‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Plik et PlokChapitre 15 sur 28 · CHAPITRE XÏÎI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÏÎI

u. carotte, — La «arrot.

Pendu jusqu'à ce que mort «'enraivc.

Il me semble que tou» devei bien regretter cette belle vie, lui dis-je avec l'air du plut grand intérêt.

J. Jim. — L'An» mort.

{Au milieu de la place San-Juan-de-Itioe s'élèvo une estrade! deux escalier* y conduisent: »u centre est un fauteuil de bois fort «impie, adossé à un long pieu ; dcua lignes de miliciens s'étendent de cbsque côté de cet éclmbud, et forment un long cordon qui va rejoindre ta porte de la chapelle ardente. Une foule iunouihnble encombre la pbee, et garnit les fenêtres et le» toits des bault* maisons de ce berne; enfin les rempart», et ju»|u'aui fnrlilicaliensqui dufendcul l i porte de terre, sont envahis per la multitude. — Il est nnte heures. le soleil brilie, et Is haute coupole ae Saint-Jean se détache sur un cm! pur et Uau.)

ut bardiek florès (à un homme du peuple). Faites-moi la laveur, mon compère, de me laisser uu peu passer devant vous, votre taille vous permet de voir par dessus ma tête, et. Dieu me sauve! ces spectacles sont mal lieu remuement si rares, qu’enlrc cltrélieus U faut s'aider uu peu dans b voie du salut.

— i/hommi du frofli. Allons. pas«ez, seigneur, et ne m’oubliez pas dans vos prières.

— fiotis. Santa Carmen vous bénira, mon compère, et vous ne regretterez pas de m’avoir obligé quand vous saurez que j’ai de curieux détails sur le renégat qu’oit va tout à l’heure étrangler.

— umi zeme fille. Sainte Vierge! vous l'avez vu, peut-être? Quel bonheur ! Une telle faveur u est pas faite pour des gens comme nous; pendant ecs trois jours que le damné vient de passer eu capilla, les bonnes places .murés de la grille n étaient que pour les grandes dames.

— me aitrb jstmt nus (toute chargée de rubans et couverte de ford et de mouches). Je suis donc une grande dame, inoi, car je l’ai vu comme je vois le plat à barbe de ce barbier aux jambes de héron, et, par ma

patronne!...

— lr barbu» rum» (avec une intonation colérique). Ta patronne, ma tille, ne ligure pas (Lins le calendrier, ‘et, si je ne m abuse, elle a souvent bit le tour de la ville, la tête rasée, et montée sur une bourrique, le visage tourné du côté de la queue.

— ia jk M i nui (tirant son couteau de sa jarretière). Barbier de l'enfer, ton gosier est trop étroit pour de telles paroles; par le Christ! je vais te I agrandir.

— on majo. Allons! lais-loi, lié. la fille an rubans, lu * 1 retourne rue de! Fideo, chanlrr sur ta guitare et baisser ta jalousie pour jeter des fleurs aux passants. Si tn as vu le Uilauo de si près, c'esi que probnbtement le bourreau l'a souvent aidée à détacher ta mantille, et il t'aura protégée dans cette circonstance. (Lui arrachant 1011 couteau) : — Demooio! oe joue pas avec celle épingle, car tu le blesseras, et mol aussi. Veux-tu que je la remette à son ceinturon, fille de mon aine?

— u jeuki riiu. Chien d'héretique, je serai vengée, car voilà le frère José.

— ou camtcim (portant d’une main une lanterne, sur laquelle sont peints des diables au 'milieu des flammes, et de l'autre une bourse), l’our le» âmes en souffrance dois le purgatoire, mes frères, donne/ au nom du Christ. Le ciel vous le rendra, (i-es assistants saluent humblement, s'agenouillent avec componction, et ne donnent rien du tout.)

— la nui aux BRAt x iu'bans. dre. Murin, recevex ce real, frère José, et priez pour que ce chien de Majo soit év entré à sa première déhanrhe. — hiles dune, frère Joflé» vous verrai-je bientôt? Ma natte e>t blanche, mes alcaiilaras sont garnis de fleurs nouvelles, et j'ai de royaux cigares de b Havane.

— lr cArocni (tournant rapidement les talons, et criant d'une voix haute) : l'or las ahim del purgatnrio, sonore» !

