I.IV
(Le cabinet du duc de Btauperiuis à l'hôtel de Morsonne : casiers vitrés remplis d une magnifique collection de coléoptères; bibliothèque composée de livres scientifiques sur celte monographie de l’histoire naturelle; çà et là, sur une grande table recouverte d‘un tapis, différentes bottes garnies de toile métallique dans lesquelles s’agitent des scar. bées vivants de différentes espèces; cadres remplis d'insectes cl de papillons pendus le long de la boiserie; M. le due uc Oeaupertuis, en robe d< * chambre, est assis dans un fauteuil, d'une main il lient une pince, à l'aide de laquelle il soulève lesclytrcs dorés d'un coléoptère ; de l'autre il lient une loupe dout il sc sert pour examiuer l'insecte avec une profonde allculioii; la pendule commence à sonner lentement..
ix ncc de BEAoriRTCis, toujours l'œil sur sa loupe, écoute et compte les heures à mesure.
Une... deux... trois... quatre... cinq... six... sept... huit... et neuf .. (Après un silence.) Neuf heures.’!! (lYofond soupir d’allégement.) r °
(Madame la princesse de Morsonne entre avec le chevalier de Saint-. Mcrry. Celui-ci est pà'e et semble en proie à une douleur navrante; ses habits sont négligés comme ceux d'une personne qui viout de parcourir une longue route en voiture. Madame de Mors en ne est grave et accablée de tristesse. En entrant dans le cahiuel du due, et le voyant revenu à scs insectes et sa loupe a l’œil, elle le montre du geste au chevalier; celui-ci hausse les épaules. Au bruit de la porte qui s’est ouverte, le duc sc retourne, prend un air abattu, se lève et va au-devant de la princesse; à la vue du chevalier de Saint-Merry, il semble très-surpris.)
u princesse, au duc.
M. do Saint-Merry arrive à l'instant de Nonmcrurt. Tout est terminé. (E le porte son mouchoir à scs yeux humides.) Ma lillc, ma pauvre Diane ! Enfin ses derniers vœux sont exaucés!
le occ de BEAum.ms, pleurant aussi.
Iléla*! oui, car bien souvent tlle m’a répété : • Dès que j'aurai rendu le dernier soupir, promettez-moi. mon ami, de faire transporter mon corps à Nouancoiir*, où j'ai pa>sé les plus heureux jours de ma vie; et surtout jurez que mon corps ne soit pas profane par les médecins, puisque l'on sait de quoi je meurs, d la princesse, sanglotant.
Mon Dieu! mon Dieu!
le cdevalier de uikt-merrt, au duc avec amertume.
Ces détails sont navrants! Assez, monsieur! assez! (Lui montrant ta princesse qui sanglote.) Méuagcz donc cette malheureuse mère.
le duc, toujours pleurant.
Hélas! monsieur le chevalier, pardon, mais je n’ai pas la tête à moi quand je pense à celte horrible perle, ! Ah ! ma pauvre femme ! ma pauvre femme! Ainsi tout est fini à Nonancourt?