‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue La vigie de KoatVen roman maritime 17801830Chapitre 50 sur 70 · VANITÉ · texte numérisé non relu

VANITÉ

•dbess ru* U*. lit*.

Vshht de Cu.lt.

L* Liimmi ivre.

Ri vraie» (un.

t« lirairiuiit Jkak Thoma*.

Tandi* que Saùl fut lidèic, il n’eut pu besoin d'aller consulter U pylhonisse sur ce qu'il devait faire... La loi de Dieu le lui apprenait auri. Ce ne fut qu'après son crime, que. pour calmer les inquiétudes d'une conscience troublée, et allier set faiblesses passées avec la loi de Dieu, il t'avisa d’aiKr chercher dans les réponses d'un oncle trompeur quelque autorité favorable i scs {lassions.

Aimez fa vérité et voua l'aurez bienlAt connue line conscience droite cl simple cal le meilleur de tous les docteurs.

lliMiios. — Strmon pour le mardi de la fait 10*1, rur h Üalul.

Tempus ntaum nondùra advenu ; tempos •utem vestrum semper est paratum.

Joab., tii 6.

mtOINUES.

Cas» l'a^swsia.

M. Ir Miroir cl madame la comtme M Y*t>aatr dans leur carrosse

Le bord de fa nier a ille de France; à droite, fa crilled'un parc; à cinche, l’entrée d'un bois épais — Le soleil se couche. — Soliluda profonde.

l avis ot ciLLv. (Il marche pensif, b télé baissée, puis s’arrête parfois

avec de brusques tressaillements.) — Bien... lieu... toujours l'obscurité... le néant... je ne perçois pas. . je vois bien la nature, les astres» les éléments., tout cela me prouve un moteur, tin agent, un créateur mystérieux; mais où est-il?... quel est-il?... noos voit-il?... Nous voir..# lui!... Orgueil incurable de l'homme!... te révélera s- tu donc jusqu'au sein des croyances dont rhumiiité doit cire la base! Dieu, le voir' Dieu s'occuper d'atomes perdus sur la terre, comme la terre est elle-même perdue dans l'immensité! Dieu nous voir!... Infirmité de notre intelligence!... ne pouvoir prêter à Dieu que les relations matérielles de nos sens grossiers!... Dieu voir comme nous, enteudre comme nous, parler comme nous, cela est en vérité un insolent blasphème, car cela est faire Dieu à notre image... et pourquoi non?... Ne croyons-nous pas aussi, dans notre misérable et fol orgueil, que les autres merveilles do b création ne sont que les accessoires de notre imperceptible planète ! Oui, n’csi-ce pas, homme privilégié! le soleil n’a été tiré du chaos que pour mûrir les fruits de tou jardin !... la lune, pour ar?*nter tes nuits amoureuses ! et les étoiles ne scintillent sur le bleu du ciel que pour récréer les yeux ou inspirer te» poètes! Dérision !!! Toujours le même orgueil, qui rapporte tout à l’homme. Oui, c'est pour loi que les mondes sont sortis du néant; c’est pour loi... crois-le, demi-dieu, erois-le ; et pourquoi non? Alors le mendiant, qui secoue ses baillons aux clartés éblouissantes d’une joyeuse fête, pourra croire aussi que c’est pour Itrf que (hmbovenl les mille bougies des lustres d'or ; alors l'hyène errante, qui ronge fes os du cheval mort qu'on a jeté A la voirie, pourra croire aussi que c’est pour elle que le noble animal a dé égorgé.

