CHAPITRE PREMIER
La roule de porte.
l’a ba>ard étrange mil ce jounial en ma po*s ssion. Etabli durant quoiucs mois dans une ville central * d'un de nus d .-parlements du Midi, oui le littoral est baigué par b Méditerranée, je cherchais à acquérir une propriété dans ce pays, merveilleusement pittoresque et accidente; j’avais déjà examiné* plusieurs terres, lorsqu'un jour le notaire qui me donnait îcs rcnseiguemculs nécessaires à celte exploration me d.L : • Je viens de recevoir avis qu'à huit lieues d’ici , dans la plus belle position du monde, ni trop près ni trop loiu de la mer, il y a un ms et c.vatiMCsc à vendre. Je ne sais pas ce que c'est ; mais si vous désirez le voir, monsieur, voici les indications précises à ce sujet : c’est avec le curé du village de *” que vous aurez à traiter.
— Comment! lui dis-je, avec le curé? Mais ce n’est pas sans doute un presbytère qui est à vendre, j’imagiuc?
— Je n'en sais rien, me dit l'homme de loi : mais, d'après le prix assez élevé qu’on demande, je ne pense pas que ce soit un presbytère... Du reste, ajouta-t-il d’un air fin et entendu, il parait qu'il y aura mille moyens de s'arranger à l'amiable cl avantageusement; car c’est une vente par suite de départ précipité nu de mort subite, je ne sais pas au ju>le, d'autan! plus qu’il a couru des bruits si absurdes cl si bêles à ce sujet, que je craindrais de tomber dans un roman ridicule en vous eu- Irctenanl de ces billevesées; mais ce qu’il y a de sûr, monsieur, c’est que ces occasions-là sont toujours les meilleures, d'autant plus qu'on a fait, me dit mou correspondant, des folies... de véritables folies dans cette propriété.
— Un dé|»art précipité! une mort subite !... Et qui doue habitait ce lieu? lui demandai-je.
— Je n’en sais rien, absolument rien... Mon correspondant ne m’en a pas appris plus long... et c'est par le plus grand hasard du
qu il a eu vent de celle bonne affaire : car sur cent personnes du deparlement, il n’y eu a pas dix qui connaissent le village de Je ne sais pourquoi ces renseignements, bien que fort vagues, piquèrent ma curiosité ! je me décidai à partir sur-le-champ, et j’euvoyai commander dis chevaux.
— Oh ! me dit le notaire, je ne vous conseille pas de vous engager en voilure dans ces chemins-là... la poste y mené bien, mais le relais le [dus proche de *** en est encore éloigné de cinq lieues, cl, pour y arriver, on dit que ce sont de vraies sabkranicrcs de traverse, dont vous aurez mille peines à vous arracher; si vous m’en croyez, monsieur, vous irez là à cheval.
Je crus le gardo-no*e; je lis mettre un portemanteau sur une selle de courrier, et, précédé d’un postillon, je partis pour le village de **', distant de huit lieues de la ville où je nie trouvais.
Je fis mes trois premières lieues en une heure, je changeai de chevaux au relais, cl j’entrai «ai pleine traverse.
L’était vers le milieu du mois de mai, par une matinée délicieuse, rafraîchie par une faible brise du nord ; ces roules mouvantes, remplies d’un sable jaune comme de l'ocre, quoique détestables pour les voitures, qui s'jr enfonçaient jusqu’aux moyeux, étaient assez bonnes pour les chevaux. Plus je m’avançais dans ('intérieur de ce pays inculte et sinvage, plus 1a nature se développait large et majestueux*, bien qu’un peu monotone : devant moi, d'immenses plaines de bruyères roses; à horizon, de hautes montagnes bleuâtres; a gauche, de nombreuses collines couverte» ée bob; et à droite, un continuel rideau de verdure, formé par les saules et les peupliers qui bordaient «me rivière très-basse et trcs*limpide, partout guéable, mais fort rapide, et qu’il fallait picsic tiw fois traverser, car elle coupait çà et là le chemin, qui tantôt s'en* ciii -sait entre de hauts escarpement» couverts d’aubépines, de mûriers ci tic rosiers sauvages, et tantôt, au contraire, sortait de ces cavées, pour remonter en plaine, droit et uni comme un jeu de mail.
