LE PRINCE DE LOWESÎE1N
Cela est fort mystérieux, eu effet, monseigneur, car Ion sedemande uels rapports, quels liens pouvaient exister entre personnes de coniiions si diverses : cette femme Fauveau et madame la duchesse de Beaupcrtuis.
la karqoisb de «onutille à Ducormier.
Lorsque vous habitiez Dhôtel de Morsennc. monsieur le comte, vous n'avez pas entendu dire que cette misérable eût quelques rapports avec madame de Beaupertuis?
rocORXiEB, trés-pàlc.
Non, madame la marquise.
u prince royal, à Ducormier affectueusement.
Il faut, mon cher comte, excuser notre curiosité. Elle nous eutraîne, malgré nous peut-être, jusau’à l'indiscrétion; mais, à causo de votre qualité d'ancien ami de la famille de Morsenne, on est à chaque instant tenté dè vous demander quelques renseignements.
DCCOIUUER.
Je m'empresserai toujours de meure mes souvenirs aux ordres de Votre Alte>$c Royale et de ces dames, monseigneur; mais, en ce qui louche les antécédents des deux accusées, ainsi que j'ai déjà eu ritouucur de le dire à Votre Altesse Royale, je suis d'une ignorance absolue...
la corte&e ducormier, bas à son mari.
Décidément, vous n'éles pas dans votre état naturel ; vous êtes livide !
LE PRINCE ROYAL
Désirez-vous, mesdames, que le colonel Butler continue sa lecture? Peut-être apprendrons-nous quelque chose sur ce mystère que nous n'avons pu jusqu'ici pénétrer.
plusieurs voix.
Oui, monseigneur, nous sommçs aussi impatientes qoe Votre Altesse Royale.
LE PRINCE ROYAL NU COlOUcl.
Veuillez, colonel, poursuivre voire lecture!
Le colonel Butler, continua de lire ainsi qu’il suit te compte rendu des débats recueillis par l'Observateur des Tribunaux.
■ M. le greffier ayant donné connaissance de l’acte d'accusation, qui cause une vive émotion dans l'auditoire, cl qui a été écoulé avec abattement par Clémence Duval, cl avec une impatiente sar-
donique p ir Maria Fauveau, M.' le président procède aux interrogatoires.
« M. le president. — M. le duc de Beaupcrtuis est-il présent?
« M. le duc du Beaupcrtuis sc lève. (Mouvement général de curiosité.) Le mari de la victime de Maria Fauveau est un homme jeune encore. Sa mise est assez négligée, L'ensemble de scs traits est peu gracieux, inaisleur expression est à la fuis remplie de douceur eide tristesse. Il lient à la maiti uu mouchoir dont il s cst fréquemment essuyé les veux pendant la lecture de l’acte d'accusation. La présence de I, le duc «telle uu scnliiueut d'intérêt.
< M. le président. — Monsieur le duc, il résulte d'un acte judiciaire que vous vous êtes porté partie civile : vous assisterez donc à l'in— tcrrogaloirc ci aux débats; vous ne vous retirerez pas dans b chambre des témoins. (Monsieur le duc de Beauperluis sc rassied. f , Quant h madame la duchesse de Beaupcrtuis, coutinue M. le président (mouvement dans l'auditoire), c'est par suite de son état de maladie qu'elle ne sYsl pas prcscuiéo. Nous avons charge MM. les docteurs Bailly et Olivier (d'Angers) de coustaler la position de madame ]a duchesse,- et de nous faire savoir si elle peut assister aux débats ou à une partie des débats. Huissiers, faites entrer M. le docteur Bailly ; nous allons l'entendre.
• M. le docteur Bailly est introduit.
« M. le président. — Monsieur le docteur, vous avez été délégué par nuus pour faire, concurremment avec M. le docteur Olivier (d'Angers), un rapport sur la sauté de madame de Beaupcrtuis. Veuillez rendre compte à U cour de ce que vous avez observé. (Profond silence. !
