CHAPITRE XXVI
Jus hoc auÎHiis, moriculia bibebal!
Tant il exerçait d'empire sur son 4 me à lboir* même de U mort.
Locan, un, 63G.
Le 12 septembre, lendein.iin de l'arrcstalioa de M. de Rohan, les quatre gardes du 1 corps du roi chargés de s'emparer de fa personnelle ' Latréauntonl arrivèrent à Rouen à six heures du matin, sous le nmi- 1 mandement de M. de Brlssac, leur major, ayant couru la poste toute b ' nuit avec une extrême diligence ; ils allèrent descendre de cheval chez I M. Claude Pellot, premier président du parlement de Normandie, dont l'hôie) sc trouvait proche la place du vieux palais.
Les cavaliers qui devaient aider M. de Brissar dans son importante d dangereuse mixtion étaient MM. de la Rose, de l'Etang, de Bois-Brun d du Plessis, tous quatre hommes de résolution et d'intrépid té ; et pourtant, chose a<sez singulière, l'un d'eux, M. de la Rose, était âgé de soixante-quatorze ans.
Il avait plu toute la nuit, un épais el triste brouillard pesait encore sur les toits inclinés de cette ville noire et enfumée, aux rues étroite* et ' surplombées de balcons de bois. Les rares bourgeois, par Itasard dehors à une heure aussi matinale, avaient vu avec uu étonnement mêlé d of- I froi [tasser ces cinq cavaliers si méconnaissables, qu’on distinguait i peine sous b boue qui les couvrait le splendide uniforme de b niaiyHi
LATRfiAUMONT.
du roi, cl si hâtés d'arriver que leur» chevaux fumants et blancs d'écume avaient les flancs tout saignants.
M. de Brissac frappa violeronicnt à la porta du premier président pour éveiller ses gen% endormis et, bientôt introduii près de ce magistrat, le major lut exhiba l'ordre du roi : M. Pcllot s'habilla en toute hâte, et sc disposa à conduire cet ofliclcr supérieur à la demeure de Latrcaumont, alors logé à l'ItùteHerie des Uniques, proche le bailliage.
— Veuilles, monsieur, lui dit M. de Brissac, faire mander la garde civique pour maintenir le populaire et l'empêcher d envahir la maison pendant que moi et mes gardes nous agirons. — Je vais de plus, monsieur, si votts le trouvez bon, emmeuer mon suisse, un valet de chambre et un laquais, gens de confiance et décidés, qui nous seront utiles dans l’intérieur tic la maison; car je prévois, monsieur le major, uno vive résistance; je connais l'homme. — Je le connais aussi, monsieur, dit M. de Brissac. Puis, se retournant vers scs compagnons de route, il ajouta : Chargez vos mousquetons, messieurs.
Les quatre gardes du corps chargèrent leurs armes, pendant qu’un des gêna de H. Pcllot allait rie la part de ce magistrat porter ses ordres aux capitaines des compagnies d’arquelmsim et d’areners qui composaient la milice nationale de Rouen, placée sous les ordres de l'autorité civile.
Los carabioes chargées, M. de Brissac et M. Pellot se rendirent en toute hâte à I auberge des Uniques, qui ne se trouvait pas fort eloiguée de l'hôtel de la présidence.
Ils arrivèrent.
L'était une taverne d’assez médiocre apparence. M. Pellot heurta au nom du roi, et ces mots intimidèrent tellement l'hôte, qui vint ouvrir, que. lorsque M. de Brissac lui cul demandé où logeait un gentilhomme nommé latréaumonl, c'est à peine si le maître des Uniques put lui répondre :
— Au n“ 5 sur la cour, monseigneur.
les gardes du corps armèrent leurs mousquetons, M. de Brissac s'assura que son épée pouvait lihrcmcul sortir du fourreau, tandis que >1. Pellot. songeant qu'il allait courir uu péril assez peu séant pour sa ro lie, s'effaça et laissa passer M. de Brissac le premier; dans ce cas, la loge doit Céder aux armes. Mdll sans doute le magistrat, petit homme vif, agile, pétul ml, mais alors conservant toute la dignité voulue par la gravité de scs fonctions.
On arriva donc à un obscur et long corridor sur lequel s'ouvraient plusieurs chambres: la porte du n* 3 était la seconde en entrant, mais il n’y avait p;is dé elef à h serrure.
M. de Brissac fit signe à ses cens, qui l'avaient suivi sur la pointe du pied, craignant que le bruit de leurs Imites fortes et éperonuée* oc donnât l'éveil à Latréaumonl, et le major frappa doucement à la porte.
Persouoe ne répondit.
Il frappa plus fort.