(Après un long silence, Arthur reprend avec a bai lemcni): — En vérité, c’est mi abîme... un abîme... Je m’épuise en hypothèses, je me concentre tout au fond de nu pensée, je ferme pour ainsi dire les yeux de l'esprit... comme on ferme les veux du corps afin de se profondément recueillir... et rien... rien que ténèbres... (Une pause.) Etant laïque, j ai cru que le rideau sacré du tabernacle me cachait, à moi profane, la Inmière divine; je me suis fait prêtre, et je m'aperçois que je n'ai fait que passer de l’autre côté du rideau, sans voir pour cela plus de lumière. Eh quoi!... toujours l'obscurité... toujours!... C’est horrible!... El cola ist horrible parce que j’ai souvent fait moi-méme goûter aux autres les douceurs incITablcs de cette foi, à laquelle j'aspire de toutes h-s forces de mon être et de mon intelligence... de celle foi que j’ai voulu acheter par tous les sacrifices possibles à l'homme .. de cette foi que je veux et que je ne puis imposer à mon esprit désolé ; de cette foi dont je ne puis percevoir les mystérieuses relations ; de celte foi qui, je le sens, et par instinct et par la puissance du raisonnement, saurait seule satisfaire ces désirs ardents qui me torturent. Ob! oui... cela est bien cruel à se dire : Moi, sans croyances décidées, j’ai sooveul inspiré, sans pouvoir, hélas! les partager... de ravissantes extases, de sublimes et saintes espérances, de splendides visions de I 'éternité... qui faisaient oublier aux malheureux les terreurs de la mort ou les angoisses de la vie!!!... Oui, cela est cruel de se dire : On bénit la douce et religieuse influence de mes paroles, qui éveillent de si consolantes et de si profondes convictions ; tandis que moi, qui donne tant, je n'ai rien... rien que néant et désespoir!... tandis que moi je payerais par une vie de souffrances une heure, une seconde de celle félicité radieuse que je prodigue sans la ressentir. Malédiction sur moi !... car celle pensée que les autres nie doivent le bonheur ne me console pas dans mes regrets déchirants.

El pourtant une telle abnégation serait et noble cl généreuse, ec grande et chrétienne!'.! Mais cela n'est pas, non, en vérité, cela n'est pas... et ceci est odieux â avouer... Mais, dévoré par une incurable envie... j'ai même clé quelquefois tenté... de flétrir les germes de celte foi que 1 influence vivifiante de ma parole venait de faire épanouir chez mes frères... (Une pause.) Apres tout, cela est peut-être aussi une juste punition de Dieu ; parce que j'aurai cherché la foi avec un odieux égoïsme .. non d'abord pour faire triompher la vérité sainte, mais pour remplir ie vide qu'avaient laissé dans mon âme les triMes et les honteuses passions de 1a terre, ma» parce que j’aorai voulu croire par désmuvremcut et par cuuui... et que j'ai demandé à Dieu ma part de

Ë rûce cl de foi, comme on demande au inonde une frivole distraction...

i pourtant n’en suis-je pas digne? Enfin, depuis trois ans, n'ai-je pas vécu de privations, de sacrifices et d humilité? n'a Me pas rempli avec une exactitude scrupuleuse mes devoirs de prêtre? En quoi ni-jc failli, Dieu clément... Dieu juste... Dieu souverainement bon ?... Mon immense fortune,., on la distribue aux pauvres ! moi. grand seigneur, habitué aux recherches du luxe... j’ai vécu misérable en aspirant la fièvre des mourants, et priant sur des cadavres. Je n'ai pas eu une seule pensée impure ; car mes sens blasés sont depuis longtemps éteint--. Que pouvezvous donc me reprocher, Dieu rémunérateur? Ma vocation est de l'égoisme, et ma vertu de fa satiété. Cela est vrai, vous le savez, puisque vous lisez dans les âmes... Eh bien ! est-ce donc un mal, cela ? est-ce un mal de terilir enfin... que vous, que vous seul, vous pouvez contenter I insatiabilité de l'âme?... Eu un mot, mérité-jc votre colère oo votre iodifierence, parce que je vous dis, avec une profonde et douloureuse conviction (l’abbé se jcltc à genoux, les yeux humides) ; Mou Dieu ! jo su» bien malheureux Ül les biens de la terre ne m'ont pas suffi, et je suis venu à vous, repentant et résigné... j’ai prodigué l'or aux pauvres, £ai consolé les mourants, j'ai pieusement clos les paupières des morts,

t ’al oublié les vanités de la science et de la jeunesse, j'ai vécu de farnics ien amères, le me suis couvert de cendres, j'ai éloullé l'orgueil du rang

