SCHAFTOLSHEIM
des villages d'Innenheim , Kraut-Ergersheim et Odratz- -heim, en qualité de fiefs de l'empire ; A ha t. dipl., tom. 2, pag. 253, num. HS5 et nota X.
Le village et le château de Schaftolsheim , ainsi que les droits seigneuriaux, appartenaient sur la fin du quinzième siècle à la famille noble des Wurmser , qui en jouissait à titre d'allodial. Il y eut même une branche de cette maison formée par Jacques , qui vivait en 1472 , qui en prit le nom et qui fut nommée Wurmser- Schaftolsheim. Valentin , fils de Jacques , fit don de Schaftolsheim , en 1474, à Robert, évôque de Strasbourg, sous la condition que lui et ses successeurs dans l'évèché en investiraient ledit Valentin et ses descendants mâles , à titre de fief masculin, dont l'aîné de sa branche serait toujours investi, mais dont la jouissance serait partagée entre ceux qui y auraient droit. Cet arrangement fut confirmé par Albert , successeur de Robert ; et l'évêque Guillaume , qui vint ensuite , en investit au même titre , en 1507, le même Valentin de Wurmser, qui mourut le 24 juin 1512 , père d'une nombreuse famille. Cette branche cependant se trouvait réduite , au commencement du dix-septième siècle, dans la personne -du seul Georges de Wurmser. Le cardinal Charles de Lorraine changea, en 1602, en sa faveur, la nature du fief et le rendit héréditaire, en lui permettant de le transmettre à toutes ses filles , au défaut de descendants mâles.
Ce Georges Wurmser, qui fut le dernier de la branche de Schaftolsheim, mourut le 4 novembre 1643, sans fils, ne laissant que quatre filles, savoir: Claire-Anne, mariée le 22 février 1619, à Jean-Christophe de Wildenstein ; Anne-Marguerite, mariée à un noble de Pfor ; Jacobine et Anne-Marie , qui ne se marièrent pas , lesquelles quatre
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héritèrent conjointement de ce fief. Anne-Marguerite n'eut point d'enfants, ce qui fit qu'en 1664, l'évêque François- Egon de Furstemberg investit du fief héréditaire de Schaftolsheim, Anne-Marie Wurmser, Anne-Marguerite Wurmser, veuve du sieur de Pfor , et les deux filles que Claire-Anne avait eues du sieur de Wildenstein. L'une, Marie-Anne-Amélie , était mariée à Jean-Henri d'Elsenheim, et l'autre, Marie-Claire, à Jean-Frédéric de Wangen, auteur de la branche des Wangen de Haguenau. Les seigneurs de Schaftolsheim , qui furent investis du fief en 1717, par le cardinal de Rohan , étaient Jean-Joseph de Wangen, Marie- Anne d'Elsenheim, fille de Léopold-Henri, qui épousa un comte de Fugger, Marie-Joséphine d'Elsenheim , fille du même Léopold-Henri , qui ne se maria point , et Marie-Claire d'Elsenheim , fille de Jean-Henri , mariée au sieur d'Ulm d'Erbach. Ce qui fit que les seigneurs de Schaftolsheim sont aujourd'hui, tant M. de Wangen de Haguenau , pour la moitié , que les héritiers allodiaux de Marie-Anne d'Elsenheim, comtesse de Fugger, et de Marie-Claire-Anne d'Elsenheim , baronne d'Ulm , pour l'autre moitié. Le fief de Schaftolsheim comprend , outre la seigneurie, plusieurs autres biens, entre lesquels se trouve le moulin situé près de l'ancien château , que les seigneurs accordèrent, en 1741, à bail emphitéotique.