— Es-tn déjà allé à ***? demandai je à inuu guide, dont la figure mâle, la tenue notfe cl propre, b démarche aisée sentaient fort leur cavalier libéré du service militaire ; j'avais d'ailleurs entendu res camarades de la poste l’appeler le htutard, et tout dans cet homme contractait avec l'air néglige et la bruyante familiarité do autres Méridionaux.
ARTHUR
— Es- lu déjà allé à ***? demandai-je doue à mou guide.
— Oui, mousieur. deux fois dans ma vie, me répondit-il en arrêtant son cheval cl se plaçant un peu en arriére de moi ; une fois il y a deux ans, et l’autre fois il y a trois mois; mais, dame! les deux fois ne se ressemblent guère ! ! !
— Que veux-tu dire ?
— Oh ! la nrcmiîTrc fois, ajouta-t-il cucore exalté sans doute par uu souvenir d’admiration cl de gratitude, c’est çà qui était crâne ! cent sous de guides! un courrier! six chevaux de berline!
Et pour péroraison imitative, sans doute, mon guide fit claquer son jouet de façon à m’étourdir.
Ne me contentant pas de cette manière d'apprécier et de désigner la qualité des voyageurs, je lui domandai :
— Mais qui était dans celle voiture? à qui appartenait ce courrier?
— Je ne sais pas, monsieur, les stores de la berline étaient haïssais ; sur le siège de derrière, il y avait un homme et une femme âgés qui avaient l’air de domestiques ue confiance.
— Et le courrier, n’a-t-il rien dit?
— Le courrier? ah ! ben oui ! un vrai muet, et l’air d’uu féroce! Tout ce que j’ai eulendu, ç a été quand il est venu commander les chevaux . ^a n'a pas etc long , allez, monsieur ! Il est descendu de cheval, a mis deux louis d'or dans la main du maître de poste, en disant : «Six chevaux de berline et uu bidet, les guides à cent sous, quantité sous de payés, > Et puis U est reparti au galop.
— Et il n’a pas dit le nom de son maître 7
— W ou, monsieur.
— Et quelle livrée portait ce courrier?
— Attendez donc, mousieur, que je me souvienne... Oui.- - une veste verte, galonnée d’argent sur toutes les coutures, une casquette pareille, ccuiture de soie rouge, plaque armoriée, couteau de chasse... des moustaches... enûn, tout le tremblement .. un fameux genre!... mais l’air trop féroce, parole d’houueur !
— Et depuis... tu n’as pas su qui tu avais conduit à "**?
— Non, monsieur.
— Et cette même voiture, quand a-t-elle donc repassé ?
— Mais elle n’a pas repassé, monsieur.
— Comment ! dis-je fort étonné, mais il y a donc plusieurs maisons de campagne à **’ ?
— Non, monsieur : on dit qu’il n'y en a qu’une en tout : le reste, c’est tout des vraies cassiues â paysans.
— ]| y a donc une autre route pour venir de *** que celle-ci ?
— Oh ! non, monsieur ; il tint absolument revenir par ici.
-r Et personne n’est revenu par ici ?
:*r— Non, monsieur.
fi — C’est extraordinaire ! Et il y a longtemps que cette berline est passée?
— Deux ans bientôt, monsieur.
— Et ton autre voyage à *•*? dis-je à mon guide, espérant trouver l’explication de ce mystère.
— Oh ! quant à cette conduite-là, je m’eu souvieudrai longtemps, monsieur! Ah! le vieux scélérat ! le vieux brigand! le vieux roué!
— Voyons* conte-moi ccb, mon garçon ; tu as de b rancune, ce me semble ?