— la «Mi nui. Frère José, frère José, vous m'avez donc oubliée, je n'ai pourtant omis ni une messe, ni on angélus.

— florih. Il parait, mes compères, que le révérend dirige la conscience de la senora ; heureusement qu’il est robuste, car ce doit être une terrible tâche ! Amen.

— la JiOTi nui . Car.imba ! U est bien dur, mes seigneurs, d’entendre ainsi calomnier un saint homme par un communero, un franc-maçon !

— pLPsueRS voix. Un maçon ! on communero! où donc, où donc le maçon ?

— florès (pâlissant). Par le sein de ta mère ! fais-toi, fille, ne prisante pas ainsi, il n’en a pas fallu davantage pour faire assommer Perès.

— la il mi filli. Vous t'iiteiidcz, mes seigneurs, il connaissait Prrës, qui reçut, par Li grâce de [lieu, plus de coups de bâton que ce barbier hérétique n'a rasé de mentons dans sa vie. Voyez plutôt, il a un ruban vert autour du cou; par la Vierge qui me voit et m'éclaire! c’est no maçon ! éloignez-vous, mes Ulst, éloignez-vous. (Humeur dans le peuple.)

— pLPfliHras voix. A la mer le communero ! Motl au maçon ! A la mer !

— florès. Je vous jure, par le sang de la croix, mes compères, que ce ruban 11e signifie rien, et nue...

— n* fatsas (le frappant). Tiens, Cargjo ! ah ! tu oses le mêler à la société des chrétiens !

— cm actm A toi ce coup ! et voyons si tes frères te secourent, demonin, appclle-lcs â ton aide.

— FLwnrois voix. A b mer! A b mer!

— la JtUFt FtLLR. Bravo ! mes seigneurs, b Vierge vous bénira, rapportez sou ruban vert cl sa tête à l'alcade, et les quadruples ne vous manqueront pas plus que les indulgences pour ce carême.

— flores (battu, poussé, déchiré, passe pour ainsi dire de mains en mains, jusqu uu rcmuarl qui est baigné par la mer; là, un vigoureux Andalou le saisit et le jette à l’eau en criant) : — Dieu me sauve! Ainsi meurent les maçons hérétiques et les constitutionnels, ennemis du roi ab>olu !

— u rom. Bravo! Viva cl rey absolulo!

— ot mari'». Silence! silence, mes fils, voilà, si je ne me trompe, cortège qui commence à défiler. Vrai Dieu ! c'est un beau jour po moi

— dm faisa 5. Pour vous comme pour tout le monde, seigneur marin.

-- lz ma kir*. Plus beau pour moi, pur saiul Jacques» ! N etab-jn pas à

bord du garde-côtes qui lui dounu b chasse sous le coinniandtumnl du capitaine lugo?

— FLÇsums voix. Coinmeut, seigneur ! vous avez assisté à cet effrayant combat. Sainte Vierge! et vous vivez!

— u mar 15. Heureusement nous aviuus communié b veille, mes fils, car sans eda le démon nous entraînait au fond des enfers.

— cm fa VRAM. Mais comment ceb est -il doue arrivé, seigneur? car eu fin vous aviez coulé su ta ru ne, a-t-on dit.

— li ma au* . Oui, compère, coulé comme une coquille de noix, et tout à coup elle a reparu derrière nous, couverte de flammes, et chargée de plus de dix mille démons qui jetaient le feu par les yeux et par b bouche!

— rimiVM voix. Sainte Vierge, priez pour nous !

— u mardi. El au milieu deux tous, le Gilauo, le maudit, qui se dé-

PLIK. ET PLOK.

menait en bhsphémaul et insultant le ciel, les saints du paradis et monseigneur le gouverneur!

— la forts. Jésus, quelle horreur ! et qui vous a délivrés du monstre?

— ls majus. Notre capitaine avait heureusement une bouteille d'eau, bénite par l'archevêque de Tolède, et ciwnine l'infernal navire était tout proche, on a lancé à bord le tarai lic|iiklc .

>— li pavsas. Avec uu canon, compère?

— lk IIH. Non, frère, le coup eil parti de la pharmacie dn bAiimenl; vous comprenez, et alors tout s est éteint comme par enchantement, et la tartane s'est abiméc de nouveau au bruit des rugissements des démons.

