VII.ER
La paroisse de Viler est composée de Viler, Trinbach , Bassenberg , Albé , Lalay, Charpe , Urbeys et Climont ; tous ces endroits ont les mêmes seigneurs , décimateur et curé.
Trinbach , ou Trienbach , est situé à un petit quart de lieue de Viler, sur la chaussée , avec une chapelle sous l'invocation de saint Christophe , composé d'environ 64 familles, toutes catholiques. Il porte le nom de Trubenbach, dans le cadastre des biens de la maison d'Autriche , rédigé en 1303 , par Burchard de Frick ; Alsat. illust. , tom. 2, pag. 203.
Bassenberg , Bassemberg , ou Bessenbcrg , à un quart de lieue de Viler, composé d'environ 44 familles catholiques , a une petite église , sous l'invocation de saint Quirin. Cet endroit avait été accordé en fief, en 1361, par la maison d'Autriche , à Henri , Frédéric et Cunzman de Hattstatt, dont la famille le posséda jusqu'à son extinction, arrivée en 1585 ; Als. illust., tom. 2, pag. $02.
Albé , en allemand Erlenbach , à une petite demi-lieue de Viler, composé d'environ 163 familles catholiques, est le village le plus considérable de la seigneurie. Son église est sous l'invocation de saint Wendelin. Les comtes de Reichenberg possédaient autrefois cet endroit à titre de fief de la maison d'Autriche. Hugues , comte de Reichenberg, qui en avait été investi en 1357, mourut en 1361, le dernier de sa famille ; Als. illust., tom. 2, pag. 202.
Lalay, en allemand Lach , ou Lechen , à trois quarts de lieue de Viler, est composé d'environ 33 familles catholiques. Il y a une petite église , ou plutôt une chapelle , sous l'invocation de sainte Aurélie. L'ancienne notice de Neubourg compte predium Lachen entre les possessions de cette abbaye , données sous l'abbé Neudung. Le pape ,
VILER
Innocent III , lui confirma , en 1208 , grangiam Lachen. Les empereurs, Henri II, en II 96, Philippe, en 1201 , et Otton IV, en 4209, confirmèrent à la même, curlem Lachen cum appeîtdiciv suis. Il y a , à Lalay, des mines de houille ou de charbon de terre. Louis XV, par ses lettres-patentes du 20 août 1740 , accorda à M. Mackau d'Hurtigheim , le privilège exclusif de les faire fouiller et exploiter pendant l'espace de trente ans. Le sieur Mackau ayant abandonné à ses créanciers la jouissance de son privilège , la dame Anne-Justine Paris, comtesse de Choiseul-Meuse, tutrice de ses enfants, obtint, le 12 mars 1766, d'autres lettrespatentes qui lui accordent , à elle et à ses enfants , ledit privilège exclusif, à commencer du premier juillet 1776. Lesdits enfants et héritiers de la dame de Choiseul cédèrent et transportèrent, le 27 juillet 1774, ledit privilège au profit du sieur Commart. Ce qui fut confirmé par de nouvelles lettres-patentes du I «■ avril 1 775 , en réduisant cependant sa durée à quinze années , c'est-à-dire jusqu'en l'an 1739.
Charpe , en allemand Mittelscher, à cinq quarts de lieue de Viler et à une petite demi-lieue de Lalay, avec lequel il ne forme qu'une même communauté , n'a ni église , ni chapelle. On y compte environ 33 familles catholiques.
Urbeys, ou Urbis, ou Orbeis, nommé Orbeiz, dans une charte de Frédéric , duc de Suabe, de l'an 1105, pour le monastère de Sainte-Foi de Selestadt , est situé au-dessous du château de Bilstein , à près de deux lieues de Viler. Cest un village d'une demi-lieue d'étendue , dont l'église, sous l'invocation de saint Nicolas, est à une lieue et demie de Viler. On y compte près de 50 familles , toutes catholiques , outre plusieurs familles anabaptistes dispersées dans les montagnes. Il y a, à Urbeys, un vicaire résident
VILEtt
perpétuel, dépendant du curé de Viler, et établi depuis le
1er juillet 1760.
Le château de Bilstein , qu'il ne faut pas confondre avec un autre du môme nom, situé près de Kichewyr, en Haute-Alsace , était autrefois divisé en Ober et Nider- Bilstein. On en voit encore les ruines en haut d'une montagne , au milieu de la vallée de Ville et au-dessus du village d'Urbeys. Occupé en 1293, par Otton d'Ochsenstein, landvogt d'Alsace, il fut convenu, la môme année, de le rendre à la maison d'Autriche, à laquelle ce château appartenait ; ce qui fut approuvé par l'empereur Adolphe ; Schiller, Gloss. tcutonic, pag. 34, et Schœpfîin, Als. ill. t tom. 2, pag. 201. Le registre ou cadastre des biens de la maison d'Autriche, rédigé en 1303, fait mention d'un fief castrai , que Jean d'Amoltern possédait au château de Bilstein ; .4/5. illust. y tom. 2, pag. 202. Louis d'Amoltern fut investi, par la môme maison d'Autriche, en 1435, de la cour de Rit ter hits, au château de Bilstein ; ibidem, t. 2, pag. 432. L'empereur Frédéric et ses deux frères, Léopold et Henri, ducs d'Autriche, vendirent , en 1314 , castrum Rilenstein cum juribus ac pertinentiis universis ejusdem, à Jean , évôque de Strasbourg , en se réservant le droit de réméré ; Als. diplom., tom. 2, pag. 110. Ce château étant ensuite revenu à la maison d'Autriche, elle accorda en fief, en 1361 , le château de Xider-Bilstein avec le village de Bassenberg, à Henri, Frédéric et Cuntzmann de Hattstatt ; Als. illiist., tom. 2, pag. 202. Les Hattstatt la possédèrent jusqu'à leur extinction, arrivée en 1585, dans la personne de Nicolas , dernier de ce nom.
Le Climont, ou Cilkenberg, est une grande montagne, à trois quarts de lieue plus loin qu'Urbeys , où la Brusche prend sa source et dont les habitations sont de deux