— De la rancune ! je crois bien quej’cn ai... et il y a de quoi en avoir. Ce n’est pas pour b chose, mais c’est pour la rouerie... et puis parce qu'il m'a appelé son bon ami, le vieux monstre! son bon ami !.. D'ailleurs vous allez voir, monsieur. Ce voyagr-là, c’était donc il y a trois mois : ça te trouvait à mon tour de marcher, je me chauffais dans l'écurie, entre mes chevaux, car le froid pinçait encore dur ; sur les onze heures do matin, j’entends claquer, cbquer, mais cbquer comme à cent sous de guides, et puis b voix essoufflée de Jean-Pierre qui crie : — Deux chevaux de calèche ! — Bon ! je me dis, c’est du chcuu, et ça me revient. Je sors punr voir le voyageur : c’était une mauvaise calèche à rideaux de cuir, une espèce de berlingot dont ou ne voyait pas b couleur, tant il était couvert de boue. Je me dis en moi-même ; Bon ! c'est sans doute un médecin qui vient voir uu niabde qui 6 e meurt. Mais, sarpejeu! voilà que j’entends uuc voix qui avait tout l'air d’orner un mourant lui-même, et qui criait du fond du berlingot, autant qu'elle pouvait crier, moitié toussant, moitié renâclant :
— Ah ! gueux de postilloo ! ah ! misérable! (a veux donc me tuer en me faisant aller ce train-là?
Lt fait est que Jean-Pierre vous avait ur né ça que les moyeux en fumaient.
— En voilà pour votre argent, j’eapCW, not’ bourgeois, dit Jean- Pierre d’un air furieux an berlingot.
— C'est au moins à quatre fvaucs de t?d$bs, n’est-ce pas? que je dis à Jean-Pierre, qni dételait en juraut comrr ; un paie».
— A quatre francs ! qu i me fril ; oal. . [ as mal ! le monstre paye â 'mgi-cinq sous t
— A viugl-ciiiq sous ! au tarif? et lu le mènes ce train-là, un train de prince ?
— Oui, et tout ce que je regrette, c’est de n’avoir pu le mener encore
plus vite. ,
— T’es joliment bêle, que je dis à Jean-Pierre.
— Tu verras que lu vas faire connue moi.
— Le plus souvent ! (pie je réponds à Jean-Pierre. Enfin on m'amène mon porteur, que j’avais appelé Délinquant, parce qu’il faisait continuellement des délits sur la peau des autres; c’était son idée, à cette bête... hommes ou chevaux, ça lui était égal, pourvu qu'il morde ou qu’il frappe du devant, du derrière, de partout enfin, fe pauvre Délinquant ! ajouta mou guide avec un douloureux soupir. Puis il reprit : — On m'amène donc mon porteur, et, avant de mouler à eheval, je vois une grande main sèche, décharnée et couleur de bois qui sort du rideau •le cuir du berlingot, et paye Jean-Pierre à vingt-cinq sous. Voyant payer Jeau-Pierre à vingt-cinq sous... je frémis... et je me dis à moimême : Bon ! vieil époumoné, lu vas faire une bmcuM* promenade au pas pour tes vingt-cinq sous : — Où allons-nous, monsieur? demandai-je au berlingot ; car je ne voyais personne, et la grande main sèche et jaune s’était retirée.
— Nous allons à **', me dit une voix, mais si faible, mais si éteinte, qu'elle avait l'air d’une agoni*? ; et puis b voix ajouta, toujours moitié toussant, moitié renâclant ; — Mais je te préviens d’une chose, mon bon ami... son bon ami ! répéta mon guide avec rage... je te préviens que le moindre cahot me fait uu mal affreux ; je suis à moitié mort des horribles soubresauts que ton misérable camarade m’a fait faire. Je veux aller lics-doucemcnl, très-doucement, au tout petit trot, eniends-tu?... car... El il toussa comme s’il allait rendre j’àme, car la plus petite secousse me tuerait... cl je ne paye que le tarif... vingt-cinq sous de guides, mon bon ami. Kl là-dessus il reloussa comme s'il albit expirer, le vieux poussif!
