‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Les mysteres de ParisChapitre 139 sur 174 · SA · texte numérisé non relu

SA

te digne squire Ait attend; mieux que personne il pouvait comprendre et partager l'immensité de b douleur du prince. •

Cdul-ci, pale, abattu, li s yeux rougi- par des farines récentes, venait de faire à Murph celle poignante révélation.

— llu courage! dit le squire en essuyant ses yeux: car, malgré son flegme, il avait aussi pleuré. Oui, du courage...* monseigneur! beau*

de courage!... l'as de vaines consolations... ce chagrin doit cire incurable...

— Tu as raison... Ce que je ressentais hier n‘csl rien auprès de co que je ressens aujourd'hui...

— Hier, monseigneur... vous éprouviez l'étourdis sèment de ce coup ; mais sa réaction vous sera de jour eu jour plu*, douloureuse... Ainsi donc, du courage!... L’avenir est triste... bien triste...

— F.t puis hier... le mépris et l'horreur qtie m'inspiraient ccttofentaM)... ni: is (pic Dieu eu ait pitié!... clic est à cette heure devant lui... hier enfin, la surprise, la haine, l'effroi, tant de payions violente» refoulaient en moi ces élans, tic ieDdre-.se*dést*>pérée... qu'à présent je ue contiens plus... A peine si je pouvais pleurer... Au moins maintenant... auprès de toi... je le peux... liens, lu vois... je >ub sans, forces... je suis bche. pardonne-moi. Dit-* larmes,. , encore... toujours... O mon et aril !... mon i auvre ej tant !...

— I leuiez, pleurez. niôjisi i«neur... fié’as! la p.’rU* cslinvpnr iblc,

— Kt tant d'atroces misères a lui faire oublier ! s'écria Itndniplio ave. un accent déchirant..., apres ce qu'elle a souffert !... Sou :• au sort qui l'altemlait I

— Peut-être cette transition eût-elle été trop brusque pour celle infortunée. déjà si crucllenient éprouvée ?

— t»l»! non... non!... va... si tu savais avecqu Is ménagements... avec quelle reserve je lui aurais appris sa nab'.itire !... Comme je l'aurais doucement prépare* à cette révélation... C'était si simple... *j fade... Oh! s'il ne s'était agi que rie cela, vois-tu, ajouta I * prince av e un sourire navrant, j'aurais été bien tranquille cl pis eudi irr.iw. Me niellant b genoux devant celte enfant idolaln >*. j,' lui aurais dit Toi qui as été jusqu'iei si torturée... sois enfin heureuse... « t nour (ùujoure heureuse... Tu es ma fille... Mais non , dit Jlodnlpue eii an reprenant, non... cela aurait été trop brusque , trop imprévu.... Oui : je me serais donc bien contenu, et je lui aurais dit d*un air calme f Won enfant, il faut que je vous apprenne 11111' chose qui va bien vous étonner... .Mon Dieu ! oui... figurez-vous qu'on a retrouve les traces de von parents... votre père existe... cl votre père... c'est moi. li le prince s'interrompit de nouveau. Non. non! c'est encore trop brusque, trop prompt... mais ce n’est pas ma faute, cette n relation me vient tout de suite aux lèvres... c’est qu'il faut tant d'empire sur soi... lu comprends, mon ami. tu comprends... litre là, devant si fil:e, et se contraindre f Puis, se laissant emporter à un nouvel atv * 1!.: de* w spoir. Ilodnlphe s’écria : — Mais a quoi bon, à quoi ! »i i e* vaine j aro!es?Je n'aurai plus jamais rien à lui dire. Oh! ce (pii e*-t affi ux, affreux à penser, vois-tu ? c'est de penser que j’ai en ma fi !.: p. s de mol... |iendaiil tout un jour... oui, pendant ce 1 urdjamaî u: Ül et sacré où Je l’ai conduite a la ferme, ce jour ou les trésors de f«m âme angclinuo se ; ont révélés à moi dans toute leur pureté ! J assistais ;m réveil de celte nature adorable... et l ien d. ns mon «rnr m* niiMlis.it; i-Hl ta fille... Itien... rien... O aveugle, baibare. stupide que Jetais !...

. Je ne devinais pas... Oli ! jetais indigne d'être père !