— Mordieu ! qui est là? quel est le bélilre qui vient m’éveiller sitôt? dit la grosse voix de Lairéaumonl. Puis, il ajouta de son accent railleur : Je n ouvre qu'à l'Aurore en personne, et si elle a la figure d'une jolie fille. — Ami, ami, dit M. Pellot eu coutrefaisaut sa voix. — Ami... je le crois nardieu bien. Ami! qui oserait donc venir crier ennemi à la porte de Duhamel de Lairéaumonl? Allons, dit la voix avec un long bâillement, en s'adressant sans doute à un laquais couché dans une pièce voisine, allons, hé ! Lan franc, Laufram ! marmotte du diable! fais entrer cet ami que Morphée confonde !
Un instant après la porte s’onvrit ; alors, entrant seul et marchant droit au lit de Latréaumonl, encore couché, bâillant, soufflant et délirant ses membres énormes, M. de Brissac lui dit :
— Au nom du roi, je vous arrête. — Tiens, triple-dieux! c’est Brissac ! s’écria le colonel, qui n'avait pas entendu le major, ou du moius le fcknait. — Au nom du roi, je vous arrête! répéta Brissac d’une voix plus liante.
Lairéaumonl se mordit la lèvre inférieure si violemment, qu'elle saigna : plissa on instant ses noirs sourcils, et puis ce fut tout. Jusqu'à la lin de cette scène tragique, son sang-froid habituel et son caractère indomptable et ironique ne se démentirent pas une minute.
— Comment ! lu m'arrêtes, mou vieux camarade? Ali çà, mille carabines! est-ce que je me sauve ? Mais, entre nous, tu as là une vilaine mission.
El le colonel semblait eliercher quelque chose des yeux.
— Que veux-tu, un soldai doit obéir, il faut que je t’emmène à Paris. Voyous, ne fais pas le rodonwnl. j'ai la force en main... Résigne-toi, et, ccot diables ! ce sera peut-être qu'une nuée d orage. — Comme tu
dis, un ou deux éclairs, uu ou deux coups de tonnerre, et puis tout sera
dit. Ali çà ! et sérieusement lu m'arrêtes? c'est pour cela que tu es levé de si malin? ajouta le colonel eu continuant de jeter autour de lui un regard inquiet. — Sérieusement... habiUc-toi; n'essaye pas de te sauver, l'hôte m'a dit qu'il n'y avait point d'issue, et mes gens sont là dans le corridor. — Ah ! tes gens sont là dans le corridor?
Et le partisan j« la rapidement on coup d euil oblique sur une portière
en tapisserie, masquant une chambre voisine qui paraissait communiquer avec la sicuue.
— Allons, voyons, va ne m'amuse pas plus que toi; dépêche-toi de t’habiller. — Mille feuilles de vigne I sois tranquille, j’ai de la pudeur, et je n'irai pas, mordieu! t’accompagner dans les mes de Rouen habillé en père Adam. Allons donc, puisqu'il le iaul! Et le colonel fit an mouvement pour sortir de son lit.
A ccl instant . un assez bruyant tumulte s’éleva dans l' hôtellerie ; M. de RrUsnr, craignant quelque invasion subite de h populace, ail i vers la porte pour faire entrer scs gardes Profilant dn moment, Lairéaumonl sauta de son Ht, disparut derrière la tapisserie dont on a parlé, et on entendit aussitôt te craquement de la batterie de deux pistolets qu'il arma. Ace bruit sec cl net, si familier à l'ôreille d'un soldat, M. de Brissac retourna vivement la tète, et, stupéfait de ne plus voir Lalréaumont couché, courut à la tapisserie comme le colonel s’écriait : — Mc voici, monsieur de Brissac ! mais, mordieu, vous ne me tenez plus !
M. de Brissac mil l’épée à la main et leva bravement le ridean. Là il vil Lairéaumonl à moitié ou, cl tcuant uu pistolet de chaque main: ses traits paies avaient toujours leur même expression d'audace et de raillerie. Un rayon de clarté tombant d'uu jour de soufTrancc fort élevé jetait de rares mais vives lumières, vigoureusement tranchées par de fortes et larges ombr es sur cette gigantesque figure, qui, dans toute la hardiesse de sa pose intrépide, sc détachait, ainsi puissamment colorée à h Rembrandt, sur le fond noir du cabinet. I. de Bris\ac ne put résister à un mouvement de surprise, peut-être même <T ’efrol. à l'aspect de ce colosse qui se dressait là comme un fantôme, et dont les veux gris et féroces semblaient luire dans I obscurité.
— Vous êtes donc criminel? s'écria M de Brissac, que vous osez vous rebeller contre un ordre de Sa Majesté! — Oui, mordieu! je l'ose... A toi, Bii-sacl ... Et le colonel tira...
