CHAPITRE XIV
L’étude.
L’élude de M. Ferra ud r«s. -tmblail à toutes les élude»; »t> clercs A tous les ciercs. On y arrivait pnr une antichambre meublée de quatre vieilles chaises Dans l'étude proprement dite, cuiou> ée de casiers garnis des cartons renfermant les dossiers des clients de M. Ferrand, cinq
jeunes gens, courbés sur des pupitres de bois noir, riaient, causaient, ou srifionnaicnt incessamment.
Une salle d'attente, encore remplie de carions, cl dans laquelle se tenait d'habitude >1. le premier clerc ; puis une autre pièce vide, qui, pour pim de secret, séparait le cabinet du nofaire de celle salle d'attente, tel était l'ensemble de ce laboratoire d’actes de toutes sortes.
Deux heures venaient de sonner â une antique pendule â coucou placée entre tes deux fenêtres de l'élude ; une certaine agitation régirait parmi les clercs; quelques fragments de leur conversation feront counaltre h cause de cct émoi .
— Certainement, si quelqu'un m’avait soutenu que François Germain était un voleur, dit l’un de» jeunes gens, j’aurais répondu : Vous en avez menti !
— Moi aussi!...
— Moi aussi !...
— Moi, ça m'a fait un toi effet de le voir arrêter et emmener par b garde, que je n'ai pas pu déjeuner... J'en ai élé récompensé, car ça m’a épargné de manger la ratatouille quotidienne de la mère Séraphin.
— Dix-sept mille francs, c’est une somme !
— Une fameuse somme !
— Dire que, depuis quinze mois que Germain est caissier, il n'ax'ait pas manque nu centime â la caisse du patron !...
— Moi, je trouve que le patron a en tort de faire arrêter Germain, puisque ce pauvre garçon jurait scs grands dieux qu’il n'avait pris que 1,500 francs eu or.
— I l'autan! plu» qu’il les rapportait ce matin pour les remettre dans la caisse, ces 1,300 francs, au moment où le patron venait d'envoyer chercher la garde..
— Voilà le désagrément des gens d'une probité féroce comme le patron, ils sont inqiiloy ailles.
— C'est égal, on doit y regarder à deux fois avant de perdre on pauvre jeune homme qui s'est bien conduit jusque-là.
— M. Ferrand dit à cela que c’est pour l'exemple.
— L’exemple de quoi? Ça ne sert a rien â ceux qui sont honnêtes, et ceux qui ne le sont pas savent bien qu’ils sont exposés à être découverts s'ils volent.
— U maison est tout de même une bonne pratique pour le commissaire.
# — Comment ?
— Dame! ce matin cette pauvre Louise... tantôt lier main...
— Moi, l'affaire de Germain ne me parait pas claire...
— Puisqu’il a avoué !
— Il a avoué qu’il avait pris 1,500 francs, oui mais il soutient comme un enragé qu’il n'a paspris les autres 15,000 francs cil billots de banque et les autres 700 francs qui manquent à h caisse.
— Au lait, puisqu'il avoue une chose, pourquoi n avouerait-il pas l'autre ?
— C’est vrai; on est aussi puni pour 1,500 francs que pour 15,000 francs.
— Oui ; mais on garde les I 5,000 francs, et, en sorlaul de prison, ça Lot un petit établissement, dirait un coquin.
— Pas si bêle !
— On aura beau dire et beau faire, il y a quelque chose là-dessous.
— ■ Et Germain qui défendait toujours Je patron quand nous l'appelions
jésuite !
— C’est pourtant vrai. « Pourquoi le patron n’anrak-U pas le droit d'aller à la messe? nous disait-il . vous avez bien le droit de n’y pas aller. »
— Tiens, voilà Cliahmel qui rentre de course; c'est lui qui va être étonné 1
— De quoi, de quoi, me» braves? est-ce qu’il y a quelque chose de nouveau sur celle pauvre Louise?
— Tu le saurais, iljucur, si lu u'élais pas resté si longtemps en course.
— Tiens, vous erpyez peut-être qu’il n’y a qu’un pas de clerc d’ici à la rue de Chaiiiot.
— Oli ! mauvais ! .. mauvais!...
— Eli bien! ce fameux vicomte de Saint-Remy?
— Il u’est pas encore venu?
— Non.
— Tien», sa voiture était attelée, et il m'a fait dire par son valet de chambre qu’il allait venir tout de suite; mai» il n'a pas l'air content, a dit le domestique... Ali ! messieurs, voilà un joli petit hôte! !... un crâne luxe. dirait d'une de ces petites maisons des seigneurs d’autrefois... dont on parle dan» Fuubbs. Oh! Pauhlas... voilà mon héros, mon modelé ! dît Chalamcl en déposant son parapluie et en désarticulant ses socques.
— Je crois bien alor- qu'il a des dettes et des contraintes par corps, cc vicomte.