— Mais, monseigneur... «

— Mais enlin... s'écria le prince, a-t-il dêpertlndc r : i.ouî ou non,

de 11e la jamais quitter ! Pourquoi ne l'ai- je pas •. moi qui pl li-

rais tant rua fille? Pourquoi, ait Hcud>ureq.-r celle ma'.luniro i c enfant fiiez madame Georges, ne l'ai je pas gard- .; pi es 1! : moi ? .. Aujourd'hui je (l'aurais qu'à lui tendre les liras... Pourquoi n'ai-ji* pas bit cela? pourquoi ? Ah! parce qu'on ne fait jannisle Pieu qu'à d mi. parce qu'on «apprécié l«s merveilles que lorsqu'elles ont lui et disparu pour toujùurs... parce qu an lieu d'elever tout de suite a sa véritable hauteur «fie admirable jeune fille qui, maigre I* mi tire, l'ab induit, était, p ir j esprit et pur le cœur, plus grande, plus noble peut élu* qu'dteneli'î'jl jamais devenue par les avantages de la naissance et de IYdueatlon...j ai au faire beaucoup pour elle en la plaçant d 11» une fem o..«au»r * 4 * bonnes gens... comme J'aurais fait pour la première mendiante luhuvs* *ante qui se serait trouvée sur ni:» route... (l’est nia fuite... c'est ma faite... Si j'avais fait cela, elle ne serait pas morte... Oh! si... Je suis bien puni... Je l’ai mérité... Mauvais fils... mauvais p i ’...

Murpli savait que de pareilles douleurs sont imousobbles; il se tut.

Apres un assez long silence, Rodolphe r» prit d'une voix ait» : ce ;

— Je ne resterai pas Ici. Paris m'est odieux... demain je pars...

— Vous avez rnisofi, monseigneur.

— Nous ferons un détour, je m'arrêterai à la ferme de Bouqneval... J'irai nf enfermer quelques heures dans la chambre où ma bile a passé 1 rs seuls jours heureux de sa tristevie... IA onrecueillera avec rel- mi b; t ce qui reste d’elle... les liv res où elle commençait à Hit... tes cahiers ou elle a écrit... les vêtements qu'elle a portes... tout... jusqu'aux m nblfs... jusqu'aux tentures fie celle dtarobro, dont je preu Irai m imémeiiii dessin exact... IA à Cîerolsteiu... dans le parc n serve ot» j'ai fait «lever un monument à la mémoire d-* mon père outrage... je ferai • 'instruire unopciilo maison ou se trouvera e.qm chambre... la j'irai pleurer ma lilie... Ue cas deux funèbres monuments, l'ut» me rippetl rj

mon crime envers mon père, l’autre le oliàlinwul qui m’a frappé dans mon enfant... Apres uu nouveau releuce, Rodolphe ajouta : Ainsi doue, qui* tout soit prêt... demain matin...

Murph. voulant essayer de distraire un moment le prince do scs sinistres peUScO», lui dit .

— Tout sera prêt, monseigneur seul, nient vous oubliez que demain devait avoir lieu » ihipqncval le mariage du t:!s de madame tScorgiOi, et do Rigolette .. N ou- eulemeiit vous avez assuré l'avenir de Germain et dot-l magnifiquement sa fiancée... mais vous leur avez nromi» d'assister à leur mariage connue témoin... Alors seulement ils devaient savoir le nom de leur bienfaiteur.

— Il est vrai, j’ai promis celât;. Ils sont à la ferme... et je ne puis y aller demain»,» nids assister à celte fête... et. je l’avoue» je n’aurai pas cc courage...

— La vue du bonheur de ccs jeunes gens calmerait peut-être un peu votre chagrin.

— Non non. la douleur est solitaire et égoïste. .. Demain tu iras m'excuser et me représenter auprès deux, tu prieras madame George* de rassembler tout ce qui a appartenu à ma tille... Ou fera faire le dessin de sa chambre et on me l'enverra en Allemagne.

— Partirez-vous donc aussi, monseigneur, sans voir madame la marquise d'U.ti ville?

Au souvenir de Clémence, Rodolphe tressaillit... ce sincère amour vivait toujours eu lui, ardent et profond... mais dans ce moment il était pour ainsi dire noyé sous le flot d'amertume dont son ccmir était Inonde...

Par une conipdiclion bizarre, le prince sentait que la tendre affection de madame d'Ilarville aurait pii seule lui aider à supporter le malbeur qui le frappait, et il se reprochait cette pensée comme indigne de la rigidité de si do deur paternelle.

— Je partirai sans voir madame d'Ilarville, répondit Rodolphe. Il y a peu de jours, je lui écrivais la peine que me causait b mort de Fleurdo-Marie. Quand elle saura que Flenr-de-Marie était ma tille, elle comprendra qu'il est de en» douleurs ou plutôt de ces puuitiou» fatales qu'il faut avoir le courage de subir seul... oui, seul, pour qu'elles soient expiatoire*... et cUe c 4 teriible, l'expiation 'que la totalité m'impose,* terrible ’ car elle commence... pour moi... i I heure où le décliu de la vie commence aussi.

On frappa légèrement et discrètement à b porte du cabinet de Itodoh plu . qui lit un mouvement d’iuqi itien* e cliagrine.

Mm 1 pli se leva et alla ouvrir.