• M. Se docteur Bailly. — Ce malin j’ai eu l'honneur de voir madame la duchesse de Beauperluis; son état, moins alarmant, s’est légèrement amélioré depuis l'arrcstatiou de l'accusée, époque à laquelle l’usage des breuvages empoisonnés parait avoir cessé. (Mouvement prolongé dans l’auditoire.) Madame la duchesse est encore d'une extrême faiblesse; cependant, en l'entourant des plus grandes précautions, elle pourrait sans danger être transportée à l'audience d'aujourd'hui. Madame la duchesse désire même, en tant que ses forces le lui permettront, être entendue le plus tôt possible.
« M. le docteur Olivier (d’Angers) présente des observations identiques sur b position de madame b duchesse de Beauperluis..
• M. le président. — Oui les rapports de MM. les docteurs Bailly et Olivier (d'Angers), nous requérons que madame la duchesse sera transportée aujourd’hui à l'audience (Profonde sensation), à moins que la gravité de son état n'ait empiré depuis ce matin. Nous allons procéder à l’interrogatoire des accusés. (Mouvement prolongé d'attention.) Faites retirer b fille Clémence Duval, on b rappellera plus lard.
« Cette accusée, après avoir serré 1a main de Maria Fauveau, sort appuyée sur le bras de deux gardes municipaux, car elle paraît pouvoir à peine se soutenir.
« Maria Fauveau reste seule au banc des prévenus. M* Dumont, son défenseur, nommé d'office se penche derrière elle et échange à voix basse quelques paroles avec sa cliente.
« M. le président à l’accusée. — Maria Fanvcau, levez-vous. Vous et votre mari avez tenu pendant cinq ans une boutique de gaule rie et parfumerie, rnedu Bac, n° 19?
« L’accusée. — Oui.
« M. le président. — Je dois déclarer que l'instruction n’a recueilli aucun fait qui vous fûtMéfuvorablc durant tout le temps que vous avez teuu voire magasin.
« L'accusée, avec ironie. — C’est bien heureux.
M. le président, — Cependant, il y a environ quinze mois, votre mari, dont la conduite avait été jusque-là irréprochable, a commencé à se livrer à de funestes habitudes d'ivrognerie.
a L'accusée. — Malheureusement pour lui et pour moi.
• M. le président. — Comment le vice de l'ivrognerie lui est-il venu si tard? N'aurait-il pas cherché dans l'ivresse l'oubli de quelques chagrins domestiques?
« L'accusée. — Je n'ai rien à répondre là-dessus.
« M. le président. — Votre embarras prouve que vous oe dites pas b vérité.
« L'accusée. — Je ne sais pas mentir.
• M. le président. — Vous avouez donc que les soudaines habitudes d’ivrognerie de votre mari ont une cause, et que celte cause vuus la connaissez?
« L'accusée. — Oui.
• M. le president. — EU bien, dites-la.
« L'accusée. — Non, pas à présent... peut-être plus lard... sciai mon idée. En attendant, je saurai me taire.
n M. le présideut. — Taire à b justice la vérité que l’on sait, ou reculer le moment de la dire, sont des réticences coupables. Dans voire iutcrét même, je vous engagea la plus complète sincérité.
« L'accusée. — Je verrai plus tard.
« Ces premières réponses de l'accusée ont été faites d’un ton bref et avec une espèce de brusquerie mêler de distraction, nous ne voulons pas dire d'égarement, qui semblcul confirmer cc qui est dit
dans l'instruction : à savoir que Maria Fan veau ne jouit pas parfois de la plénitude de sa raison, ou qu'elle al fée te celte infirmité morale. Ou reste, souvent son regard est fixe, souvent aussi il semble hagard cl errer çà et la. sans s'attacher sur rien.
« M. le président à l'accusée — Vous refusez de donner, quant à présent, des explications sur la cause de l'ivrognerie de votre mari? de regrette ce défaut de sincérité de votre part; mais enfin, passons. Vous avez quitte votre magasin, vous vous êtes séparée à l'amiable de votre mari, et vous vous êtes retirée auprès de votre père et do votre mère, qtte vous avez perdus à peu do distance l'un de l’autre.
t L'accusée avec émotion et portant son mouchoir à ses yeux. — Oui. monsieur.
■ M. le président. — Votre modique dot et la plus grande partie de votre petit héritage ont été employés à payer les engagements contractés par votre mari. Sur le peu qui vous restait, vous avez solde quatre anuées d'avaucc de la nensiun de votre petite fille. L'instruction, dans sou impartialité, a établi ces faits honorab'es pour vous.
