‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue La salamandreChapitre 20 sur 36 · U> VOICI · texte numérisé non relu

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Enfin, lt voilai Scin.ua — Im gnyonrf*.

En sortant de b chambre du commandant, Pierre rencontra son fils dans la batterie.

— Eh bien! père, est-ce vrai? dit l'enfant rayonnant de joie, l'n combat? — C'est possible , mon ami Et, à cause de cela , tu vas descendra avec moi uu instant daus ma chambre.

Ils descendirent.

— Paul , dit le lieutenant en prenant nn sabre suspendu au-dessus do sa couchette, lu prendras ce sabre; entends-tu? c’est une excellente lame luiquc , montée à l’espagnole , avec une coquille et une garde qui couvrent b nui» et l'avaul-bra*. Paus uu combat d'ajiordagc, c'est une arme précieuse. — Mais père . et loi? — Tu sais que j’ai le sabre de ce pauvre Brémonl, qui e*t excellent. Tes pistolets soi il- ils eu état ? —

Oui, père. — Va me les chercher : que je les voie. — Ma», père, ils sont «i état. — Paul , allez tue le> chercher. — Oui , père , dit l'enfant en einhras&wl Pierre.

Pierre le suivit des yeux ; puis, les levant au ciel :

^,>n ^'cu • dil-il avec une admirable expression de ferveur ; mon Dieu, ne nous sépares pas encore!

Paul reunt avec ses pistolets.

Il tallut voir avec quel soin Pierre en fit jouer les ressorts et les batteries.

— (Jette détente est trop molle, dit-il.

Et il jeta un des pistolets sur sou lit. eu prit un autie au faisceau d armes, I examinj soigneusement, et le remit à sou (ils. — Tiens.

ami. ht coups

père “

. ht mets deux balles, eiiien.b-lu ? ht surtout , Paul, ménage tes ps pas d imprudence, comme la dernière... — Mais l’arme blanche, k ?n,,c blaii. hc... l'arme bbinchc, monsieur, ne vaut pas l'arme

a leu quand ou vise juste. Et puis surtout, Paul, restez à voire poste.... M»us iii entendez, à votre poste dans la batterie,

Mali

ï poste dans la batterie, et lion sur le pont. — , pere... — Monsieur... — Oui, oui, père; j'y resterai. Mais toi?— Mm, mou poste est a l’arriére, comme toujours, à la manoeuvre. — •. est bien en vue, pere. — Vilain jaloux ! dit le bon lieutenant en souriant.

A ce moment mi tiniouier descendît.

— Lieutenant, loft'iHer de quart vous fait prévenir que Ion est presque a portée de cauon de la voile en vue. — Dites que je vais monter, répondit Pierre. — Allons! mon entant, embrasse-moi, et soyons hommes.

Il tint avoir serré sur son cœur un père ou un aini dans une circonstance pareille, pour savoir ce qu'il y a de profonde et intime tendresse dans col embrassement qui peut être le dernier.

(Juaud Pierre et son fils parurent sur le pont, on ne vit pas la plus légère trace d'émotion sur leur physionomie.

— Eh bien ! lieutenant, dit Mcrval en lui (tassant la loucue-vuc, nous savons ce que c'est.

En effet, après avoir as>uré le pavillon de la Salamandre d'un coup de canon a poudre qui resta sans réponse, on avait essayé d'un secoud a boulet, qui réussit mieux.

— E’esl heureux, dit le lieutenant en voyant un pavillon rouge se bisser lentement à h corne d’un grand brick étroit, hardi, élancé.— Rouquin a bien visé, car le boulet -'est logé eu plein bois, dit Mcrval. Mais voyez donc : voila le goéland qui abaisse scs ailes et qui met en panne, il veut lions envoyer un canot, sans doute, lieutenant ! — C'est lisible, et je vais prévenir le commandant.

jhi n'a pas oublié la conversation du malheureux marquis r t de Pierre. >olon les lutentions de ce dernier, l'ex débitant éuit moulé sur le pont en grand uniforme, avait huit bit n que m.d balbutié la phrase que Pierre lui avait apprise, cl gi iiiqié Mir sou lune de quart. Iloide, immobile, les veux h\c> sur Pierre qui ne le quittait pas du regard, il attendit. Certes, si le marquis méritait une pimitiou, ilia reçut ample et Lirge iiendanl la deuil heure d lucerlituik «pii le tint cil suspens, n ayant d’autre tli-'rac- |!on Xe ce,,cs par Pierre, qui venait de terni» à autre lui dire à

I oreille :

— Songez à ce que je vous ai promis. A la première hésitation, vous eutendez..»