A travers la porte cutre-bMHéc, un al'e de camp du prince dit au squiio quelques mots à voix basse. Celui-ci répondit par un signe de tête, et, se tournant vers Rodolphe :

— Monseigneur m permet-il do m’absenter nu moiucnl? Quelqu'un veut me parler à l in tant mémo pour le service de Votre Altesse Roy.de.

— V*.,. répondit te prince,

A peine Murph fut-il parti, que Rodolphe, cachant sa figure dans scs main», nojp->.» no long g misscmcul.

— On! s'éi ria-t-il, ce que je re«scns m'épouvante... Mon Ame déborde de fi I et de lijlue ; U pré-cuio de mon meilleur ami me pose. .» le souvenir d’an 11 ble et pur amour m'importune et me trouble, et nuis... tel.» est belle ri iudigue, mais hier j’ai appris avec une joie barbare b mort dit Sanli... de celle mere dénaturée qui a causé 1 a pcite de ma fille; je nie plais à n tracer l'horril de agonie du moudre qui a lait tuer mon eu tant. 0 rage! je suis arrivé trop tard ! s'écria-t-il en bondissant sur sou fauteuil, l'ourlant, hier, je ne soutirai* pas. cela, et hier comme aujourd'hui je savais i;ia fille morte... Oh! oui, mais je ne me disais fus ccs mots qui désormais empoisonneront ma vie : J'ai vu ma fille, je lui ai parié, j'ai admiré tnm et* qu’il y avait d'adorable eu clic. l)h! que de temps j’ai perdu à celte ferme ! Quand je songe que • je n'y suis allé que «r.»i> foi*-, oui. pas plu . El je pouvais y aller tous les J(Mjr>. . voir ma fille tous les jours... Que d s-p* ! b gardée à jamais près de moi. Oh ! tel sera mon supplice... de me répéter cela bmjuu.s... luidonre !

Et le malheureux trouvait une volupté cruelle à revenir à celte pensée désolante cl sans issue ; car le propre des grandes douleurs est de s aviver incessatnmeiit par de terribles redites.

Tout à coup b porte du cabinet s'ouvril, et Murph cuira trcs-pàlc, si pâle, nue le prince &■ leva à demi et s'écria :

— Murph, qti'as-lu?

— Rien, nm beigneur...

— Tu es bleu pà!e, pourtant.

— C'est... rëtouiunneiit.

— Quel étoniuMiieul?

— .Madame d llarville!

— Madame d’Ilarville, grand Dieu ! uu nouveau mal heur !...

— Non, non, uiouseigueur, rassurez -vu us, elle est... là... dans le salon de service.

— Elb:... ici... die chez moi, c’est impo ibb!

— Aussi, mouscigneur... vous dis-je. . b surjTÎ>e.

— Une telle démarclK* de sa part... Mais qu'y a-l-d dune au nom du

Ciel ?

— Je ne sais... mais je uc pub ine rendre compte de ce qi>ejé-

piuuve...

— Tu me caches quelque chose?

— Sur l'honneur, monseigneur... sur l'honneur... non... Je ne sais que ce que madame la marquise m’a dit.

— Nais que t’a-t-elle dit?

« — Sir Waller, et sa voix était émue, mais son regard rayonnait de Joie, ma présence ici doit vous étonner beaucoup . Mais il est certaines circonstances si impérieuses, qu'elles laissent peu le temps de songer aux convenances, met Son Altesse de m'accorder à l'instant quelques moments d'entretien en votre présence, car je sais que le prince n'a

S s au monde de meilleur ami que vous J’aurais pu lui demander de me re la grâce de venir chez moi; mais c’eût '

été un retard d'une heure peut-être, et le prince me saura gré de n’avoir pas retardé d'une minute cette entrevue » a-t-elle

ajouté avec une expression qui m'a (ait tressaillir.

— Mais, dit Rodolphe d’une voix altérée, et devenant plus pâle encore que Murpli, je ne devine pas la cause de ton trouble... deton émotion... de... ta

pâleur il y a autre

chose Celte entre-

vue.

— Sur l'honneur, je ne... sais rien de plus.

Ces seuls mots ur la marquise m'ont bouleverse. Pourquoi ? je l’ignore... Mais vousmême, vous êtes bien pâle, monseigneur.

— Moi ? dit Rodolphe en s’appuyant sur son fauteuil, car il sentait ses genoux se dérober sous lui.'

— Je vous dis, monseigneur, que vous êtes au'si bouleverse que moi. Qu’avez-vous?

— Dusse -je mourir sous le coup... prie madamed'llarvilled’en- Irer, s'écria le prince.

Par une sympathie étrange, la visite si inattendue, si extraordinaire de madame d'ilarvillc, avait éveillé chez Murpb et chez Rodolphe une même vague et toile espérance ; mais > cet espoir leur semblait si insensé, que ni l’un ni l'autre n’avaient voulu se l’avouer. Madame d’Ilarville , suivie de Murpb, entra dans le cabinet du prince.

