‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Les mysteres de ParisChapitre 33 sur 174 · GÉNÉALOGIE DES SOUVERAINS DE L'EUROPE ET DE LEUR FAMILLE · texte numérisé non relu

GÉNÉALOGIE DES SOUVERAINS DE L'EUROPE ET DE LEUR FAMILLE

CKROLSTBIK.

a Grand-duc ; MAXtKn.iEx-Ro 0 n 1 .FiiB, né le 10 décembre 1704. Soccèd’ à son père r.«*iat$-FRÈDtnix-R<>DotriiE, le 21 avril 1785. — Veuf, jauvier 18:18, de L jCisk, Cille du prince Jeav Arcrsig de Rdrclen.

« Fils : Gwtavk-Rodolpuk, né le 17 avril 1803.

c Mère : Grande-duchesse Judith, douairière, veuve du grand-duc CaARLEs-FRËnÉMR-RoDOirBB, le 21 avril 1785. »

Tom, avec assez de sens, avait d'abord inscrit sur sa liste les plus jeunes des princes qu'il convoitait pour bcaux-freres, pensant que rex- Ircme jeunesse est de bien plus facile séduction qu'un àj»e mûr. D’ailleurs, nous l'avons dit, Tom et Sarah avaient été particulièrement recommandés au grand-duc régnant de lîeroïstcln par le vieux marquis d'ilarvillo, engoué, comme tout le inonde, de Sarah, dont il oe pouvait assez admirer la beauté, b grâce et le charmant naturel.

Il est inutile de dire que l'héritier présomptif du grand-duché de Gerolstein était f/uriorc-ftoDouHE ; il avait dix-huit ans i peine lui aqu* Tom et Sarah furent présentés à son père.

L’arrivée de b jeune Ecossaise fut un événement dans celle petite cour allemande, calme, simple, sérieuse, et pour ainsi dire palrbrrale. *Lc grand-duc, le meilleur des hommes, gouvernail ses Etat» avec une fermeté sage et une bonté paternelle ; rien de pin matériellemeot, de plus moralrincnt heureux que cette principauté ; sa population laborieuse et grave, sobre et pieuse, offrait le type idéal du caractère allemand.

Ces braves gens jouissaient d’un bonheur si profond, ils étaient : complètement satisfaits de tour condition, que 1a sollicitude éclairée du grand-duc avait en peu à faire peur les préserver de b manie des innovations con.-litulionndles.

Quant aux modernes découvertes, quant aux idées pratiques qui coa valent avoir une influence salutaire >.ur le bieu-éirc et sur la nvor.ilK.ilion du peuple, le graml-dur s'en informait cl les appliquait incessamment, scs résidents auprès des différentes puissances de l'Eoropr n'ayant pour ainsi dire d'autre mission que celle de tenir leur maître au courant de tous les progrès de b scicoce au point de vue d'uli’iti: publique et pratique.

Nous l'avons ait, le grand-duc ressentait autant d'affection que reconnaissance pour le vieux marquis d'ilarvillo, qui lai avait rendu, en 1815, d'immenses services; aussi, grâce, i la recommandation de. o dernier, Tom et Sarah Sey ton de Ualsbury furent accueillis à la cour de Gcrobtclo avec une distinction et une bonté l ri ^particulière».

Quinze jours après son arrivée, Sarah, douée d'un profond espri* d'observation, avait facilement pénétré le caractère ferme, loyal cl nuvert du grand-duc ; avant de séduire le fils, chose immanquable, elli avait sagement voulu s'adorer d>-s dispositions du père. Celui-ci paraisait aimer si follement son fils Rodolphe, qu'un moment Sarah lu cru capable de consentira uue mésalliance plutôt que de voir ce fils cher» éternellement malheureux. Mais bientôt l'Eeossaisc fut convaincue qo ce père si tendre ne sc départirait jamais de certains principes, de certaine:; idées sur les devoirs des princes.

L’c n’était pas de sa part orgueil : t 'était conscience, raison, dîpnin

Or, un homme de celle trempe énergique, d'autant plu» affectueux d bon qu'il est plus ferme ci plus fort, ne concède jamais rien de ce qui touche à sa conscience, à sa raison, à sa dignité.

