‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 22 sur 82 · HT · texte numérisé non relu

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On lnu i les deux bières dans le* fosse? encore ouvertes. (Page 76.)

aux difficultés de la guerre â uue époque glorieuse «I sons des hommes à l'épreuve Je toutles dangers ei de toutes les commotions populaires. Probe, iud-jiv. économe des deniers de l'Etal et dn sniig des soldats, n'ayant en vue que h gloire de son paya 1 1 l honneur du drapeau qui lui afail clé conljé, Maurice- MalmV n se voyait adoré rie ses troupes révéré par les populations qu'il avait soumises par droit de conquête. Son zèle et 9011 activité furent tels que jamais les garnisons delà Catalogne ne in m juereni de ri- ^res. alors même que les guérillas infestaient les rouipublique»» et il avaiï pour habitude quand il manquait d'argent, I. dire aux miquelels, aux complus franches comm :■ ridées pr le célèbre capitaine Faléji v, dont je VOUS

Êarlerni bientôt, et aux redou guérilleros de Pujol r — nfants, la caisse du payeur es!

Ecrivez donc l'histoire de ces hommes de fer et de brome qui ont prié si haut l'honneur de leur vous

•lui sentez votre coeur battre au souvenu' des noms illustres, vous qui savez tenir une plume.

Uélas! les tambours avaient beau tisonner dans les rues,

les carrefours et les idnres publi .n-, la liste des absents /'rail «vaiirli', 1 1 li s cneis cepend.*nl n'avaient aucune pnnilîiin rt infliger* Les vastes salle ; d'hôpitaux se trouvaient encombrées, un cl i m ni hrùlani x-X les fatigues des marches forcées avaient clairsemé les : mgs de nos braves; et au moment du départ, le cœur de- Maurice-Mathieu saignait de se voir condamné à ira .m r dans de lourds charmis les soldats qui avaient déjà si bien payé leur délie à La patrie. I : petits d n; bernent s cantonnés dans tes environs de Barcelone venaient les uns après les autres grossir le nojau général, el les moins intelligents des soldais virent bien que tout était Uni pour eux dans cette Catalogne, où s'étaient faites tant de belles actions, où Relaient commis tanl de brigandages,

Pujol avait rassemblé ses guérilleros êpars; tous étaient consignés dans leur caserne» prêts i se rendre, l'escopelle sur l'epaule, au poste qui leur serait assigné» et demeuraient convaincus qu'ils ne pouvaient plus rester, sous

ik M VIN- s UB JACQUES ÀïUGO.

peine de In potence, sur une terre qu'ils avaient arrosée ■ !<■ tant de sang.

L'intrépide chef de celle bande infernale souffrait plus que tous de cet Le retraite inattendue; il laissait !â les restes vénérés .h- ^ i mère et de sa smur, ri il pariait avec la certitude que l'infâme Marcclîno Ferez jouirait désormais naMMemeni du fruit de ses bassesses et do son crime. Vingl rois déjà il avaii pris la résolution de se cacher dans une retraite obscure, d'aller toutes les nuits ;j la recherche de son ennemi dès que les Français auraient traversé Ja fron liera, et de châtier te misera uïe en fou 11 huit dans su poitrine avec la pointe du poignard, el do livnr ensuite sa propre lé le an bourreau.

Mais [5ep|ia, qui le trouvait souvent plongé dans ces ambres relies ion s, prenait doucement la figure du guérillero .luis -e< ni.'tins r;ircssati[e.<: il lui dis'ûl :

— Tu es fou, Pujol, fie le désespérer ainsi. Vis. mon ami, pour la vengeance mais ne t'immole point à elle. Le cœur de Marceline Perei et le coeur de Pujol ne doivent pas être pesés dans la mime balance, Por iie s'npjms^ point â la houe; lu es noble et généreux, toi, mou bnm- Pujol, el celui pour qui lu voudrais perdre la vie est vil et méprisable, H tattl de la raison, mei^e dans le malheur, et je ne veux pas 1111*011 t'accuse de faiblesse. Allons, mon roiquelet, songe É la femme qui t'aime d'une passion si ardente, songe à ton enfant dont lu seras L'orgueil, songe à les guérillero*, qu'il serait flétrissant d'abandonner,