CIIAPITRB XI.

Le père et la tille.

Jacques

Ignorant, nous l'avons dit, que Flcur-de-

Maric fût la fille du prince, madame d'Uarville, toute à la joie de lui ramener sa protégée, avait cru pouvoir la lui présenter presque sans ménagements ; seulement, el.c l'avait laissée dans sa voilure, ignorant si Rodolphe voulait se (aire connaître à cette jeune fille et la recevoir chez lui. Mais s'apercevant de la profonde altération des traits de Rodolphe, qui trahissaient un morne désespoir; remarquant dans ses yeux les traces récentes de quelques larmes, Clémence pensa qu'il avait été frappé par un malheur bien plus cruel pour lui que la mort de b Goualeuse ; ainsi, oubliant l'objet de sa visite, die s'écria : — Grand Dieu ! monseigneur... quavez-vou»?

— Vous l’ignorez, madame?... AU! tout espoir est perdu... Votre empressement... l'entretien que vous m’avez si instamment demandé... j'avais cru..

— Oh ! je vous en prie, ne parlons pas du sujet qui m'amenait ici... monseigneur... Au nom de mon père, dont vous avez sauvé la vie... j'ai presque droit de vous demander la cause de la désolation où vous êtes plongé... Votre abattement, votre pâleur m’épouvanteut.. Oh! parlez, monseigneur... soyez généreux... parlez, ayez pitié de mes angoisses...

— A quoi bon, madame? ma blessure est incurable.

— Ces roots redoublent mon effroi, monseigneur ; expliquez-

vous Sir Waller.... •

mon Dieu, qu’y a-t-il?

— Eh bien, dit Rodolphe d’une voix entrecoupée, en faisant un violent effort sur lui-méme, depuis que je vous ai instruite de la mort de Fleur-de-Maric, j'ai appris qu'elle était ma tille.

— Fleur-de-Marie!...

votre fille ? s’écria Clémence avec un accent impossible â rendre.

— Oui. Et tout â l'heure, quand vous m'avez bit dire que vous vouliez me voir à l'instant. pour m'apprendre une nouvelle qui me comblerait de joie, avez pitié de ma faiblesse, mais un père, fou de douleur d'avoir perdu son enfant , est capable des plus folles espérances; un moment j'avais cru que... mais non, non, je le vois, je m’étais trompé. Par- •lonnez-moi, je ne suis qu’un misérable insensé.

Rodolphe, épuisé par le contre-coup d un fugitif espoir et d'une déception écrasante, retomba sur son siège en cachant sa ligure dans scs mains.

Madame d’Ilarville restait stupéfaite, immobile, muette, respirant à peine, tour à tour en proie à une joie enivrante, à la craiutc de l'effet foudroyant de b révélation qu'elle devait faire au prince, exaltée enfin par une religieuse reconnaissance envers la Providence, qui b chargeait, elle... elle... d'annoncer â Rodolphe que sa fille vivait, et qu’elle b lui ramenait...

Clémence, agitée par ces émotions si violentes, si diverses, ne pouvait trouver une parole.

Murpb, après avoir un moment partagé b folle espérance du prince, semblait aussi accablé que lui .

Tout â coup b marquise, cédant â un mouvement subit, involontaire, oubliant b présence uc Murpb et de Rodolphe, s'agenouilla, joignit les mains, et s'écrb avec l’expression d'une piété fervente et d'une gratitude ineffable :

— Merci!... mon Dieu... soyez béni!... je reconnais votre volooté toute-puissante... merci encore, car vous m'avez choisie... pour lui apprendre que sa fille est sauvée!...

Quoique dits à voix basse, ces roots, prononcés avec un accent de sto-

Ferrtnd.

cérité cl do sainte exaltation, arrivèrent aux oreilles de Murph et du

prince.

Celui-ci redressa vivement la tête au moment où Clémence se relevait.

Il est impossible de dire le regard, le geste, l'expression de la physionomie de Rodolphe en contemplant madame d'Ilarville, dont les traits adorables, empreintsd’une joie céleste, rayonnaient eu ce moment d'uue beauté surhumaine.

Appuyée d'une main sur le marbre d’une console, et comprimant

soos son autre main les battements précipités de son sein, die répondit par un signe de tétt ~ renoncer à rendre.

précipité* regard de

Rodolphe qu’il faut encore

— Et où esl-eUe? dit le prince en trerablaut comme la feuille-

— En bas, dans ma voilure.

Sans Murph , qui , prompt comme l’éclair, se jeta au-devant de Rodolphe, celui-ci sortait éperdu.

—Monseigneur, vous b tueriez! s'écria le squire en retenant le prince.

— D’bier seulement die est convalescente.

Au nom de sa vie, pas d'imprudence , monseigneur, ajouta Clémence.

