Oeuvres illustrees d'Eugene Sue Plik et Plok
A l.i faveur de la concentral iiMi profonde oui captive tous les interets dans iiii ordre d'idées liantes et n» es, l'auteur »lc ces réi ils espère se glisser inaperçu parmi le monde Intel aire. Puis, ayant pl is date et place, comme tant d'honnêtes gens que l'on a trouvés, après nos longues tourmentes sociales , assis très-haut dans l'opiuion d'un hou nombre , il aspire à pouvoir se carrer, comme eux, (Lins une décente léputation négative, duc au silence de la ci itique cl à l'opportunité des grands événements, si favorables aux petits esprit^.
Or. b carrière des vétérans dont nous parlons a été pleine, entière, honorée, grâce à leur ancienneté, qui (Lins les lettres prouve le mérite, à peu près comme uo chevron prouve la va-
Le gitan*
leur. L'avenir calme, la douce et paresseuse quiétude de ces gras cita- I le genre qu'il noines de b littérature, oui tellement affriandé l'auteur de ce livre, | besoins, de la
qu'il se liAlc de s'inscrira comme prvfii dans leur ordre, estimant que les mêmes circonstances amèneront sans doute un jour les mémo résultats.
l'n certificat de vie littéraire est doue toute l'ambition de railleur.
Cela dit, passons.
Avant Couper, il y aurait peut-être eu de l'audace à tenter d’intéresser le public français à des liafiiltiiles, à des caractères qui n’éveillent en lui aiieuue sympathie.
Incxpcrl des mœurs maritimes. il lui est vraiment imposMhlc d'apprécier la vérité des tableaux qu'on déroulerait à scs yeux.
Par la topographie do leur pays, et grâce à leur politique, les Américains étaicul appelés, mieux
3 u'aucun peuple du monc, à comprendre la liante portée du génie de Cooper. N'y a-t-il pas dans ses créations plus qu'une œuvre d'artiste? N’existc-l il pas une profonde pensée patriotique dans a trouvé? Ce genre est line expression des vœux, des puissance de sa nation « c'est l'histoire des Etats-Unis
nrsilM car J A. Durci.
Cnrno par A. Umau
l’I.IK ET PU>K.
dramatisée. Aussi, voyez si île b Nou»dlc : Urléans à Bustou il csj uu C®ur <|«>i lie balte pas, uu front qui ue mifl!»'* qeatul un > lit ■ es belle- pages où se pccqptii les luttes i|e petyg fuuvage el vigoureuse Amérique, dont b reltgioO lut de rester Ulll 1 ' « I seule mailrcs-e unis son bran ciel, au milieu de scs riches loréU, sur sou soi vierge, el ie refi il *ii' -.11 île bniiiieiixr cette arçtluer.itiuut: Angleii ;iv, • q.ng *c de iaxes, accablée par ses vieux système « île eufouisilinu.
presque i'-uorêes à l'aria Ile *oq coup d'o'il impérial. Bonaparte avait VU qu'il lui était lie I
lui lall.iit réunir a iliaque nimiiept **•* locre* pour «jimmi de tout sou poids ses ennemis sur le conliiieiil. Si b marme eut mie place secondaire daus ses ciHiiliiiiaUnus, e'esj que deux fois scs ami ram lui perdirent les Y.iUscup* de (a France, et que, pour nous ». ryîr d'une de ses e\pi étions, ppc flotte ^s'improvise pas comme une année, \ussi, maigre quelque» admirantes combats partiels sopleiius par uns marins, 1a leuommiv u q eu de vois que pour célébrer lu gloire de nos arméede terre.
Kl ce* i fut mie grqvc injusiity. puiumt art et comme politique.
Comme publique, pan u que la jilppait des bouillies eioit'Ul à ce qu'ils lisent, parce que les récit- de pu» victoire- sur mer, colorés en lillératuii . | oélisCs, exagérés peul-éOc, eussent t.uj par nuits donner a noiis-pièiius une it|ée de notre imporlaiieu eu pi.uiiic. Ce seulinieut etU à |.; longue hltié parmi hrs masses eu France, dans l'étranger. celle foi nationale eût prudqij de grands résultats sans doute car l'ou se troinnplt, j i roii. cp ngiMaiM in les m-iui res, les romans, les mémoires laits stiY les conquêtes de Doua patte u’onl pas augmenté uos forces moral s au didaiis. noire p ni -sauce au dehors.