M ;i i s ces heures passaient vite, ' t Pnjol s'apercevait aisément que la feinte joie de Beppa n'était mise en curne que pour tlé&ombTir un front ou h douleur commençait a tracer de profondes rides,

<— Que le présent ravive l'avenir et le colore, disait ÏV jol, cela * xt dans l'ordre de la nature; mais it est sans in* il u on ce sur le passé, et rien n'efface les plaies de IVune (pii oui résisté a u % remèdes des premiers jours

Beppa venait de s'asseoir comme un en fa ni sur Les genoux dp Pujol, et jouait avec ses cheveux noirs bouclés onmid le guérillero» honteux |umi osAl le prendre pur dupe d'un stratagème dont le succès l'aurait nu mi lié a ses propres yeux :

— Que lu es folle ï dit-il d'une voix sévèrement enressanté, que iu es folle, mon enfant 1 Peux- tu sourire avec i.ioi .le grâce et d'abandon au milieu du deuil qui noua cercle de toutes parts'' La guerre louche à sa fm t et nous vivons de la guerre ; en exécration aux Espagnols, lu snis si les Français nous aiment. Nous voici sans patrie, sans asile, sans amis, sans pro lecteurs.

— ICf noire poignard ! et notre esco petto ! décria Beppa en *e redressant comme une lionne ; n'as-tU plus aucune foi en eux. el ne comptes-tu plus sur leur secours au uniment du péril !

— Toi cl moi contre tout un peuple 1 dit Pujol avee amertume.

— Eb bien! répliqua Beppa en se rapprochant du guerîllei tu, n'y a-i-il pas encore de la gloire ri succomber en face de tant d'ennemis! Allons, lions, Pnjol, ne te laisse point abattre. Ce n'est pas 10Ï qui es vaincu, ce sont les Français en masse. Tes iniquelets. si lu veux toujours lia commander* ne t'abandonneront j^s. et feronl encore trembler l'Espagne, DU é Saletas de briller Barcelone, el demain Barcelone sera en cendres. Ordonne â Hathias, s il 11V-I pas encore parti comme il l'en a mniacé, de dévaliser les églises, et les aulcls seront renversés. Qui veux-tu que je perce de mon slvhi ■ Parle, Pnjol, parle, et lu seras obéi. Ton rôle csl-îî donc si méprisable que m veuilles y renoncer, Pujul? Quand ou a cumim ncâ comme loi, il ne faut |',is Unir en capucin* Le chef de la formidable guérilla, devant laquelle Français el Espagnols ont si souvent pris la fuite, doit mourir chef de guéri lieras , n eût-il que&letas «i Beppa sous ses ordres,

b — Va, ce n'est pas la résolution uni me manque, ce u est pas mon Ame de bandit qui mu fait défaut, c'esl autre chose >[ui me brise et me brûle. Je quille l'Espagne, el ji- ne suis |i,is vrn^é. je pa^sc i« s Pvivnèes, cl je laisse tranquille dans son crime un lâche qui m'a tué ma mère

et ma sœur* Je vois d'ici Marcel ino Pcraz se riant de mon sespoir et insu h m à mes hunes* Je le vois cherdi nf ta cimetière lis derniers restes de ma mire et de m, 1 soeur , etjciaiit au vent leurs cendres vénérées. Beppa, nous quittons Barcelone, el Marri :în- . rentrer en fier hidalgo pour insulter à d'autres jeunes Elles, pour outrager d'antres vieilles mères, Beppa, nous quittons Barcelo moi comme un fugitif, toi frappée de Van a thème qui me poursuit et comme une parjure, car tu m'avais promis Marcclino Perça, que tu as deux fois arraché de mes mains, î-aieras-tu de me consoler avec le présent et avec ie passé?