— Une recommandation de irenie-qualre mille francs que l'huissier a envoyée ici, puisque c’est à l'étude qo on doit venir paver ; le créancier aime mieux ça, je ne sais pas pourquoi.
— Il faut bien qu i! puisse payer maintenant, ce beau vicomte, puisqu’il est revenu hier soir de b campagne, où il était caché depuis trois jours jiour cchapj cr aux gardes du commerce.
— Mais cornu u ni n’a-t-ou pas déjà saisi chez lui?
— Lui, pas hêle' la maison n’est pa* à lui, son mobilier est au ttom Je sou valet de chambre, qui est censé lui louer e» garni, de même que ses chevaux et ses voitures sont au nom de «on cocher, qui dit, lui, qu'il douirC à loyer an vicomte îles équipages magnifiques A tant par mois. Oh! c’est un malin, allez, SI. de Suint-Hcmy. .Mais qu’esl-ce que vous disiez? qu’il est arrivé encore du nouveau ici T
— Ligutc-toi qu'il v a deux heures le patron entre Ici comme un furieux : — Germain u est pas là? nous crie-t-il. — Non , monsieur. — Eh bien ! le misérable m'a volé hier soir dix-st pl mille francs, reprit le patrou.
— Germain... voler... allons donc !
— Tu vas voir.
— Gomment donc, monsieur, vous êtes sûr? mais ce n'est pas possible, que nous nous écrions.
— Je vous dis, messieurs, que j'avais mis hier dans le tiroir du bureau où H travaille quinze billets de mêle, plus deux mille Iraucs eu or daus une petite boîte : tout a disparu. A ce moment, voilà le père Marrilon, le portier, qui arrive en disant : — Monsieur, la garde va veuir.
— El Germain?
— Attend-, donc... I* patron dit au portier : — Dès que M, Germain licndra, envoyez-le ici, à l'étude, sans lui rien dire... Je veux le confondre devant vous, messieurs, reprend le patron Au bout d'uu quart d'heure, le {Mon* Germain arrive comme si de*, i n'était; la mère Séraphin venait d'apporter notre ratatouille : il salue le patron, nous dit bonjour très-lranquillemenl. — Germain, vous ne déjeunez pas? dit S! Ferrand. — Non, monsieur; merci, je n'ai pas faim. — Vous venez bien tard ? — Oui, monsieur... j’ai été obligé d’aller i BellevHIe ce matin.
— Sans doute pour cacher l'argent que vous m'avez volé? s'écria SI. Ferrand d’une voix terrible.
— Et Germain?...
— Voilà le pauvre garçon qui devient pâle comme un mort, et qui répond tout de suite eu balbutiant : — Monsieur, je vous en supplie, ne me [teniez pas...
— Il avait volé?
— Mais attendez donc, Chalamel. — Ne me perdez pas! dit-il au patron. — Vous avouez donc, misérable?— Oui, monsieur... mais voici l'argent qui manque. Je croyais pouvoir le remettre ce malin avant que vous fussiez levé : malheureusement, une personne qui avait à moi uue petite somme, et que je croyais trouver hier soir chez die, était à Belli ville depuis deux jours; il m'a fallu y aller ce malin. C'est ce qui a causé mou retord... Grâce, monsieur, ne me perdez pas ! Eu prenant ect argent, je savais bien que je pourrais le remettre ce matin. Voici l. s treize cenb* francs en or. — Comment, les treize cents francs! s'écria M. Ferrand. Il s’agit bien de treize cents francs! Vous m'avez volé, dans le bureau de la chambre du premier, quinze billets de mille francs dans un portefeuille vert et deux mille francs eu or. — Moi!... jamais ! s’écria ce pauvre Germain d’un air renversé. — Je vous avais pris treize cents francs eu or... mais pas un sou de plus. Je n'ai pas vu de portefeuille dans le tiroir; il n’y avait que d ux inilîc francs en or dans une boîte,
— Oh' l'intime menteur!... s’écria le patron. Vous avez volé treize cents francs, vous pouvez bien en avoir volé davantage ; la justice prononcera... Oh ! je serai impitoyable pour un si affreux abus de confiance. Ce sera un exemple... Kuhn, mon pauvre Chabnrel, la garde arrive sur ce coup de U'tnps-là, avec le secrétaire du commissaire, pour dresser procès-verbal; ou empoigne Germain, et voilà!
— C' est-il bien pos>ible? Germain, la crème des honnêtes gens!
— Ça nous a paru aussi bien singulier.
— Après ça, il faut avouer une chose : Germain était maniaque, U ne voulait jamais dire où il demeurait.
— Ça, c'est vrai.
— Il avait toujours l'air mystérieux.
— Ce u'est pas une raison ponr qu'il ait volé d'rx-scpt mille francs.
— Sans doute.
— C’est une remarque que je fais.