F| pui>. vpus sav iez comme les niirurs maritimes soûl neuves et plqtiapli s! cupipip c'est chose singulière, curieuse et digne d'élude, que Tn.|é»iem d’un navire! N'est-ce pas uu lé-unié de toutes k - * ounai-siiici’^, «e tou- k*s arts, de toutes le- industries liuiiMiues? NYsl e pa- une o u', te qui piouye à quelle liauleur peut s'élever nuire iulelligem . ?
lu ch .uup digue d’étude surtout, ce sont cl ces habitude-, tcsalfertions, < e< liâmes IWir'hsanl sur de frêles plant lies; et ious<c- caractères jurement luis en relief pa'' l'isolement, par b i Onceiitralion ; et cette pliy -immune morale d uu peuple, accusée b plus vigoureusement que parioui ailleurs, parce que. dans celte vie iuci-ssam ruent périlleuse, l'homme, moins usé par le- . oulumes d'une civilisation décrépite, rcprodu t plu . vivement le type imprimé à chaque race par la nature.
El le- matelots !... '.»m Ile MlHM pour celui qui comprend* qui sait creuser ces Aines profondes! C e- 1 un peuple puisant ci faible : tantôt furieux comme un soldat par un jour de pillage, tantôt timide et n.iif comme un enfant, quand •-ou navire est mollement bercé dans le câline . en mer, complet et éprouvé, supportant les privations avec uu dédain, avec une lermcté stoïques; a lerre.se plongeant d,.u- tou- lesex •. s'adonnant à tous Us* plaisirs avec une ardeur qui ne (h ut e comparer qu'à la vigueur d'organisation déployée eu de délirantes orgie . à bord, couchant sur le pont, mangcaul dans le f r a letie, pous-ant les recherelies de l'ain-'iiblemetit el du luxe de la table a uu degré itto i, dissipant en lui t jours le fruit de deux ans d'épargu. s involontaires.
Kl au fait, le matelot, ce pauvre homme, ne doit-il pas oublier dans un joyeux festin, qui Unit avec son or. et scs long- quarts de unit pendant lesquels il Iriwmnail sous le givre: el ces heures de tempête, quand, balancé sur une vergue, il voyait eu souriant le gouffre qui menaçait de I engloutir; et ces jours nécessiteux uu. prisonnier dans un faux-pont étroit el malsain, il a manqué d'air, d'eau, de pain, d'espoir et de tomière ?...
Pauvre homme, demain il u aura plus dort demain, plus de vin fumant el généreux, plus de lit moelleux, de lionne l'-ile rieuse el folle; demain. plus de gais spectacles qui épanouis aiein sa l'raiiuhe et joviale ligure, toujours bourgeonnée, empourprée, rayonnante!.,.
Tins de tout cela !
Demain, pauvre matelot, tu embrasseras ta vieille tuerc en l{|i remettant scrupuleu-eiiKMit une part saciée de les é. argile- ; car mie belle rnari ImihIc aux yeux br liants, aux cltcvc|i\ noirs, aura tic.iu U; vanter encore la qualité supérieure de son grog, le pat fum de sou tabac et ses mets appétissants...
— (.'ne j'avale dix bra-ses dé cible si je touche à cette somme , « c'est b part de b mère!...» diras-tu eu fcrmaul vite ta longue boni su de cuir.
Mainicu ml tu vas t’embarquer de nouveau ! maintenant uue vaiH.njo Irégatc, une discipline sévère!... — Largue les voile, ! serre les voile»! Lu haut, en bas ! Du biscuit dur, de l'rau rorrompt|e, et des coups »j lu bouges!.,.