— os aocacKois. Mais, seigneur marin, comment le Gilano a-t-il donc fait pour se laisser prendre dans le jardin du cloilrc, s'il était doué de cette puissance infernale ?

— le maeis Juste, parce qu'il était dans uu endroit sacré : un couvent, sainte Vierge '. fouler la terre d'un couvent, c'e-l pour un damné comme s'il nageait dans l'eau bénite.

— la poule. C’est vrai ! Seigneur Dieu! c'est toujours ainsi; qui ose en douter?

— le aoi'RCEots. Mais, mes seigneurs, une fois sorti du couvent, dans b rue, ne pouvait-il reprendre sa puissance?

— le «au*. Mais on avait eu le soin de tremper les chaînés dont on l’a chargé dans l'eau bénite, et deux moines lui < n versaient à chaque instant sur la tête. Aussi, Jésus! fallait-il voir ses contorsions, c'était au poiot qu’il ne pouvait marcher.

— le bourgeois. Je le crois, vrai Dieu ! le malheureux avait la cuisse cassée.

— use femme. C'était une embûc he qu'il tendait pour se faire plaindre. Jésus ! à l’entendre, il souffrait de sa blessure !

— le bourgeois. N oyez-vous, mes compères, tout cela ne me paraît pas très-clair, cl, quoi qu'en disent les moines, je ne crois pas,...

— i">E femme . Mais vous n'êtcs donc pas chrétien alors; vous êtes donc hérétique, puisque vous ne croyez pas aux premiers princ ipes de la religion. Santa Carmen ! vous me faites frémir. Sainte Vierge, priez pour moi ! Il ne croit pas !

— le bourgeois Isc rappelant le sort de Florès, en rega r dant s’il est loin du parapetl. Scnora, je crois en tout, j’ai bit vœu d’un cierge de trente livres à Notre-Dame del Pilar, je porte un cliapclet; leuex.

— plusieurs voix. Est-ce vrai? voyons le chapdet, c'est peut-être un maçon.

— i.e eocticeois (fort pâle). Tenez, mes seigneurs, tenez, voyez-lc. Et celte lettre du supérieur de San-Juan qui m est adressée. Voyez, mes seigneurs lisez!

— plusieurs voix. Nous ne savons pas lire. C'est un piège que nous tend l'hérétique. — Le maçon, à la nier ' ce doit être un maçon.

( On sc précipite sur le bourgeois ; itocm n ce moment Ici rtumis des moines qui

acrompvgiM'nt le cortêce deviennent plus éclakinls, et le peuple, abandonnant

le bourgeois, qui m réfugie dans une taverne, m? presse au premier rang.)

— use r mue. Ah! quel bonheur, sainte Vierge! voici Lt procession. Nous serons bien, Juan a, vois donc , presque à loucher l'échafaud. Dis donc, ma fille, il y a deux échelles.

— JU». Sans doute, comme ce damné a autiefois commandé un vaisseau royal, on lui a fait la faveur de loi donner lin escalier à part, il ne montera pas par celui du bourreau : c'est toujours agréable.

— t * homme. Dcmouio! quelle injustice, ou accorde cela à un renégat, et on me le refusera peut-être, à moi.

— J ca* a. Vois donc, Fépa, voici son cercueil que portent les pénitents gris, .lé-us! qu’ils sont laids avec cet œil qui brille sous leur capuchon.

— pépa. Voici le bourreau qui suit derrière. Saillie Vierge ! il n'est pas laid pour un bourreau, le rouge lui sied bien. Seulement qu'il est pâle !

— jcasa. C'est tout simple, c’est le bourreau de Cordoue qui vient remplacer le nfttre ; il faut lui laisser le temps de se reconnaître , il est bien permis d'avoir un peu de timidité, car ici on n’csl pas encore habitué à lui.

— r* homme. Dites donc, commères, voyez -vous le Citano?

— JtrAHA. Non, mon fils. Voici les bannières du courent de San-Juan,

et puis les sergents avec leurs carabines prêtes à faire feu, et (s'a-

dressant à Fasillo, qui arrive enveloppé d un mauleau, et qui la coudoie rudement). Mais prenez donc garde, jeune homme; vous avez manqué de me renverser, sainte Vierge! Encore ! allons, bien, mettez-vous devant moi, & loucher F échafaud, la meilleure place. (Bas à Pépa) : Jésus! Pépa, quel regard, ses yeux flamboient sous sou chapeau.

