‹ ŒuvresChapitre 37 sur 37 · IX · texte numérisé non relu

IX

45o CEUVRBS OtlA.TOIIlLS

qae tous b^atcz plus dW^ et au moindre péril ^ le8fi>^ tunes particulières formeraient la fortune publit|iit; qu^nle guerre peut troubler Totre constitution, «omn» si les tentes d\in camp ne deviendraient pas anssitdtui asile pour les léf^islatenrs decepeuple qui fit ses pranièffi lois dans le Champde-Mars. Eh ! quel tyran insemé supposerait à conquérir ce qu^il ne pourrait pasconserrer? Lorscjnc la majorité d'une nation veut rester libre, estj un emploi de la force, capable dVmpécfaer qu'elle ne le soit?

Oi'i donc est la source de cette anziébS qui, sepnpgéant dans tout le royaume, y a proToqué non-senlflnicut IV-nergie et la fierté du patriotisme, mais enoxe son impatience? Lezclc n*a-l-il point exagité nos périh? car il est une ambition de servir son pays, capabk^ tromper les intentions du meilleur citoyen, de bii filin réaliser des occasions d'être plus puissant pour être m même temps plus utile; deluifaire exagérer ses cmintes, parce qu^il croit être propre à les calmer; enfin, de ie porter à donner la première impulsion Tcrs lebntanqnel . il est entraîné par son talent, qui , par cela seul , Ini fini oublier sa prudence.

Peut-être aussi fatigués de leur impuissance à troubler le royaume, les ennemis de la révolution* ont-ils pris leurs vœux pour leurs espérances, leurs espérances pour des réalités, leurs menaces pour ane attaque^.et secoBsolant à rêver des vengeances, ont-ils inspiré des inqiiî^ tudes au peuple, plus capable de juger leur audace qm leurs moyens.

Feiit-étre encore des factieux auxquels il manque qit^ ques chances pour exécuter, sous les beaui'jlDnil di liberté , des projets qui nous sont cachés, Otat^ilsflspM de les trouver dans une grande agita tien pop&Iairej ttCB combat de Tintrigue et de Tambition conti^ le patrio-

DE MIBABEAU. J^Sl

sme généreux et crédule^ est sans doute aussi utie guerre. Enfin^ ne doit-on pas regarder comme une descauses des larmes populaires, cette diéfiance exagérée qui depuis »ng- temps agite tous les esprits , qui retarde le moment e la paix, aigrit les manx et devient une source d'aarcbie, quand elle ne cesse d*ëtre utile à la liberté? Nous raignons des ennemis au dehors, et nous oublions cebii lui ravage Pintéricnr du royaume. Fresque partout Us bnctionnaires publics ^ choisis par le peuple, hont à lauv loste ; ses droits sont donc exercés : il lui reste à remplir «s devoirs. Qu'en surveillant ses mandataires^ il les ho* lore de sa confiance, et que la force turbulent<^ de la nultitude cède à la puissance pins calme delà loi* Alors, jusqu'au signal da danger donné par le (onctiuonnaira public, le citoyen dira: Tu/r veille pour moi^ car ce ilV^t point la véritable liberté qui a de vaines terreurs; <^lle s# respecte assez pour ne rien trouver de redoutable*

Cependant, Messieurs, si les craintes publiques ont été exagérées , elles n'ont pas été pour cela sans pr/'texte* Il est trop vrai qu'il y a eu des préparatifs d^uue erilrée de quelques conspirateurs armés , par les fr onti^^res de la Savoie; que quelques hommes ont été enrôlés dans la Suisse par les mécontens français; qu'on a t^nté d'iu» troduire furtivement des amies dans le royaume ; qu'on a cbercbé , qu'on cherche encore â (aire entrer queb^uea princes d'Allemagne dans une querelle étrangère , et à les tromper sor lenrs véritables intérêts; enfin, que le9 réfugiés français ont des agens dans plusieurs cours du nord , pour y décrier notre constitution, que ses bien» faits vengent assez de leurs outrages.