Sarah fut sur le point de renoncer ï son entreprise, en présence <i ces obstacle* presque insurmontables; mais, rélléchissanl que. par cor; pensation, Rodolphe était très-jeune, qu’on vantait généralement s douceur, sa boute. son caractère à b fois timide cl rêveur, clic en: le jeune prince faible, irrésolu elle persista donc ikms sou projet d dan» ses espérances.

A celte occasion, sa conduite cl celle de son frère furent un cl>cfd’œuvre d’habileté.

La Jeune hile sut se concilier tout le monde, et surtout les perso nntqni auraient pu cire jalouses ou envieuses de ses avantages ; elle fit »«• bücrsa beauté, ses grâces, par la simplicité modeste dont elle lc> voû Bientôt elle devint l idole non-euieuient du grand-duc, mais de sa mer la grande-dui liesse Judith douairière, qui, malgré, ou à cause de s quatre-vingt-dix ans, aimait à la folie tout ce qui était jeune et chu" tuant.

i'Iusicnrs fois Tom et Sarah parlèrent do leur départ. Jamais le set venin de Uernlsicin ne voulut y consentir; et, pour s’attacher tout bit le frère et In sœur, il prb le baronnet Tom Seytonde llalsbury dY c enter I emploi vacant de premier écuyer, et il supplia Sarah de ne quitter h grande-dochcsre Judith, qui ne pouvait plus sc passer d"*»

Après de nombreuses hésitations, combattues par les plus pressant influences, Tom et Sarah accepteront ccs brilbnlcs propositions.

LES MYSTÈRES* DE PARTS

l'établirent à la cour de Gerolstein, où il» étaient arrives depuis deux moi».

twrah, excellente musicienne, sachant le goût de b grand-duchesse pour les vieux maîtres, et entre autres pour Gluck, fit venir J'«nuvre de ccl homme illustre, et fittCitt b vieille priocou par son in ép u i sable complais.mce et par le talent remarquable avec lequel elle lui chantait ces aucirns airs, d'une béante si simple, si expressive.

Tom, de sou côté, sut se rendre in s-utile dans l'emploi que le grandduc lui avait confié. L'Ecossais connaissait parfaitement les chevaux ; il avait beaucoup d'ordre et de fermeté : en peu de temps il transforma presque complètement le service des écuries du grand-duc, service que la négligence et la routine avaieut presque désorganisé.

Le frère cl la sœur furent bientôt egalement aimés, fêté», choyés dan» celte cour. La préférence du maître commande les préférences secondaires. Sarali avait d'ailleurs besoin, pour ses futurs projets, de trop de point-, d'appui pour ne pas employer son habile séduction à se taire des partisans. Son hypocrisie, revêtue de» formes les plus attrayantes, trompa facilement la plupart de ces loyales AHcnundéS, et l'affection générale consacra bientôt fcinsslve bienveillance du grand-duc.

Voici donc notre couple établi à la cour de Gerolstein, parfaitement et honorablement posé, sans qu’il ait été unjnomeut question de R«>dolpbe. Par un hosard heureux, quelques jours après l'ar rivée de Sarah, ce dentier était parti pour une Inspection do troupes avec un aide de camp et le fidèle Murph.

Cette absence, doublement favorable aux vues dû Sarah, bit permit de disposer «» son aise Iss principaux ils de la trame qtiVUe ourdissait, sans être gênée par la présence du jeune prince, dont l'admiration trop marquée aurait peut-être éveillé les craintes du grand-duc.

Au contraire, en l'absence de son fils, il ne songea malheureusement nas qu'il veuait d'admettre dans sou intimité une jeune fille d’une rare beauté, d'un esprit charmant, qui devait se trouver avec Rodolphe à cimquc Instant cru jour.

Sarah resta intérieurement insensible à cet accueil si touchant, si généreux, à celle noble coufiance avec laquelle on l'introduisait au cœur de cette famille souveraine.

Ni celle jeune fille ni sou frère ne reculèrent un moment devant leurs mauvais desseins; ils venaient sciemment apporter le trouble et le chagrin dans cette cour paisible et heureuse. Ils calculaient froidement les résiliais probables des cruelles divisions qu'ils allaient semer entre un per u cl un lits jusqu'alors tendrement unis.

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