— Ali bien !... voilà une nouvelle!... c’est comme si ou me donnait nu coup de poing sur la tête... Germain... Germain... qui avait l'air si honnête... à qui on aurait donné le bon Dieu «ans confession !
— Ou dirait qu'il avait comme un pressentiment de son malheur...
— Pourquoi?
— Depuis quelque temps il avait comme quelque chose qui le rongeait.
— C'était peut-être à propos de tamise.
— De Louise?
— Après ça, je ne fais que répéter ce que disait ce matin la mère Séraphin .
— Quoi donc? quoi donc?
— Qu'il était l'amant de Louise... et kl père de l'enfant...
— Voyez-vous, le sournois !
— Tiens, tiens, tiens!
— Ah ! bah !
— Ca n’est pas vrai !
— Comment sais-tu ça, Chalamel?
— Il n'y :> pas quinze jours que Germain m'a dit, en Confidence, qu’il était amoureux fou, mais fou, fou, d une petite ouvrière, bien honnête,
qu'11 avait connue dans une maison où il avait logé; if avait les larmes aux yeux en me parlant d’elle.
— Ohé, Chalamel! ohé, Cbabmei! est-il rococo!
— Il dit que Faublas est son héros, i . il est assez bon enfant, assez cinehe, assez actionnaire pour ne pas comprendre qu’on peut être amoureux *le l'une ci être l’amant de Vautre.
— Je vous dis, moi, que Germain parlait sérieusement...
A ce moment, le maître clerc entra dans l'élude.
— - Eh bien! dit-il, Cbabmei, avez-von: fait tout.? les courses?-
— oui, monsieur Dubois, j’ai etc chez M. de Salnl-Rcray, il va venir tout à l'heure pour payer.
— Et chez madame’ la comtesse Mac-Grégor?
— Aussi., voilà h réponse.
— Et chez la comtesse d'Orbiguy?
— Elle réméré i<. bien le patron*: elle est arrivée hier matin de Normandie, elle ne s'attendait pas à avoir sitôt sa réponse : voilà la lettre. J'ai atisri passé cb*»z l'intendant de M. le marqué d'Ibrville, comme il l'avait demandé, pour les frais du contrat que j’ai été faire signer l'autre jour à l’hôtel.
— Vous lui a\ iez bien dit que ce n’était pas si pressé ?
— Oui ; mais l’intendant a voulu jiaycr tout de même. Voilà l'argent.
| Ah ! j’oiibli.tp* cette carte qui était ici en bas chez le portier, avec un mot au crayon écrit dessus (pas sur le portier) ; ce monsieur a demandé le patron, fl a laissé cela.
— Waltir Mimru , lut le maître clerc, cl plus bas, au crayon : « reviendra à trois heures pour altères Importantes. » Je ne connais pas ce nom.
j — Ah ! j’onbliais encore, reprit Chalamel, M. Radiant a dit que c'était bon, que M. Ferrand fasse comme il Fealcndralt, que ça serait toujours bien.
— Il n’a pas donné de réponse par écrit?
| — Non, monsieur, il a dit qu’il n'as ait pas le temps.
I — Tris-bien.
! — M. Chat les Robert viendra aussi dans la journée parier au patron ;
| H parait qu’il s'est b tlo hier en duel avec le duc de Lucenay.
; — Est- il I) «é ?
i — Je ne < rois pas, on me l'aurait dit chez lui.
— Tiens ! une voilure qui s'arrête...
— OU ! les beaux chevaux ! sout-ils fougueux !
— Et ce gros cocher anglais, avec sa perruque bl.inche et sa livrée brune à galons d argent, et ses épaulettes comme un colonel !
— C’est un ambassadeur, bien sûr.
— Et le chasseur, en a-t-il aussi, de cet argent sur le corps !
— Et de grandes moustaches !
— Tiens, dit Chalamel, c'est b voiture du vicomte de Saint-Kemy
' — One ça de genre? merci !
| Bieulût après, M. de Saial-Remy entrait dans l'étude.
CliAI'IlHE. Ai.
M 4# Saiat-'!i:uT.
Nous avons dépeint b charmante bgurr, I dog me® exquise, la tonr- 1 uure ravissante «le M. de Saiut-Rcmy, arrivé la \< illo de 1a ferme d’Ar- . n-uiville (propriété de madame la duché -e de Lueimay f, où il avait trouvé un refuge contre les poursuites des gardes du commerce Mali- ' corne et Bourdin.
M. de Salnl-Rcmy entra brusquement dans l’élude, son chapeau sur 1 b tête, l'air haut cl fi r, fermant à demi les yeux, cl demandant d un air 1 souverainement impertinent, sans regarder personne :
1 — l.c notaire, ou est-il?
' — M. Ferrand travaille dans son cabinet, dit le maître clerc, si vous
voulez attendre un in-tanl, monsieur, il pourra vous recevoir.
— Comment, attendre?
— Mai«, monsieur...
