‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue La bonne aventureChapitre 35 sur 57 · IG · texte numérisé non relu

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Et puis la déslio-

pas Aller w bal c« soir.— PA«r 114. mirer lâchement...

elle qui s'était montrée pour moi si bonne) Non, non,

jamais je n'aurais eu ce courage. Il fallait d'ailleurs que ma destinée s’accomplit! ou ne peut rien contre sa destinée! (Elle reste pensive.)

boraqoet, à part et avec douleur.

La voilà retombée dans son égarement d’esprit après m'avoir parlé tout à l'heure avec tant de sens cl de cœur... Oui, les médecins ont dû sc dire : Elle n’est pas folle, mais « Ile feint parfois d’avoir l’esprit dérangé. (Avec accablement.) Ah! plus despoir! pins d’espoir!

maria, secouant mélancoliquement sa tête.

Oui... c’était ma destinée., mut était arrangé par le sort pour que la sorcière eût raison. Voyez piiiiôt. mon pauvre monsieur Bottaquet. l ue nuit pendant uio.i sommeil, je parie d'échafaud cl de un-

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IA DONNE AVENTl'RE.

geaucc! Le duc m'entend. va dans ma chambre i l y trouve le jjoisoii! (Mniivi iiii'iat de Buuoquet. II tres-ailh» toml un cl parait frup|u$ d'une idée subito ) Le due trouve encore du puisou dans la ibéiere cmj j'avais moi-même préparé un breuvage pour la duchesse. Il lai- Lui bien que tout cela arrivât. Sans cela, il n'y aurait pas eu de raison pour que je ‘■ois condamnée, comme l'avait prédit la sorcière. Est-ie vrai, monsieur Doiiaquel? (Le docteur ne répond rien, se lève et marche avec agitation, comme s'il poursuivait une idée encore vague. — Maria, de plus en plus égarée, s’aperçoit à peine du mouvement de Bouaqoel. Elle continue . ) Oui. tout cela devait arriver. En voulez-vous une autre preuve, monsieur Bousquet? A l'audicuce, juatid la duchesse est morte, mademoiselle Démence Duval et moi nous avons couiu à elle. Nous nous sommes ainsi trouvées encore «me fois toutes trois réunies, comme nous l'avions t : 0i déjà trois fois sans uous connaître : la première lois riiez l.i sorcière, la seconde fois au bal de I Opéra, la troisième fois chez M. Anatole, boulevard Bonne-Nouvelle. La dernière fois, nous devions nous trouver réunies à la cour d’assises. L* duchesse »e mourait empoisonnée, et la sorcière lui avait dit : Tu mourras de mort violente. Démence Duval était sur le banc de l'infamie pour avoir tué son enfant, cl la sorcière lui avait dit : Tu seras condamnée à une peiue infamante. Moi, étais accusée d'assassinat, et la sorcière m'avait dit : Tu mourras mr l'échafaud, (liait d’un air sinistre, i Au»! elle l’est trouvée là pour jouir de sa bonne aventure, la sorcière! car mademoiselle Clémence Duval et moi, au milieu du tumulte causé par la mort de la duchesse, nous avons entendu une to i nous dire : Vous voilà pour la dernière fois toutes trois réunie-; souvenez-vous de la rue Sainte- Avoye! Vous le voyez bien, monsieur Bonaquel, je ne suis pas la seule dont le sort s'accomplit comme il a clé prédit : l’on ne peut aller contre cela. Mais, monsieur Bouaquet, vous ne me dites plus rieti? K'-l-ce que vous êtes fâché? Qu avez-vous, mon Dieu ! qu'avez-vous? nuqvu, jusqu'alors pensif, parait en proie à une vive anxiété.

Soudain il lève les yeux au ciel et joint les mains avec ferveur.

Oui, plus j'y pense, plus ce soupçon se change pour moi en certitude! Oui, le crime doit être là! Maria, je vous en conjure, rassemblez vos souvenirs, écartes tout ce qui peut troubler votre raison, et répoudez-moi : Croyez-vous nue le secret des désordres de la duchesse ait été assez bieu gardé pour que personne ue les ait soupçonnes?

MARIA

Jamais, à l’Uôlel, personne ne s'est douté de rien. Nos précautions étaient trop bien prises.

DOKAQCST.

Cherchez bien. Aucune circonstance ue vous ferait-elle supposer, par exemple, que le duc ait eu quelque doute sur la conduite de sa femme !

MARIA

Non; il vivait séparé de la duchesse et ne la voyait qu'aui repas. Cependant je me rappelle... Mais non, qu'est-ce que cela fait?

RrfS Ad* LT.

Tout fait, tout est important! Ait nom du ciel, dites, dites, qu'avezvous remarqué?

maria.

Jamais le duc n'avait suivi an femme dans le monde. Mais, quelque temps avant ruon entrée à l'hôtel de Mor senne, j'ai su par Dé-irée que, lorsque la duelliste allait au bd, ce qui lui arrivait alors très-rarement, car elle préférait sortir le soir déguisée, sou mari, couire sou habitude d'autrefois, l'accumpaguait toujours.

►.'SAQCLT.