Le village de Schaftolsheim est aujourd'hui composé d'environ 100 familles catholiques et 20 juives. Le grandchapitre de la cathédrale de Strasbourg , le grand-chœur de la môme église, la collégiale de Saint-Thomas et Mrs. de Zoller, sont décimateurs du ban , mais par parties inégales. La partie des dîmes appartenante au grand-chœur, consiste en un canon annuel et fixe de cinquante-huit sacs de froment et de soixante-six de seigle , que lui délivre la
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communauté. La paroisse faisait autrefois partie de l'archiprétré de Saint-Laurent. Elle est aujourd'hui située dans le chapitre rural de Molsheim. Le grand-chœur de la cathédrale de Strasbourg est collateur de la cure , qui en a le patronage , en vertu des prébendes de la chapelle de Sainte-Catherine, dont il est possesseur. Berthold, évéque de Strasbourg, unit en 1351 le rectorat de l'église paroissiale de Schaftolsheim , avec le droit de patronage et les revenus en dépendants , à la prébende de l'autel principal de la chapelle de Sainte-Catherine, dans la cathédrale, et aux deux autres prébendes de l'autel de Sainte-Elisabeth et de l'autel de Saint-André , dans la même chapelle.
Le luthéranisme fut introduit à Schaftolsheim dans le cours du seizième siècle. Cet endroit était encore luthérien en 1608, mais le culte catholique y fut peu après rétabli , en vertu du traité de paix de Westphalie. Georges de Wurmser Ht signifier, le 16 février 1618 , aux deux ministres de Schaftolsheim et d'Achenheim , de quitter ces deux endroits et d'y faire place aux curés catholiques. Le suftragant de Strasbourg réconcilia l'église d'Achenheim , le 22 du même mois, et celle de Schaftolsheim, le 1 er mars suivant. Depuis ce temps , ces deux villages sont tous redevenus catholiques. L'église paroissiale a été de tout temps dédiée à saint Ulric , évéque d'Augsbourg ; l'ancienne fut entièrement abattue en 1781 , et on n'en conserva que la tour, qui fut rehaussée de 28 pieds. La nouvelle fut rebâtie en 1 783 , et on y plaça , au grand portail d'entrée , cette inscription écrite sur marbre ; Nonne scriplum est, quia domus mea domus orationis rocabitur omnibus gentibus : Marci, c. iA, v: il. AnnoDomini M.DCC.LXXX1II. Dans la nef, du coté de l'évangile , se trouve une autre inscription allemande , qui porte que
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cette église fut rebâtie de nouveau en 1783 , la nef et la tour aux frais de la communauté, le chœur et la sacristie à ceux du grand-chœur.
Il y avait , dans l'ancienne église , dans la nef , du côté de l'épitre , une chapelle dédiée à sainte Catherine , bâtie par les anciens seigneurs de Schaftolsheim , à qui elle servait de sépulture , titre d'une chapellenie , qui existait avant le luthéranisme et dont les seigneurs possèdent aujourd'hui les revenus. Cette chapelle n'existe plus : on n'en a conservé qu'une épitaphe , qui se trouve aujourd'hui dans la nef de la nouvelle église, du côté de l'épitre, près des fonts baptismaux , conçue en ces termes :
« An. 1557, hic sepulta fuit <r Félicitas de Brechter « Uxor baronis de Wurmser <r Et 1581, sepultus fuit Daniel œ Baro de Wurmser, dominus « In Ober-Schœffolsheim. »
Les fonts baptismaux portent les armes de Wurmser, avec la date de 1619.
A une portée de fusil de Schaftolsheim et près de la route , est une chapelle dédiée à la Sainte-Vierge , qui fut bâtie par un curé de cet endroit. Elle fut reconstruite par la communauté, en 1781.
Le grand-chœur avait engagé , en 1551 , aux seigneurs de Wurmser, les dîmes de Schaftolsheim, pour la somme de mille livres. Le Conseil souverain d'Alsace , par arrêt du 13 février 1700, fit rendre ces dîmes au grand-chœur, avec charge au dernier de restituer la somme de l'engagement.
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Le plus ancien livre existant est de Tan 1618. Il commence ainsi : Liber ecclesûe parochialis in Schaffoltzheim , an. Dom. 1618. Catalogtis baptizatorum ab anno expurgatœ hœresis lutheranœ et fidei catholicœ romanœ inlroductœ inchoatus primitus a Joannc Siglin paroc/w.
EXTRAIT du livre des mariages,
1619. 22 février. Mariage de Jean-Christophe de Wildenstein-Wilbach , avec Claire-Anne Wurmser de Schaffoltzheim, fille de Georges Wurmser.
Les fonts baptismaux sont de Tan 1619. Armes de Wurmser.