— Voua ave* raison, dit Rodolphe en se contenant à peine, vous avez raison, je serai calme, je ne la verrai pas encore, j’attendrai que tua première émotion soit apaisée. Ah!

c'est trop, trop en un jour ! ajouta-t-il d’une voix altérée. Puis, s’adressant à madame d'Ilarville et lui tendant la main, il s'écria, dans une eflusion de reconnaissance indicible : Je suis pardouué... vous êtes range de b rédemption.

—Monseigneur, vous m’avez rendu mon père, Dieu veut que je vous ramène votre enfant, répondit Cléuieuce. Mais, à mon tour, je vous demande pardoo de ma faiblesse.

Celle révélalioQ si subite. si inattendue, m’a boule versée. J’avoue que je n'aurais pas le courage d'aller chercher Fleur -de- Marie, mon émotion l>fTrayerail.

— Et comment l’al-on sauvée? qui l’a sauvée ? s’écria Rodolphe. Voyez mou ingratitude, je ne vous avais pas encore fait celle question.

— Au moment où

elle se noyait, elle a été retirée de l'eau par une femme courageuse.

— Vous b connaissez?

— Demain elle viendra chez moi.

— La dette est immense, dit le prince, mais je saurai l'acquitter.

— Comme j’ai été bien inspirée, mou Dieu, en n’amcnani pas Fleurdc-Marie avec moi! dit la marquise, cette scène lui eût été funeste.

— D est vTai, madame, dit Murph, c’est un hasard providentiel qu'elle ne soit pas ici.

— J'ignorais si monseigneur désirait être connu d’elle, et je n'ai pas voulu la lui présenter sans le consulter.

- — Maintenant, dit le prince, qui avait passé pour ainsi dire quelques minutes à combattre, à vaincre son agita lion, et dont le» traits sero-

l.a toilette. — mck 551.

— Oui, nue dira-t-il ?

demauda le priuce à

blaient presque calmes, maintenant je suis maître de mol, Je vous l'assure. Murph, va chercher ma lille.

Ces mots, ma fille, furent prononcés par le prince avec un acceut que nous ne saurions non plus exprimer.

— Monseigneur, êtes-vous bien sûr de vous? dit Clémence. Tas d’imprudence.

— Uh ! soyez tranquille, je sais le dpngcr qu'il y aurait pour elle. Je ne l’y exposerai pas. Mon bon Murph, je t’en supplie, va, va !

— Rassurez-vous, madame, reprit le squire, qui avait attentivement observé le prince, elle peut venir, monseigneur se contiendra.

— Alors va, va donc vile, mon vieil aini.

— Oui, monseigueur, je vous demaude seulement une minute, on

n’est pas de fer, uit le brave gentilhomme en essuyant b trace de scs

larmes; M ne but pas quelle voie que j'ai pleuré.

—Excellent homme!

reprit Rodolphe en serrant 1a main de Murph dans les siennes.

— Allons . allons , mouscigncur, m’y voilà... je ne voulais pas traverser le salmi de service éploré tomme une Madeleine.

Et le squire lit un pas pour sortir ; pub, se ravisant :

— Mais , monseigneur, que lui dirai-je ?

lui, que " ida le Clémence.

— (Jue M. Rodolplte désire b voir, rien de plus, ce me semble ?

— Sans doute que M. Rodolphe désire la voir... rien de plus...

Allons, va, va.

— C’est certainement ce qu'il y a de mieux à lui dire, reprit le squire. qui se sentait au moius aussi impressionné que madame d'Ibrville. Je lui dirai simplement que M. Rodolphe désire b voir. Cela ne lui fera rien préjuger, rien prévoir: e est ce qu'il y a de plus raisonnable. eu effet.

Et Murph ne bougeait pas.

— Sir W aller, lui dit Clérneuce eu souriant, vous avez peur.

— C'est vrai, taada me b* marquise; malgré mes six pieds cl mou épaisse enveJop-

r , je suis encore sou> coup d'une cinolioii profonde.

— Mou auii, prend*, garde, lui dit Rodolphe ; attends plutôt un moment encore , si lu n'es pas sûr de loi.

— Allons , allons , cette fois, monseigneur,

j'ai pris le dessus, dit le squire, apres avoir passe sur ses yeux scs deuv poings d’Herctile: il est évident qu'à mou âge celle biblesse^est parfaitement ridicule. Ne craignez rien, monseigneur.

El Murph sortit d'un pas ferme, le visage impassible.

Un moment de sileuce suivit son départ.