— Il o’v a pas de mais, Monsieur ; allez lui dire que Al de Saint-Bcmjr est là... Je trouve encore sin *: lier que ce not ire me fasse faire antichambre. . Ça empeste le poêle ici !
I — Veuillez passer dnn« la pièce à côté, nr-nrieur, dit le premier clerc, t j'irai tout do su : îe prévenir M Ferrand.
AI. île Saiut-Rcmy liau-a les épaules, et suivit le ombre clerc.
Au bout d'un quart d'heure qui lui sembla fort long et qui changea «on dépit en colère, M. d»* Sainl-Remy fut introduit dans le rabinet du not air»».
Rien de plus curieux que le contraste de ccsdeux hommes, t «us deux profondément physionomistes et généralement habitués à juger presque »lu premier coup "d’œil à nui ils avaient affaire.
M. de Saint-Rouiy voyait Jarqucs Ferrand pour la première fois. Il fut frappé du caractère d.- cette figure blafarde, rigide, impassible, au regard caché par d'énormes Innettes vertes, au crâne disparaissant à demi sons un vieux bonnet de soie uoire.
Le notaire était assis devant sou bureau, sur un fauteuil de cuir, à côté d'une cheminée dégradée, remplie de cendre, où fumaient deux tisons noircis. Des rideaux de percaline verte, presque en lambeaux, ajustés à de petites tringles de 1er sur les croisées, cachaient les vitres inférieures et jetaient u nis ce cabinet, déjà sombre, un reflet livide et sinistre. Des casiers de bois noir remplis de cartons étiquetés, quelques chaises de merisier recouvertes de velours d'Ulrechl jaune, une pendule d'acajou, un carrelage jaunâtre, humide et glacial, un plafond sillonné de crevasses et orné de guirlandes de toiles d'araignée, tel était le 3<inc/u« tuA clonnn de M. Jacques Ferrand.
Le vicomte n'avait pas fait deux pas dans ce cabinet, n'avait pas dit uuc parole, que le notaire, qui le connaissait de réputation, le baissait déjà. D'abord il voyait eu lui, pour ainsi dire, un rival en iouiberio. ; et puis, par cela même que M. Ferrand était d’une mine basse et ignoble, il délei.(ait chez Je» autres l'élégance, la grâce et la jcuucsse, surtout lorsqu'un air suprêmement iusoleul accompagnait ces avantages.
Le notaire affectait ordinairement une sorte de brusquerie rude, presque grossière, envers ses clients, qui n en ressentaient que plus d'estime pour lui eu raisoH de ces manières de paysan du Danuue. Il se promit de redoubler de brutalité envers M. de &iiul-Reiny.
Celui-ci, ne connaissant aussi Jacques Ferrand que de réputation, s’attendait à trouver en lui uuc sorte de tabellion, bonhomme ou ridicule, le vicomte se rvjw é>cnlant toujours sous des dehors presque niais les hommes de probité proverbiale, dont Jacques Ferrand était, disait- on, le type achevé.
Loin de là, la physionomie, l'altitude du tabellion, imposaient au vicomte un ressentiment indéfinissable, moitié crainte, moitié haine, quoiqu'il n eût aucune raison sérieuse de le craindre ou de le haïr. Aussi, en conséquence de son caractère résolu. .M. de Saiul-Reniy exagéra-t-il encore son insolence et sa fatuité habituelles. Le notaire ga liait son boum l sur sa tête, le vicomte garda son chapeau, et s'écria, des la porte, d'une voix haute et mordante :
— Il est, pardieu! fort étrange, monsieur, que vous me donniez b peine de venir ici, au lieu d’envoyer chercher chez moi l'argent des traites que j ai souscrites à ce Budiuot.cl pour lesquelles ce drôle-là m'a poursuivi... Vous me dites, il est vrai, qu’en outre vous avez une communication très-importante à me faire... soit... mais alors vous ne devriez nas m'exposer à attendre un quart d'heure dans votre antichambre cela n’est pas poli, monsieur.
M. Ferraud. i.i passible, termina un calcul qu’il fai ail, essuya méthodiquement sa plume sur 1 éponge imbibée d'eau qui entourait sou encrier de faïence ébréche, et leva vers le vicomte sa face glaciale. Ici reuse et camuse, chargée d une paire de lunettes.
On « Al dit nue tête de mort dont les orbites auraient été remplacées par de tartes prunelles fms, glauques et vertes.
Après I avoir cousidéré un nn meut eu silence, le notaire dit au vicomte, d’une voix ! rusque cl brève :
— Où est l'argent?
Ce sang-froid exaspéra M. de Sainl-Dcmy.
Lui... lui, l'idole des femmes, l'envie des hommes, le parangon de la meilleure compagnie de Paris, le duelliste red uté, ue pas produire plus d'effet sur un misérable notaire! cela était odieux ; quoiqu'il fût en lêleà-tétc avec Jacques Ferrand, sou orgueil intime sc révoltait.