Mais M. de Brissac ayant prestement écarté le canon du pistolet avec son épée, la balle atteignit M. de la Rose, an des quatre gardes du corps. Ce vieillard tomba sur I© coup en criant : — Jésus! je suis mort! Et il mourut en eiïel.
latréaumonl tira son autre coup de pistolet, qui natlcignit personne; puis, voulant forcer le passage gardé par les cavaliers, il saisi! une table pour s'eu servir comme de bouclier ; mais à ce moment M. de Brissac ayant crié : — Tirez... messieurs... lirez ! M. de Boisbrun ajusta Lntréauniant et h»i envoya une bille en pleine poitrine, te partisan porta vivement la main à son côté ; puis s'affaissant lourdement sur soi-même, il sc renversa en arriére avec la table qn'il tenait, en s'écriant : — Merci, mon vieux Brissac, je meure en soldat !
En voyant la chute de latréamnonl. les gardes cl les gens de M. Pellot sc précipitèrent sur lui, cl en moins d’une minute il fut garrotté cl porté sur son lit. Il était évanoui: le sang sortait à gros bouillons de la plaie, qui se trouvait près dn cœur
Le même jour, à onze heures cl demie du soir. Latréaumonl, ouï vivait encore, avait été transporté au vieux palais, dans une chambre de ce gothique édifice : chambre immense et sombre, dans laquelle ou avait fait à fa liàle quelques préparatifs. Le colonel était couché dans un de ces vastes cl aacieus lits à colonnes lor-es et à draperies rouges ; une lampe de cuivre, posée sur une table, projetait de grandes ombres, et éclairait à peine les acteurs de la scène quon va lire.
Ces acteurs étaient M. de Brissac, M. Pellot, son greffier : cl le B. P. Patrice, capucin, qui avait élécbargé : d'abord, de réconcilier Latréauuiont avec le ciel : puis, au moyco de la confession, d'en obtenir tous les renseignements possibles sur b rébellion de Normandie, dans le ras où Latréaumonl sc Tût confessé; c'était, il est vrai, abuser indignement d'un secret religieux et sacré, niais on verra plus tard, partme lettre de M. de la Reyuie au P. Bourdaloue, que les gens du roi, civils ou ecclésiastiques, ne louaient guère à ce» misères. Quant au colonel, il trompa ces espérances en déclarant vite, pour se débarrasser des instances du P. Patrice, qu'il avait commis tous les crimes qu'un homme pouvait commettre, et qu'on s'arrangeât là-dessus.
Les traits de Lairéaumonl étaient décomposés par l’approche de fa mort; sa figure était livide, son nez pâle et tiré, son large Front ittoudé d'une sueur froide, tandis que ses yeux, toujours hardis et qui brillaient de l ardent éclat de la fièvre, se renfonçaient déjà profondément dans le creux de leur vaste orbite. Enfin, sa voix sourde et creuse semblait presque étouffée : de temps à autre une écume sangl mie lui venait aux levres, et pourtant ce caractère indomptable avait jusque-là résisté aux douleurs physiques et aux terreurs d’une lin prochaine.
Profitant de plusieurs de ses évanouissements successifs, le P. Patrice avait donné au colonel les derniers sacrements, sans que ce dernier en eût b conscience. Mais depuis qu'il était revenu à lui, Lairéaumonl, avec une incroyable présence d'esprit, luttait d'opiniâtreté avec MM. de Brissac, Pellot ci le P. Patrice, qui voulaient absolument le persuader de nommer ses complices, ce à quoi cel enraciné criminel répondait, comme le dit M. Pellot dans sa lellic, par des discours d'obstination, de fanfaronne rie et de vanité.
M. de Brissac était à sa droite, le R. P. Patrice à sa gauche, M. Pellot
UTTfiAUMCINT.
an pied du lit, et son greflier assis cl prêt à écrire les aveux de La- Iréamnont.
— Mais enfin, disait M. de Brissac, nomme les complices, dis ce que tu sais, c’est pour le service du roi. — Je lie veux pas rendre service à ce royal d.i nsetir de ballets, répondit le colonel d'une voix faible et ent:vcoupéc, tandis que ses lèvres bleues et déjà glacées lâchaient encore «K- grimacer un sourire ironique. — Mais, moo frère, disait le capucin, notre sainte religion vous peut absoudre duuc vie aussi détestable que la votre, si elle vous voit touché d’un repentir sincère, et avouer du moins l'énormité de vos crimes. — Mon frere capucin, je ne me repens que de n’avoir pas réussi, disait le colonel en lâchant de nasiller plaisamment. — Mais réussi à quoi? donnez au moins des détails! reprit M. Pellot. — A quoi, mon digne pourvoyeur d échafaud! — Oui! oui! ù quoi n’axez-vou* pas réussi: reprit M." Pellot, espérant que le colonel allait enfin avouer quelque chose. — A caresser Margoton, mille dieux ! parce que j’étais trop timide. El le colonel essuya sesievres, qu’une nouvelle boiiiïëc sanglante venait de rougir. — M us savez-vous, misérable ! reprit M. Pellot irrité, en voulant essayer d’obtenir par la terreur ce qu’il n'avait pu gagner par obsession ; savez-vous que si vous vous obstinez dans votre silence coupable, que si vous ne nommez pas vos compilées, je vais vous faire appliquer à la question?