« L’accusée, brusquement. — J'ai fait ce que j’ai (ta. (Avec une amère ironie.) Je ne suis pas ici pour qu'on me fasse des compliments.
t M. le président. — Vous êtes ici ponr dire et entendre la vérité, qu'elle vous soit ou non favorable. Après h mort de vos parents, vous vous êtes logée au faubourg Saint-Antoine, non loin de la pension où vous aviez mis votre fille?
« L'accusée. — Oui.
« M. le président — C’est à celte époque que vous avez, ditesvous, rem ontré la fille Désirée, alors première femme de chambre de madame la duchesse de Reaupertuis?
■ L'accusée. — Oui.
« M. le président. — Vous la connaissiez donc depuis longtemps?
• L'accusée. — Désirée était ma sieur de lait; nous avions beaucoup d'amitié l'une pour l'autre.
« M. le président — Comment l'idée vous est-elle venue de lui proposer d’entrer à sa place chez madame la duchesse de Beaupertuis, vous qui jusqu'alors n’aviez jamais été au service de personne?
« L’accusée. — Parce qu'il me restait à peine de quoi vivre et que j’aimais mieux être domestique que de mourir de faim.
• SI. le président. — Je crois que vous ne dites pas toute la vérité. Voici pourquoi : écoutez-moi bien-, dans un billet saisi chez vous, billet écrit par la fille Duval et signe de ses initiales, celle-ci vous parle de Vêtrange et triste hasard qui vous a introduite dans la maison de ceux gui ont cotisé votre malheur. Comment expliquez-vous ce billet? Jusqu'à présent vous avez refusé de répondre à ce sujet.
• L'accusée brusquement. — J’ai refuse de repondre parce qu'il ne me convenait pas alors de parler; d'ailleurs, je n'avais pas confiance dans le juge qui m'interrogeait,
« M. le président. — Un accusé doit toujours être persuadé de l'impartialité du magistrat qui lïuierrngc.
« L’accusée avec ironie. — C'est bien facile à dire, mais la confiance ne sc commande pas. Le juge m'a parlé dmVmcnf; il m a harassée de questions. C'était nue vraie torture. Je croyais que ina tête allait se fendre: et puis, j’ai bien vu que d'avance il me regardait comine une empoisonneuse; alors je li ai dit que ce que je voulais dire.
« M. le président. — Vous vous trompez : jamais les magistrats ne manquent aux égards qui sont dus aux accusés. Vous avez jusqu'ici r» fusé de dire la vérité; voulez-vous la dire aujourd'hui?
• L’accusée, après un long silence et brusquement. — Au fait! pouiquoi pas?
« M. le président. — Eh bien, dites-la.
« L’accusée, d’une voix brève et saccadée. — J’ai tout fait auprès de Désirée pour entrer à sa place chez madame la duchesse, comme femme ue chambre, parte que cela pouvait servir mes projets.
• M. le président. — Vous parlez de projets; quels étaient -ils?
« L'accusée, après un nouveau silence. — Je voulais me venger de la famille de madame de Bcauperluis. (Profonde sen-aiion.)
« M. le président. — Accusée, pesez bien la gravité de vos paroles; elles sont accablantes pour vous.
« L’accusée avec un rire sardonique. — Vous êtes bien bon do vous intéresser autant à moi.
« M. le président. — Je vous le répète, vous devez peser 1.» gravité de vos paroles. Réfléchissez bien. Vous avouez donc avoir tout fait auprès tic Désirée Buisson pour vous introduire chez madame la duchesse da Bcauperluis, afin de vous venger de la famille de ccttc daine cl de mettre ainsi à exécution vos projets de vengeance?
« L'accusée avec impatience. — Je vous ai déjà dit que oui. (Nouvelle et profonde sensation, murmures d'indignation.)
■ L'accusée reste impassible sur son banc et répond par un nouveau geste d’impatience aux paroles de son défenseur, qui sert penché rtfl el c pour l'entretenu tout bas.