— L'avenir est a nous, Pujol, et Dieu sait ce qu'il nous

réserve,

— Il n'y avait d'avenir pour nous qu'en Espagne ; el demain, ce soir peut-être, nous quittons l'Espagne-

— Nnu* y rentrerons quand Su voudras. Pnjol, Le monde est la patrie des braves. Nous saurons bien nous

tailler une pl,:ee quelque f-arl «pie nous poussent nos désirs É

— Tu es une noble fille. Beppa. mais .Infortune a tué mes espérances, KL me semble que je n'aurai plus d'énergie que pour le meurtre,

— Tu en auras toujours nour la piété, Pujol, el je veux te retremper sur la tombe de ta mère. Nous quittons "I "ù£ne, m as-tu dît; eh bien ! ta dernière visite doit fttri

1 place qui couvre les cendres de la mère, bm ilernier adieu doit être a la terre qui couvre les rr s les de i;i mère et de ta sœur, Pnjol, veux-tu que je t'accompagne 1 Li culte de la vieillesse et du malheur est aussi une religion sainle. Viens, Puji ib l'agenouiller sur la tombe "qui

s'est ouverte et fermée depuis si peu de jours. Crois-mat, tes larmes ont aussi Leur douceur, el ît y a des amertumes qui consolent et ravivent.

Les deux miqueleis allaient sortir, quand un planton, envoyé de l'étal major par le brave général Ûrdonueam dont le n«m se rattache â tant de glorieux faits d armes, cuira dans la chambre >!< Pn.joL

— Commandant, une dépêche du gouverneur.

— Est-ce l'ordre du départ?

— Je llgnore.

Pujol ouvrit h missive et Lut ce qui suit :

« Commandant, que vos troupes se tiennent p dans leur quartier. Elles formeront PavaDt-fçard* des régiments qui vont se mettre en roule pour In IVance Eu attendant, je vous donne avis que trois cadavres de Français assas inés onl été trouvés ce malin dans un fossé, à niieUjues pas de distance de la petite chapelle de Saint-Cyrille, près de Saria, et que la voix publique accuse le* religieux de ce presbyiiue du meurtre de nos camarades. Je vous abanibinnè le soin de notre vengeance; que les coupables soient punis. &

— Il suffit, dit Pujol d'un ion bref an planton, Je vais ehere Liierilleros rue mettre a leur télé, el mon adieu à Barcelone aura du reteniissemenL

U réponse de Pujol était ainsi conçue :

« Général, les capucins qui desservent la chapelle de Sabt-Cyrille sont capables de imil. et le meurire des Irob Français doit leur être imputé. Dans deux heures j'aurai obtenu satisfaction «le ces drôles que vos bontés onl ren* dus incorrigibles. »

Puji d eourulil In caserne de ses bandits, et en leur a nnonçaul l'expédition projetée :

— Je n'ai besoin, leur dil-il, que d'une etn pianl due de braves: que ceux qui veulent m accompagner passeul de ce côté de la sa tic.

Toute ta bonde changea de place.

— t:li bien! soit, leur cria Pujol, ce sera une promen.ide, un délassement* On assure que la cave dea capucins est birn pourvue ; infinis, je VOUS abambinne h cave. Quant aux vases et aux images d'or de la ebape le, que nul nv touche, j'en ferai des paris épies qui vous serool disiribuées, el qui vous aideront peut-être à vivre désormais en li létes gens. Vous le savez, uns braves, nous quîl-

PlUlU. f,\lE? DE MQDELETS.

ions l'Espagne avec les Fraiiç^îs, cl c'est aujourd'hui noire dernier ti imiiphe.

I a bande de guei ïllcro* se mît en marche avant ïc coucher du son-Él, n .mi im tfre PujoL qui donnait le bras â Bepna et b Saletas, dont le morne silence attestait ta profonde douleur.

— Tant de sacrifie* s inutiles, ru ni de sang inutilement versé, dit enfin Sakta* à son ami! Tu voulais, loi. lu 1 I n ne vengeance particulière et l'indépendance de la guérilla* Moi j'avilis rêvé la liberté de mon pays, et le voilai retombé sous te joug des moines, pu>|, nul de nous n h accompli sa mission,