Alors •démence songea en rougissant quelle était chez Rodolphe, seule avec lui. Le prince s’approcha d'elle et lui dit presque timidement: — Si je choisis ce jour, ce moment, pour vous faire un aveu sincère. C'est que la solennité de ce jour, de ce moment, ajoutera encore à b gravite de cet aveu. Depuis que je vous ai vue, je vous aime. Tant que j'ai dû cacher cet amour, je l'ai caché : maintenant vous êtes libre, vmj 6 m'avez rendu uut Me, voulez-vous être sa mère?

r*a». — X)|*. 4- a*' V* t'vo4ej-bv|ttr, Su.ut-Lo*.. , lu , ->. U*.*.»

— Mol, monseigneur ! s'écria madame d’Harvifle. Que dites-vous?

— Je vous eu supplie, ne me fefusez pas ; faites que ce jour décide du bonheur de toute ma vie, reprit tcudreiucul Rodolphe.

Clémence aussi aimait le priuce depuis longtemps avec passiou; elle croyait réver : l'aveu de Rodolphe, cet aveu à la fois si simple, si grave et si touchant, fait dans une telle circonstance, la transportait d'un bonheur inespéré ; elle répondit en hésitant : — Monseigneur, c'est à moi de vous rappeler la distance de nos conditions, l 'intérêt de votre souveraineté.

— Laissez- moi songer avant tout à l'intérêt de mon cœur, à celui de ma fille chérie : rendez-notis bien heureux, oh ! bien heureux, elle et mpi ; faites que moi, qui tout à l'heure étais sans famille, je puisse maintenant dire ma femme, ma fille ; faites enfin que celte pauvre en* Tant qui, elle aussi, tout à l'heure était sans famille, puisse dire... mon père, ma mère, ma sœur, car vous ara une fille qui deviendra la mienne.

— Ab ! monseigneur, à de sf nobles paroles on ne peut répondre que par des larmes de reconnaissance, s'écria Clémence. Puis, se contraignant, elle ajouta : Monseigneur, on vient, c’est votre fille.

— 01» ! ne inc refusez pas, reprit Rodolphe d’une voix émue et suppliante, au nom de mon amour, dites... notre fille.

— Eli lueu 1 notre fille, murmura Clémence au moment où Mnrph, ouvrant b porte, introdubôt Fleur-de-M.irie dans le salon du prince.

La jeune fille, descendue de la voiture de b marquise devant le péristyle de cet immense hôtel, avait traversé une première antichambre remplie de valets de pied en grande livrée, une salle d'attente où se tenaient des valets de chambre, puis le salon des huissiers, et enfin le salon de service, occupé par un chambellan et les aides de camp du prince en grand uniforme. Qu'on juge de Iclonncmenl de b pauvre Goualettse, qui ne connaissait pas d'autres splendeurs que cello de b ferme de Bouqueval, en traversant ces appartements princiers, étincelants d'or, de glaces et de peintures.

Dès qu elle parut, madame d'Ilarville courut il elle, b prit par b main, et, l'entourant d uu de ses bras comme pour b soutenir, b conduisit 1 Rodolphe, qui, debout près de b cheminée, n'avait pu faire un pas.

Mnrph, après avoir confié Fleur-de-Marie à madame d'Ilarville. s'était hâté de disparaître à demi derrière un des immenses rideaux de la fenêtre, ne se trouvant pas suffisamment sûr de lui.

A la vue de son bienfaiteur, de son sauveur, de son Dieu... qui b contemplait dans une muette extase, Fleur-de-Marie, déjà si troublée, 6e mit à trembler.

— Rassurez-vous... mon enfant, lui dit madame d'Ilarville, voilà votre ami... M. Rodolphe, qui vous attendait impatiemment... il a été bien inquiet de vous.

— Oh!.,, oui... bien... bien inquiet... balbutia Rodolphe toujours immobile et dont le cœur se foudait en larmes à l'aspect du pâle cl doiii visage de sa fille.

Aussi, malgré sa résolution, le prince fut-il un moment obligé de détourner b tête pour cacher pmi attendrissement.

— Tenez, mon enfant, vous êtes encore bien faible, asseyez-vous là. dit Clémence |wur détourner l'attention de Fleur-de-Marie ; et elle b conduisit vers un grand fauteuil de bois doré, dans lequel b Gouakuse s’assit avec précaution.

Son trouble augmentait de plus en plus : elle était oppressée, b voix lui manquait; elle se désolait de n'avoir encore pu dire un mot de gratitude à Rodolphe.

Enfin, sur un Bigne de madame d’Ilarville, qui, accoudée au dossier «lu fauteurl, était penchée vers Fleur-de-Marie et tenait une de ses mains dans les siennes, le prince s'approi'ha doucement de l'autre côté du siège. l'Ius maître de lui, il dit alors à Fleur-de-Marie, qui tourna vers lui son visage enchanteur :

— Enfin, mon enfant, vous voilà pour jamais réunie à vos amis!.-. Vous ne les quitterez plus... Il faut surtout maintenant oublier ce que vous avez souffert.

— Oui, mon enfant, le meilleur moyen de nous prouver que vous nous aimez, ajouta Clémence, c'est d'oublier ce triste passé.