« M. le président. — Vous vouliez vous venger, dites-vous, de
madame de Reaupcrtuis? Mais quelle émit la cause de votre lisine contre celte dame? quel mal vous avait-elle fait?
• L'accusée se retourne brusquement du côté du banc où se trouve la famille de Morsenne, désigné ces personnages d’im geste audacieux, et dit ;
• — La famille de madame de Bcauperluis est cause de tons mes
malheurs.
« (Sourires de dédain au banc de la famille de Morsenne, et mouvement d'étonnement profond dans l'auditoire.)
« M. le président — Voici b première fois que vous avouez avoir eu à vous plaindre de la famille de madame la duchesse de Beaupertuis.
• L’accusée, d'un ton sardonique. — C'est possible ; ce qu’on n’a pas dit hier, on le dit aujourd'hui.
M. le président. — Quel mal vous a fait la famille de madame de Beaupertuis? expliquez-vous.
« L’accusée. — C'est inutile, je m'entends.
« M- le présideut. — Dans votre intérêt même, je vous adjure de vous expliquer.
• L’accusée. — Plus tard, peut-être, je m'expliquerai.
« M. le président. — J'espère que vous réfléchirez à lont ce qae vos réticences ont de dangereux (mur vous, et que vous serez pim sincère. Encore une fois, comment la famille de madame la duchesse de Beaiipertuis a-t-elle cau*é vos malheurs?
« L'accusée avec une grande animation. — Je vivais tranquille, heureuse dans mon ménage; mon mari m'aimait et je l'aimais; lé prince de Morsenne, le père de madame de Bcauperluis. est devenu amoureux de moi: il m'a d'abord envoyé un homme chargé de me faire des propositions infâmes. (Violents murmures aux places réservées à la famille de Morsenne.)
« Une dame que l’on nous dit être madame la princesse de Morsenne, s’écrie :
« — Entendez-vous cette horrible créature 1 quelle audace!
• M. la président se tournant vers les interrupteurs. — J'invite la famille de la pmtic civile à contenir son indignation, si légitime qu'elle puisse être. Les dépositions de faccusée pourront être contredites, combattues, flétries même, si elles sont calomnieuses; mais elle doit parler librement.
• Un monsieur, qu’on nous dit s’appeler le chevalier de Saint- Merry, s’écrie :
t— C'est qu’aussi, monsieur le président, il est impossible de rester de sang-froid en entendant diffamer un des hommes d’Etat les plus vénérables du pays, un des plus grands seigneurs de France. Et diffamer par qui? par cette abominable empoisonneuse!
« M. le président, interrompant séveremrnl M. de Sainl-Merry. — Monsieur, vous n'avez pas la parole. Il n’y a pas ici d'cmpoisonlieuse : il y a une accusée prévenue de ce crime, et jusqu’à sa condamnation, la présomption d innocence lui est acquise. Si de pareilles interruptions se renouvelaient, je serais obligé de prier les intrrrnptenrs de sortir, à quelque classe de la société qu'ils appartinssent. (Murmnres d'approbation, applaudissements dans le fond de la salle.)
• M. le président, après avoir blâmé celte nouvelle manifestation, s’adresse à Maria Fan veau.
« M. le président, sévèrement. — Accusée, songez à ce que vous dites. Vous osez porter une accusation odieuse contre M. le prince de Morsenne, un des hommes les plus respectés de ce temps-ci, le chef d’une graude et illustre maison que vous êtes accusée ue plonger dans le deuil et dans les larmes; un homme d'Etat éminent qui a rendu, qui rend à celle heure de grands services à son pavs, car il est aujourd'hui ambassadeur du roi auprès de la cour d’Ëspague. Encore une fois, accusée, prenez garde!... Vous faites planer un infâme soupçon sur un absent, sur un père de famille, que son âge défendrait au besoin contre ces honteuses insinuations, s'il n'était notoirement connu, par les discours, par les acte* de toute la vie de M. de Morsenne, qu’il a tonjours été un des plus fermes défeflSi urs de ce r deux bases sacrées de toute société ; b famille et la religion. Et c'est un personnage si considérable par ses vertus, par sa po-iliot» sociale, que vous osez accuser d’avoir voulu, par des propositions indignes, jeter le trouble, le déshonneur dans votre humble et honiKie ménage? Encore une fois, accusée, réfléchissez à vos paroles, et, croyez-moi, relirez-les.