— fépa. C’est peut-être le tifs d'une victime du damné, et 3 vient rire à son supplice, c’est si naturel. Mais, le voici! Après mou jour de communion, certainement c'est mon pins beau jour, Juana. Sainte Vierge, je le remercie de m'avoir si bien placée I

— plusieurs voix. Ah! bravo! — üemonio! Chien maudit! — A la mort le Gilano ! — à la mort !

— p* homme. Je. itonne vingt piastres pour remp la cer le bourreau.

— u* autre. Jén donne quarante, mais je veux l'égorger, qu’on voie son sang.

— use femme (jetant un riclic reliquaire aux pieds de l'alcade). Ce

chapelet vaut vingt quadruples , je le donne à b Vierge, mais que je puisse le meure à mort.

— fasillo (écrasant le chapelet sous ses pieds, et saisissant violemment le bras de b femme). Silence, femme! si lu tiens à b vie, silence!

— la femme ac chafelet. Seigneur Dieu ! A l'aide ! ce garçon m’enfonce ses ongles dans b chair. N oyez, le sang jaillit.

— plusieurs voix. Silence! taisez-vous; silence!

(Arrive le Gilmo, chargé de fera; il marche appuyé sur le prêtre, et il mal une branche de jasmin entre tes doigli ]

— us homme. Enfin, le voici! Savez-vous, compère , que le bourreau est plus pâle nue lui.

— jc a* a. Jésus! le renégat n’a pas voulu d’un moine ; il est accompagné d'un curé. Quelle corruption !

— r*s vont. Messeipueurs qui êtes devant, et qui voyez, ditcs-nml donc comment il est vêtu?

— m*A. Tout de noir . il s'appuie sur le prêtre, car sa blessure a Pair de le faire soulTrir ; et puis scs fers le gênent. Jésus ! au lieu de penser à l'éternité, il s'amuse à respirer le parfum d'un jasmin.

— us homme, l/infame! il ne sourcille point. A b mort ! à la mort!

— le FtiÉTDE (soulevant la chaîne du Gilano). Vous devez souffrir beaucoup, appuyez-vous sur moi. Hélas! nou> sommes bien près...

— le citaxo. Du terme de notre voyage, c’est vrai; mais d'ici, b vue est riante . on découvre toute b côte de San-Lucar, c'est un luau spectacle.

— plusieurs voix. A b mort , le chien ! — Qu'on le coupe en morceaux !

— ls citaxo. On ne s'entend pas avec tous leurs cr». Diles-moi, mon cher curé, on a donc élevé dernièrement ces nouvelles batteries?

— le pfttTkE. Oui; mais songez...

— le citaxo. A b mort ! Eh ! mon vieil ami , voici mon compère à b casaque ronge qui y pense pour moi ; c'est assez d un

— o* homme. Qu'on le crucifie! qu'on le brûle à petit feu !

— le gitaso. Vous ferez difficilement un peuple avec ces gens-tà. Quel soleil pur ! quel beau ciel !

— le prItu. Oui, mon ami, mon fils, le ciel; pensez au ciel.

— le citaxo- Mais, nous voici arrivés; adieu, mon am», encore votre main. Tenez, prenez cette (leur; c'est tout ce que j'ai : gardex-la. Adieu, mon vieil ami.

— le trêtpk . Ah ! avec ce courage, cette énergie ! quelle destinée vous avez manquée!

— le ciTAxo (essuyant une larme). C'est vrai, c’est un singulier destin.

— von pc peuple. Oh ! le lâche, il pleure. A h mort, le lâche !

— le ciTAxo (continuant en souriant). Chose bizarre! Par une amère dérision du destin , ce n'est que sons le couteau dn bourreau «pie je trouve les affections que j ai si ardemment cherchées pendant toute une vie d'orages, que je trouve Fasillo, ttosila et vous : à quoi lient b vertu, pourtant? La vertu! vous m’y feriez croire, bon vieillard.

— le peuple. A b mort! le damné! l'apostat! — On larde bien! — A b mort !

— le roureeau Seigneur Gilano, le peuple s'impatiente.

— le ciTAxo. Je serais désolé de faire attendre Sa Seigneurie. (Il tend ses mains au prêtre.) Adieu, mon ami.

— le Entras. Je ne vous quitte pas encore.

