‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 86 sur 100 · VII.ER · texte numérisé non relu

VII.ER

et landgrave d'Alsace. Dom Calraet et dom Hergott , Geneal. Habsburg., tom. 1, pag. 140, croyent qu'il obtint ce nom du comte Adelbert , qui vivait vers le milieu du douzième siècle, et frère de ce comte Otton, dont descend la maison de Habsbourg. Cependant , comme il n'est fait mention de la vallée d'Albrechtsthal que vers le milieu du i3* siècle, nous croyons qu'elle dut son nom à Albert, comte de Hohenberg , possesseur de la seigneurie , qui la donna, vers l'an 1257, à Rodolphe de Habsbourg, en dot, d'Anne , sa sœur, et qui , selon Albert de Strasbourg , pag. 106 , possédait castrum , quod dicitur Ortenberg , et magnas villas et totarn vallem quœ dicitur Albrechtsthal. Il est vrai qu'on trouve déjà le nom de vallis Obrcchtstaal dans un diplôme de l'empereur, Henri IV, de , mais ce diplôme est faux et manifestement supposé.

Cette vallée est nommée Albertivallis , dans Kicher de Senones, lib. 4, cap. 14, apud Achery. spicil., t. 2, p. 653, et vallis Albrechtstal , dans l'annaliste de Colmar, ad an. 1295, pag. 29, où l'on lit : « in Alsatiae valle Albrecbsthal « in una domo mulier peperit una nocte duos pueros, duce « vaccœ utraque duos vitulos, catus catulum, canis cani- « culum , scropba porcellos plurimos pariebat. » Wilre in valle Alberti , est nommé dans une charte de l'évêque Berthold, de 1241 . Homincs vallis Alberti, appartenants à Rodolphe , comte de Habsbourg, sont rappelés dans une charte de Henri , évèque de Strasbourg, de 1201) ; Alsat. dipl., tom. 1, pag. 463. Elle est nommée vallis Alberti, vulgariter dicta Mhrccbti s Tal , dans des lettres de Frédéric, roi des Romains, et de ses deux frères, Léopold et Henri, ducs d'Autriche, de 1814 ; Alsat. diplom., tom. 2, pag. 110. Les Virst tendent ia per vallem Alberti et vallem Leberach, sont rappelés dans une charte d'Ulric de Werd,

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landgrave de la Basse-Alsace, de 1316 ; Baleicourt , n. 36, pag. 113. Kœnigshoven , in Chronico , cap. 5, pag. 336 et 370, lui donne le nom d'Obrechlstal , qu'on trouve encore dans les historiens allemands postérieurs.

Pilladius , dans son poëme , Rusliciados , imprimé en 1548 , apud Calmel , lib. 6 , pag. 79, appelle la vallée de Ville Philesiam vallem.

La vallée d'Albert , qui a sept lieues en longueur et quatre en largeur, a celle de Lièvre au midi , celles de Saint-Dié et de Senones à l'< ecident, et la vallée de Rotbau au nord, Châtenoi et Scheerwiller à l'orient, qui y forment l'entrée commune des vallées de Ville et de Lièvre. Les montagnes, sur lesquelles est placé le château de Franckenbourg , séparent l'Alsace de la Lorraine , et la vallée de Ville, au nord, de la vallée de Lièvre, au midi. La Brusch et la Scheer ont leur source dans la vallée d'Albert. Cette dernière rivière , la Scheer, partage la vallée d'Albert en deux parties. La partie méridionale forme le comte-ban, ou Grafen-Ban , qui appartient au grand -chapitre de Strasbourg. La partie septentrionale est le val de Viler ou la seigneurie de Mrs. de Choiseul-Meuse.

Viler, chef-lieu de cette seigneurie, est composée d'environ 121 familles , toutes catholiques , et a pour magistrats deux maires , ou Meyers , qui alternent entre eux. L'ancienne abbaye bénédictine de Honcourt , qui en est éloignée d'une petite demi-lieue, obtint, sur la fin de l'onzième siècle , rcclesiam in Wilre cum suis aîtincnlm , d'Adélaïde , comtesse d'Ortenberg , épouse de Ludolphe , comte d'Achalm, et petite-fille du comte Wernher, fondateur de la même abbaye. Le pape, Calixtc 11, confirma, en 1120, cette donation ; Ahal. dipl., tom. 1 , pag. 105. On trouve Hugo plebanus de Wilra , dans une bulle de

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l'antipape , Calixte III , pour le monastère de Sainte-Foi deSelestadt, de 1170. Berthold , évêque de Strasbourg, ordonna , en 1241 , au camérier de Scherweiler et au pléban de Ch;Uenoi , de mettre Hugonem, clcricum suum die tu m de Morsmunstere , en la possession corporelle ecclesie de Wilre in valle Alberti, cui ipsam , accedente consensu abbatis llugonis curie veri patroni hac vice contulit , posl resigmtionem factam de Eberoldo guondam ejusdem ecclesie redore, et pensione eidem Eberoldo de jtrefata ecclesia assignata.

La seigneurie de Villé fut engagée, en 1304, à Henri de Mullenheim ; Alsa'. illust., tom. 2, pag. 204. Pierre de Hagenbach, que Charles, duc de Bourgogne, avait nommé son landvogt dans l'Alsace, enleva aux Mullenheim, Wyler in Obrechstal, qui fut récupéré la même année 1474, par 1 evêque et la ville de Strasbourg ; Kœnigshoven , cap. 5 , pag. 370. Le comte Jean-Philippe , rheingraff, s'empara de Viler le 27 du mois de mai 1633, pour les Suédois, ayant excité le tumulte dans toute la vallée ; Chemnilz , Schwed. Krieg in Teutschland, parte 2, pag. 127.

L'abbaye d'Andlau , comme possédant les biens de l'abbaye de Honcourt . est décima trice et colla trice de la cure de Viler, dont l'église fut accordée à l'abbaye de Honcourt, sur la fin de l'onzième siècle, par la comtesse Adélaïde. Son église paroissiale est sous l'invocation de la Sainte-Vierge et sous le titre de son Assomption. Il y a une confrairie du Saint-Sacrement , érigée le 5 octobre 1769. Il y a aussi, à Viler, une prémissairie fondée, dont le droit de patronage appartient aux maires et préposés de cet endroit. Les deux chapellenies de l'autel de la Sainte-Vierge et de la chapelle sur l'ossuaire, sont aujourd'hui éteintes.

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