— Croyez, monsieur Rodolphe... croyez, madame, que si j’y songeais quelquefois malgré mot, ce serait pour me dire que sans vous... je serais encore bien malheureuse.

— Oui : mais nous ferons en sorte que vous n’ayez plos de ces sombres pensées. Notre tendresse ne vous en bissera pas Je temps, ma chère Marie, reprit Rodolphe, car vous savez qne je vous ai douné ce nom... < à b ferme.

— Oui. monsieur Rodolphe. Et madame Georges, qui m’avait permis de l'appeler... ma mère... se porte- t-elle bien?

— Très-bien, mon enfant... Mais j’ai d’importantes nouvelles à vous apprendre.

— A moi, monsieur Rodolphe?

-— Depuis que je vous ai vue... on a bit de grandes découvertes sur... sur... votre nai-sancc.

— Sur ma naissance?

— On a su quels étaient vos parents On connaît votre père.

Rodolphe avait tant de larmes dans la voix eu prononçant ces mots,

que Pleur-do-Marie, très-émuc, se retourna vivement vers lui ; heureuse, ment qu'il put détourner la tête.

Un autre incident serai- -burlesque vint encore distraire b Gouataisc et l'empêcher de trop remarquer l'émotion de son père : le digne sqaire, qui ne sortait pus «le derrière son rideau et semblait attentivement rcgjrder le jardin de l'hôtel, ne put s'empêcher de se moucher avec un bruit formidable, car il pleurait comme uu enfant.

— Oui, tna chère Marie, se hâta de dire Clémence, on connaît votre père... il existe.

— Mon père ! s'écria b Goualcuse avec une expression qui mit le courage de Rodolphe à une nouvelle épreuve.

— Et un jour... reprit Clémence, bientôt peut-être... vous le verrez. Ce qui vous étonnera sans doute, c'est qu'il est d'une très-haute audition... d'une grande naissance.

. — Et ma mère, madame, b verrai je ?

— - Votre père répouilra à cette question, mon enfant... mais ne serezvous pas bien heureuse de le voir?

— Oh ! oui, madame, répondit FIcur-dc-Marle en baissant les yeux.

— Combien vous l'aimerez, quand vous le connaîtrez! dit la marquis,

— De ce jour-là... une nouvelle vie commencera pour vous, n’est-ce pas, Marie? ajouta le prince.

— oh! non, monsieur Rodolphe, répondit naïvement 1a Goiuleu*. Ma nouvelle vie a commencé du jour où vous avez eu pïlMTde moi... où vous m’avez envoyée a la ferme.

— Mais votre père... vous chérit, dit le prince. •

— Je ne le connais pas... cl je vous dois tout.'., monsieur Rodolphe.

— Ainsi... vous... m'aimez... autant... plus peut-être que vous mimeriez votre père ?

— Je vous bénis et je vous respecte comme Dieu, monsieur Rodolphe, parce que vous avez fait pour moi ce que Dieu seul aurait pu fiire, répondit b Gouakusc avec exaltation, oubliant sa timidité habituelle. Quand madame a eu b bonté de me parler à b prison, je le lui ai dit, ainsi que je le disais à tout le monde... oui, moosicur Rodolphe, aux personnes qui étaient bien malheureuses, je disais : Espérez, M. Rodolphe soulage les malheureux. A celles qui hésitaient entre le bien et Je mal, je disais : Courage, soyez bonnes, M. Rodolphe récompense ceux qui sont bons. A celles qui éuieiil méchantes, ic disais : Prenez garde, M. Rodolphe punit les méchants. Eufin , quand j ai cru mourir, je inc suis dit : Dieu aura pitié dû moi, car M. Rodolphe m’a jugée digne de son intérêt.

Fleur-de-Marie, entraînée par sa reconnaissance envers son bienfaiteur, avait surmonté sa crainte, un léger incarnat colorait scs joues, rt ses beaux yeux hkus, quelle levait au ciel comme si elle eût prié, .brillaient du plus doux éclat.

Un sileœ e de quelques secondes succéda aux parole» enthousiastes de Fleur-de-Marie ; l'émotion des acteurs de celte sceoe était profonde.

— Je vois, mou enfant, reprit Rodolphe, pouvant à peine contenir sa joie, que dan* votre cœur j'ai à peu près pris la pbee de votre père.

— Ce n'est pas tua bute, monsieur Rodolphe. C'est peut-être mal à mol... mai* je vous l'ai dit, je vous connais et je ne connais pas mon pere; et elle ajouta on balisant b tète avec contusion -. et puis, enfin, vous savez le passé... monsieur Rodolphe... et malgré cela vous m'avez comblée de bouté* : mais mon père ne le sait pas. rai... ce passé. Peutêtre rvgreltcra-t-il de m'avoir retrouvée, ajouta b malheureuse enfant eu frissonnant, et puisqu'il est, comme te dit madame... d une grande naissance... sans doute il aura honte... il rougira de moi.