11 y a quatre à cinq chasubles de Tan 1656 , avec ces mots : I. C. V. W. F. Z. W, armes de Wurmser. C. A. W. U. S, armes de Wildenstein.
EXTRAIT du livre mortuaire.
Le 10 septembre 1691, mort du baron de Wangen, enterre dans Téglise de Schaffolsheim , laissant veuve sa femme , baronne de Holtzaffelerin.
Original. Le 3 des calendes d'octobre 1513, Daniel Wurmser de Schafltoltzheim, armiger Argcntinensis , pour lui , pour sa femme , Marguerite de Kageneck , et pour leurs enfants, Daniel et Marguerite, fonde un anniversaire dans l'église paroissiale de Schafllolsheim.
EXTRAIT du livre des anniversaires.
Le premier de chaque mois , messe solennelle pour Anne-Marie Wurmser. C'est une fille du dernier Wurmser.
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Tous les Quatre-Temps , cinq messes pour Francois- Antoine-Melchior de Birckenwald.
Aux mômes, cinq messes pour Anne-Marie de Birckenwald, née d'Elsenheim.
On voyait, dans l'ancienne église de Schaftolsheim , les épitaphes d'Adélaïde d'Andlau et de N. de Bock , toutes deux femmes de Yalentin de Wurmser, mortes sur la fin du 15 e siècle et au commencement du 46 e ; celle de Valentin de Wurmser, mort le 24 juin 1512 ; celle de Boniface, fils de Valentin ; celle de Jacques, aussi fils de Valentin , mort en 4539 ; celle de Jacques de Wurmser, mort le 26 février 1594, et celle de son fils Georges, dernier de sa branche. Mais toutes ces épitaphes furent brisées ou murées dans les fondements , lors de la construction de la nouvelle église.
SCHERWEILLEB , situé sur la Scheer, qui lui adonné son nom , dans une vaste plaine , au-dessous du château d'Ortenberg , à l'entrée de la vallée de Viller et dans son bailliage , à une petite demi-lieue de Châtenoi , à trois quarts de lieue de Schlestadt et à une petite lieue de Dambach , est un grand village de la Basse-Alsace , du diocèse de Strasbourg et du chapitre rural de Schlestadt , composé d'environ 308 familles catholiques et de près de 23 juives , appartenant à Mrs. les comtes et marquis de Choiseul-Meuse , faisant autrefois partie de la seigneurie d'Ortenberg. (Voyez pour les changements de seigneurs, l'article du Château d'Ortenberg.) On prétend que ce fut à Scherweiller que fut élevée sainte Odile, aussitôt après sa naissance ; Peltre, chap. 1, pag. 15 et 17,
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Carloman, roi d'Austrasie, confirma, en 770, les biens in Scerenwilerc, qu'Adalric, duc d'Alsace, avait accordés à l'abbaye d'Ebersmunster, dont ce duc fut fondateur ; lîist. de l'Eglise de Strasbourg , tom. 2 , ». 60 , pag. 103. Le diplôme interpolé de Louis-le-Débonnaire , de 818, pour la même abbaye , les désigne ainsi : in Scerewilre curtis dominica cum vineis et agris et pratis, mansus censuales et curtes ipsorum , et bannus ipsius prœdii et villicatio in ipsam curtim dominicain pertinet. Decimœ salicœ terrât, ad portam monasterii respiciunt ; ibidem , ». 93 , p. 171. On lit dans un autre diplôme , mais faux , attribué au même empereur, de 824, in Scerwilre, curtis dominica cum vineis et agris et pratis aliisque appcndiciis suis cum omni décima et banno ipsius allodii..., ibidem, ». 96, p. 177. Entre les biens que Widerolpbe, évêque de Strasbourg, confirme en 994 à la même abbaye d'Ebersmunster, il rappelle ceux' in Scherewilre; Hist. d'Als., tit. 339, p. 172.
