‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue La bonne aventureChapitre 39 sur 57 · LS MAGISTRAT · texte numérisé non relu

LS MAGISTRAT

Celte affirmation est bien téméraire, monsieur; les seules révéla • lions de l'accusée, si clics semblent précises et digues do confiance, peuvent autoriser la suspeusion de l'arrêt; mais jamais U couvictio»

no

i]* u ne personne étrangère au procès ne peut, dans un pareil cas, avoir d'autorité. (Au direeleur.) Monsieur le directeur, que la loi suive sou cours.

IIONAQiET. à genoux.

Monsieur!... messieurs!... nmi! non! vmnnc ferez pas cela! c'est un meurtre! entendez vous? un meurtre! cl louie voire vie vous l’expierez par des larmes de sang! (Avec un cri déchirant.) Elle cal innocente! elle est innocente!

LC MAGISTRAT.

Oh! monsieur, vous êtes sans pitié! Hegardez-la doue!

(Maria est en proie à une sorte de délire; elle frissonne et tressr.illc; des mots interrompus ou inarticulés s'échappent de ses lèvres.)

« Ma petite fille!... Je... Al» !... I.i mort! Pauvre Joseph!... La sorcière!... l’échafaud!...»

(Sur un signe du magistrat, le directeur de la prison s'est n udu au fond de la salle, a ouvert h porte, et bientôt l'exécuteur, le prêtre, les gardiens et les gendarmes rentrent.)

eoxAQLET, couvrant Maria de larmes et de baisers.

Us vont l'égorger! pauvre victime de leur justice ! ils vont l'égorger! Ah! béni soit Dieu qui du moins l'a retiré la connaissance de ce iiir.mciU affreux, malheureuse femme! Mais tu seras vengée! je le jure par ton sang innocent uni va couler! (Le docteur s’arrête soudain comme frappé d'uuc idée subite; il court au directeur et s'écrie) : Faites-moi à l'instant ouvrir les portes, que je sorte, que je coure!...

le directeur, à un gardien.

Conduisez monsieur le docteur.

(Bouaqnet sort en courant.)

LE DIREIILUR, & IVxifcUlOUr.

Eli bien, sommes-nous prêts?

t’KTÊrCTEVH.

Oui, monsieur le direct* tir; mais il faut, je crois, soutenir la condamnée jusqu'à la voiture, comme nous avons soutenu celui d'il y a quinze jours. (Il s’approche de Maria: elle n'a plus la moindre ronscicnce de ce qui se passe; ses mouvements sont pour ainsi dire automatiques.) Allons, ma petite dame, un peu de bonne volonté. Croyezvous pouvoir marcher toute seule?

le rnf-TRE, à Maria.

Allons, ma sœur, offrez vos douleurs au Seigneur. Votre crime est grand, sans doute, mais sa miséricorde est plus grande encore. Baisez l image de son Fils qui a porté sa croix pour le saint des hommes, cela vous donnera des forces. (Il approche le crucifix des lèvres de Maria.

l’exécdtelu, à Maria.

Allons, ina petite dame, un peu de bonne volonté; tâchons de marcher : voyons, essayons.

(Il fait signe à un de scs aides, qui s’approche; chacun prend Maria sous un bras. fcl'e sc lève par mi mouvement brusque, regarde autour d'elle d'un air égaré, comme si elle cherchait quelqu'un; puis, obéissant machinalement à l'impulsion que lui donnent l'exécuteur et son aide, elle sc met à marcher d'un pus ferme et brusque, et elle monte bientôt dans la vo lure cellulaire, qui se dirige vers la barrière Saint-Jacques, lieu habituel des exécutions.

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