• L’accusée. — Vous voulez la vérité, je la dis; tant pis pour ceux quelle blesse.
« M. le président. — Ainsi vous persistez!
« L'accu -ée. — Oui. je persiste à dire que cet honnête et relig'ctix père de famille m'a fait proposer de l'argent, beaucoup d argent, un bétel, une voiture, des diamants, si je voulais être sa maliioso ; j’ai haussé les épaules de dégoût, car t'adorais mou mari; aussi, de peur de l’inquiéter, je lui avais d'abord caché les offres de ce vieux libertin.
• (Nouvelle explosion de murmures d’indignation au banc de h famille de Beanncrlnis.)
• M. le président ires-sévèrement. — Accusée, exprimez-vous avec
30 u y vjuuyit
plus de convenance cl de respect. Osez-vous parler ainsi de M. le f prince de Noncpns, le père de votre victime?
« L'accusée avec ironie. — Son père, lui ? Oui, comme tant d'autres nui >c croient les pores des enfants qui portent leur nom.
« M. le président. — Accusée, encore une fois, je u<? nuis tolérer cct indigne langage. Oubliez-vous donc que ta famille île M lu prince de Muiseuno assiste à ces débats, ainsi que madame la princesse?
« L’accusée avec un éclat de rire sardonique. — Oui, je vois Lieu là-bas madame la princesse à côté de son amant, >1. do Saint- 51 crry, qui vient de m'appeler empoisonneuse. Vous parliez du père de madame la duchesse; tenez, c'est celui-là qui est son vrai père, v M- le président- — Accusée, taisez- vous.
• L’accusée, avec on redoublement de rire sardonique. — Bah ! pendant que j’y suis, puisque VOUS voulez des vérités, je vais vous en dire : ainsi, je vois là-bas celte dame en chapeau rose, madame la baronne de Robersac : eh bien, clic était la maîtresse eu litre du prince, dans le même temps nu il molTrait tant d’argent pour être mon amant, ce vertueux père de famille !
« M. le président, avec force. — Accusée, il m’est impossible de...
« l/accusée. — Oh ’ rassurez-vous, ce que je dis lu uc causera pas de malheurs, allez! Tout ce monde-là vit d'accord dans sa honte!
La priucesse est au mieux avec la maîtresse de sou mari ; le prince est au mieux avec I amant de sa femme, le vrai père de sa fille.
■ 51. le préaident, avec indignation. — Accusée, taisez-vous! Ces propos sont horribles; je vous relire la parole.
v L'accusée, avec amertume. — Ali! voilà! je m'y attendais. Ou vous demande la vérité, et l'on ne veut pas y croire. Pourquoi? parce que je lie suis qu'une pauvre femme et que j'accuse une famille de grands seigneur?. Vous voyez? à quoi bou parler, puisque l’on ne veut pas m’enteudre? Je me doutais bien de ce qui arriverait; au ?ai, jusqu'à présent je mêlais tue. Mais, merci, merci! (avec un redoublement d'irouie) c'est une bonne leçon! j'en profiterai. Ce que j'ai dit de celle vertueuse famille n’est rien auprès do ce que je sais encore... (Mouvement prolongé ) non, rien auprès de ce que je pourrai» révéler. Jugez un peu comme l'on m'écouterait, quand même ma vie eu dépendrait! Mais, allez, je n'y liens plus, à la vie! Faites votre métier, coupez-moi le cou et que ça tim-.se; je ne répondrai plus un mol.
« (Il est impossible de rendre les murmures, les cria d'indignation, ne les paroles de l'accusée soulèvent dans la partie aristocratique e l'auditoire, tandis que quelques bravos relenthsenl au foud de la salle. Madame la priuce-.se de Hunawtt madame de Robersac. SUT lesquelles tous les yeux se soûl fixés, palissent ri rougirent tour à tour; madame la princesse finit par se trouver mal; madame la baronne du Robersac l imite, et toutes deux soûl emportées Imrs de la salle par leurs amis, au milieu d une agitation si extraordinaire, que l'audience reste suspendue pendant dix minutes.) ■