DU DIOCÈSE DE STRASBOURG
LAMPERSLOCH , ou Lamperthesloch , est un village du bailliage de Wœrth , situé près des Vosges . à une demi-lieue de Breuschdorff et à une forte lieue de Gersdorff , appartenant au prince de Hesse-Darmstadt , qui y jouit de la moitié de la dîme. L'autre moitié appartient au chapitre de Haguenau. 11 est composé d'environ 22 familles catholiques et d'environ 51 luthériennes , desservies les unes et les autres par le curé et le ministre de Gersdorff. Elles fréquentent l'église de Lampersloch , qui est sous l'invocation de Tous les Saints, et mi-partie.
Cet endroit se nommait dans son origine Lampersbach, ensuite Lamperslacb, puis Lampersloch ; Zeiler, in Topograpkia Alsatiœ , pag. 28. Lampersloch paraît tirer son nom d'une chapelle , ou d'une fontaine dédiée à saint Lambert, qui s'y trouvait autrefois.
LAMPERSLOCH
Entre Lampersloch, au nord, et Merckweiller, au midi, à une lieue de Sultz , dans les terres du bailliage de Wœrth , est une colline , haute d'environ trente toises , dont le sommet est large d'un quart de lieue. Au pied de cette colline , vers le sud-ouest , est une prairie marécageuse , sur laquelle s'écoule l'eau de plusieurs fontaines chargées de bitume. L'une d'entr'elles est la plus remarquable par son abondance et par son ancienneté. C'est celle dont on a tiré principalement le bitume dont on s'est servi jusqu'à Tannée 1742, et que les anciens auteurs font connaître sous le titre de fontaine de Lampersloch.
Jacques-Théodore, plus connu sous le nom de Tabernœmontanus , ou de Bergzabern , médecin de Worms , est le premier qui ait parlé de cette fontaine , dans son Traité , imprimé en 1584 , sous le titre de Neuen Wasserschutz. Il dit, dans la préface de ce traité, qu'il y a, à Lampersloch, une fontaine d'huile, qui rend, sur la fin du mois d'avril et dans celui de mai , une si grande quantité d'huile , que les paysans la ramassent avec de grandes cruches , pour la brûler dans leurs lampes et pour graisser les roues de leurs chariots.
Bernard Hertzog , bailli de Wœrth , dans sa Chronique allemande d'Alsace, Elsàssische Chronick, Ub, 3, cap, i8, pag. 59 , fait mention d'une fontaine située près de Lampersloch , qui fournit au mois de mai une matière noire et onctueuse , ressemblante à la thériaque , et dont l'odeur approche de celle du pétrole , avec laquelle les pauvres graissent les roues de leurs chariots et pansent même leurs blessures. Il ajoute que près de cette fontaine est une pierre noire, qu'on peut pétrir dans l'eau chaude comme de la cire et qui a la môme odeur que la matière de cette fontaine. Il dit aussi qu'il y avait quelques années