— Où sont les traites?
Reprit il ainsi brièvement.
Du bout d'un de scs doigts durs comme du fer et couverts de poils roux, le notaire, sius répoudre, frappa sur un large portefeuille de cuir posé près de lui.
Décidé à ctie aussi laconique, mais frémiss: ni de colère, le vicomte prit ila ns la poche de sa redingote un petit agenda de cuir de Rm.ic frimé par des agralès d'or, en lira quarante billets de mille fraucs, et les montra au notaire.
— Combien ? demanda celui-ci.
— Quci mule mille francs.
— Donnez...
— Tenez, et finissons vite, monsieur; faites votre métier, payez vous, remettez -moi les traites, dit le vicomte en jetant impatiemment le paquet de billets de banque sur b table.
Le notaire les prit, sc leva, les examiua près de la t .nétre, les tournant et les retournant un à un, avec une attention si scrupuleuse, cl l our ainsi dire si insultante pour M. de Saial-Rctny, que ce dernier eti ilé mit de rage.
Le notaire, comme s'il eût deviné les pensées qui agitafrut le vicomte, K>cli:> la tête, se tourna à demi vers lui, et lui du avec un accent iudéiuis able :
— Ça s’c>l vu...
Cn moment interdit, M. Je Saint-Pemy reprit sèchement :
— Quoi?
— lU-s billets Je banque faux, répondit le notaire en continuant Je soumettre (eux qu'il tenait à un examen attentif.
— A propos Je quoi me faites-vous cette remarque, monsieur?
Jacques Ferrand s'arrêta uu moment, regnida fixement le vicomte à
travers lunettes. puis, han-v.ul imperr j.tih'cmcul les épaules, ii se remit à invi tuoi 1er si 'il ir an» ; . ucei un* jafole.
— Mort-lieu, mons’eur I? mt.he, «açjj z que lorsque j'ulcrroge, * : n
inc répood ! s'écria M. de Saint-Remy irrité par le calme de Jacques Ferrand.
— Ceux-là sont bons... dit le notaire en retournant vers sou bureau, où il prit une petite liasse de papiers timbrés auxquels étaient atiuexcet deux lettre» de change; il mit ensuite uu des billets de mille fraucs d trois rouleaux de cent francs sur le dossier de b créance, puis il dit à M. de Saint-Rciny, en lui indiquant du bout du doigt l'argent et les litres :
— Voici ce qui vous revient des quarante mille francs ; mou dieu m’a chargé de percevoir b note des irais.
Le vicomte s’était contenu a grand' peine pendant que Jacques Ferrand établissait ses comptes. Au lieu de lui répondre et de prendre l'argent, il s'écria d'une voix tremblante de colère :
— Je vous demande, monsieur, pourquoi vous m’avez dit, à propos des billets de banque que je viens do vous remettre, qu’on en avait va de faux?
— Pourquoi?
— Oui.
— Parce que... je vous ai mandé ici pour une affaire de faux...
Et le notaire braqua scs lunettes vertes sur le vic omte.
— En quoi celle affaire de faux n>e concerne-t-elle?
— Apres on moment de sileuce, M. Ferrand dit au vicomte, d’un air triste et sévère :
— Vous rendez-vous compte, monsieur, des fonctions que remplit uu notaire ?
— Le compte et les fonctions sont parfaitement simples, monsieur ; j'avais tout à l’heure quarante mille francs, il m’en reste treize ceati...
— Vous êtes très-plahaut, monsieur... Je vous dirai, moi, qu’un u* fcire est aux affaires temporelles ce qu'un confesseur est aux aihire* spirituelles... Par étal, il counalt souvent d’ignobles secrets.
| — Après, monsieur?
— Il se trouve souvent forcé d'èlre cn relation avec des fripons...
, — Ensuite, monsieur?
I — Il doit, autant qu'il le peut, empêcher un nom honorable d'ètr* traîné dans b boue.
I — Qu ai-je de commun avec tout ccb ?
j — Votre père vous avait laissé un nom respecté que vous dêsbuBcrez, monsieur ! ...
— Qu'osez-vous dire ?
— Sans l iiitérét qu'inspire ce nom à tous les honnêtes geus, au Ira d'être cité ici, devant moi, vous le seriez à celte heure devant le jup d instruction.
— Je ne vous comprends pas.
— Il y a deux mois, vous avez escompté, par l'intermédiaire tfa agent d'affaires, une traite de cinquante-huit nulle fraucs, souscrite pif la maison Meubert cl compagnie, de Hambourg, au profit d'un Wiljiaa Smith, cl payable dans trots rouis chez M. Grimuldi, banquier à Parii-
— Eh bien !
— Cette traite est fausse.
— Ccb n'est pas vrai...
— Celte traite est fausse!,.. La maison Meulaert u’a jamais contracté d’engagement avec William Smith ; elle ne le connaît pas.