Et, apres cette communication amicale, Pierre le saluait profondément comme $ il se fin entretenu de choses importantes de service. Et lequqiage, voyant la roideur et l'impassibilité du marquis an milieu du mouvement inséparable des préparatif, d un combat. pi il aisément reltc |KilrdualM>n pour b; sang-froid et I habitude du danger. Aussi Bouquin mt-sl a la Joie eu lui moutraul le marquis :

— Il est bien mal ficelé en uniforme ; il a Pair d'un moule à f.. noie, mais c'est un c bien qui ne doit pas bouder au lèu. Planté connue un mat, d lie bougera pas de sou banc de quart, le vieux gueux, il ne oougrru pas : le lieutenant a beau lui parler à I oreille, rieu du tout il ne remue pas seulement la tête.

A u premier coup de canon que la Salamandre tira pour assurer son pavillon, le malheureux marquis, quoique prévenu, lit un effroyable boud sur son bauc.

..7iAI,,! ,L‘ caïman! dit Rouquin en tirant la Joie par sa veste Ah . le vieux gueux ! le y la qui suite de joie de voir commencer la danse r/y prno/, ga,de a ta peau! Est-il enragé pour le feu, hein, H» Joie? Sms calme, soi> calme : on va la danser, et la mitraillade aussi vieux enragé, vieux mangeur de boulets, va !

Mais hcmcuseme.it pour le mang.nr de boulets, l'enragé. l'amateur de 1.1 mitraillade et de la prends garde à h, J r„M, |c fcn ne continua pas; ail c miliaire, connue on la \u. le brick hissa son pavillon anres I imitait ai un jm-ii luu-que que lui lit la Salamandre, cl envoya un cidil* i' I oivilîe • * * CürVLlk‘ Aiuï* ,icrre' s approchant du marquis, lui

• liez vnus 16 &:,Ul l,U l,anC <lc <*uar1t suis ass4'* content. Descendes j L'ex-déhitani nés-: le fit pas dite deux foi»

Dans ce canot, manœuvré par quatre hommes fort piyprcnicnt vêtus I à l'égyptienne, c'est-à-dire vêtus d'une chemise, d'une calotte rouge,

I d uue culotte qui ne vient qu aux geuoitx. il y avait un monsieur d'une quarantaine d'années, assez ehaaité d emlion|M»'int, habillé d un gilet citamois et d une redingote olive ; il était coilfé d’une casqueile bleue, je I crois. Il moula leslvment à bord, salua I enseigne Mcrval qui était au I haut de la coupée, et lui dit en fort hou français, avec un accent qui 1 trahissait un peu sou origine normande :

— Pourrai-je savoir, lieutenant, en quoi je puis vous être utile? — ' ou» avez bien longtemps tardé à hisser votre pavillon, monsieur, fit ol>si‘rv4*r Pierre, éiomté de voir ce gros homme, bas Normand, iwvi- | puant sous b- p.villmi tmc. — Ma foi! lieutenant, reprit l'autre, jedor- I mais. Mon si coud est malade, et, avant que j’aie pu nie faire entendre de ; ces animaux la — il montra li s Egyptiens — il s'est passé juste le temps de recevoir un de vos boulets — il ôta sa casquette dans tua préccinte. — Mais vous êtes Français, monsieur? demanda Pierre. — Oui, licute» Haut, natif de \ Ire. — Et comment uav iguez-vons sous pavillon turc?