L'empereur, Henri II, confirme en 1017, à l'évêque de Strasbourg , le droit forestal de vado Hugonis ad Scerawilare , c'est-à-dire , depuis le Landgraben jusqu'à Scherweiller ; Als. dipl., tom. 1, pag. 150. Guillaume, évêque de Strasbourg , confirma , en 1031 , curtim dominicain in Scerewilre cum vineis et agris, cum décima et banno ipsius prœdii. Hetzel, évêque de Strasbourg, successeur de Guillaume , accorda des biens in Sccrewilare , aux Frères de son église ; Necrol., fol. 2. Berthe de Griez , accorda à la même abbaye, en 1031, des biens situés in Sceretvilrc.
Wernher , comte de Gruningen , qui vivait vers l'an 1080 , accorda quic/jnid habuit ad Scherwiler in Alsatia, à l'abbaye d'Hirsauge ; Crusius , Annal. Suevic. , tom. 1 , part. 2, lib. 10, pag. 430.
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Bru non, comte de Lutzelbourg, prévôt de la cathédrale de Strasbourg, accorda à la même église, en 1408, sa cour de Scherweiller, avec tous les biens en dépendants ; Schad , pag. 12. Il faut lire 1118 , puisqu'on lit dans le Livre salique de cette église, fol. 72, que Brunon , grandprévôt et chancelier de l'empereur Henri , accorda , en 1118, aux Frères de Sainte- Marie , predium suum , quod adjacet in villa , que nominatur Scerewilre tara in ecclesia , quant in agris et in vineis et in pratis.
Le pape , Calixte H , confirma , en 1120 , allodium in Scherwilre, à l'abbaye de Honcourt ; Alsat. dipl., tom. 1, pag, 194. Un noble, nommé Frédéric de Châtenoi, accorda, en H 38 , curtim cum molendino in Scherewilare , à la même abbaye ; Liber salicus, fol, 71.
Le pape, Innocent II, confirma, en 1139, à l'abbaye de Gengenbach , decimationem vini ab Ricgarde guondam illustri regina collatam in Scherwilre.
Sous Conrad, abbé d'Ebersmunster, de 1110 à 1137, un certain Ozelon de Châtenoi , vassal de l'église de Strasbourg, accorda très agros vinearum in Scherevilre, à l'abbaye d'Ebersmunster ; Chronic. Novientense. L'empereur, Frédéric I er , confirma, en 1162, allodium apud Schervillare cum omni jure sibi prospiciente , accordé à l'abbaye de Honcourt , par Judenta , épouse d'Adelbert , comte de Habsbourg ; Als. dipL, tom. 1 , pag. 252. La charte de Henri , évôque de Strasbourg , accordant le lieu de Saint- Gorgon , en 1183, au monastère d'Etival , fut data in Scherewillere ; Peltre, pag. i4.
Le pape, Luce III, confirma, en 1183, curtim dominicam in Scerwilrc cum vineis , agris , pratis et cum decimis et cum banno ipsius predii, à l'abbaye d'Ebersmunster ; Als. dipL, tom. 1, pag. 278. Le pape, Honorius III, fit la même
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chose, en 1224. Capeila de Sccrrcwilrc, appartenant à la recette du grand- chapitre de Strasbourg, est rappelée dans un acte de Henri , prévôt de la même église , de 1202 ; Lib. sal., fol. 27. Les chanoines de la même église, décidèrent super capeila in Scerewilre ad cos pertinente , ut sacerdos ibidem perpctum vicarius existai et curam animarum suscipiat ; c'est ce qu'on lit dans la charte confirmative de l'évêque Henri, de 1208 ; Lib. sa/., fol. 34.
H. Camerarius de Scherwilre est nommé dans une charte de Berthold, évêque de Strasbourg, de 1241.
Rodolphe , comte de Habsbourg et landgrave de la Haute- Alsace , accorda , en 1258 , curiam suam sitam in villa Scherwilre cum jure patronatus et proventibus ecclesie, à l'abbaye de Honcourt , pour lesdits revenus appartenir dans la suite à ladite abbaye , sauf la portion congrue à établir pour la sustentation du vicaire perpétuel , dont la collation appartiendra dans la suite au grand-prévôt de l'église cathédrale de Strasbourg. Le même Rodolphe, recevant , en 1269 , de l'évêque Henri , les hommes de l'évêché de Strasbourg , in Scherwillre résidentes , et les biens qui y appartenaient , in banno et eadcm villa , aux Frères de l'ordre teutonique , reconnaît nihil juris habere in curia capituli ecclesie Argentin, et in curia monast. de Ebersheimmunster, seu possessionibus et censibus , ac aliis attinentiis sitis in villa Scherwillre; Als. diplom., tom. 1, pag. 463 et 464.