— Serait-il vrai! s'écrie Bl.de Saiot-Remj avec autant de surprit* que d’indignation : mais alors j'ai été horriblement trompé, monsieur.car j’ai reçu celle valeur comme argent comptant.
— De qui?
— De M. William Smith lui-même; b maison Meubert est si connue ... je connaissais moi-même tellement 1a probité de M. William Smith, que j’ai accepté cette traite cn payement d'une somme qu'il me devait...
— William Smith u'a jamais existé... c'est un personnage iiupnuire...
■ — Monsieur, vous m'insultez !
— Sa signature est fausse et supposée comme le reste.
— Je vous dis, monsieur, que M. William Smith existe; nuis j ui sans doute été dupe d'un horrible abus de couibuce.
— Pauvre jeune homme !...
— Expliquez-vous.
— En quatre mots, le dépositaire actuel de la traite est cuuvaiaoi que vous avez commis le faux...
— Mou -.icur !...
— il prétend cn avoir la preuve; avant hier il est venu me prier vous mander chez moi et de vous proposer de vous rendre cette fans* traite... moyennant transaction... JusntK--là tout était loyal ; voici .;a ne l'est plus, et je ne vous en parle qu'a liire de renseignements : il mande < ent mille francs. .. éeus... aujnm d'hui même ; ou ainou, duiw-*. à midi, le faux e t déposé au parquet du procureur du roi.
— C’est une indignité!
— El de plus uue absurdité... Vous êtes ruiné, tous étiez poufsU'JJ pour nue rOmme que vous venez de me payer, grâce à je ne sais qnelfc ! . 4Miree... vtila ce que j'ai dicla.é à ce t ers porteur... Il m'a rtpviwu à cela... qnc certaine grande dame très-riche ne vous laisserait p*' dû* l'cnibarras...
— Assez. tU'.iiMcur !... assez!...
— Autre indignité, autre absuidilé ! d'accord.
— Enfin, monsieur, que veut-ou?
— ludiguomeut exploiter une action indigne. J'ai conscufi à vous faire savoir rtUe proposition. toul eu U fiétrreaiil ranime un honnête homme doit la tlclrir. Maintenant cela vous regarde. Si vous êtes coupable, choitàuct entre la cour d’assiscs ou la rançon qu'on vous impose... Ma déni i relie est tout officieuse, cl je ne me mêlerai pas davantage d'une affaire au^sl sale. Le tiers-porteur s'appelle M. t'elil-Jean, négociant eu huiles ; il demeure sur le bord de la Seine, quai de Billy, 10. Arrangezvoii» avec lui. Vous êtes dignes de vous cutcudre... si vous êtes faussaire, comme il l'aflirme.
>1. de Saiut-Rcmy était entré chez Jacques Ferrand le verbe Insolent, la cèle liante. Quoiqu'il eût commis, dans sa vie quelque» actions honteuses, il restait encore en lui une certaine fierté de race, un courage •naturel qui ne s était jamais démenti. Au commencement do cel entretien, regardant le notaire comme un adversaire indigne de lui, il s'était MXHin-iité de le persifler. «
Loi >. pic Jacques Ferrand eut parlé de faux... le vicomte se sentit técrasé. A sou tour il se trouvait dominé par le uotaire.
Sau> l’empire absolu ou’tl avait sur lui-même, il n’aurait pu cacher l'impression terrible que lui causa cette révélation inattendue: car die pouvait avoir pour lui des suites incalculables, que le notaire ne soupçonnait même pas.
Apres un moment de silouce et de réflexion, il se résigna, lui m orgueilleux, si irritable, si vain «le sa bravoure, A implorer est homme grossier qui lui avait si rudement parié FauUère langage do la probité.
— Monsieur, vous me donne* une preuve d'intérêt dont je vous rcmeicit!; je regrette b vivacité de mes premières paroles... dit M. de Saiut-Ilcmy tfuii tou confiai.
— Je ne m'intéresse pas du tout A vous, reprit brutalement le notaire. Votre pero étant l'honneur même, je n’aurais pas voulu voir son nom A b cour d'asMM’s : voilA tout.
— Je vous répète, monsieur ,^pie je suis incapable de l'infamie dont on m’accuse.
b — Vous direz Cela A M. PeUt-Jean.
- — Mais, je l'avoue, l'abscncc de M. Smith, qui a indignement abusé de ma bonne foi...
® — lu faine Smith !
— I/alrtence de M. Smith me met dans un cruel embarras ; je suis • innocent: qu'on m'accuse, je le prouverai; mais une telle accusntiou Béirit toujours un gaLmt homme, u — Après?
— Soyez assez généreux pour employer la somme que je viens de vous remettre A désintéresser en partie la personne qui a celte traite
rtuti c les mains.
y.,. — Cet argent appartient à mon client, il est sacré !
•V— Mab dans d. u\ ou trois jours je le rembourserai.
— Vous ne le pourrez pas.
— J'ai des ressources.