'-cite menace sembla (aire quelque impression sur Latréaumonl, qui, retournant sur l’oreiller sa tête alourdie, répondit avec un air d’effroi : — I.a que-lion, à moi ! si je ne nomme pas mes complices? la quesriou? qn.iud je suis à moitié mort, mon bon monsieur Pellol ? — Oui! oui! si ' ous uc confessez pas leurs noms on va vous y appliquer. El les brodequins et les chevalets sont là, dit M. Pellot, enchanté de l’effet qu’il pensait produire sur le colonel. — Avec des tenailles rougics au feu pour vous morceler les chairs vives, cl du plomb fondu pour vous couler dans les veines! ajouta le greffier d’une voix aigre en se dressant au pied du lit, voulant sans dmiie rembrunir encore le tableau qui semblait faire réfléchir le colonel, au grand étonnement de M. de Drissac. —Tous les tourments possibles, vous les subirez : car i’ai l’ordre de vous ap pliquer à la question ordinaire et extraordinaire, ajouta M. Pellot. — Ali ! mon Dieu ! la question ordinaire et extraordinaire .. à moi ! dans l étal où je suis, mon bon monsieur Pellot ? dit le colonel en joiguant les main*, à la stupéfaction croissante de Brissac, qui pensait queLalréaumoul délirait. — Uui ! oui ! toutes les rigueurs de la torture, si vous ne parlez pas! si vous ne nommez pas vos complices! — Ah! mou Dieu, mon père! vous l’entendez, dit le parii-an en se retournant vers le capucin, la question ordinaire et extraordinaire, si je ne nomme pas mes ^ complices !... — Mon lib, noire divin Sauveur innocent, sur la croix, a * souffert bien davantage pour le salut des hommes ! — Li question ordinaire et extraordinaire, mon bon monsieur Pellot? répétait le partisan d une voix affaiblie, en se retournant cette fois vers le magistrat. — Oui ! si vous ue parlez pas. — Eli bien ! alors, dit le colonel en semblant se recueillir, Brissac, tiens, ce que tu m’as dit à propos du service du roi me touche...
Brissac fit un mouvement de surprise et de joie.
— Mon père, ce que vous m’avez dit du repentir ac outre divin Seigneur sur la croix, etc., etc , me touche.
Autre explosion de stupéfaction du capucin.
— Mon bon monsieur Pellot, vos machines de fer, et surtout le plomb fondu dont a t»arlé le petit compagnon qui est là accroupi, et dont je ne vois que la perruque, m’ont fait peur et je vais parler ; je dirai les noms de tous me* complices — Ab ! enfin ! s écrièrent d’une voix les quatre personnages, qui. sc rapprochant, se pressèrent avidement autour de Latréaumonl. — Mais, ajouta ce dernier d’une voix de plus en plus :if- Eiibllç, comme de parler me fatigoe, donuez-moi du papier, je tâcherai d écrire les noms moi-méme, ce sera plus autbeutique.
On s’empressa d^apportercc qu’il falait pour cela: M. Pellot présenta le papier, M. de Bris.sar.tjnl la plume, le greffier l'encrier et le P. Patrice approcha la lampe, qui jetait une teinte lugubre sur le groupe étrange qiu entourait ce mourant, un soldat, un moine, un juge.
latréaumonl, prenant la plume de ses doigts midis, s’apprêta à écrire- — Mais, ajouta-t-il, ce que ie fais là est bien infâme I... nommer ainsi mes complices en France et à l'étranger ! — Le ciel !— Le roi ! — La justice ! vous en font un devoir! lui fut-il dit par le moine, par le major et par le juge. — Allons donc, et que mon infamie retombe sur vous.
El Lalrc.iiimoiU écrivit péniblement trois lignes d'une écriture fort illisible par elle-même, mais rendue plus indéc hiffrable encore par r«ngourdivement mortel qui enchaînait déjà sa main.
Us assistants tâchaient de lire à mesure, mais, n'y pouvant parvenir ils se résignèrent et attendirent. ’
Enfin, au bout de deux minutes, Latréaumonl, qui avait feint de relire son écrit, le donna à M. de Brissac.
— Maintenant, vous savez tout, le roi est sauvé cl la France aussi!
Bien que fort étonné qu’il y crtl tant de noms cl de révélations en si
peu de lignes, B.issac prit le papier, et les quatre assistants allèrent rapidement vers une table pour y reposer la lampe et lire.
M. Pellot, par sa longue habitude de déchiffrer les hiéroglyphes judi-
ciaires. &c chargea de eu soiu, ut lut ou plutôt épela difficilement ce nui suit, à la stupéfaction et à la fureur croissante de ses acolytes.
« Je n'ai rien à vous dire, et ie ne vous ai point dit que je fusse «i- ■ mioel; mais la peur, qui ne nva jamais surpris, ni vos menaces ue li. « rcront rien... »
Et tous trois se regardèrent, atterrés de l'imperturbable audace de cet homme, qui, un pied dans la tombe, plaisantait encore.
