SCHILTIGHEIM
Saint-Etienne de Strasbourg. Elle en avait donné l'advocatie, au 13 e siècle, aux nobles de Wangen. Henri, évêque de Strasbourg, termina, en 1255, entre elle et ces nobles, la difficulté qui s'était élevée super juribus advocatie ville Sch. juxta Argenlinam ; Ah. dipl., tom. 1, pag. 413. Un ancien Rotulus de Saint-Etienne , rappelle la curia Schillenkeim, appartenante à cette abbaye , sous les années 1280 et 1297. Le village de Schiltigheim fut brûlé en 1389 , par les troupes d'Emichon , comte de Linange ; Kœnigshoven , in C/ironico, pag. 353, et en grande partie en 1429 , dans le temps de la guerre de 1 evêque Guillaume avec la ville ; Silbermann , Local-Geschichte der Stadt Strasburg, pag. 152. Il fut aussi brûlé en 1444, par ordre du magistrat de Strasbourg, à l'approche de l'armée des Armagnacs ; Schiller ad Kœnigshovium , pag. 1004. La moitié du village de Schiltigheim fut aussi réduite en cendres par le feu du ciel, au mois d'août 1507 ; Speckle, in Collect. mss., tom. 1, fol. 318.
Agnès de Rathsamhausen , abbesse de Saint-Etienne , accorda, en 1463, le village de Schiltigheim, en fief masculin, à Georges d'Ochsenstein ; Huber, Bericht von San- Slephan, pag. 142. Georges mourut en 1485 , le dernier de sa maison. Nous ignorons comment ce fief changea peu après de nature et comment il parvint aux nobles de Vôlsch. Ce qui est certain , c'est que Pierre de Vôlsch vendit , en 1501 , le village et le château de Schiltigheim à la ville de Strasbourg, qui acheta aussi, cinq ans après, l'office du schultheiss de cet endroit ; AU. illwt., tom. 2, pag. 270. Le château passa ensuite aux Flach , bourgeois de cette ville. Paul Flach le possédait et y demeurait en 1075 ; Bertwgger, Dcscript. part, terrilorii Arg., pag. 46. Le magistrat de Strasbourg le fit raser en 1676 , pendant
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la guerre , parce qu'il dominait sur la ville ; Als. illust., tom. 2, pag. 270. Ce château, qui a été gravé par Jacques de Heiden, était entouré de hautes murailles et ressemblait à une grosse tour. 11 était situé sur une hauteur, qu'on nomme aujourd'hui le Schilling heim-Biihel , d'où l'on découvre tous les endroits voisins , lorsqu'on entre dans le village du côté droit par le sentier, où est aujourd'hui un cabaret ; Silbermann , pag. Î52. On nommait encore la place où il était situé , Herr-Flachen~Hof, sur la fin du dernier siècle. Ce château appartenait autrefois à Jean-Erhard de Kothweill, bourgeois de Strasbourg, qui le vendit, en 1441 , à un prêtre nommé Walther Messer, et à son cousin, Jean Messer; Silbermann, p. i51. Le château de Schiltigheim a peut-être donné son nom à une famille noble , qui s'éteignit vers l'an 1 469 , dans la personne de Georges de Schiltigheim ; Bcrnegger, p. 46. Hugo de Scillencheim est rappelé entre les citoyens notables de Strasbourg, dans deux chartes de 1244 et 1249; Als. diplom., tom. 1 , pag. 388 et 402. Hartmulus miles, filins quondam Hartmuti militis Argenlinensis dicli de Schiltigheim, vivait en 1308; Alsat. illust. , tom. 2, pag. 667.
Le village de Schiltigheim est aujourd'hui composé d'environ 20 familles catholiques , 264 luthériennes et quelques calvinistes. Le ban de Schiltigheim comprend 1956 arpents de terre : ce qui forme 2383, en y comptant les 427 arpents de l'ancien ban d'Adelshofen, village réuni au commencement du 16 e siècle, à celui de Schiltigheim; voyez Adehhofm. Dans ce nombre d'arpents, il y en a 202 qui appartiennent aux habitants de Schiltigheim. Les autres 2181 sont à des chapitres , à des fondations et à des bourgeois de la ville de Strasbourg. On ne donne
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point de dîmes dans les bans de Schiltigheim et d'Adelshofen , mais les propriétaires des arpents payent , soit au monastère de la Visitation de Strasbourg, comme jouissant des biens de l'ancienne abbaye de Saint-Etienne , dans le ban de Schiltigheim , soit au chapitre de Saint-Thomas , dans celui d'Adelshofen , certaines redevances fixes , qui tiennent lieu de dîmes.
Schiltigheim est rempli de cabarets ou de guinguettes , qui sont très-fréquentés par les habitants de Strasbourg, surtout aux dimanches et aux fêtes , temps auquel ils s'y rendent en foule aux beaux jours de l'été , du printemps et de l'automne. Le magistrat y établit, en 1733, une foire et un marché , qui s'y tient tous les ans à la miaoût.
Speckle , dans ses Collectanea mss. , nomme Schiltigheimer Rain, ou SchiUigheimer Hbhe, les champs qui sont situés entre le village de Schiltigheim et la porte du faubourg de Pierre, dont on a ôtc la terre, de la hauteur d'un homme , en 1553 , 54 et 55, pour la porter dans la ville et en rehausser les remparts ; Silbermann, pag. 153.