Kli bien! il regagne sou bord eu chaulant, sans uu regret, sms qti soupir. Tendant les huit jours si brillamment colorés nar d* 1 - plaisir- sans nombre, il s’esl fait des souvenirs pour les deux .muées «pii vont s'écouler. Tendant de longues nuits suus sommeil, il sc r.q peflera ses jouissance- une i uue; il s'isolera du préseul en sir plonge ut dans se- pensées : il retrouvera au fond de sou âme je lie sais quel partum de vin , quels sourires de iemme, quel- vannes reflet- du temps passé qui le dédommageront de ses affligeante* réalités.
Tel est ce peuple, essentiellement bon, mais joignant la fierté d'un
*'JL
sais à la naïve bonhomie yj’uu Breton; courbant patiemment le dos up coup de poing, niai* pu'Uqanl.mt pour un soufflet ; — pas-atit t|g V'Çltfenie joie a l'extrême t i» 'tii ju sans rien perdre de la vivacité de ces deux sentiments. A bord, tj'que gaieté douce et mélancidiqiie. d oue im.. ii..muu ardente sans cesse entretenue par une vie sédentaire cl pur de » ic it> dout b gi ossierg poésie ne manque ni d'étrangeté ni de grandi op; èùe cm ni il, ac, multiple eulîo! vivant d'auoiualic* et d'oppnsi- Hodf mais par-dcs*|u> tout, impw puant s.t yie entière d'une insouciante et railleuse intrépidité, qui lu? reste toiijopr- malgré tant de dangers couru- , apres taut d’auuue- d upe evUteiicu qui n'est elle-même qu’un long péril.
Non- l'avons dit, tamiM*r. dans ses admirables rouans, a peint cet homme d'une manière aussi large, que pittoresque. Il a vivement excité la « iirio-il rinlérél pour di's imeur* uoul les di’-tails coutrasUmt nnleint iil avec ceux de noire vie ciladipe- nais malbeprcusepu nl |*éoergie , la line—c de I original , sVlVo vnt presque loujmi.s daiiy b traduction. Lu français, ce style est dép^ujlki de sa nerveuse concision. Nou- admirons bien encore |f> grands tr ois qui distinguent ce talupf vraiment neuf mais les uuaqees, |es coule tut) IpeaW, b précieuse naïveté de* idiomes , échappent à egux qui ue jicuveul pas lire en anglais cé pages merveilleuse».
Cepcmlaut mm- pcu-mis que , si quelques-uns de nos (aient» du premier ordre, que si viclor Hugo . de \i^uy, J. Jauin . périmée, Nodier, Balzac, P.-l,. Jacob. Delai ourlic, etc., etc., voulaient <u;haiigei une anné»? de leur vie studieuse contre une année d'exi-lppyc maritime, el tentaient alors d'appliquer leur |iuissmee, leur riche >c d cyécutiuu a la peinture de b mer, nous aurions certes encore une gloire iiljéraire Uu plus. Kl pourquoi Lamartine n’es-aycrait-il pas de meucr sa ippse là où lord Byrou a jeté la -tenue dans le deuxième chaut de Uuq Ju op cl dans sou f or sa<rc!' La crainte de rimilalion ne «cnit pa* çalmpueup : Coo- |*r a peint des Amérii .vins ; vous pourriez décrire lus M|<purg des Fl ancais, d'autre* sites, daulics lieux, d'autres cosluiuts, d'aplro ytqpbatc. .
Tout talent dont b base git dan* une ob.ervatioq evp je tje h nalurc ne -erail-il donc plu- toujours ni lil- de lni-m-‘i|ie, »an» pgaL
in aieiil?... Ne dit-on pas Corneille et Shaksjicait*, biptlju gj I jp^raqbriaml?
Mais je me trompe. Nous avons déjà notre Coqper : un nnétc nui Tons émeut el vous alla» lie par la vérité de ses deseriptmus, par l'énergie de Sa nimpositiou. Ku prescnit 1 de ses (euvres , voire unir se wrre !....* Voyez-vous ce$ lames énormes qui dcferleut et se bri-ent sur ce navire démâté?... ce ciel sombre et biumrux, ces ligures de femmes éplorées, palpitante- , et qui contrastent d’une manière si sublime avec l'altitude calme, froide d'un marin commandant toujours à b tenipéle, môme au moment où il |iéril.