— Luitcmis-iii contre les Ilots île l'Océan? répondit froïdemenl le chef des bandits; in main est-elle ajseï puissante pour arracher le Canigou de sa base? Croîs- moi, Sa JeU s r tut peu pli qui veut vivre dans l'abrutissement est plus difficile à dompter «jno cfiliti 4111 lutte pour smi ïëuLi |h iidance. (le h Catalogne seule pouvaient partir 1rs rayons qui auraient dû éclairer l'Espagne dans tes ténèbres ; vols ce que ta guerre a fait de la Catalogne : !a peste avait commence l'ouvre de destruction, elle s'était entretenue par l,i paresse ; les dissensi couvents vont nchi

sions poli! ii | nés mit ganiirenè la plaie, les lie ver In i m tiï- faction, S a le ta s, les combats

put et les escarmouches de chaque jour nmis ont laissé quelques iulervalles pour la médiation, et je me Rttis dir • | ■ i ~ i 1 y avait folie n se battre pour les masses. Tiens, mon brave, noire devoir est d'accompagner les Français jusqu'au delà des lu ruées; mais cette tache accomplie, si in y consens, si U» pjia n'est point fatigua: du terri oie métier une je lui fais Êire, nous rentrerons en Catalogne avec quelques-uns île mes meilleurs miqiielels, et nous vivrons de nous et pour nous: l'air est pur et libre sur les montagnes.

— C'est ccla t dit Salelas avec exaltation, vivons et mourons en guérilleros.

— Dans tes montagnes et aux dépens des grandes villes, poursuivit ileppa en pressant vigoureusement la main de ses deux amis*

— Eu attendant, dit Pujol. voici la chapelle de Saint- Cyrille : demain on en indiquera ta place : notre dernier jour en Catalogne doit être nu coup de tonnerre.

Les moines, les capucins et les religieux >pii s étaient enfermés dans le presbytère ne s'attendaient guère A la visile qui leur fut annoncée par quelques coups de carabine des soldats de Pujol. qni semblaient ]es inviter à cm pi lu 1er sans résistance. La miii précédente, une vingtaine des leurs s'étaient détachés de la chapelle, avaient pris par divers sentiers le chemin de Barcelone, et on les avait vus quelques heures après se réunir en une sorte de conciliabule, Charger leurs épaules île de us lourds fardeaui t cl reprendre la mule de la eba pelle qui servait d'asile a leur vïc mystérieuse.

Quand Pujol arriva, tout y était calme, tout y paraissait endormi, et cependant un horrible sacrilège y mettait en émoi toute la communauté.

Aux premières décharge h des mousquets, plusieurs moiparurent aux fenêtre* grillées, et demandèrent a hante vois le motif de ces meunn s,

— Nous vous le dirons quand nous serons entrés, répondit tr tarte, l'un des bandits; ûuvrei-nous les portes ou H les vont tomlier,

— Par ordre de qui vencî-vous nous troubler dans nos prières?

— (Jela ne vous regarde pas; nous venons parce que c'est notre bon plaisir ; et puis trois Cadavres ont éié trouvés à quelques pas de cette chapelle, et nous voulons faire des perquUi lions.

— Hais ce sont trois cadavres français, et vous êtes Espagnols.

— Les cadavres n'ont point de pairie, répliqua le miquelet, qui, pour la première fois de sa vie fâisail de la morale. Allons, allons, poiirsnivii.il in prenant son esenpeUe pne le canon et en selnnçant vers la porte, qu*il fil mine de vouloir hriser, ouvrez du nom commençons la sérénade»

— A qui appartenez- vous?

— A Pujol.

— Miséricorde! s'écrièrent les moines en se signant. Et où est votre capitaine.'

— Ici I s'écria le chef des guérilleros en sortant de derrière nu pan de muraille où il se tenail caché. Je suis ici, el je vie us vous imposer mes lis. Nique le tel dît-il en s'adressani a ses braves, plus de paroles, plus de menaces; en action, et dans le presbytère !

Ln bande fougueuse se! au ça» brisa les portes, envahit les corridors pénétra dans la chapelle sans s'y arrêter, mouia dans les Réfectoires où les religieux èi aient assembes, et à ii r'i ne eu l -elle franchi te seuil qu'elle s'arrêta saisie d'un horrible spectacle.