— Ah ! lu ne payes que viugt-rinq sous ! et tu m'appelle* tou bon ami! ah ! ça te fait du mal d'aller vite! Attends ! attends ! vieux fesse-mathieu, que je dis en enfourchant Délinquant ; je vais l’en donner, moi, du tout
t ielil trot! Et vlan... je vous pars à triple mors, cl je vous trimballe le lerlingol à tout briser, mais d’un train, mais d’un train, que le vieux roué m’aurait payé à mille francs de guides, comme on dit que payait le grand Napoléon, qu il n'aurait pas été plus vite ; sans compter que, pour mieux orner ma course, je ne coupais pas uu ruisseau, pas une saignée... J'arrivais là-dessus au galop... et vlan! Il fallait voir les sauts de côté que faisait le berlingot en fringahnt : seulement, on doit être juste pour tout le moude, mais faut qu'il ail été fameusciueut solide, le berlingot, pour ue s'être pas rompu mille fois !
— Mais, malheureux, dis-je à mon guide, lu risquais de tuer ce malade !
— Le tuer ! ah ! ben oui... le tuer ! le vieux brigand ! je n’ai pas eu assez de bonheur pour ça. Enfin, nous avons été un tel train, monsieur, que, malgré les sables où nous sommes, avec seulement un cheval de renfort, je l'ai mené à "\ et U y a deux postes et trois bons quarts, en une heure cl demie !
— Diable ! lui dis-je, en effet, c’est bien aller.
— Mais attendez b tin, mousieur. Li voix du berlingot m’avait dit de ne pas entrer daus h' village ; nous arrivons à uuc hauteur qui est à deux ceuls pas de ***. Je dételle... pour U dernière fois Délinquant, car U eu a été fourbu et en est mort, monsieur, de celte course-là ! et si mort, que mon maître m’en a mis a pied pour quinze jours, de façon que celle cquipéc-là m’a coûté plus de cent et us, à moi, pauvre diable ! Mais vous avouerez aussi, monsieur, que quand 011 sc voit payé à vingt-cinq sous et qu'on s'entend appeler son bon ami par un pareil scélérat, c’est à ue plus se connaître.
— Continue, lui dis-je.
— Eufln, mousieur, je dételle et j’ouvre la portière, croyant trouver mon homme évanoui, ou au moins mort ; car, depuis une heur**, il ne souillait pas mot; mais, mille tonnerres! qn’est-ce que je vois? un paillard qui faisait cbquer sa bogue enutre son palais, comme un coup de fouet, en rebouchant uue booleiilc d** rhum, et qui me dit alors, d'une grosse voix de poitrine, mais d'uu creux qui aurait bit envie à un diantre de cathédrale : — Mon fiston, voilà le moyen d’aller uu traiu de prince et à bon marche! Depuis Paris, j'ai toujours bit trois lieues et demie à l’heure, sans courrier, cl je n’ai jamais payé qu’à vingt- * inq sous. Et il sauta de la calèche, leste et dégourdi comme un cerf, le monstre qu'il était.
Je ne pus m'empêcher de rire de ce singulier moyen d’aller vite et à bon marché, et mon guide exaspéré continua :
— Vous comprenez, n'est-ce pas, monsieur, comme ou était furieux «le n’élrc payé qu'à vingt-cinq sous et d'être appelé son hou ami? Tant plus le vieux roué recommandait d'aller doucement, tant plus, pour sc venger et le faire souffrir, on albit un train d'enfer ; mais, au contraire, taut plus 00 albit vite, tant plus il jouissait, le vieux misérable! Hein ! monsieur, eu voilà uu vrai haudil ? Faut-il être sam cœur, pour faire ainsi le malade, quand 011 est vigoureux, $0- -»i cogné conuoe un vieux
ARTHUR
bidet de poste!... Mais ce n'est pas toute l'histoire ; je lui demande où U v;i, ij me répond :
— Attends-moi IA; si je ne suis pas revenu dans une heure, va-l’cn.
— Ht la voiture ? lui dis-je.
— * SH Je m reviens pas, tu la ramèneras à la poste, on ira b reprendre.
— Ht votre bagage?
— Je lai.
Et il me montra une boite longue, plate, carrée et assez lourde qu'il tenait sous sou bras, et puis il disparut à travers le bois, qui est assez épais A cet endroit-là.
