‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Les mysteres de ParisChapitre 126 sur 174 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

La banque des pauvres.

— Imaginez-vous donc, M. l'abbé, reprit Polidori eu s'adressant au v ,.,.w «m»» r— — —

cnn?, mais en accentuant, pour aiu>i dire, iliaque phrase par un coup 4 du* celte somme considérable, veut encore... Hab je laisse parler ce d’uûl ii oiiique jeté a Jacques Ferrand, imaginez-vous que mou ami trouva digue ami... c'est un plaisir que je lie veux pas lui ravir...

dans sa nouvelle servante, qui, ic vous l'ai déjà dit, s'appelait tlecily, les — Je vous écoute, mou citer monsieur Ferrand, dit le prêtre, meilleures qualités... une grande modestie... une douceur angélique — Vous savez, reprit Jacques Ferrand avec une componction liypocl surtout beaucoup de piété. Ce n'est pas tout. Jacques, vous le savez, crile, mêlée çà et là de mouvements de révolte involontaire contre le

doit à sa longue pratique des affaires Une pénétration extrême: il s'a- rôle qui lui était imposé, mouvements que trahissaient fréquemment l'ai-

perçut bientôt que celle jeune femme, car elle était jeune et fort jolie, témiion de sa vois et l'hésitation de sa parole, voua savez, monsieur

mousieur l'abbé, que celte jeune et jolie lenitne n’était pas faite pour • l’abbé, que l'inconduite de LouLe Mord... a porté tin coup si terrible à l'étal de servante, cl qu’à des principes .. vcrtueu-emenl austères... die .sou péce qu'il est devenu fou. La nombreuse famille de cet artisan cou-

joij.ij.iit une instruction solide et do> connais- nnces... Ires- variées. rail risque de mourir de inisere, privée de son seul seutiou. IlewetiM-

— Eu elfet, ceci est étrange. dit l'abbé fort intéressé. Jigm rais corn- ment la l roridencc est vernie à sou secours, et... la... personne qui fait

lélenu iii ces circonstances... Mais qu'avez-vous, mon bon mousieur la reslitulion volontaire dont vous voulez bien être Fiutcimédiaire, errand? vous sembler plus sonflraui... monsieur l'abbé, u'n pas cru avoir >ulïi>ammi*ul expié uu grand abus...

— Eu enél, dit le notaire en essuyant la sueur froide qui coulait sur de confiance... Elle tu’a donc demandé ai je ne connaîtrai* pas une iiué-

sou fioul, car la contrainte qu'il s'imposait était atroce, j'ai un peu dit restante infortune a soulager. J'ai dû signaler à sa générosité la famille migraine... mais cela passera. Morel, cl l’on m'a prié, cm me dotmani les fond.- nécessaires, que je

Polidori haussa les épaules en souriant. vous remettrai tout à l'heure, de vous charger de constituer une rente

— Iti-marquez, monsieur Publié, ajouta-t-il, que Jacques est toujours du deux mille fraucs sur la tête de Morel, rcveisible sur sa fenune et sur

ainsi lorsqu'il »agil de dévoiler qocSijti'une de scs charités cachées: il scs enfants...

< si hypocrite au sujet du bien qu'il lait ! heureusement me voie i : jus- - Mais, en vérité, dit l'abbé, tout en acceptant cette nouvelle mis-

lice éclatante lui scr.i rendue. .Revenons à Cecily. A sou tour, elle cul siou, bien respectable sans doute, je m'étonne qu ou ne vous en ail pas .bientôt deviné I excellence du coeur de Jacques : et, lorsque celui-ci Fin- chargé vous-méuie.

icrrogea sur le passé, elle lui avoua îiaïvcmeul qii étrangcte. sans res- — La personne inemmue a pensé, et je partage cette croyance, que sources, et réduite, par Fiiii'omluite de son mari, à la plus hcmhïe des si» bonnes «ouvres acquêt raient ou nouveau prix... m raie ut pour ainsi

« < oublions, die avait regardé comme tut coup du ciel de pouvoir entrer dire s an c tifié es ... eu passant par des mains aussi pieuses que les vôtres,

dans la sainte inai-on d'un homme aussi vénérable que M. Ferra ud. A la monsieur l'abbé...

vue de tant de malheur, de résignation, de vertu, Jacques n’Iiésita pas: — A cela je n’ai rien à répondre : je combinerai la rente de deux

il «Vrix 11 au pays de cette infortunée pour avoir sur elle quelques ren- mille francs sur la tête de Morel, le digne et malheureux pore de Louise,

sc ellements, ils furent partait* et cauürmèrcnl la réalité de tout ce lliis je crois, comme votre ami, que vous n'avez pas été étranger à la qu ‘ Ile avait raconté a notre ami; alors, sûr de placer justement sou résolution qui a dicté ce nouveau don expiatoire... bienfait, Jacques bénit Cec ily comme un père, b renvoya dans son pays — J'ai désigné la famille Mord, rien de plus, je vous prie de le croire, avec une somme d'argent qui lui pet mettait d attendre des jours metl- monsieur l'abbé, répondit Jacques Ferrand.