Deux cadavres étaient là sur une table noire : le cad vie d'une vieille femme, le cadavre d'une jeune fille. Auprès d'eux, \ous U table, deux bières ouvertes, d'un se détachaient, traînant sur le parmi t. îles linceuls, lies vniii^et des rosaires. Les moines tremblants, debout ou agenouillés devant le mur, attendaient que la bande infernale eût jeté son premier regard d'observation, et frémissaienl à L'aspect d'un ImiuTJie petit, m ifrre, pâle, oui serait arrêté comme devant une parole rie flieu. et dont les yeux caves dis lient la profonde douleur, C'était Pujol.,. Piijol a côté de Beppa et de Saie tas, qui le retenaient par la main comme dois ilruxétani: Gat, eux aussi, avalent tout coïvijmls, imii ■-u 'ri entrant dans la salle sacrilège,

— Enfer et damnation! s'écria Pujol avec une voji 1errible.

Elit tomba anéanti**, Les guérilleros étaient immobiles ci ou me les cadavres de la mère et de la sieur dp l'ojol, les moines récitaient a voîl basse U-ur in manus, el quelques* uns même, voulant profiter 4e ce premier moment de stupéfaction et dej 1er leur, essayèrent de prendre In fuite.

lîeppn ei Salelas s'étaient armés de leurs poignards, el les moines avaient reculé attendant l'arrêt fatal.

Il y eut un moment de silence.

Tout effort pour consoler Pujol eut été inutile, car il est di^ douleurs contre lesquelles le ciel môme est sans puissance,

Pujol reprit ses sens, et calme comme un homme qui sort d'un paisible sommeil, résigné comme celui qui meurt sans appui au mi In ■■ l'Océan* il laissa tumber dune vois solennelle ces paroles :

— Ainsi, les tombes de ma sœur et de ma mère ont étr + olëes, leurs cadavres soni là, devant vos yeux, les iiiL.jies profanateurs la aussi, sous vos mains, faîtes un ■■.■rnii'il de vos couvertures de bûne. eim-loppex ilrvotrment ces restes sacrés, agenouiiles-vous avant de porter vos mains sur ces deux saintes créatures; que douze d'entre TOUS sortent de celte chapelle, qu'ils choisisse ni un lit u solitaire non loin dici; qu'ils creusent le sol, el I i i nlin ma mère et ma sœur reposent eu paix loin de Imite profanation.

Douze tr lier il 1er os s'avancèrent d'un pas mesuré vers h table noire, les ordres de Pujol reçurent leur exécution, b s renés s"ouvrireut r les frunts se courbèrent une seconde fois, les yeux se mouillèrent de larmes, et une demiheure après les guérilleros rentrèrent en disant â leur capitaine :

— Tout est fait.

— Pîon, pas tout! s'écria Pujol d'une voix de tonnerre; non, pas lout encore, et l'œuvre est à peïnr rominencée. Là sont deux cercueils; qu T on les place sur cette table* Les bières ne dnjvpni point rester vides, il fattl des vives d II iioirtj il faut des babil ants aux cimetières : â moi les deux supérieurs de là chapelle! a moi le» infâmes qui violent la sainteté des tombeaux! Les voici : qu'on s'en empare, ijii'ih restent revêtus de leur- insigne*, qu'on les plonge dans ces deux bières vides, qu'on les y cloue pour Téieruité, et '|ue les tombes de ma mère et de nia sœur se repeuplent,

Les deux moines furent saisis ; ils entendirent les coups de marteau des guérilleros qni les séparaient pour toujours du reste des vivant . Ll •• douze bandits qui venaient deni' ner la mère et la smur de Pujol, chargèrent leurs ëpau-

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les de ce nouveau fardeau. On se remit en roule après avoir tout pillé dans le monastère; on l'ïiiceiulin. et Ion

égorgea 1ns religieux ; avant le joui- on regagna le cimetière de Barcelone, on tiinçn les deux bières dans les fosses encore ouvertes, et quand h terre ne tombait pas, on entendait monter de profonds et sourds gémissements qui s'effacèrent petit à petit sous les couches épaisses amoncelées par les fossoyeurs miquelete.

Pujol venait de passer par-ïa.