En voyant de son lit leurs figures grotesquement surprises, Laircaninoni poussa un éclat de rire sauvage et rauque.
Tous revinrent près de son lit.
— Misérable ! dit M. Pellot. — Attendez et écoutez, voici h fin ! dit le colonel, dont les ycnx brillèrent un instant d’un éclat surnaturel, et qui, d’un geste impératif et absolu, commanda le silence, qui devint ii'iui profond.
Et sans qu’aucun des spectateurs de celle terrible scène osât J’inti-rrompre, dressant une dernière fois son torse énorme, il chanta, d une voix entrecoupée par les approches de la mort, ce couplet d'une vieil.' chanson de. la Fronde, qu’on se souvient d'avoir déjà entendu à l'Iiôid des Muscs à Amsterdam :
Evitant... une mort intime...
Il fourba même le bourreau ..
Il fourbe le diable... en cc point, Qu'il.,, croyait emporter... «on imc; Mail... l'affronteur... n’en avait point '
Puis il essaya un dernier éclat de rire... et, épuisé, retomba pesamment sur son oreiller
Latréaumonl était mort.
A ce moment, minuit sonua à l'horloge de la tour du vieui palais.
CUAPITBC XXVII.
ut mocta.
Laiuci pisttr la jualicc du roy...
Les faits vont marcher k cette heure avec une terrible rapidité.
Le lendemain de la mort de Latréaumonl. Van -den- Loden est arreté au Bourget, le jour de son arrivée de Bruxelles, et conduit à la BjsiJIc. Madame la marquise de Vilars est arrêtée à son château d'EudrcviHc, cf conduite à h Bastille. Auguste des Préaux est arrêté à Préaux, et conduit à la Bastille. Enfin, mademoiselle Itcnée-Maurice d’0*“ est arrêtée a Paris, et conduite a la Bastille.
Qui avait amené ces arrestations? Nazcllcs. Pourquoi celte délation 1 Parce qu'il avait voulu se venger des mépris écrasants de Clara-Marin! Ici, le grotesque sc mêle à l'horrible ! l.c pensionnaire de dame Catherine devient le bourreau de Van-deu-Kndcu.
On trouva sur Van-den-Enden une note sans signature : c’était Li réponse de Montercy aux dernières propositions de Latréaumonl.
D’après la teneur de celte note, les Etats de Hollande objectaient que Latréaumonl demandait trop d’argent ; mais on l’assurait que bientôt In flotte hollandaise reviendrait de la .Méditerranée pour se joindre aux escadres de l'Océan, afin de tenter le débarquement à QuiHdxeuf oo ailleurs.
, Lors de son arrestation, on découvrit à Préaux, dans la chambre d’Auguste, au fond d une cassette qui avait appartenu à sa mère, boit lettres de Louise, trésor d amour, si souvent baisé avec idolâtrie parle chevalier. Ces lettres, dont on ne donne que la substance dans les pièces originales du procès, paraissent très-tristes, gravement affectueuses, et témoignent du désespoir de la marquise, qui, reconnaissant par h vimie de ses tentatives nue cette révolte était impossible, pressentait lo» les pénis de l'inextricable position où elle était engagée, ainsi qu'AogKM des Préaux, si le complot était révélé.
Ces lettres de la marquise et la note prise sur Van-den-Kndcn composent seules les preuves matérielles réunies contre les accusés. Ce fiit sur leurs aveux incoinolcb, arrachés par la terreur, pm de fausses promesses, par l'abus du secret de la confession, et par une torture de cachot extra-judiciaire, que le jugement fut prononcé.
\ oici donc les cinq accusés renfermés dans les sombres cachots de b terrible Bastille.
Maintenant, si I on veut éprouver une violente émo.'ion de coutrasWs. contrastes qui devaient si terriblement frapper les accusés cux-méiues,
LATRÊAUMONT. 77
qtfon sc souvienne de la vie studieuse, calme et sereine que menait Yan-den-Endcn à Amsterdam en 1669, au commencement de celle histoire, citoyen d’noe république, révaut ses plus chères utopies, et confcrnt au veut <le liberté, qui soufflait incessamment des Sept Provinces, ses principes d'indépeodauce , espérant, pour le bonheur des hommes, les voir germer uo jour dans quelque F.lal monarchique !
En 1074, cinq ans se sont passé»; la république dont Vnii-denEuden était citoyen, d'abord impitoyablement ravagée par Louis XIV, se courbe a celle heure sous la main rude et despotique de Guillaume d'Orange. A cette heure, Van den-Enden, seul dans un cachot de la Bastille, songe plus à la ruine de ses projets favoris qu'au terrible sort qui l'attend.