On lit dans une charte de 1277, capeila de Scherwilre collacioni capituli Argent, fuit deputata.
Le pape, Nicolas IV, confirma, en 1287, décimas vini a clare memorie Richarde regina intuitu devotionis collatas in villa Scherweiller, à l'abbaye de Gengenbach ; Lunig t Spicileg. eccles., tom. 4, pag. 302.
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Otton d'Ochsenstein , landvogt d'Alsace , voulant assiéger, au nom de l'empereur Adolphe , le château d'Ortenberg, occupé par l'évéque de Strasbourg, bâtit, en 1292, un château à Scherweiller ; Annales Colm., pag. 27, où il faut lire Sehaerville pour Haerville.
Otton de Rosheim fonda , en 1294 , une prébende sur l'autel de la Sainte-Vierge , quod construxit de novo in capella S. Odilie virginis in villa Scherwilre atlinenti curie capituli eccl. Argentin. , laquelle prébende sera à la collation dudit grand-chapitre.
Gerhardus rector capelle S. Odiliœ in Scherwilre et Volmarus sacerdos altaris S. Marie capelle predicte , sont nommés dans une charte de 1306.
Frédéric , roi des Romains , Léopold et Henri , ducs d'Autriche, ses frères, engagèrent, en 1314, villam Scherwilre , à Henri de Mullenheim , se réservant le droit de réméré ; voyez l'article à'Ortenberg.
Sainte Odile , avant que de passer à l'abbaye de Beaumeles-Dames, fut élevée à Scherweiller ; Lombardica historica mss. , pag. iOi, et vita S. Odiliœ mss. ab anonymo métro édita, cap. 4, citées par Peltre, chap. i, pag. 45.
En 1374, le duc de Lorraine vint avec une forte armée dans le val de Villé , et brûla Scherweiller et les autres villages appartenants aux Mullenheim ; Kœnigshoven , cap. 5, pag. 336.
La veuve du noble Louis d'Amoltern, résidant à Scherweiller, et Louis, leur fils, vendirent, en 1323, des rentes annuelles à Scherweiller, au chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg ; Als. illust., tom. 2, pag. 634.
Laurent Pilladius, Rusticiados, lib. 6, apud Calmetum , pag. 63 et seq., décrit les Rustaux d'Alsace vaincus et défaits en 1525 , près de Scherweiller, par Antoine, duc
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de Lorraine , et l'endroit de Scherweiller brûlé. Voici comme il parle, pag. 64 , de ce dernier endroit :
« Villa sedet prope Selestadium non invia nullis , « Quam modo Germano dieunt sermone coloni c Chervillam, fluidus quam totam circuit amnis, c Mœnia conspiciens Castena? non procul arcis. « Hanc villam juxta campo spatiosa patenti < Martia vallis erat multum vicina décore « Vineto, cereris multum divesque polentis, « Flexivago fluvio pingues ornata per agros, « Montibus excelsis non distans , etc.
On lit dans les donations de Reichenbach , apud Kuen-, tom. S , pag. 66 , que Rupert , abbé d'Hirsauge , échangea ses biens d'Endingen et de Forcheim , en M 67, avec Wernher d'Ortenberg, dont il reçut ipsius Wernheri prœdia , que in Alsacia Scherwilr scilicet mm mancipiis ntriusque sexus hereditario jure possedit.