Mais je suis 1 urc aussi. — Monsieur, répondez sérieusement , c'c-4 un omcicr de la marine royale de France qui vous interroge. — Mais, mon Dieu! lieutenant, je su» Turc, en cela que j’ai apostasie. — Ah I vous êtes renégat, du Pierre avec une expression méprisante. — Pour vous servir, dit l'autre en étant sa casquette — Et vous allez bù ? demanda Pierre. — A Gibraltar, porter dc> grains d'Odessa. Voici mes (dires, mes papiers, lieutenant, visés par le consul anglais à Constantinople.

Tout était parfaitement en règle.

— .Je va», monsieur, si vous le pcrmeilez, dit Pierre, envoyer un de mes ofllrurs pour visiter voire brick. Cesl un engagement pis cuire les [rois puissances, alui d'nllciodrr, si l'ou peut, Sam-Bai le pirale. (lue Dieu.... Je veux dire que Mahomet vous aide, lieulcuai.1! Nais quand vous voudrez visiter mon bord . je suis prêt, car j'ai bâte d’arriver. - Monsieur de Mcrval, du Pierre, prenez le canot major, artnez-le ,o guerre, et veuillez aller «animer ce brick : vous me ferez voire rapport.

U S, nie. de la Joie releulil. Ou mil l'embarcation à la mur. on l'arma, el Jlerval, accoutpaguc du renégat, quitta la corvette.

— Ueuteiiaui, je voua présente mes civilités, dit le bas Normand eu

saluant I terre. — dit celui-ci avec une froideur «fa-

ciale ; et d ajouta tout liant : Menai, laissez la moitié de votre monde arme dans le canot, et a la moindre démonstration hostile un signal. Ce dei'ire '°US * saH’1’ eil s"“s nos ““ou*, mai. u importe, deda pru-

Et l'embarcation quitLi la Salam ta, Ire. rierre la suivit des yeux Au tiout d une demi-beure elle revint , et Mcrval mutila à bord.

— I h bien ! Menai? demanda P.erre. — Eh bien ! lieulenanl. il u'v a

lias un mol i dire: il esl chargé de blé jusqu'à sa el seulement

I eqnqnue est nombreux, voila loin Son second esl tu, Italien, renée , t

f » ' 11 «ait «niché ut fort pale. Il ,„'a ré, du eu assez mauvais

Iranyals aux questions que je lui ai fuies, et toul se rapporte à ce nue ee gros homme nous a dit. - Vpis n'avez pas vu d'artucs? — Non : quelques Ii-ds. v -nia loin. I. était assez propre dans sa cabine. Pour un reneg.it. lia la r duo assez bon homme! — Hui, oui : mais je n'aime pas lap-tasic : CC ucsl qu'un calcul, fl c'csl bas - Je suis de votre avis. Mais le voila qui demande s il peut partir, dit Mcrval eu montrant a son supérieur un signal do brick. — 1 mites lui signe que oui, dit Pierre

El Une damne Neue , I jaune fut hissée à la corne de la Su! retendre A peine ce signal cut-d éuSaperçu pir le brick, qu'il démasqua son grand liimier, et imuraeiiqa a vogua- doucement. prolitaulde la brise qui éuit as& z fratebe, I ms, quand il fut Itors de porté - du canon de la corvette il laissa tomber d un coup toutes ses voile-, déa-rla tout, depuis ses rovates jusqu aux basses voiles, avec une prestesse, une précision adtnirablm oi ieiiia grand largue une des amures le, plus favorables a la vitesse, cl £e prit a fuir avec une vélocité prodigieuse.

quoi diable aussi -c sauve-t-il xi' vile? Sk'WnS!'— ' Ma^ûije n'enaés C^ple'TÆld^nai'r3''1 “ dua lui rendre

El le digne homme tout coulent d'avoir échappé au danger qu'il re- ‘fcn,lada » '’<«*• ‘M ■« pouvait pas doubler la ralfou X»

d,m SïttÏÏSTÏÎr10 dit Pierre; irès-bien, comroan-

o r èt'le f • “ 'i^r l,s “ demande la permission de d.m-

dit'Vexoléititatd. ***** “ V“"e ",,m' ~ Kl «« bien fait,

U mHiveMe des iutenüonx généreuses du conintmandanl ayant vite ciri uk, i liacuu lut peu*er gaieuicul au bal fu lendemain.

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