Speckle, in Collectaneis mss., tom. 1, fol. 78, fait mention, sous l'an 1201 , d'une porte de la ville de Strasbourg , nommée Schilkenthor , située entre le Burgthor et le Judenthor, c'est-à-dire entre les deux fausses portes de Saint- Pierre-le- Jeune et des Juifs. C'était sans doute cette porte qui menait à Schiltigheim ; elle n'existe plus aujourd'hui et elle esl murée. Elle était située où est aujourd'hui une tour attenante au mur de la ville , derrière les jardins du Gouvernement , près d'une rue donnant sur le Marchéaux-Chevaux , qu'on nomme encore de nos jours la Schiltigheimer-Gass ; Silbermann, pag. 59.
scmiTir.nEiM
Schiltigheim est aujourd'hui situé dans le chapitre rural du Bas-Haguenau. Avant le luthéranisme , il faisait partie de l'archiprêtré de Saint -Laurent. Il n'y avait alors , à Schiltigheim , qu'une chapelle desservie par un chapelain. L'église paroissiale était celle de Sainte-Hélène, située près de Strasbourg, hors de la porte du faubourg de Pierre, à l'extrémité des deux routes, dite aussi Rotkirch, ou église Rouge. Elle était le titre d'une cure-rectorat, dont le droit de patronage appartenait à l'abbesse d'Eschau. L'abbaye d'Eschau ayant été réunie à l'évêché de Strasbourg , en 1525, le droit de patronage parvint à l'évoque, qui nomma encore à la cure , en 1536 , jusqu'à l'introduction entière du luthéranisme dans Schiltigheim. Cette église, nommée Ru/a ccclesia , dans l'ancienne légende de Sainte-Aurélie , Ilist. de l'Eglise de Strasbourg , tom. d, pag. 17, est désignée dans les anciens titres , sous le nom de Rotenkirch , ou de parochia ccclesie S. Helenœ extra muros Argentinetisis civitatis. Les chanoines de Saint-Pierre-le-Jeune y faisaient autrefois la procession de Saint-Marc ; XXV aprilis, fit processio in Rotenkirchcn , dit le Livre de vie de ce chapitre. On lit dans l'ancienne notice de l'abbaye d'Eschau et dans la bulle du pape Alexandre III , de il 80, que Guillaume , évéque de Strasbourg , qui gouverna depuis 1028 à 1047, accorda à l'abbaye d'Eschau, ecclesiam Rothenkirchen cum parrochia Schiltenkeim.... Magister H. dictus Marsilii , rector ccclesie Rotenhirchc , est rappelé dans une charte de l'évoque Henri, de 1269. Closnerin zu Rothcnkirch , sont rappelés dans un acte de 1271 ; Nesa magistra inclusorii S. Le?iœ , dans des lettres de 1365 et 1398. L'église de Sainte-Hélène fut rebâtie et richement dotée en 1290, par Gunther de Landsberg, vice-dôme de l'évêché de Strasbourg , et Adélaïde Dalheim , sa femme.
sciiimr.iiF.iM
Kœnigshoven , cap. 5, pag. 354 , fait mention , sous l'an 1389 , du Bruch bi Botenhirchcn. Cette église était attenante à la ladrerie qui est nommée, dans un acte de 1407, domus leprosorum jnxta Bothenkirchcn infra limites parochie ecclesiœ S. Helenœ. Le magistrat de Strasbourg , par cet acte de 1407, fonde un bénéfice perpétuel dans la chapelle de Sainte-Sophie de ladite ladrerie , pour la desserte des lépreux qui y étaient renfermés ; in qua domo est solemnis capella in honorent S. Sophie dedicata.
L'église paroissiale de Sainte-Hélène était située dans l'endroit où est aujourd'hui le cimetière du môme nom , qui y fut établi en 1527, Bernegger, pag. 57, et qui forme encore aujourd'hui le cimetière d'une partie des paroisses de la ville de Strasbourg des deux religions , ainsi que celui des habitants de Schiltigheim. L'église de Sainte- Hélène fut démolie et rasée jusqu'aux fondements , le 8 février 1531 ; mais comme elle formait l'église paroissiale de Schiltigheim, on y laissa la chapelle de Sainte-Sophie, attenante à la ladrerie , qu'on augmenta pour le service divin à l'usage des luthériens. Mais lorsque cette chapelle fut abattue au mois de septembre 1678, avec le reste des bâtiments de la ladrerie, on transporta ce service à Schiltigheim , où il y avait, depuis plusieurs siècles, une chapelle. Cette chapelle devint par là l'église paroissiale, dont le chœur fut rendu aux catholiques en 1733. Cette église est aujourd'hui mi-partie sous l'invocation de saint Louis, et elle sert aux deux religions. La chaire de pierre qui se trouve sur le cimetière de Sainte-Hélène , fut bâtie en 1617. Il y a un cabaret attenant audit cimetière. Les luthériens sont administrés par un ministre luthérien qui est résident , nommé par le magistrat de Strasbourg et qui dépend du consistoire de cette ville. Les catholiques sont