LA VIGIE DE KOAT-VEN

ci de b naissance .. (oui ce'a o'csl rien, jo le sais, mon Dieu !... inut cela n'eU rien au prix de zc que vous ave/, souffeii pour les hommes... mais vous qui êtes si grand, vous qui êtes Dieu... enfin, vous savez aussi que moi je suis homme!.,, seulement uu homme qui n'ose croire que d'oiDsi haut vous jetiez un regard sur lui... sur une aveugle créature qui u pourtant besoin d’ëlic guidée à travers l'obscurité ou est encore ensevelie sou Ame ! Tirez- moi de ce gouffre sans fond, d où je vous invoque, uioii Dk-u!... ülumiiiez-moi d'un seul ray ou de votre grâce! une je voie une lueur, un signe qui me dise seulement : Espère.- Dieu i entend ; ce'a. mou Dieu, oh ! cela, dusse je l'acheter par les imirmcuis du martyre ! ccJa, mou Dieu. pour votre Uni gne créature, cela seulement ! Qu elle sache qu'elle lie marche pas au hasard et abandonnée, et sans but et sans appui : cria... et alors celle intelligence dont vous m'avez doué cessera de vaciller dans I ombre, connue la flamme d'une lampe qui » 'éteint; alors, fort de votre secours, j imposerai uia croyance ail monde. (Avec enthousiasme ) : Celle société corrompue, égarée, code à ma vois, que vous rendez loiite-puissaule, je la ramené à vos pieds; je... Mais mm. non, mon Dieu, cela est encore un misérable orgueil... faites seulement que je croie*, ou que je sente que je croirai un jour ; que j'espère, mou Dieu, que j'espere; éveillez l'espoir eu mou ime désolée... l'espoir, oh! l'espoir, seulement l'espoir. . ne me désespérez pas... un signe, mou Dim... un signe! ne sovez pas inexorable... je ne suis pas un criminel, a res tout, m«'i!... j'ai tant aimé mon pere! Pitié... oh! pitié, pitié, mon Dieu... (Apres être resté quelque temps à genoux, l'abbé se relève et dit avec nue froide amertume ) ; Et rien, rien, rien, sourd ou implacable... tout ceci u'est*il donc quu chimère, meusoiige et stupide imposture? . . .

Doe von joyeuse dsiif le lointain :

Quand j'ai bu, croyez-moi,

Je suis roi,

Je bots encore un peu,

Je suis Dieu.

Entre le Losophe, ivre, en chantant i

Quand j’ai bu, croyez-moi,

Je suif...

Apercevant l'abbé, il l'arrête et salue.

— Pardon, mon ahbc; c'est la surabondance de l'arark, ou eau-de-vie do l'endroit, dont je nie soupçonne d avoir extrêmement abusé, dans Tintentimi fout ment harhiqnc de me soutenir, pour arriver chez notre commandant, M. le comte de Vaudrey, dont Ih.ibitation est dans la eho»e dos alentours... d'ici, à ce que fou m’a dit : le sauriez-vous, mon abbé? C est nue bure que j'apporte à M. le comte '... et que même j’ai Isisé Saint-Médard à lene, chez mon hôtesse, et que b pauvre bête... (pas mon hôtesse, l'autre) en geint à Tendre l ame.

lamé. — Vous êtes ivre, mi'énihle, |>as»ez votre chemin.

lz losonn. — Je suis ivre ! oui, vertu bien I je sois ivre, mon abbé ! et jo m'en vante. Mais, révérence pat 1 er, mon abbé, c'est justement pane que je suis ivre que je ne suis pas un misérable : non, non, si vous saviez ce que c'est, allez!!! Tenez, mon abbé, je suppose, on est marié, n’esl-cc pas? on a femme, enfants, et pas de pain pour (ont ça : bon! ça crie famine... que ça vous désole: bon ! parce que, quoique marié, ou est lrcs>teudre père tout de même ; eb bien ! comme vous êtes 1restendre père, et que vous lie voulez pas voir votre fouille malheureuse, au contraire, qu'est -ce que vous faites 1 vous buvez bouteille, bon ! et du coup, voilà que vous vous croyez millionnaire: vous ne voyez plus que de* chandelles romaines, et vous vous figurez que votre famille se fait de délicieux festins et roule carrosse; vous vous figurez tout ça, jnsqu'â cc que vous soyez|degrisé, s'entend... bon ! Et, pour lors, comme vous voulez continuer plus que jamais A être très-tendre père... vous vous regrisez tout de suite, pour la cho*e de rem Ire le bonheur A une famille adorée, et lui faire refouler carrosse... et ainsi de suite, mon prêtre : de sorte que tant plus vous vous grisez, tant plus vous voyez votre famille heureuse... et, par conséquent, tant plus vous êtes Irc*lemlre père... ce qui me fait l'effet d’être crânement le but du ce un <70, mon abbé. Aussi, allez, mon prêtre, cens qui disent dn mal du vin, c'est îles sau-v-goùl, do» vrais monstre», voyez vous, de» monstre* affreux, do» monstres..! enfin des monstre» aquatiques ; car l'ivresse, voyez-vous, mon prêtre, c'est la richesse du pauvre, c'est b consolation du malheureux 1 Mais pardon, excuse. nv>n prêtre, je *uis là à vous faire causer,, tandis que j'ai une commission à remplir, et qui 1 .. . (Méconnaissant b grille du parc i : Mais, vertubleu ! voila bien la grille que l'on m'a enseignée ; panlon, excuse, nnm abbé... (Le Losophc salue l'abbé, cuire par la grille du parc, et s'éloigne en chantant :)

Quand j'ai bu, croyez- moi.