* — Aucunes... d'avouables du moins. Votre mobilier, vos chevaux ne voui appartiennent plus, dites-vous... ce qui m'a l’air d'uue fraude
imligiM-,
— Vous êtes bien dur, monsieur. Mais, en admettant ceb, m? ferai-je pas argent do tout dans une extrémité aussi désespérée? Seulement, comme il m'est impossible de nie procurer d'ici A demain midi tout mille fraucs, je vous «m conjure, employé* l’argent que je viens de «Mus remettre A retirer cette malheureuse traite ; ou bien... vous qui Mies si riche... faites-moi cette avance, ne me hissez pas dans nue position pareille...
— Moi. répondre do cent mille francs pour von»! Ah çAI vous êtes loue f..a?
— Monsieur, je vous en supplie... au nom de mon père... dont vous •avez parlé... soyez assez beu pour...
' — Je suis bon nonr ceux qui le méritent, dit rudement le notaire ; .honnête homme, je hais le* escrocs, et je ne wraU pas fâché de voir un üfccè» beaux tiU sans fol ni loi. Impie» cl débauchés, uoe bonne fois Mtarlu- au pilori pour servir d'exemple aux autre»... Mais j'entends vo* chevaux qui stupa tien lent, monsieur le vicomte, dit le notaire ai soutimt du bout de tts dent* noires.
A ce moment on frappa A U porte du cabinet.
— Qn'e*t-ce? dit Jacques Ferrand.
— Madame la comtesse d'Urbiguy, dit le maître clerc.
— Priez-lu (Faltendre un Moment.
— C'est la boUc-uierc de b marqubc d'IbrvlHel s'écria M. de Saiul-
Retny.
— Oui, monsieur ; elle a rendez-vous avec moi ; ainsi, serviteur. y — Pas un mot de ceci, monsieur ! s'écria M. de Saint- Itauy d'un tou meraçaut.
— Je vous ni dit, monsieur, qu'un notaire était aussi discret qu'un Confesseur.
Jacques Ferrand sonna; le clerc parut.
— Faites entrer madame d’Orbigny. Puis, s'adressant au vicomte: Prenez ce» treize cents francs, nionsieur, ce sera toujours un A-compte pour M. Polit- Jean.
Madame d'Orbigny {autrefois madame Roland; entra au moment où M. de Saint Rnny sortait, les traits contractés par la rage de s’étre inotikincul humilié devant le notaire.
— Eh ! bonjour, monsieur de Saint-Rczny, lui dit madame d'Orbigny ; combien il y a do temps que je no vous ni vu...
— En effet, madame, depuis le mariage de d’ilarville, dont j'étais témoin, je n'ai pas eu l’honneur de vous rencontrer, dit M. do Saint- Hetny eu s'inclinant et en donnant tout A coup à scs traits une expression a fiable et souriante. Depuis lors, vous êtes toujours restée en Normandie ?
— Mon Dieu ! oui : IL d'Orbigny ne peut vivre maintenant qu'à la campagne.... cl ce qu'il aime, je I aime... Aussi, vous voyez en moi une vraie provinciale : je ne suis pas venue A Paris depuis le mariage de ma cliere belle-Ülle avec cct cxcclleul M. d'Uar ville... Le voyez-vous souvent ?
— D'Ilarvilte est devenu très-sauvage et très-morose. On le rencontre assez peu dans le monde, dit M. de SataMtemy avec une nuance d’impatience, car cel entretien lui était insupportable, et par son inopportunité, et narre que le notaire semblait s'en amuser beaucoup. Mais la bdle-mcrc de madame d'Ilarville, enchantée de celle rencontre avec un élégant, n'était pas f. mine A lâcher sitôt sa proie.
— Et ma chère belle-fille, reprit-elle, n est pas, je l’espère, aussi sauvage nue soo mari ?
— .Madame d’Ilarville est fort A b mode et toujours fort entourée, ainsi qu’il convient A une jolie ftininc; mais je crains, madame, d'abuser de vos moments... et ..
— Mais pas du tout, je vous assure. C Vsl une bonne fortune pour moi de rencontrer l'élégant élégant», le roi de b mode ; en dix minutes, je vais être au tait île Par» comme »i je ne lavai» jamais quitté... Et votre cher M. de Loceuay, qui était avec vous le témoin du mariage de M. d’Ilarville ?
— Plus original que jamais : U part pour l’Orient, et il en revient juste A temps pour recevoir hier matin un coup d’épée, fort innocent du reste.
— Ce pauvre duc ! Et u femme, toujours belle et ravissante ?
— Vous savez, madame, que j'ai l’honneur d’être un de scs meilleurs amis, mon témoignage A ce sujet serait suspect... Veuillez, madame, à votre retour aux Aubiers, me faire b grâce «le ne pas m’ouLIk-r auprès de M. d’Orbigny.