Dans ce maudit village, il n'y a pas d'auberge. Je donne l'avoine à mes chevaux, *t j*attends; mais ce pauvre Délinquant était si épouflë qu'il ne mangeait pas; moi, je fais le contraire, je mange un morceau, et au bout d une heure mon vieux roué n était pas encore revenu ; au bout de deux heures, pas davantage... Alors, je m’en vais au village qui est dans le fond... pensant qu’il nu pouvait être que dans b maison de campagne des personnes des six chevaux de berline et du courrier. Je sonne à une petite porte, puis à une gran le, car on ne pouvait voir la maison du dehors ; personne... Je frappe à tout briser : personne. Hulin je me lasse, cl je ra’cn reviens ; j’attends encore une demi-heure ; personne. Ma foi ! alors je m’en retourne à b poste : on place le berlingot sous une remise, et depuis ce temps-là on n’est pas encore venu le réclamer. Or, probablement ce vieux brigand s*’ trouve bien là mi il est, cl où vous allez aussi, monsieur. Mais c’est tout de même un drôle de village que : on y va... niais on n’en revient pas !
Comme mon guide, je fus frappé de celle étrangeté, et ma curiosité augmenta de plus eu plus.
— Mais ret homme , lui dis-je , le dernier que lu as mené, était-il bien vieux ?
— Comme ça... dans les cinquante ans, sec comme du bois; les cheveux tout blancs, mais les yeux et les sourcils noirs comme du charfom. Et puis je me rappelle que’qiiaud je lui ai demandé son bagage, et qu'il m'a montré la grande boite, il a ri, mais tout de même d'un drôle de rire, car il avait comme de!' i urne aux lèvre* ; et puis j’ai remarqué qu'il avait les dents très-pointues et Irès-écartécs, et on dit cjuc c e.-t signe de méchanceté... ce qui ne m'étonnerai! pas, vu qu’il a 1 infamie de uc payer qu'à vingt-cinq sous, cl encore d'appeler les autres sou bon ami !
— Et comment était-il vêtu? demandai-je, malgré moi de plus en plus Intéressé à ce récit.
— Oh! bien couvert: une grande redingote foncée, une cravate noire cl la croix d'honneur ; avec ça le visage couleur de cuivra et une taille désossée, dans les modèle* de celle de feu le commandant Calebasse, mon ancien chef d'escadron du neuvième hussards... un grand dur à cuire, tout nerfs et tout os.
— Et tu n ‘en as pas entendu parler depuis ?
— 'Sou, monsieur... Ah! j’oubliais de vous dire que, pendant que j'& tais à l'attendre, j'ai entendu comme deux ou trois coups de fusil. Voib tout ; probablement qu’on s’amusait par là à tirer des grives dans les vignes...
Celle boite lourde et carrée me revint à l'esprit, et je frissonnai, pensant que peut-être un duel sans témoins et acharné avait ensanglanté celle solitude ; mais l’cpsèce de ruse bouffonne employée par ce personnage pour aller vite et à bon marché me semblait contredire cette pensée de combat: nue telle combinaison me paraissait peu naturelle dans un moment aussi sérieux. Ce qui me frappait pourtant extrêmement, cest que personne n'éiail revenu de ce singulier village, «où on allait, comme disait naïvement mon guide, eï dont on ne revenait pas. » Pourtant le notaire m'avait assuré que la seule habitation convenable qui! y eût dans cet endroit était à vendre... Qu’étaient donc devenus les voyageurs «le la première voiture? cl celui de ja seconde? Ma télé s y perdait, et je brûlais d'arriver à ***, pour éclaircir ce singulier mystère.
Lorsque mon guide m’avait parlé de cette voiture à stores baissés, j'avais aussi pensé à un enlèvement ; mais ce courrier, ce train, s accordaient assez peu avec le mystère voulu pour ces sortes d'cntrepris» s. Pourtant re pâle vieillard, qui arrive deux ans après que les premiers
voyageurs sont passés, son air étrange, ccs coups de pistolet, cl puis la subite disparition de tout ce monde... encore uue fois, tant de circonstances extraordinaire* portaient ma curiosité à son comble.
— Enfin nous voici à *", monsieur, me dit mon guide. J'espère que voilà une fameuse vue ? Mais, tenez, monsieur, c’est ici, près de ce platane mort, que j’ai déposé le vieux roué du berlingot.
I n effet, nous étions arrivés sur les liautcnrs qui dominent le village de