Je * uh roi ;

Je boit i Dfoi c un peu,

Je *ui» Dieu.

t’AssÉ (après un long silence). — Après tout, celte misérable brute a raison ! dans son Ignoble ivresse, il c-l roi. Il est Dieu, tant qu’il le croit

du moins; cl c'est au moins une foi, cela, une conviction... et celle-là se trouve, à coup sûr. au fond d'une coupe; taudis que l'autre.. .l'autre... (Une pause.) Ma» c'est, eu vérité, quelque chose d étrange à penser que IM croyance des martyrs a résisté aux toitures les plus épouvantables, aux séductions les plus voluptueuses, et tpi une coiqæ «le vin, prise de gré nu de force, peu importe, oui, qu'une coupe de vin aurait anéanti, pend ni quelque» heures, l'inspiration divine de ce» héros de la foi, qui souriaient sur des charbons ardents en cbanlaut gloire au Seigneur... (Avec ii unie ) : Allons, demi-dieu!,., alloua, créature qui ue pourris pas tout eulierc dans la tombe, parie doue d eteruilé !... et voilà celle partie ét Itérée de loi -meme, cette émanation si immortelle, qui se peut noyer dans mie brutale ivrevM*. cl voilà que, par la seule iiillueuce physique d'un produit inerte et matériel... uu saint pourrait L>las|ihciner Dieu! Voilà la foi vaincue par l'ivrc»se. Kl lu n’as pas d'autel», toi !... ivresse! ivresse sainte... ivresse Motel toi qui petit si xdrcuieut diluer, sou» tes flots riants et vermeils, les sombre» et luncsles pe usées ' (Avec amertume): Allons, courage, abbé!... courage, saint homme! envio l'ivresse stupide d'un malclot,... (Ou enteud du bruit.) — Qui vient là? (L abbé sc retire à l'écart.)

La nuit est presque complète. — fiuniphiii* entre en courent, en faisant des contorsiwus rid ailes. — Il est Ton de chigriu d'avoir perdu son iiianinrnt ; il 1 roil être lui-même ce matitiM-ril. Cl vient de s'échapper de ( hospice de Plie de France où le comti- de Voudrcy l’nvaii f»il enK-roier Rnninluus est g cotes oimeni couvert de feuilles de papier e»u«ue« sur ses tuUl»; son œil est leint: mai* sa figure, autrefois bave et maigre, r»t gra»M- ,-i niiwée ; de décharné qu’il était, il eal deveuu presque obèse il). — L’abbé, loigours à i’écart, regarde Ituinpbius en silence et avec tristesse.

n'jsrim;» (faisant une cabriole). — Bal... Enfin j’ai pu descendre de ce maudît rayon de bibliothèque... où ils me tenaient pressé entre doux grand» coquins de traité» iu-lolio sur la... sur le .. b?l... j’ai oublié de grossiers livres, sur mu loi ! deux gros butors de livres imprime». (Avec lureur.) Des livre» imprimés!,., jli rit aux éclats.) Ali ! ali! ab !... m'accolcr à des livres imprimés., quelle société vulgaire pour moi, manuiff»l, et surtout manuscrit du célébré.-.- du fameux.... du renommé... bsl, j’ai oublié, j’ai oublié... (Il lâche de regarder derrière sou dus.) El malheureusement je 11c puis pas lire mmi litre que j'ai là sur le dos de ma couverture... Oh ! oh ' mais voici la rosée du soir qui tombe; diable ! je me son* le papier tout humide. Eli mais! si j’allais m'effacer, si j'allais devenir tlli-ibfc ! Diable ! m'effacer et ll'êtrc pas à I abri des injures de l'air, dans une bonne et chaude reliure ! moi, moi. le manuscrit du fameux... du grand... du célébré... b-t... j'ai oublié .. oublié...

l'ardê (joignant le» mains avec horreur). — Sun nom... sou nom... jusqu à son nom !!'

ncjiriiius. — J ai froid, j'ai froid... j'ai faim aussi... Faim! et de quoi? Un manuscrit eotmne moi doit-il avoir faim? Ne soi —je pas bourre de science? gorgé de savoir? 11 ai-je pas été nourri, élevé, choyé, dorloté, comme uu •uluiil chéri de sa mère» par le célébré... le fameux... j'ai oublié .. oublié...

