‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Arthur journal d'un inconnuChapitre 1 sur 59 · I.a lanière, — raca · texte numérisé non relu

I.a lanière, — raca

une invention d'écrivain les principaux événements ae sa v ic sont racontés naïvement ; presque toutes les particularités en sont vraies.

Attiré vers lui par un attrait aussi inexplicable qu'irrésistible, umi> souvent forcé de l'abandonner, tantôt avec um* sorte d'horreur , tantôt avec un sentiment de

R ilié douloureuse, j'ai mgtciiips connu , quelquefois consolé . mais toujours profondément plaint, rcl nomme singulier et malheureux.

Si, aiiu de rassembler ce» souvenirs d'Iiier, et presque >léréotyi»ésdaij> ma mémoire, j f ai choisi ce cadre : — mourut, o'on ikcoumt, — c’est que j'ai cru que ce mode d'aflirmaliun pour ainsi dire personnelle donnerait encore plus d'autorité, d individualité au caractère neuf et bizarre d'Arthur. dont res pages sont le plus intime, le plus fidèle relie! .

En effet, une puissance rare, l’atthac/iio* ; — i n penchant peu vulgaire, la mfiaxci pi sot, — servent de double pivot a celte nature excentrique, qui emprunte toute >on originalité de la com-

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O mm* |>ir J. A. BUUC.

Gravures pir A. Mvmiir

AHTHUH.

hi liaison étroite , et pourtant anormale , de ces doux contrastes. Eli d'autres termes : qu'un homme doue d'un très-grand attrait soit sinon présomptueux, du moins coudant en lui. rien de plus simple: qu'un nomme sans intelligence ou sans dehors soit déliait l de lui, rien de plus naturel.

Qu'au contraire, un homme réunissant par hasard les dons de l'esprit, de la nature cl de la fortune plaise , séduise , mais qu'il ne croie pas au charme qu’il inspire; cl cela, parce qu’ayant la conscience de sa misère et de son égoi-me, et que, jugeant les autres d'après lui, il se délie de tous, parce qu’il doute de son propre cœur; que, doué [mut tant de peu* chants généreux et élevés, auxquels il se laisse parfois entraîner, bientôt •I le» refoule impitoyablement en lui, de crainte d eu être dupe, parce qu’il juge ainsi le monde ; qu'il les croit sinon ridicules, du moius funestes à celui qui s'y livre; ecs contractes ne semblent-ils pas un curieux sujet d'étude ?

Qu’un joigne enfin à ces deux bases primordiales du caractère, dis instincts charmants de tendresse, de confiance, d'amour et de dévouement, ‘•nitsce-.se conti ariét» par une défiance incurable, ou flétris dan, leur germe par une connaissance fatale cl précoce des plaies morales de l'espècc humaine; un esprit souvent accablé, inquiet, chagrin, analytique, mais d'autres foi- vif, ironique et brilLut: une fierté, ou plutôt une susceptibilité à la fois si irritable, si ombrageuse et si délicate, quelle •'exalte jusqu'à mie froide Cl implacable méchanceté si elle se croit blessée. ou qu'elle s'cplorc en regrets touchants et désespérés lorsqu’elle a recounu l’injustice de scs soupçons : et ou aura les principaux traits de celte (irguni-attou.

Quant aux accessoire» de la figure principale de ce récit, quant aux scène» de la vie du monde parmi lesquelles on la voit agir, l'auteur de ce livre en reconnaît d’avance b pauvreté stérile ; mais il pense que les «meurs et b société d'aujourd'hui n'en présentent pas d'autres, ou du moins il avoue n’avoir pas su les découvrir.

Ceci dit à piopos de eut ouvrage, nu plutôt de cette longue, trop Iongue peut-être. Elude biographique, passons.

l'n éérivain n ayant guère d'aufre moyen de répondre à b critique d'une œuvre que dans b préface d’une autre, je dirai donc deux mots tur une question soulevée par mon dernier ouvrage (I), et po-ée avec une flatteuse hieuwilbnce par ceux-ci, avec une hante et grave sévérité par Ceux-là: ici avec amertume, b avec ironie, ailleurs avec dédaiu.

Celte question est de savoir si je renonce à celte conviction, taxée, selon chacun, de paradoxe, de calomnie sociale, de triste vérité, de misérable raillerie, ou de thèse inféconde; celle question est de savoir, disje. si je renonce à celte convicliou : que * b vertu est malheureuse et le vice heureux ici-bas. «

Et d'abord, bien que rien ne lui semble plus pénible que de parler de soi, l’auteur do ce livre ne peut sc lasser de répéter qu'il n’a pas b moindre di-s prétentions philosophiques qu’on lui accorde, qu’on lui suppose ou qu’on lui reproche; que dans scs ouvrages sérieux ou frivoles, qu’il s’agisse d’histuire, de comédie nn de romans, il n'a jamais voulu former (le système qu'il a toujours écrit enfin selon ce qu'il a ressenti, ce qu’il a vu, ce qu'il a tu, sans vouloir imposer sa foi à personne.

Seulement, ce qui autrefois avait été pour lui plutôt b prévision de Imstiurt que le résultat de l'expérience, a prUâ scs yeux l'impérieuse aulnrilé d'un fait.

Que si, enfin, il semble renoncer nou pas à sa triste croyance, mais à signaler, même dans scs propi es ouvrage-*, les observations ou les preuves irrécusables qu’il pourrait citer à l'appui de su conviction, c’est qu'à celle heure, plus avancé dans b vie, il sait quatre in tel figea ce ordinaire suffit pour faire triompher une erreur... unis que le «fini privilège de consacrer, d’accréditer les vkrités cteilxcuks, est réserve au génie on à la Divinité...

Ko un mot, ne voulant pas li.isarder ici un rapprochement facile cl sacrilège entre la vie Sublime et la mort infamante du divin Sauveur (véritable symbole de sa pensée), il reconnaît humblement que Galilée seul pouvait dire du fond de son cachot : E pur si miotte !

Eoccsc Soi.

CMleoay, 1i octobre Ifl’R.

(I * L !{rr««! mont.

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