•.lu ‘on sc souvienne de ce beau jour, en 1609 aussi, où M. de Holian. alors dans tout l'éclat de la fortune, delà jeunesse et de la beauté, envié des hommes, adoré des femmes, se démettait si dédaigneusement d’tine des grandes charges de la couronne de France, et annonçait lièreinent à Louis XIV, comme autrefois le grand Rohan à Louis XIII, nue la maison de Rohan rompait pour toujours avec la maison de Bourbon !
En 1674, cinq ans sc sont passés, et M. de noliau, ruiné, abandonné •de tous, seul dans la prison, songe, avec un désespoir déchirant, que s'il avait écouté Maurice, au lieu de suivre les fa la ht conseils de La (rénu* mont, à cette heure il serait avec Maurice, libre, heureux et calme dans son manoir de Pctiltoél, tandis qu’il a tout à craindre de la haine implacable du roi et de son ministre.
Qu'on se souvienne de ce modeste cl paisible fief des Préaux, d'où Auguste et son père, en 1669, aussi, parlaient si heurenx chaque jour pour aller passer une longue et douce soirée au château dEudrcville!
Qu'on se souvienne des hôtes de cechâtcau ! de M. de Vilars, si grave, si noble et si bon ! de Louise, si belle, si souriante, si heureuse et si confiante dans sa vertu ! d'Auguste, si délicieusement tourmenté par l'amuur qu'il lui fallait cacher ! Puis, plus tard, au'on sc souvienne en* core des ravissantes espérances d'Auguste et de Louise, de leurs plans de bonheur sans fin !
Et à celte heure, LouiMf, au fond d une sombre prison, songe en frémissant au sort d’Auguste !
A celte heure, Auguste, au fond d uo sombre cachot, songe eu frémi>s:iut au sort de Louise !
Venons maintenant à un rapide historique du procès.
Parmi les monstruosités homicides du çrand siècle, il n’en est peutêtre pas de plus effrayante que celle-ci, qui parait Irnide cl nue, comme la hache du bourreau, sous la forme de l'article 8 du titre xiv de Lordonuaucc de 1670 : « Le secret de la procédure est et demeure mairi- « tenu. Les accusés, de quelque qualité qu'ils soient, seront tenus de • répondre et de se défendre par leur bouche, sans ministère de con- « seils ni d'avocats, et on ue pourra même leur eu donner après la con- 4 frontal ion.»
Saint Louis avait rétabli le droit de défense : le roi-chevalier, François T r , l'abolit, sur les éonclusîons du chancelier Poyct. Il lit plus, il établit les procédures secrètes, jusqu'alors inconnues en France, et apporta des entraves inouïes à la défense. Le grand roi continua l'œuvre d iniquité du roi-chevalier, et l'ordonnance de 1670 vint confirmer I édit de l.iSO.
Ainsi, les accusés, mis au plus rigoureux secret, privés des conseils d'un avocat, vont être obligés de se défendre eux-mêmes; ainsi, parmi enx, voilà doux jeunes femmes, Louise et Maurice, si naturellement ignorante* de toutes les formes inextricables de la procédure, impitoyablement livrées sans secours à toutes les subtilités, à toutes les questions insidieuses, à toutes les sanglantes embûches, à toutes les ruses infernales des gens du roi.
Sans nul doute, dans les circonstances difficiles où se trouvait b Franco, M. de Rohan et ses complices volontaires ou involontaires devaient sembler de grands coupables au regard impartial cl sévère de b justice; sans nul doute, bien qu'il n'y ait eu que préméditation, le dessein d'appeler les armes étrangères au sein de la patrie était un vœu sacrilège : niais telle est l'odieuse iniquité de presque tous les actes de cette procédure, qui frappe aveuglément sur tous, malgré les degrés si énormément différents de culpubdilé de chacun, et des circonstances si véritablement atténuantes pour tous, pnisque les pièces du procès reconnaîtront même que latreaumonl avait seul tramé la conspiration ; telle est l’odieuse iaiquitc de celle procédure, qu'on oublie presque ce qu’il y avait de vraiment criwioel dans les vaines espérances des accusés, pour ue songer qu'au sentiment de vengeance implacable qui aveugla si terriblement Louis XIV, dans celle occurrence.
Enfin, le 24 septembre, M. Bazin dcBezousetM.de Pommereux, conseillers d'Etat, furent nommés commissaires pour instruire et faire le procès aux accusés, et M . de b Roy nie fut choisi pour être procureur général.
Van-deu-Eoden fut interrogé le premier. Il avoua tout sans restriction, avec une sorte de fietlé, ses trois voyages en Hollande, les anciens piojets formés eu IGUÜ avec Latréaumout, au sujet d une libre république, et renoues eu 1G72, lors de linvasiou. Il n’éluda aucune question, expliqua le sens de la GaitUc de UoUande, et dit euliu qu'à son dernier
voyage, dont il arrivait lorsqu'on l’arrêta, M. de lloutercy lut avait promis oc nouveau l’appui de la Hollande et de I Es agne.