Le grand-chapitre de Strasbourg et l'abbaye d'Andlau , aux droits de celle de Honcourt qui lui est unie , sont décimateurs universels du ban de Scherweiller et patrons alternatifs de la cure. L'église paroissiale est dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul. Le primissariat qui s'y trouvait autrefois , est aujourd'hui éteint. Il y avait autrefois , à Scherweiller, deux églises paroissiales , celle des SS. Pierre et Paul , que nous venons de nommer, dite église supérieure , dont les revenus et le droit de patronage furent unis , en 4258 , à l'abbaye de Honcourt, par Rodolphe , comte de Habsbourg. L'église inférieure , sous le titre de Sainte-Odile , fut bâtie dans l'enclos d'un bien allodial , ou cour, que Brunon , grand-prévôt de la cathédrale de Strasbourg , accorda , en 1H8 , aux Frères de
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Sainte-Marie, et dans laquelle ledit grand-chapitre établit , en 1208, une cure ou vicariat perpétuel. Cette cure n'existe plus , mais cette église était située à l'entrée de Scherweiller, du côté d'Ebersheim , où est aujourd'hui la chapelle de Sainte-Odile , placée dans l'enclos d'un bien appartenant au grand-chapitre et où l'on croit que sainte Odile fut élevée aussitôt après sa naissance. II y a un grand concours de peuple à cette chapelle. La- chapellenie de l'autel de la Sainte-Vierge , qui y fut fondée en 1294, par Otton de Rosheim , à la collation du grand-chapitre, n'existe plus.
Hors de Scherweiller, et aussi du côté d'Ebersheim, est la chapelle de Saint- Wolfgang.
Dieffenthal , dont le ban est renommé pour la qualité et la bonté de son vin , ne forme qu'une même communauté et qu'une même paroisse avec Scherweiller, dont il est éloigné d'une bonne demi-lieue; mais c'est l'abbaye d'Andlau , comme succédant aux droits de Honcourt , qui est seule décimatrice du ban. Dieffenthal est composé d'environ 51 familles catholiques. Il y a une église, ou plutôt une chapelle, sous le titre de Saint-Michel. Guillaume, évêque de Strasbourg, de 1028 à 1047, accorda à l'abbaye d'Eschau, des biens situés in Diefendale, comme le prouve la notice de cette abbaye et la bulle d'Alexandre III , de 1180. Berlinde , sœur de Wernher, comte d'Ortenberg, qui vivait au commencement du onzième siècle , accorda vineum in Tieffenthal , à l'abbaye de Honcourt, fondée par ce comte , comme le porte le diplôme de Frédéric 1er, de HG2; Als. dipl., tonu /, pag. 252.
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SGHILTIGHEIM , vulgairement nommé Schilcken , que les Français prononcent Schilic , est un grand et long village, situé dans la Basse-Alsace , près de la ville de Strasbourg, dont elle est éloignée d une demi-lieue , hors de la porte du faubourg de Pierre , appartenant au magistrat de Strasbourg , qui en est seigneur, et faisant partie du bailliage de Dorlisheim. Cet endroit est fort ancien. On lit dans l'auteur de la Vie de saint Adelphe , apud Stilting, in Actis Sanctorum , tom. 6 , augusti , pag. 509 , qu'une femme, nommée Regnisinde, de villa Alsatiœ Schildenchen vocata, obtint l'usage de la vue en 826 , lors de la translation des reliques de cet évéque de Metz à Neuvillers. L'empereur Lothaire confirma , en 845 , à l'abbaye de Saint-Etienne de Strasbourg, toutes les possessions qu'elle avait juxta vel infra , aut circa villam Skitingsdtbouhel ; Hist. de l'Eglise de Strasbourg , tom. 2 , pag. 226. Scildincheim est aussi rappelé dans le diplôme de Charles-le- Gros, pour l'abbaye de Honau, de 884 ; ibidem, pag. 276. Schiltigheim devint plus considérable sur la fin du dixième siècle, lorsqu'on y réunit le village de Bottebourg, qui est nommé Bothebur, entre les possessions de l'abbaye de Saint-Etienne, dans le même diplôme de Lothaire, de 845. Werinhaire , évéque de Strasbourg , dans ses lettres pour cette abbaye , de 1004 , Als. dipl., tom. 1 , pag. 147, lui confirme tous les biens et dîmes qu'elle avait usque ad limites infimos terminorum ville nuncupate Boteburg et in nova transpositione Schiltencheim.... On trouve aussi villa Schiltigheim nommée dans les diplômes des empereurs Conrad III, de H44, et Frédéric II, de 1219, accordés à l'hôpital de Strasbourg.
Schiltigheim , ainsi que le village de Botteburg , qui lui fut réuni , appartenaient originairement à l'abbaye de