Ailleurs . au roulrairc, votre àme m? dilate et s'épanouit. Tenez
I aimosplièçe est ptii'C ; pas un nuage pour voiler ce brûlant soleil qui disparaît à (horizon ail milieu d'une vapeur rougeâtre! Kl pui-, quel c.dmc ! (pu Ile joie douce anime ce» pécheurs rentrant leurs filet» et leurs barqiu » sur cette plage cliiit elante aux derniers feux du soleil !
Entendez-vous le- cris du- enfants... le chant de- matelots? Voyezvuus la belle tête de l'aii ul , ce vieux marin qui se fait porter à la porte de -a chaumière pour jouir encore de l'imposant spcelade dout il est toujours ému, même apres des aimées?
Ce poète, vous le euuuaissez . j'en suis sùr. N'avez-vous pas admiré k? AV»»/, le Coliimbw, le Coucher du tolrit •»» r le bortl de In mer?... Ce poele donc, outre Couper, n’ot-ec jas (iudiu * Sur ses toiles, n 'est-ce pa- le même coloris, b même naïveté, la même bailleur de couception que daus le- page** du l’ilnjf , 'du C«r»u»rr ront/r?
AU! si uuelqu’un des écrivains que nous avons nommés entendait notre impuissante voix, tint}'» aurions une double gloire en ce genre : po sédaiil diÿà la yKie*-iç peinte, nous jouirion- encore de quelques délic icn -es poé-lcs écrites.
(Jnuiit à railleur de ce livre, son rôle est a peu près celui d'un nain du moyen âge, dont je veux vous meunier l lii-loire :
Uu jour, quelques liaude» ||g routiers et d'archers gallois avaient cerné l'abbaye de Saiq|-Cutbcrlli, en Bretagne. Leur irhef, Tortesmains, chevauchait iip-o|(:uinieut en vue de* remparts , hors pourtant de la portée des traits lancé- par les lmmiiH‘s d'armes de l'abbe.
Ce que voyant les moines du haut des murailles, ils invoquaient pi- Icuseiiicnl l'mturccs-iou de saint CuitH-rlb, lorsqu'ils aperçurent, non sans efonneiiicul . le uqiti i|u prieui qui portait, ou plutôt (rainait après I lui une arhajèfc prodigieux meut lourde el massive.
[ — Dieu tpe baille ijierci! cria le prieur, le gars a osé porter la main
| sur l'aj-balète iqféodée à monseigoeiir saint CutlH'iih , dan- la nef de i notre cgliséK.. sur l'arlwlete, grand Dieu! que ce grand saint fît loinl ber des iqains d'un géant qui en usait pour atteindre les marchand* lomlKtrds et les pèlerins qui passaient sur les terres d»* l'abbaye — Mais, dit le nain , oubliez-vous, sire, que celle arme transperce le plus solide haubert de Grenade à mille pas de distance?
Kt ce disint, il avait appuyé entre les créneaux l'arc puissant qui avait armé le géant , mais le pauvre nain ne put seulement pas faire mouvoir le rude eranequiu de l'arme...
Et le chef des routier- , le damné Tortesnuins . injuriait toujours par ses gestes le prieur, l'abbaye et les monte*.
PLIK ET PLOK.
Tandis que l'abbé g ou mondait le nain de ce qu’il osait porter îles mains débiles sur une arme si pesante , un chevalier, vassal du prieuré, d'un bras merveilleusement ferme, saisit l’arbalète que le nain avait disposée sur le crénoan : la corde de fer se tendit, la flèche siftla, atteignit Turlesmains au défaut de son heaume.
Le soir, b** archers gallon, effrayés de sa mort, avaient bissé libres Ionien les issues de l'ablmve de Saint-Cuthcrth.
El en voyant les dernières lances des routiers briller au soleil couchant, puis bientôt disparaître à l'horizon, le pauvre uain s’applaudit de sa Itdie et impuissante tentative , car un plus fort que lui avait vaillamment et heureusement réalisé son idée.
(Extrait de Dizoar.i-Li-Rocrwi,
Oui. du Kmp <U Louis Xi.)