M. de Rohan fut interrogé ensuite ; il nia tout, et demanda qu’on produisit les preuves qu’il y avait contre lui. Sis réponses étaient sèches laconiques, hautaines; H traita Vau-dcn-Endcn d'imposteur, fl refusa de parnplier tii signer aucun interrogatoire.
On l’interrogea une seconde fois, lui cachant, comme aux autres accusés, h mort de Ltlréaumoul, et à tout ce qu’on lui dit du Imité fait avec M. de Monicrcy en son nom à lui Louis de nohan, il répondit qu'il ne pouvait empêcher qu'on u’eùt abusé de son nom, qu'il u'élail pas re> pensable de» folle» vidées de M. de loitréaumont, et qu’encore une fois on lui produisit les preuves qu'il y avait contre lui.
Si M. de Rohan eût persisté dans celle ligne de défense, il était peutêtre sauvé, car il n'y avait véritablement aucune preuve poMtive contre lui, son nom n'étant pas écrit une seule fois, soit dans les lettres de la marquise de Vilars à Auguste des Préaux, soit dans la gazette, soit dans b note de M. de Monlerey, seules pièces de conviction de ce procès.
Mais, faible comme il était, le malheureux M. de Rohan ne put échapper aux iusinuations de M. deLouvois, qni vint de la part du roi (honte éternelle au grand roi!) l’assurer de sa grâce s'il voulait dire ce qu'il savait du complot, Sa Majesté ne voulant pas faire périr un homme comme lui qui pouvait le servir.
Tel incroyable que cela paraisse, tel horrible que semble ce saugl.un et infâme guet-apens, celle ruse atroce de bourreau, cela est pour tant ainsi.
A son troisième interrogatoire, M. de Rohan commença par exposer ion copie textuellement tes pièces du procès) «qu'apres ses premiers interrogatoires M. de Louvois lui dit dans la Bastille qu’il devait donner connaissance au roi de ce qui avait été tenté en Normandie, et qu'il lui donnait liois jours pour y songer, devant tout espérer du roi, qui sans nul doute ne voudrait pas faire péi ir un homme comme lui qui pouvait le servir; que depuis qu'il ii ' avait pas vu M. de Louvois, et qu'ayant fait demander M. Colbert pour s'ouvrir à lui. Sa Majesté lui avait* fait dire qu'il avait nommé de» commissaires, et que e'éta t à eux qu il lui fallait dire judiciairement ce qu'il aurait pu dire à M. Colbert.
Alors M. de Rohan avoua tout, «lisant pour se «Inculper, ce qui était «Tuile fatale vérité, qu'il avait éfé entraîné, compromis presque m.dgié lui par Laticaunionl ; « mais qu’ou devait distinguer le péché véniel du péché commis, et que les iulenüous ue devaient pas être punies à l'égal des faits. »
La marquise de Vilars, interrogée, avoua tout, recoiiuut ses letlies, ne chercha pas à nier ; seulement, quand on lui demanda son motif à elle, riche cl considérée, pour lâcher a soulever la Normandie contre le roi. elle garda le siieuce.
Mademoiselle Maurice d'0‘” dit ce qui était vrai, que depuis cinq mois clic n’avait pas vu M. de Rohan.
Auguste des Préaux avoua aussi tout, avec une naïveté extrême, son voyage en Hollande, sa participation au complut, sa conviction que b réussite était im[M>ssibl«', l'obsession de son oncle, et enfin ses instances auprès de madame de Vibrs pour quelle u y prit point part.
En vain on demanda à Auguste et à 1a marquise quels étaient les gentilshommes auxquels ils s'étaient adressés pour les exciter à la révolte ; Auguste et Louist' gardèrent le silence le plus opiniâtre, et n'avouèrent que le nom d'un seul, le sieur d'Aigrcniout, parce que des témoins Lavaient d’ailleurs dénoncé.
On a omis de dire que tous les accusés, abandonnes à eux-mêmes sans conseil et sans. défense, cherchèrent, avant leur premier interrogatoire, à se disculper par un moyeu pareil, en «lisant qu'ils avaient i intention de prévenir le roi des desseins de I étranger, cl qu'ils n'avaient paru y donner suite que pour les faire plus facilement avorter.
Sans doute ce moyen «ie défense était puér il et absurde : aussi ancun des accusés n’y persista-t-il : mais, se voyant face à face avec Lécha faud, ç'avait été saus doute le premier mouvement «le terreur. Tinstiuct de conservation qui les avait fait recourir à cet inadmissible prétexte.