Icui* et l'occasion de trouver uue condition conveuable. Je n'ajouterai i — Maintenant, dit Polidori, voua allez voir, monsieur l’abbé. :i quelle |m* un mot de louange pour Jacques : les faits sont plus éloquents que haut* ur de vues philanthropique- mon hou Jacques s’eftt élevé à propos lues paroles. * • de l'établissement charitable dont nous nous sommes déjà entretenus : il

— Bien, très-bien! s’écria le curé attendri. va uous lire le plan qu'il a délinilivement arrêté; l'argent nécessaire

— Monsieur l'abbé, dit Jacques Ferrand d'une voix sourde et bfève, pour b fondation de- renies est la, dans sa caisse ; mais depuis hier il

je ne voudrai* pas abuser de vos p:écieux moments, ne parlons plus de lui est survenu un scrupule, et, s'il n’ose vous le dire, je m’eu charge, moi, je vous en conjure, mais du projet pour lequel je vous ai prié de — C'est inutile, reput Jacques Ferrand, qui quelquefois aimait encore venir ici, cl à propos duquel je vous ni demandé votre Lk'tiveilbnt cou- mieux s'étourdir par scs propres paroles que d'être forcé de subir on coins. silence les louanges ironique* de son complice. Voici le fait, monsieur

— Je conçois que les louanges de votre ami blessant votre modestie ; l'abbé. J'ai réfléchi... qu'il serait d'une humilité... plus chrétieuue... que occupons-nous donc de vos nouvelles houucs œuvres, et ouhlkmsque cct établissement tic tût pas institué sou* mon nom.

vous en êtes Fauteur : mais avant, parlons de l'affaire dont vous m'avez — Mais celte humilité est exagérée, s'écria I abbé. Vous pouvez, vous chargé. J'ai, selon votre désir, déposé à b Banque de France, ci sou- devez légitimement vous enorgueillir de votre charitable foudatiou; mou nom. b senmie de cent mille écits destiné- à la restitution duut c’est uu droit, presque mi devoir pour vous d'y attacher votre ikmo. vous etc* F intermédiaire, et qui doit s'opérer par mes mains. Vous ave/. — Je préféré cependant, monsieur l'abbé, garder l'incognito ; j'y suis préfi ic que ce dépôt ne restai pas chez vous, quoique pourtaut il y eût résolu... et je compte assez sur votre bouté pour esjwrer que vous vonetc, ce me semble, nussgMÎreineut placé qu à la Banque. 1 dre* bien remplir pour moi, en me gardant le plus profond secret, les

— En cela, monsieur l'abbé, je me suis conforme aux intentions do dernières formalités, et choisir les employés inférieurs de cet élablbst*raiiteur inconuii de celte restitution : il agit ainsi pum le repos de sa ment. Je me suis seulement réservé la uomîiialiou du directeur et d un couse icuce. D'après ses vieux, j'ai dû vo » conlier celle somme, cl vous gardien.

prier de la remettre h madame veuve de Feriunut, uée de Reum ville (la — Lors même que je n'aurais pas un vrai plaisir à concourir à celte voix du uotaire trembla légèrement eu pi énonçant ccs Dmnsi, lorsque œuvre, qui est la vôtre, il serait de mon devoir d'accepter... J'accepte cette dame se pi éventerait chez vous en justifiant de sa pos>e*:>ion d é- dune.

lal. — Maintenant, monsieur l'abbé, si vous le voulez bien, mon ami va

— Jaccompflr.il la mission dont vous me chargez, dit le prêtre. vuus lire le pl.m qu'il a définitivement arrêté...

— Ile n’est pas la dernière, monsieur l'abbé. — Puisque vous êtes si obligeant, mon ami, dit Jacques Ferrand avec

— Tant mieux, si le* antres ressemblent à rellc-ci; car, sans vouloir amertume, lisez vous-uième... E|varguez-moi celle peine... je vuus eu rechercher les motif*, qui I impuseul, je suis toujours louché d'une res- plie...

uluiion volontaire; ce* arrêts souverains, que b *cule conscience dicte — Non. non. répondit Polidori en jetant au notaire un regard dont ce-

et qu’on exécute fidclement et librement d.ius suu (br intérieur, sont lui-ci comprit la signification sarcastique. Je me fais un vrai plaLir de

toijours l’iudice d'un repentir siucere, et ce n'est pas une expiation sté- t'entendre exprimer loi-même les nobles seutiments qui t'ont guidé dans i de qui* ce lie-lin cette loudalion philanthropique.

— ,N'e*l-ce pas, monsieur l'abbé? cent mille écus restitues d'un coup, — Soit, je lirai, dit bruMpiement le notaire en prenant uu papier war 1 est raie; moi. j'ai été plu* curieux que vous; mais que pouvait nia son bureau.

«u'osilé contre l'inébranlable discrétion de Jacques? Aussi, j ignore en- Pobdori. depuis longtemps complice de Jacques Ferrand, et muais- at vore le nom de I houiielc hoiuiue qui Lisait cette noble t esiituiiuu. les crimo et les secréte* pensées do ce miséiable; aussi ue put-if n tenir

— (Joël qu’il soit, dit I abbé, je suis certain qu il est placé très-haut dans l'estime de M. Ferrand.

— Cet honnête homme est eu effet, monsieur l'abbé, placé très-haut dans mon estime, répondit le notaire avec une amenume mal dlvüuiu-

i — Et ce n'est pas tout, monsieur l'abbé, reprit Polidori en regardant Jacques Ferrand d'un air significatif, vous allez, voir jusqu'où vont les ; généreux scrupule* de l'auteur incouuu de cette restitution ; et, s'il faut 1 tout dire, je soupçonne fort notre ami de n'avoir pas peu contribué a éveiller ces scrupules, et à trouver moyen de les calmer.

— l'ommeol cela? demanda le prêtre.

— One voulez-vous dire ? ajouta le notaire.

— Et les Morel, celle brave et honnête famille? i r- Ah ! oui... oui... en effet... j oubliais... dit Jacques Ferrand d’une j voix sourde.

— Figurez-vous, monsieur l’abbé, reprit Polidori, que l'auteur de

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