Le Gilano inet le pied sur l'échelle, Fasillo s’approche de lui, saisit sa main, et dit d'une voix sourde: — Adieu, commandant! Vous serez vengé, vengé d'une épouvanUbk manière; vengé sur toute celte infime popularc; et par moi, par moi seul. Maintenant mourez, je puis voir votre mort sans pâlir. (Ici le jeune homme laisse tomber les plis de son manteau, redresse sa tête, scs joues sont pourpres, et il promené sur b foute un regard d'aigle.)

— le citaxo ( A voix basse en montant les degrés. ). Adieu . car» mro Fasillo !

— ti* axa. Sainte Vierge, Pépita, sais-tu que ce jeune homme aux yeux ardents a parlé au maudit.

— féfa Je l'ai vu; il lui a sans doute reproché quelque crime; car, vota que son air est radieux maintenant qu'on va mettre au cou du damné sou dernier collier.

— ex homme. Ab! voilà enfin le maudit sur le fauteuil. Tu resteras longtemps assis là, si tu dois le relever sur tes jambes, chien.

— üx Atmi|. Ab! Dieu soit loué, on lui met le cou daus le collier de fer qui est fixé au poteau.

— /taxa. Sainte Vierge, mais ils vont serrer. (Se retournant vers le peuple.) Mais, mes seigneurs, on va déjà le garrotter?

— ex homme. Eh bien !.. ;

— jv axa. Mais il est sacrilège, il nous but le poing; on nous trompe, on nous vole.

— le PECFiE C'est vrai, le poing, le poing du sacrilège, le poing avant b mort ! (Violents murmures, cris, tumulte : le bourreau, qui allait serrer la vis de rappel du collier de fer, s'arrête. L'alcade se consulte avec la Junte.)

— l’alcade C'est Juste, nous l’avions oublié, nous sommes datts notre tort.

— es me mdse de u JUSTE. Alors nous n'en finirons jamais; cela va encore durer deux heures, et chacun a ses occupations.

PU K ET l'I.OK.

— l'alcade. Muti cher ami, wons «Vûiiü pus déjà dc$ occasion» si fréquente» il cire agréable» à ces « remis pour manqu-r celle-ci. (-'est l'alLure <1 un morne ut, et l'on se popularise.

— le prit: tue. ail Uitano, toujours .lii.icbé sur le fauteuil. Mon ami, mon (il». panloune7.-li.Tir, le f, ma mine les égare.

— i.e mtamo C'est ce nue je vois. Ne m’en coupera-t-on qu'un?

— fasillo («l'une voix haute). Bravo! peuple , bravo! invente îles tortures. lu seras largeuiiTil payé.

— ji'axa. la' pauvre digne enfant a raison, Dieu nom» récompensera de noire zèle, sainle S ierge !

— pvsu.Lo pianlj. Oui. femme, Dieu ou le diable.

— JC am a. Jésus, quel coup d'icil !

— le rems. U* poing, le poiug du sacrilège, «lu maudit!

— l'alcade (au (toupie). Mes seigneur», je réclame un peu de silence. (D'imic voix glapissante.) La justice, vivant et sacré -ytnbnle rie la I ivj nité, n'est pas un v.Liu mot, non, me» seigneur», la justice, vous la voyez représeuiée par le» auguste» membre» de la Juute. tir, celle ju- ice s est toujours fait on devoir île se rendre aux vieux du peuple, sage défenseur de Li religion et du trône.

— I.E peitle. \»va ! «va!

— l'alcade. Dr, me» seigiicin», la Junte...

— le j-ji-' t üb inolerroiDpsud). Monsieur, au nom du ciel, songez que ce malblWcux atleud la mort, là, suc cet échafaud.