Le lendemain matin, Maurice-Mathieu écrivit au chef de bandits :

« Je vous avais demandé une réparation, vous exercez une vengeance» Pujol, il est temps que vous quittiez i'Es* pagne. Partez : nous nous mettons en route. »

La réponse de Fujol fut couru- aussi :

a Général, si j'avais été h un in in, te ciel m'en aurai, puni. J'ai trouvé dans la chapelle fatale les cadavres déterrés de ma mère et de ma aenr : et parmi les papier* arrachés aui llauimes, La lettre que je vous envoie, ri que je vous prie de conserver corn nie justiHcatïon de mn conduite. »

« Révérends pères, ta mère et La sœur du baïuîU Pujol ont été cni errêes en lieu sa in t , dans le eunel iêre du 3b m t-Carmel , â Barcelone, a deux pas do la fosse de Leone Cabrai, et â six pas au-dessous de celle de Villafratica. Si demain ces cadavres ont été arrachas â leur demeure, vous irez toucher trois mille piastres cbez mon banquier Lopei y Oias; vous brûlerez quatre cents cierges bénits, .ï ri us frnis, dans voire chapelle sainte pendant un mois et chaque jour, et je vnns ferai confectionner un service en vermeil pur le plus habile orfèvre de Murci e.

« Maelcemno Pesez. »

* Eh bien! général, me blâmerez- vous encore? ce que vous appelez vengeance est justice. Pas un moine de la chapelle de SainMÎ vrille n'est vhant, le presbytère n'existe plus, et les deux tombes de ma mère et de ma sœctr ne sont pins vides.

s José ru Pcjol, « Conjiiiaii'i:i]iE ili: 1 1 h-rriUi- guérilla, jd

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MORT l>£ ? Al Kl AS.

Beppa en li a chez le gouverneur avec cet air d' indépendance et de fierté que vous lui connais^v, et plutôt en soldat qui venait d'accomplir bravemcnl et loyalement un devoir rigoureux qu'en coupable |irèL â subir les reproches de son jiiL r e. Maurire-Malhicu ne put sem pécher d'admirer cet air martial et noble de la femme du bandit; ses regards la parcouraient avec nue sorte de curiosité où se retrouvaient le respect et la vénération, et Beppa, qui s'en aperçut* laissa se poser sur ses lèvres orgueilleuses un sourfre de satisfaction imperceptible.

— Vous venez de Bcsalu, sergent?

*— Oui, générai.

— Et vous avez mis ce village à feu et à sang?

— Oui. générât,

— En aviez vous reçu Tordre d'un de vos chefs?

— Won. général.

— Qui vous a portée a cet acte de vengeance et de cruauté ?

— Pardon, général, je n'ai pas compris votre question.

Maurice-Mathieu h répéta.

— Mon action est un acte de sévère vengeance, jeu

conviens; mais cette vengeance était une ré| se a une

bassesse et a une cruauté qu'il eut été lAche de laisser impunies.

— Mais la disciplina militaire, dit le général avec sévérité.

— Mais le cœur! répondit Beppa avec un noble orgueil.

— Pujol vous rivait vengée.

— Je n'avais pas vengé sa mère au cercueil» je devais le faire,

— C'est par de semblables expéditions que vous vivez, que non* vivons Ions en haine et en horreur aux Espa-

g nais.

— Oh ! je leur rends ces deux sentiments, général, et j'espère bien Le leur prouver encore dans mainte occasion.

— Oui, mais à la venir attendez mes ordres,

— Je les attendrai â l'avenir, général, car Pujol, mon mari, n'a plus une sœur, une ïuére ri défendre*

— Vous garderez les arrêts forces pendant huit jours.

— Si j ii commis un crime, ce ivest pas assez, et ma vengeance est un crime ou une noble action.

— C'est une question que je n'examinerai pas. Mais votre désobéissance...

— Personne ne m avait défendu d'aller à Resalu, général* et, me l'eiil-on défendu, j'avoue que j'aurais desobéi.

— fies sanglantes réactions rendent ccpeudanl notre position plus, critique, d'horribles représailles sont exercées, on assassine nos soldats sur les grandes routes, et c'est principalement la iruerilla dont vous faites partie qu'on rend responsable de tant de cruauti

— Essuyez de la dissoudre, et vous venez re qui arrivera.

— (Ju'arrîvera-Uîî ?

— Que sais-je?

— Vous le savez, dites,

— Me permettez-vous, général, de vous parler avec la même franchise?

— Parlez.

