Haguenau , autrefois de l'archiprêtré de Saint-Laurent , appartenant au grand-chapitre de l'église cathédrale de Strasbourg , composé d'environ 13 familles catholiques et de près de H 8 luthériennes. Il est nommé Lampartheim , dans le diplôme que les deux empereurs, Louis-le-débonnaire et Lothaire, son Ris, donnèrent conjointement , en 828 , à l'abbaye de Schwartzach ; Hist. de l'église de Strasbourg , tom. 2, pag. 188. Un vassal de l'église de Strasbourg, nommé Conrad, obtint du chapitre de Haselach , en bénéfice , in beneficium , quicquid beattis

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Florentins ad Haselaha in marchia Latnpertheimensi habet, selon une charte d'Otton, évêque de Strasbourg, de 1096; Schilterus , Glossar. teutonici , pag. 572. L'empereur , Conrad III, confirma, en 1144, à l'hôpital de Strasbourg, agrum unum in villa Lampertheim. Conrad, également évéque, confirma, en 1190, une transaction passée entre le chapitre de Honau et Garsile de Berstett , relativement à quelques difficultés élevées entre eux , de quibusdam dccimis aptid Lambert heim sitis. L'empereur Frédéric confirma, en 1219, les biens que l'hôpital de Strasbourg avait vn villa Lampartheim.

La seigneurie du village de Lampertheim n'a pas appartenu de tout temps au grand-chapitre de Strasbourg, quoiqu'il y ait eu, depuis le treizième siècle, plusieurs droits seigneuriaux , tel que celui de nommer le schultheiss de l'endroit, qu'une sentence d'arbitres, donnée en 1277, adjugea au grand-prévôt de cette église; Als. illust., tom. 2, pag. 465. Un acte de 1366 , prouve que Jean de Bergheim avait hérité de Jean de Bergheim , son père, den halben Teil an dem Dorffe zu Lampertheim , und an Twing , an Ban , etc. , laquelle moitié ledit Jean de Bergheim engagea, en 1366, à Jean Lôselin et à ses héritiers; Archives de Bergheim. Cette moitié, qui était allodiale, était possédée, au commencement du 15e siècle, par Wiric Puller de Hohenbourg , d'où elle passa , par héritage , à Jean Hofwart de Kircheim, qui la vendit, en 1495, pour 1100 florins, au grand-chapitre; Als. illust., tom. 2, pag. 465. L'autre moitié était un fief de l'évéché de Strasbourg, possédé par les mêmes Hofwart de Kircheim, et à leur extinction elle passa, comme engagement, à la famille des Schack , desquels l'évéque de Strasbourg la racheta vers l'an 1670 ; Bemegger, Descriptio parliculœ territorii

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Argentinensis , pag. 33. L'évêque la vendit quelque temps après à son grand-chapitre , qui devint ainsi possesseur de la seigneurie entière. Dans le temps des troubles de religion , les chanoines luthériens du grand-chapitre de Strasbourg s'emparèrent de la moitié du village de Lampertheim, en 1584, dans laquelle ils se maintinrent parla faveur du magistrat. Le traité conclu à Haguenau , en 1604, entre le cardinal Charles de Lorraine et le margrave de Brandebourg, conserva aux huit chanoines de la confession d'Augsbourg la possession de cette moitié du village de Lampertheim , pour en jouir pendant l'espace de quinze ans ; Schilter, ad Kœnigshovium , pag. 738. Ce terme leur fut prorogé, en 1620, pour sept autres années ; idem, pag. 744. Après ce terme révolu , cet endroit devait revenir au chapitre catholique. Mais les quatre chanoines de la confession d'Augsbourg , dont deux de la maison de Mecklenbourg et deux de celle de Brunswick-Lunebourg , continuèrent de rester en possession , malgré les mandats de l'empereur, en vertu de deux articles équivoques du traité de paix d'Osnabruck , de 4 648. Ce ne fut qu'en 4687, qu'un arrêt du Conseil souverain d'Alsace rétablit les chanoines catholiques dans la possession de Lampertheim. Depuis ce temps, les canonicats luthériens restèrent supprimés et le grand-chapitre de Strasbourg est aujourd'hui seul seigneur de Lampertheim.

Le grand-chapitre de Strasbourg est également décimateur et collateur de Lampertheim. 11 jouit des dîmes, ainsi que du droit de patronage , depuis plusieurs siècles. Ce droit de patronage était attaché à un corps de biens que le grand-chapitre avait à Lampertheim. Ledit grand-chapitre afferma, en 4202, à Wernher Calb et à Conrad, son fils , mensurnam , quœ dicitur de Lampertheim , avec ses

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droits, ut si aliqua ecclesia pertinens ad dictam mensurnam , liceat eis in ipsa ecclesia ydoneum clericum eligere, atque majori preposito ad investiendum presentare, deinde archû diacono pro allaris cura recipienda offerte. C'est ce que dit Henri, grand-prévôt de ladite église , dans une charte de 1202 , dans laquelle est rappelé Wernherus plebanus de Lampertheim filins Wernheri Kalb. Henri , évéque de Strasbourg , de concert avec son grand-chapitre , unit et incorpora, en 1256, à la raanse capitulaire, les revenus et droits , mansurne in Lampertheim , qui était auparavant conférée à deux chanoines particuliers de ladite église, ad quam mansurnam pertinet collatio ecclesie. Il fut décidé et jugé, en 1277, ecclesiam de Lampertheim cum suis redditibus et pertinenciis céder e debere ad prebendas, seu merise et usibus capituli Argentinetisis.

Avant le luthéranisme, il y avait à Lampertheim, outre le rectorat uni au grand- chapitre , une cure, sous le titre de vicariat perpétuel , et un primissariat , tous deux du patronage du même grand-chapitre. Aujourd'hui les catholiques sont desservis par le curé royal de Vendenheim et les luthériens par un ministre résident , nommé par le grand-chapitre. L'église , mi-partie , est sous l'invocation de saint Arbogaste. Les catholiques n'ont repris possession du chœur qu'en 1738.

Lampertheim est la patrie du fameux théologien protestant Schmid, qui y naquit de parents pauvres , en 1616, et qui laissa plusieurs ouvrages qui prouvent ses connaissances dans la théologie et dans la langue hébraïque. Moreri en a conservé les titres dans son Dictionnaire, tom. 7, pag. 178. Il mourut à Strasbourg , le 10 janvier 1696, professeur en théologie de l'université , président du

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