l’auzê (regardant lUnuphius). — Tête puissante, qui devinai* la marche des astres savant iliu-lre qui évoquais le passé devant loi, comme un magicien évoque mie ombre, où est la Science? où est le Iruit de tes longues années d étude opiuiàire ci ab»lraiic? où est ce génie aidait qui. su-peiidu a ii -de vil* de l’abimc sali» fond île liiniinu»ilc. suivait le» ; planète» dan» leurs courbes enrayantes?... Où es-tu maintenant, toi ' mii vivais dans le ciel, lui qui, élevé dans les régions les plu* ci Itérées de riiilrlligeuce, n'entendais plus le cri du saug ?... lui qui croyais assez en la science pour lui sacrifier le bonheur de la famille, toi qui revais un nom immortel, uu nom salué avec respect daus le monde du savoir, où es-tu ? où L'exaltation de la science l'avait déjà presque fait

fialriride, par l'épouvantable égoïsme dont cite t'avait lu onze le cœur, et voilà que maintenant elle le fuit idiot. C’est beau, la science! n'esl-re pas. Rumphitis?... Et puis maintenant tou âme... où e»t tou âme. Hum phiusT...

sevrants (croyant cacher sou litre eu mettant ses deux mains sur son do»). — Il y a qm Iqu'iiu là... prêtions garde... cachous mou litre... (tu me lirait ou un m'imprimerait, ce qui serait affreux... affreux... Car. au lieu d'être unique, je senti» multiplié à l'infini !... je serais peut-être dix mille fois moi-même... cl je ne veux pas être dix mille fois moimême. Est-ce que je pourrai» y suffire, mol, le manuscrit unique du célébré... Ali !. . ab ! b»t.. i ai oublié... oublié...

l’asrx (d'une voix tarte à Ituiuphiu»). — Et Sulpice... Sulpicc... aussi oublié Sulpice !

nrvnmis iâ l’abbé avec terreur). — Ne me lis pas! ne m'imprime pas... je n ai que de» pages blam-hes ! .. Et d'ailleurs .. je suis uu manuscrit précieux du célèbre ., oublié... oublié. ..

lamé (avec épouvante). Plus lieu !... plus rien !... Il ne reste pas une corde dan» cette âme, tout est brbé à jamais... tout ! .. (Il preud le lira» de nmuphins, et lui dit encore avec force ) : El Sulpicc... qui l'a laissé voler luil manuscrit?... Euteuds-lu?... Ton frère Nilpicc, qui est mort... où e»l-il, Sulpicc?...

tuurims riant du rire sardonique et hébété des fous). — Sulpicc I...

(I) Ce phénomène phyriolo.-iquc m retrouve dan» presque tout les es* ti'feté- Ostiou mentale.

U VIGIE DE KO AT- V EM

DU

ah ! ah ! .. Soinl-Solpjcc... oui, oui.,, je sais, iiih; belle église... une brlta église : mai» que diable veux-tu que je tisse sur un lutrin... que je bue a l'église? Je lie suis pas un livre de messe, moi!... Je suis un ma* mKriij qui augmente chaque jour. Car. vois-tu (d'un air de mystère), fMinl ou m’a renfermé dans la bibliothèque, j etais tout minée, et maintenant je ne liens ptusdaus ma pauvre vieille couverture tout usée. Vois... vois comme je suis devenu volumineux : mais il me faudrait iiims boum* reliure bien chaude, car le manuscrit a bien froid, a bien froid...

i'abbe (examinant Huiupbiiis). — Ce fou dit vrai... jamais sa sauté n'arail été aussi vigoureuse, aussi florissante... non... car l'âme usait le corps... Lame est morte, et le corps est devenu Trais et dispos... Apres loin, et fou est bien heureux... il est stupide, il engraisse ; pour lui plus de ces désiis insatiables que b Science allume, mais qu'elle lie satisfait jamais... plus de doutes cruels sur l'avenir... Oui, en vérité, ce iou est Mcn heureux, Etihhits... Disc... pour lui que sont ces mois? un bruit cmit et sonore qui n’cveille rn sou âme aucune de ces questions que l'on sait insoluble*, iusahittablcs. et que la pariée poursuit pourtant jusqu'au vertige. Pour toi ces paroles sont vides, n'cst-ce pas. fou?.., (Avec force à Rumpbius.) Pour loi, qn'e$4*cc que ce mot : éternité....

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