— Il sera 1 res sensible, je vous assure, à votre aimable souvenir ; car il s'informe souvent de vous, de vo» succès... Il dit toujours que vous lui rappelez le due de Lauzun.
— Otto roinp;m»oo seule est tout un éloge; mais, malheureusement pour mot. cl.- «-si beaucoup plus bkmvoHbiilc que vraie. Adieu, mod une; car je n'ose espérer que vous puissiez me iaiic l’honneur de me recevoir avant votre départ.
— Je mit désolée ouc vous prissiez b peine de vqnir die* nmi... Je mis tout A lait campée pour quelques jour» en hôtel garni : ma» si, cet été ou cct automne, vous passez sur notre route en allant A quelqu'un de tes châteaux A b mode où les merveilleuses se disputent le pbirir de vous recevoir... accordez-uous quelques jour», seulement par curiosité de «'murante, et pour vous reposer chez de pauvres campagonrds de l'étourdissement de b vie de château si élégante et si folie... car t’est toujours fête où vous allez !...
— Madame...
— Je o‘»i pas besoin de vous dire combien M. d'Orbigny et moi nous serons heureux de vous recevoir. MaK adieu, monsieur; je crains que le bourru bioufaitant (elle montra le notaire) ne s'impatiente de nos i»avardsjWi.
— ÛM au contraire, madame, bien au contraire, dit Ferrand avec un ocixnl qui redmbb h rage contenue de M. de Saint -llemy.
— Avoue» qw M . Ferrand est un homme terrible, reprit madame d'Orbigny en taisant I évaporée Mais prenez garde ; puisqu'il est beurm*cmcni pour vous chargé de vos affaire», il vous grondera furieusement, C’ttt un Immme impitoyable. Mai» nue di^-je ?... au contraire.'., un merveilleux comme vous.’, avoir M. Ferrand pour notaire... ruais c’est un brevet d’am» n lement ; car on sait bien qu’il ne laisse jamais faire de fctfen A v-» cUettt*, sinon il leur rend leurs comptes... Oh ! il ue veut pas être le notaire île tout le momie... Puis, s'adressant A Jacques Ferrand .* Savçî-tott*. monsieur le puritain, que c'cst nue superbe conversion que voas avez faite IA... rendre sage l'élégant par excellence, le roi de |.i mode ?
— C’c.-t justement une conversion, madame... M. le vicomte sort do mon cabinet tout autre qu’il u'v était outré.
— Quand je vous dis que vous faites des miracles !... ce n'est pas étmmunt, vous êtes uu saint.
— Ah! madame... vous me dallez, dit Jacques Ferrand avec componction.
M. de Saint-Rony salua profondément madame d’Orbigny ; puis, 3u moment de miilter le notaire, voulant tenter une dernière fois de l’apiloycr, il lui dit d'un ton dégagé, qui bissait pourtant deviner une anxiété profonde :
— Décidément, inon cher monsieur Ferrand, vous oo voulez pas m’accorder ce que je vous demande?
— Quelque folie, sans doute?... Soyez inexorable, mon cher puritain, s'écria madame d'Orbigny en riant.
— Vous eulcuder, monsieur, je ne pub contrarier une aussi belle 1 dame...
\* mère Bouvard
LES MYSTÈRES DR PARIS
— Mon cher monsieur Ferrand, parlons sérieusement... des fbo-es sérieuse*... cl vous savez nnc cdlo-là... l'est boaiii onp... Décidément vous inc refusez ’t demanda le vicomte avec une angoisse à peine dissimulée.
c'est impossible... 4e ne soulTrinii pas que, par caprice, vous fc
étourderie pareille... Monsieur le vicomte, je me regarde comme li leur de incs clients ; je n'ai pas d'autre famille, cl je nie regard comme complice des folies que je leur laisserais faire.
— Oh ! le puritain ! Voyez-vous le puritaiu ! dil madame d’Orbig
— Du reste, voyez. M. l'ctit-Jeau ; il pensera, j’en suis sdr, ment comme moi; et, comme moi, il vous dira... non !
M. de Saiot-Remy sortit désespéré.
Le notaire lui assez cruel pour paraître hésiter. M. de Saint-Remy eut ou moment d'espoir.
— Comment, homme de fer. vous cédez ? dil en riant b belle-mère de madame dTlarvllIe, vous subissez aussi le charme de l'irrésistible?...
— Ma loi. madame, j'étais sur le point de céder, comme vous dites ; mais vous me faites rougir de ma faiblesse, reprit M. Ferrand. Fuis, s’adressant au vicomte, U lui dit, avec une expression dont celui-ci comprit toute b signilicaliou : Là, sérieusement (et il appuya sur cc mot),
Après an moment de reflexion, il dit : — Il le but. Pub. î» SW c «•tir, qui tenait ouverte la portière de sa voiture:
— A l’hôtel de l.nçenay. .
PendâQt que M. deSalûl-Remy se nmd riiez la duchesse, «oa»iw