Ainsi il n'aurait commencé à accompagner sa femme au bal qu'à peu piè> à l'époque où elle a commencé à se livrer à ses désordres?

MAHU.

Oui... d'après ce que m a dit Désirée.

BOK1QCET.

Et la duchesse, dans ses confidences ne vous a pas paru étonnée de ce changement de conduite de la part de son mari ?

MABU.

Je ue me souviens pas... l’ourlant si ., je me rappelle que l.i duchesse m'a dit une ou deux fois ; « Je ne sais quelle fantaisie a pris depui- quelque temps à M de Boaupcrtuis de venir avec moi dans le monde, où je vais maintenant si peu. Ses yeux ne me quittent pas, on dirait qu'il espiouue mes regards. »

MMUÇCKT.

El le caractère du duc, quel était-il avant cette époque? A-t-il changé depuis quelque temps?

MARIA

Non, il était toujours le même, très-doux pour tout le monde, trèsbon homme enfin, et tic s'occupant que des insectes, doul il faisait collection

B .LXAgCCT.

Et rien, rien, encore une fois, ne peut vous faire peiner que le due ait soupçonné la conduite de sa femme? Je vous eu conjure, interrogez bieu vos souvenirs.

MARIA

Non, je ne me rappelle rien.

BORAQCCT.

Mon Dieu ! mon Dieu 1 rien !

MARIA

Ce n'csi pas ma faute! Depui.- quelque temps, j'ai la tête si faible, et puis je fais justement luut mon possible pour lie pas tue souveuir.

BO.XAQUET.

Par pitié, cherchez encore!

MARIA

Pourquoi? à quoi bon?

HORAQCET.

Cherchez toujours!

■aria, portant la main à sou front.

Attendez ! oui, une fois la duchesse m'a dit : « Je n'aurais jamais cru qu'avec sa figure si lidicute, M. de Beaupertuis pût faire peur à quelqu'un : il m'a fait peur. •

BORAQu.7, tressaillant.

Achevez ! oh ! achevez !

MARIA

« Tantôt, a commué la duchesse, j’étais à ma toilette, assise devant ma glace. M. de Beaupcrtuht, contre sou habitude, est entré chez moi, le matin, pour me demander si j'étais toujours décidée à aller le soir au bal. Je loi ai dit que non, ayant changé d'avis à cause du rendez-vous que lu sais, petite (la duchesse m'appelait ain-i). M. de Hcauperluis me répond avec sa douceur et sa soumission accoutumées : — Trèt-bieo! ires-bien! ma chère amie. — Seulement, comme il oubliait que dans ma glace je voyais sa figure, cette figure, ordinairement si débonnaire, a pris tout à coup mie expression si hideuse, je dirais presque si féroce, que j'ai eu peur, et, malgré moi, je me suis vivement retournée vers mmi mari; mais lui, ue paraissant du tout surpris, a continué de me taire sa vilaine ligure, comme ail eût voulu plaisanter, et il m'a dit: — Fi! fi Li méchante femme, oui ne veut pas aller au bal ee soir, moi qui me faisais uue joie de lj accompagner I a

rmaocrt, bondissant sur la chaise.

Maria, ce fait, tons me lasiurcz ! vous vous le rappelez dans tous ses détails?

■ARIA

Certainement; mais qu’avez-vous?

soiuocct, d'une voix palpitante.

Lorsque la duchesse est tombée malade, le duc s'est montre désolé, plein de soins pour elle?

MARIA

Oui, il a voulu la veiller en même temps que moi, être toujours là. Cela ennuyait la duebesse, mais son mari pleurait tant, il était si malheureux de la voir souffrir, qu elle n'avait pas le courage de le reuvoycr.

RoxAQorr.

Et cette nuit dans laquelle, en rêvant, tous avez parlé d'échafaud, de vengeance, le duc était seul avec vous daus la chambre do sa femme?

MAilA.

Oui, seul.

JWXAQt'ET.

Et c’est lui qui a trouvé le poison dans votre commode?

MARIA

C’est lui.

noxAQvr.T, avec ivresse.

Merci, mon Dieu, merci 1 tu m'as entendu ! (Courant au guichet et y frappant à coups redoublés.) Ouvrez! ouvrez!

MARIA

Mousicur Bouaquet, vous tue quittez !

toRAQitiT, frappant toujours au guichet.

Ouvrez ! ouvrez donc !

le geôlier, entrant et bas au docteur.

Pardon, monsieur, je recevais M. I'«?\éculeur, et j'allais venir vous prévenir, car il est sept ht tires un quart.

nosAOitr, stupéfait.

Que dit cet homme?

le geôlier, bas.

Je dis qu'il est sept heures un quart, et c'est pour huit heures Ires-précises. Je mus chercher la pauvre dame pour la loiieUe .

U BONNE AVENTURE

ijonavi'u, avec épouvante.

Mou Dieu! trop lard!.... Ma tête se perd! Won! Ileurruscmaii ce magistral est là. (Au geôlier.) Le directeur f üm-.duiM z-moi che* lui à l'instant. (A Maria ) Courage, espoir, al tendes! (U sort éperdu.)

m.vru, le regardant s en aller.

Il n'a pas la force de rester pour me dire adieu. Pauvre M. Lîonuquel! je comprends cela!

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