— l' ALCADE. Je sais Cfl que j'ai à «lire. Oi, un-» seigneurs, la Juute a

pesé, mûri, i oinhatiu dans si profonde *ag«s*e la ueniaiidc que vous lui adresse* ; cl voyez, mes seigneurs, si h: ben, Tmlér«'-l, l'avantage «lu | peuple i l’est pas le s< ul mobile de toutes no» décision»; voyez si le» dé- : légué, de voire roi n'ont pas à cronr «le suivre ses paternelles instruction», U s |Kileiiii'!]es instructions de et lui qui vous poilc (bus sou • mur comme une vaste f.cuille. { l/akuiT - 'atteudrit par d> grés.) Car il uic l'a ' tl l, mu» seigneur», il me l'a dit à moi même : Je uni» confie une par- j

lie de lues «huit» sur un s enfants. (Il pleure) Soilg* z que Itllr bonheur m'est cher avant toute « hose ( I sanglote. )Cnmiiiej ai juré défaire votre luml ii-ur. je tiendrai mon serment. Mai» je me bus. me» seigneurs je me tais, car les expression» me manquent; heureusement les tait* y -upplcerfiii. (Arec un touchaui sourire mêle *le laimes. Voue aurez le poing, mes bous ami», vous aurez le poing.

— u route. Visa r vivo el Alcade! Vive el rev absolnlo! viva el A le ado :

— - l'aicade Bourreau, lu as euteudu, agi».

— LE fitTANO. Enfin !

— le mviiiEAt. N mon seigneur.

— L ALCAEE. (ài'iOUCUt!

— i i: aotmaiAO. v lu m'a fait venir de Ilot doue, on m'a dérangé de mes occupations, ce u’est pas ma Taule, à moi, si le bourreau de Cadix est mort .

— l'alcade. One nous (ail cela?

— le ■OCMEAU. Mon seigneur, on me donne vingt douros |M»ur étrangler lr ui ud. i inné que voit i, tuai» uon pour lui couper encore le poing. .Ajoutez dix d inros seigneur, et je suis a vous.

— le rtom. (Joëlle horreur, ô nu it Dieu !

— i.z ctfAüo. Le drôle donnera une bonne dot à sa fille ; il entend les affaires.

— l’alcads (à la Junte ) M'est avis, me» seigneurs, que c'est fort cher, I dix dmiros. ( \n bourreau.) Allons donc, Miko, bah ! ;.u copp «le coupe- | rct est bientôt doiui« ; , voyons, sois complaisant.

— le »m mieaç. V ous ne l'aurez pas à ou iéa| ipejlteur qurché.

— le rit 1 f le (jetant de l'argent). Voilà, voilà les dix douais; le poing du sacrilège !

— lh koixitEB (agitant son coutelas, et se précipitant sur l'échafaud). For saint Je que»! je le coupe pour rien, moi, le poing ! et l'autre encore, et la l'-te, si l'on veut !

— le BonuiAe. Compère, vais-je tuer vos bestiaux, moi ? Chacun son état; seulement prétez-mni ce cnfitHa», si vous été» chrétien.

( I.C boucher rak-Bcen-l au milieu «If x brato* . le b'mrrc.ni rnmasxe ««iirncuacmcnt

t'urin-nl, remunl?, appuie II- putitz du tltts.-u» *ur le lira* du fauteuil, lè v<- le

KiuIrU'i , U lune si nie. le poignet lundi,' A rAt«- du prêtre, «pu prie ii^ciiuuiliê.)

— la rmaz. Bravo! Viva ! Mort à I hérétique ! Mort au sacrilège !

— u citas o. Je croyais que c'était plus douloureux, mou vir il ami.

— le rafTiz (se levant, ci d'une voix sonore cl retentissante). II était coupable dev:! ut les hommes, ce martyre ( absout devant Dieu î

— fasillo (se précipitant sur le poignet et l'envi lupp.iut dans son 1 manteau). Prêtre, lu ne dis pas tout : ce sang retombera sur eux ! \dieu, 1 commandant, il me faut encore de la force p,.ur te v iigrr : j«* m’en vais, '■ car nue minute de plu», et je mourrai» là. (Fasillo déparait dans la ! foui-.)

— pépa. Qui ;tj)j<elle-l-il son commandant, ce jctiiie fouîTaivloi doue, Juaua. car voici le In* au itiomcui. Sileuci*, slcncc!

(lu fait un profond silence.

Le prêtre se jette dans les br.i* du tondartmé; le bourreau s’approche, passe au mu du fiitauo le collier de fet qui s'adapte au poteau; i puis il agit, nu moyen «l'un tourniquet, sur la vb de rappel, et le Carcan, eu se serrant contre le pieu, presse violemment le cou du patient. Encore un tour, et le Uilano est étranglé; à ce montent, le prêtre lui

jette uu voî!e sur le visage et tombe à se» pieds en priant ; l.t foule crie bravo et se retire satisfaite. Le soir, quand le »ob il m* courba derrière la tout de la Douane, l'alcade revint au pied de Ici lufatnl, où l’un avait bissé le corps du snpplii ié. I à. il h* déc avril, et» selon l'usage encore, le iiit ino ue répondit nas. les valet» du bourreau priveul sou corps, qui fut jeté à la voirie et dévoi e par les chiens.