Ces opérations préliminaires finies, le roi, par lettres patentes du 30 octobre, nomma M. le chancelier d’Aligrr, MM. Poucet, Rouelier.it, Labié de b Marguerite, Bazin de Itezons. Pussoit, Voisin, Hotmail, Bernard de Rczé, de Fieubet, de Caumartin, de Loinmercux. «le lorlia, Courlin, Gorgon de Thussy et Quentin de Riehcboiirg, pour s'assembler à l'Arsenal, aans La parlement où se tenait la Cliambic-ltoyaic, et, sur le rapport de MM. de Pommcreux et de Re/ous, procéder, au nombre de dix pour le moins, à L instruction définitive du procès fait à M. de Rohan et à ses complices.
M. de b Reyiiio, par ses conclusions, requit par-devant ce Iriliunal « que M. de Rohan, Latréaumout (I), le chevalier des Préaux et la marqui-e de Vibre fussent déclaré* et convaincus coupables du crime de lesetnujcsié, savoir : M. de Rohan pour les conspirations, prodilioiis et de»-
(1) C'eal à b mémoire de Lattvaumont que fut fait le procè», dans la persomta de sou curateur, Jean de la Bruyère, nommé par le tribunal.
LATHÉAUMUNT.
teint de révolte où il est entré, poui b correspondante qu i) a eue cl recherchée avec li s étranger», et pour le» propositions, offres cl sollicitations qu’il leur a faites contre le roi et son Etat ;
« Ulréaumont, pour avoir tramé bdite conspiration et desseins de révolte, pour l'intelligence qu'il a aussi recherchée et entretenue avec les mêmes étrangers ennemis, el pour sa rébellion à force ouverte à l'exécution des ordres du roi ;
«Le chevalier des Préaux, pour avoir eu connaissance de ces conspirations, et pour s'élrc employé à l'exécution des desseins de révolte ;
« La marquise de Vilain, pour en avoir aussi eu connaissance, el recherché plusieurs personnes pour les y engager;
■ El pour réparation de ccs crimes requiert le procureur géuéral que M.de Rolum, le chevalier di s Préaux et la marquise de Vilars eussent b tête tranchée eu place de Grève, et que b mémoire de Lairéauinoui lut à perpétuité condamnée ;
a Van-dcri-Enden être convaincu d'avoir participé aux projets de conspiration de M. de Hohan et Ulréaumont, et à diverses pratiques, négocia lions et inlelligeucrs contre le roi et l’Etat, el pour réparation condamué à être pendu et étranglé ;
« Tous les bien> de M. de Rohan, chevalier des Préaux, b marquise de Vibre, tenus en fief du roi, déclarés remis et retournés au domaine de b couronne, et tous les autres biens, de quelque nature qu'il- puissent être, el ceux de Vaii*<i<*i»*Euden confisque* au roi, à b réserve de vingt mille livres employées en œuvres pieuses ;
« M. de Hohan, chevalier des Préaux el Yan-den-Eudcn préalablement appliqués à b ouest iou ordinaire et extraordinaire pour avoir plus ample révélation de leurs complices, quant à mademoiselle d'O**' de Vil- 1ère pour être plus amplement informé, a
Telles fuient les réquisitions portées devant le tribunal par M. de b Hcyuie le 30 octobre 1«71.
On voit dans ces conclusions, d'ailleurs absolument adoptées par les juges qui prononcèrent les sentences, que les accusés ne sont convaincus que des desseins de révolte, et qu'il est reconnu que Latréaumunt a seul tramé b conspiration.
.Malgré son droit de grâce, Louis XIV se résolut donc à faire tomber ccs quatre tète* sur l'ecli.iCiud.M. de Rohan, Auguste des Préaux, madame de Vilars. furent condamnés à être décapités, Vau deu-Kuden à être pendu, et Rts biens de tous les accusés confisqués cl acquis au roi.
D’apres un graud nombre de lettres de M. de Seigucby à M. de b Hcyuie, il est évident que Louis XIV avait une telle impatience de voir le procès jugé, c'est-à-dire M. de Rohan exécuté, que deux courriers chargés de lettres de M. de b Revoie partaient chaque jour de Paris pour donner au roi le* plus petit* detail* sur b marche du jugement.
Enfin, ce qui semble une preuve aussi terrible que significative de l'acharnement de Louis XIV contre ccs malheureux, c'est celte lettre de M. de Seignclay, écrite quatorze jours avant le jugement du procès, cl qui, préjugeant b l o idamuation dus accusés, s’occupe déjà des ordres si donner pour assurer leur supplice.
« Monsieur,
« Je vou* envoie eet homme exprès pour savoir ce qui se sera passé aiijourd hui dan* l'affaire de .M. du Rohan. Le roi m'ordonue de vous dire eu même temps que, comme il y aura quelques ordres à donner pour l'exécution du jugement oui aura été rcinî », vous preniez b peiuc de m'avenir un jour ou deux devant, lorsque vous verrez le procès en état d'être jugé.
« Je suî», monsieur, votre très-humble cl très-aiïecliouué serviteur,
• SetcnuxT. »
A monsieur do la Reynie, eu 11 novembre 1674,
( Corrttf ». it Colbert, 1674, juillet, décembre Man Dibl. roy.)