‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Paula Monti ou L'hotel LambertChapitre 38 sur 41 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Explication.

n nous reste b expliquer l’arrivée de M. de Morvillc au château de Brévannes, et sa présence, ainsi que celle de Paula dam le cbalet . où se trouvaient Bertne et Arnold on quart d'heure auparavant.

M. de Morville avait appris par madame de Lormoy, sa tante , que

Paula était subitement partie avec sou mari pour t.i Lorraine, au milieu de l'hiver, pour aller (tasser quelijue temps riiez M. de Brévannes.

M. de Morvillc ignorait complètement que Paula connût M. de Brévannes: ce départ si subit, si extraordinaire en cette saison, annonçait une iutimité bien grande. De plus, il se souvenait de quelques mots, de quelques réticentes de Paula lors de sa dernière entrevue avec elle au bai masqué. Il se crut sacrifié, trahi, ou plutôt il ne put trouver une raison plausible au départ de Paula : sa raison se perdu. Au risque de compromettre Paula par l’invraisemblance du prétexte de son vovage, il partit pour la Lorraine, décidé â parler â tout prix à madame de ilansfeld et à cclaicir ce mystère.

Il arriva en effet sur les quatre heures du soir, fil arrêter sa voilure à la grille du pare qui avoisinait le chalet, ainsi que uous l’avons dit, et envoya son domestique à madame de llansfeld avec ces mots ;

« Madame,

« Par suite d’uu nari avec ma tante, madame de Lormov, qui. surprise de votre brusque départ et assez inquiète sur votre sant^, désirait vivement savoir de vos nouvelles, j’ai gaçë que je viendrais m’en informer auprès de vous, et que je retournerais â l'instant à Paris rassurer madame de Lormoy. Si vous êtes assez bounc pour vous intéresser à mon pari, veuillez me le faire savoir. N ayant pas l’houneur de connaître M. de Brévannes, et ayant promis de ne pas même descendre de voiture, j’attends votre réponse â la grille du parc. »

Paula reçut ce billet au momcul où die rentrait de la promenade. Il pleuvait. Prendre à l'instant le premier manteau venu ( ce fut celui de Berthe, il se trouvait dans un vestibule), courir auprès de M. de Morville, tel fut le premier mouvement de Paula.

Au milieu de ses terribles angoisses die voulait à tout prix éloigner M. de Morvillc d’un lieu où pourrait se passer un événement si tragique.

M. de Morville descendit de voiture â la vue de Paula, entra dan* ie parc, prit son bras et lui fit de tendres reproches sur son départ si brusque, la suppliant de lui expliquer celle déterminatimi si bizarre.

Craignant d’être rencontrés dans le pare, quoique b nuit conuner. ’Al à venir, Paula Conduisit, tout en marchant, M. de Morvillc vers le pavillon où se trouvaient enfermés Berthe cl M. de llansfeld.

Eu entendant ouvrir la porte, Rerlhe. par un mouvement de frayeur involontaire, se réfugia dans la seconde pièce du pavillon ; A mot) la suivit et put. en entendant le rapide entretien de M. de Morvillc et île Paula, s’assurer que du moins Paula n'avait jamais oublié ses devoirs

M. de Morville , rassuré par les plus tendres protestations de Paula qui le pressait de partir, venait de loi demander un seul baiser sur le front... lorsque M. de Brévannes la tua, trompé par l'obscurité, pa; le manteau de Berthe, et surtout par la convk-Üon qu’il avait de la pr4sencc de celle-ci dans le pavillon.

On trouva, b lendemain, le châle d’iris flouant sur un des étangs.

On se souvient que M. de Morville avait dit à Paula qu'oQ serment sacré le forçait de fuir toutes les occasions de la voir.

L’était encore une machination d'iris.

Jalouse de ce nouvelle attachement de sa maîtresse, rite était allée trouver madame de Morville, lui avait fait un effrayant tableau de la jalousie cruelle et soupçonneuse du prince de Hansfeld, capable, dit-elle, de faire tomber M. de Morville daus un sanglant guet-apens s'il s’occu pait plus longtemps de la princesse.

Madame de Morville, épouvantée des dangers que courait son fils, lui fit jurer, sans hii découvrir la cause de son eiïroi, de ue plus songer â madame de Hansfeld à moins que celle-ci ne devint veuve. M. do Morville, quoique ce serment lui coûtât beaucoup, vit sa mère qu’il adorait, si émue, si suppliante, elle était d une santé si chancelante, qu’il sentit que la refuser serait lui porter un coup terrible , peut-être mortd. Il réda... il promit. .

Dix-huit mois après res événements, Berthe Raimond , princesse de Hansfeld , partit avec Arnold et le vieux graveur pour habiter l’Alkmague, où ils se fixèreut tous trois.

FIS DF paru MON Tl.

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