CUAHTllB XIV.

MAim: PMix.

L« vengeance I plaisir des homme*.

Le f»l ilau» une de ces rue» -aies, étroites cl fangeuses, bordées de limites maboits sans fenêtre», dan» b rue Mnj-B'd'hul. je crob, a Tanger. qnc Fasillo se rendit âpre- une heureuse traversée Plusieurs jours »él. licol ét oulés depuis l’cxécuthio du tiilinu, et sa tartane, toujours cachée dans sa retrait' im, éwhable, avait étdiap|té d'autant plus fari- It Uicul aux VctlX des gatilcs-côtca, 4|ue tout Cadix était persuadé que le capitaine Massin-o avait détruit !«• »»*t;l navire que le lioliémicn eût jamais possédé : aussi Fasillo «b'ùbla-ldl lacilenu nt la distant t* qui sépare i. adix «le I uuger.

(.'est vt aiment une bk|e nie qui: b rue Mna-B'd'lial, d'aliotd parce qu'un soleil ardent lu cab iuc, <*1 put» parce qu elle est le repain* de Juif» cl d NmuTiicti», qui ont trouve e moyeu de pa-sc. pour des lu è— g.iiMb, mi me au mil eu de- peuplades «K* pirate» q«’i habitent celle partie de la côte d 'frupte. Au»>tuevl-ce pas sans uiiclquc danger que I on pouvait *e hasarder à puvcrwr c. l)(* «bj Jqjlp, etp-feuivciii le» Arabes du bey sanuiaibt à t'tutliii^NCf à cbjcp^p. dç ^ exlrémiu -, et la, iiitmis de leurs long .um|s, suimfvcilIcpAL’iiK'-J iiu-wi d qrgent el de Hacre, .1» g iielt. i a iit cs l:metii«?ns, el, dos que l'u t lI -n> ucitaii b tête hoc» de sa norû lip«r Sortir, quatre OU rlqq ( ■ ■u 4 > d«.'

«aient que les lit' du Îfcsîtl Tdiaicut de boire quclqqat xcçjç» (fVec Imt» cTiispa que la vieille Alaiirv»qn «\«- M pbee au : *.•!* -oa U tq Y|pd;iit si bon marché, cl qu jj» étaUp( eu (raiq de se ilivi ait un peu.

Aussi Fasillo eut-il beaucoup de [>einc. upu à brt'Vtiie ouvrir, mais seulcmeiil à attirer a Té4rô>l HUt 'iv.e «'imniie W-b' th: ^:c te b-ngue cl cadavéreuse figure d'uu ^l.ükI •. i«'iil.u-.l. r «mé d’uüe csp.îce de calotte jaune, qui encadrait d'ui - üi.ii ii«-.»- hi/ r,v on iibUux v i -a «-•»■.

Le dialogue suiv. ot s'él di.lil pu pue :

— FASILLO. Vous UnjiA Vieil, u, 1 U (icép \ pl Vvu» SEVG2 pourtant qu'il pleut de» bulles pour chkédétt d.qii pqwi i-qp rrqpmilè.

— LE J5IF. Ve.sl-cc une cela ' ulum. i« -ÜU‘-

— fasillo. l’n mot: l.é teKnuM donc pif vite ce guichet.

— ie jiiF. l'arln; mai» sois brc’.

— fasillo. Ici dans b rue, je ue puis ; laissez -moi entrer chez vous el alors...

— te juif. Que l’anneau de Salomon le serve de coûter ! Va-t’eu.

— fasillo. Puisque vous inc refusez, je vais tenter ou dernier moyen. (Lui inouir.iui un sachet couvert d'cmblome.t hiéroglypléques.)

— le jtiif. Que vois-je ! nu tel tr »or entre tes mains p'tmc homme? qui a pu... Mais, eiiirc. entre vite; car une balle a bien vile traversé une casaque, cl, |«>ur ma vie, je tic vomirais pas qtu* CC talisman bit souillé par ces mécréants.

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