— Rougir de vous! s'écria Rodolphe en se redressant le front allier, le regard orgueilleux. Rassurez-vous, pauvre enfant, votre père vous fera ono position si brillante, si haute, que les plus grands parmi les grands de ce monde ne vous regarderont désormais qu'avec on profond respect. Rougir de vous! non... non. Après les reines, auxquelles vous êtes alliée par le sang... vous marchiez de pair avec les plus nobles princesses de l'Europe.

— Monseigneur ! s'écrièrent à 1a fois Murph et Clémence, effravés de l'exaltation de Rodolphe et de b pâleur croissante de Fkur-de- Marie, qui regardait son père avec stnpcor.

— Rougir de toi! continua-t-il, oh! si j'ai jamais été heureux et 6er de mon rang souverain... c'est parce que, grâce à co rang, je puis t'élever autant «tue tu as été abaissée... entends-tu, mon enfant chérie... nu fille adorée?... car c'est moi... c'est moi qui suis ton père!

Et le prince, ne pouvant vaincre plus longtemps son émotion, se jeta aux pieds de Fleur-de-Marie. qu’il rouvrit de larmes cl de caresses.

— i Soyez béni, mon Dieu ! s’écria Fleur-de-.Maric en joignant les maint. Il m'était permis d'aimer mon bienfaiteur autant que ic l'aimais. .. C'tsi mon père... je pourrai le chérir sans remords... Soyez... béni... mon...

Elle ne put achever... b secousse était trop violente; Fleur-de-lbm s évanouit entre les bras dft prince.

Murph courut à b porte du salon de service. Couvrit et dit :

— Le docteur David... à l ioslaul... pour Son Altesse Royale... qudqu un te trouve mal.

— Malédiction sur moi!... je l’ai tuée... s’écria Rodolphe, en sanglotant agenouille devant sa fille. Marie... mon cabot... écoubj-moi... cest ton pere... Fanion... oh! pardon... de n'avoir pu retenir plus lonatcn; ce secret.. . Je l'ai tuée... mon Dieu ! je l’ai tuée I

— Calmez-vous, monseigneur, dit Clémence ; ü n'y s sans doute su*

ctrn danger... Votre». .. se» Joues sont colorées... c'est le saisissement... | seulement le saisissement.

— Mais â peine convalescente... elle en mourra... Malheur ! oh ! malheur sur moi !

A ce moment, David, le médeciu nègre, entra précipitamment, tenant à U main une petite caisse remplie de flacons, et un papier qu’il remit i Murph.

— David... ma fille se meurt... Je t’ai sauvé b vie... tu dois sauver uon enfant ! s'écria Rodolphe.

Quoique stupéfait de ces paroles du prince, qui pariait de sa fille, le docteur courut à Fleur-de-Marie, que madame d HarviUe tenait dans scs bras, prit le pouls de b Jeune fille, lui posa la main sur le front, et se retournant vers Rodolphe qui, pâle, épouvanté, attendait son arrêt :

— Il o'jr a aucun danger... que Votre Altesse se rassure.

— Tu dis vrai... aucun danger... aucun?...

— Aucun, monseigneur. Quelques gouttes d'éther, et cette crise aura cessé.

— Oh ! merci... David... mon bon David! s'écria le prince avec effusion. Puis, s’adressant à Clémence, Rodolphe ajouta : Elle vit... notre fllft vivra...

Murph venait de Jeter les yeux sur le billet que lui avait remis David eo entrant ; il tressaillit et regarda le prince avec effroi.

— Oui, mon vieil ami !... reprit Rodolphe, dans peu de temps ma fille pourra dire à madame b marquise d'Harville... Ma mère...

— Monseigneur, dit Murph en tremblant, b nouvelle d’hier était Lusse...

— Que dis-tu?

— Une crise violente, suivie d’une syncope, avait bit croire. .. à 1% mon de la comtesse Sarah...

— La comtesse !

— Ce matin... on espère la sauver.

— O mon Dieu!... mon Dieu! s’écria le prince atterré, pendant que Clémence le regardait avec stupeur, ne comprenant pas encore.

— Mouseigneur, dit David, toujours occupé de Fleur-de-Marie, il n’y a pas b moindre inquiétude à avoir... Mais le grand air serait urgent ; on pourrait rouler le fauteuil sur b terrasse en ouvrant la porte du jardin... (‘évanouissement cesserait complètement.

Aussitôt Murph courut ouvrir b porte vitrée qui donnait sur un immense perron formant terrasse ; puis, aidé de David, U y roub doucement le fauteuil où se trouvait b Goualeuse, toujours sans connaissance.

Rodolphe et Clémence restèrent seuls.

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