Toutes ces circonstances réunies, comparées avec la lorce d'an grand peuple^ ne mériteraient peut-être paa notre attention. Mais nous devons aussi compter pour quelque chose rincertitude m&ne de la prudence , la

marche tortueuse d^lI1e fausse politique ^ et l'obscurité c|ni couvre toujours uno partie de Pavenir; enfin langesse ne nous prescrit-elle pas de rassurer ceux-là mâme qui s^alarnient sans raison?

r/est après avoir pesé toutes ces considérations y Mosieiirsy que vos comités vous proposent :

IVorganiser, pour Pétat do guerre ^ les gardes nationales et Ta rniée auxiliaire; votre comité militaire toui en indiquera les moyens ;

De déterminer les pensions de retraite detouslesagens du pouvoir exécutif dans les cours étrangères | en cas de remplacement;

Kufln j de porter au pied de guerre la portion de rotrt armée qui sera distribuée sur les points du royanine pour lesquels on a conçu quelques ciraintes.

Tout le monde reconnaît depuis long-tèmpt| et le ministre des affaires étrangères a rappelé plus d'une fois att comité diplomatique 9 la néceseité d'employer désormaiS| pour nos relations extérieures , des hommes qui ne compromettent pas la puissance française {uir des doutes sur nos succès ^ qui ne soient pas en qu elque sorteétrangersù nouveau langage dont ils doivent être^ les organes^ et qui) soit qu'ils ne connaissent pas la régénérati<m de leur patrie, soit que les anciens préjugés combattent leur do- Toir , soit qu'une longue habitude de servir le despotisoi ne leur permette pas de s'élever à la hauteur d'nn IJItème de liberté, ne seraient plus que les agens dnai' nistre ou les confidens de l'aristocratie y et non les r^ sentans d'un peuple magnanime.

Mais il faut ici, il faut toujours concilier Pintérttct la justice, la prudence et l'humanité. Un longexefdtf de fonctions publiques, dans une carrière oùlhttLCBifr promet souvent sa fortune, donne des drcnts à nus 9* ; traite 2 et yotre dignité ne vous permet pas dis refnserlti

DE MIRABEAU* ^S'i

récompenses 9 quand même vous ne les devriez pàj^à des services.

Quant au développement d^une partie de votre puissance militaire j vous le devez à Popinion qui Tinvoque* Oûst pour éviter qu^au moindre péril ^ la nation entière y devenant tout à coup une armée j n^abandonne le travail qui seul constitue une nation ^ qu^il faut développer une portion de la force publique^ et rassurer le citoyen par la prévoyance de la loi. Ne craignez point que nos yoisins regardent un rassemblement de troupes ^ ni comme une menace ^ ni comme un événement capable de leur inspirer de la défiance» Notre politique est franche 9 et nous nous en faisons gloire; mais tant que la conduite des autres gouvernemens sera environnée do nuages 9 qui pourra nous blâmer de prendre des précautions capables de maintenir la paix? Non, une guerre injuste ne peut pas être le crime d'un peuple qui le premier a gravé , dans le code de ses lois j sa renonciation à toute conquête. Une attaque nVst point à craindre de la part de ceux qui désireraient plutdt effacer les limites Je tous les empires j pour ne former du genre humain qu^une seule famille ^ qui voudraient élever un autel à la paix y sur le monceau de tous les instrumens de destruction qui couvrent et souillent PEurope, et ne garder ([ue contre les tyrans des armes consacrées par la noble conquête de la liberté.

Votre comité diplomatique y de Tavis des comités réunis , a Phonneur de vous proposer :

L^assemblée nationale décrète :

Art. I". Que les comités des pensions et diplomatique réunis, seront chargés de faire , dans trois jours j un rapport sur les pensions de retraite qu'il convient d'accorder aiixagens du pouvoir exécutif^ dans les pays étrangers ^ eu cas de remplacement»

^^i OEUVRES On.VTOIRES DE MIRABEAU.

II. Que le roi sera prie do donner des ordres pour porter au complet de r-.5o hommes par batailloiiy trente ivgîmcns d'il! (an te rie | et au complet de i*fo hommes par escadron y vingt régimens de troupe&à chofàl, dont liuLt de quatre escadrons ^ et douze de trok escadroaS| pour^ lesdites troupes ^ être réparties dans lee déptrteinens du Bas-lUiin et du Uaut-llbin^ des Ardcnnes^ in !Nord ) de la llaute-Sauuc j du Doubs, dulura y du Yar, de riscre, des liantes et Basses- Alpe8«

m. Que le uiiuiôtre de la guerre préMBtem incessamment Tétat do la dépense extraordinair». iiai'ezigeia « ctte augmentation de trou|)os^ avec le train d\irtill«rie, Vattirail de campcniens proportionné , et tous les antres prépoiatils nécessaires a un système de puredéfcnee.

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