— Eh bien! sans nous, monsieur le gouverneur, sans la salutaire frayeur que n«'Us u^pinnis, vus troupes mourraient de l'aim" dans celte province, une des nias riches d'Espagne, tant les moi tu s et les religieux de tous ordres nous feraient une guerre sourde, infernale, qui vu us |- riverait de vos meilleurs soldats; il ny aurait pour \ous ni sécurité sur les routes, ni repos ni calme dans les mes et dans vos demeures. Le poison viendrait en aide au fer, et f os hommes succomberaient â d'horribles tortures* Jeune encore, je connais l'Espagne que j'ai parcourue en vagabonde, ki is que j'ai é tin liée par instinct; vous la foulez, mais vous ne la possédez pas. Le malheur a secondé mou intelligence, j'ai cherché à comprendre » un ftgti où a peine on se laisse aller â la vie, et mes compagnons, gitanos comme riiii me traitaient de folle et d'idiote, eux, les plus avancés des hommes, moi qui les devançais tous. À leur eei de de paresse et d'insouciance, j'ai pourtant appris le travail ei Pactivilé, mon cœur et mon amour pour pujol ont fait Le reste. Fatale exception, je me suis lancée dans la carrière périlleuse que le ciel a ouverte devant moi, et je suis devenue homme n. ri h énergique, de femme obéissante et timide que j'aurais dû être. Mo tendresse p

Pujol m\i grandie ai us de tons et surtout aux miens, J'ai de la vanité, de 1 orgueil parce que je sais ce que je \iiux, et je vnns beaucoup par mon âme. Il y a chez moi une telle exaltation, un Kl dévouement pour mon mari, que, s'il m'ordonnait de tous treuil -, de le trahir lui-même, j,. i r-.is -50e j.- lui obéirais. Je serai bientôt m re, général, ngnore le sort que Dieu destine à mon enfant ( je crois en hieu, moi j ; eh bien - mes prières de tous les jours aonl pour qu'il lui fasse un eœur et une a me semblables en tout à mon fimeet â mon cœur. Il aura sans doute des jonrs de malheur, des nuits d'angoisse; mais le sentiment qui me fait vivre ennoblit tout, et je vous jure qu'il y a .1 m b onnenr dans cette infortune,

FMMm., CflBF DE JligUELBTS-

— Continue*, continues, je von* écoute avec taul de plaisir !

— C'est bit et cela, je vous amuse.

— Non, vous m'intéresse*, dit te tféuéral avec boulé,

— A la bonne heure, Je savais, général, que vous désîrîrz connaître les mille aventures de ma jeunesse errante, les mille inisrres de mou existence «le gitana, à 1 rituelle j'ai longtemps été condamnée, el si je ne vous ei encore parlé que de me> sentiments, ali ! c*csl que mes sentiments sont tout mon être, el que ta mourrais s'ils perdaient filmais de leur violence et de leur sainteté. J'ai vécu jadis dn us les cavernes, dans les bois, sur les grandes routes, dans les creus des rochers, le nlus souvent s;ms pain et s nos nourriture, traquée par les hommes ci W> bêles

fauves ; vous voyez que ma i if n\i pas trop changé, el que mon corps a résisté a Ion tes les fatigues, a loutes les don» leurs. CVsl qu'il m'a fallu deux dînes au lieu d'une, et que je les ai irouvées. Le coii|i i[iti sV. ppera Pujol me frappera, el il est écrit lu -haut que je mourrai quand il mourra.

— Superstition J

— Religion, voilà tout Je ne juge la politique que par les événements. Tout ce que des soldats peuvent faire pour pacifier une province, vous et vos généraux l'avez fait; tentée que des bandits peuvent Turc pour la soumettre, Pnjol et s^s officiers l'ont fait ans*i. Nous n'avons réussi ni les uns ni les autres ci h guerre est Icï d itis tous les cœurs, dans tous les yeux, dans 1rs ville* dans les campagnes, dans les airs; s il ne se trouvait j Jus d'Espagnols pour vous combattre, vous auriez le climat pour ennemi, et si le cl i mal était sans puissance* la peste viendrait se ruer sur vous el vous briser tes membres. Croyez-moi, gk né rai, 11-! s pagne ne peut être vaincue que par l'Espagne.

— M is .:esi un cours complet de politique que vous me déroulez la.

— Politique ou morale, ce n'est pas In ta question. Elle est dans b: mensonge ou dans la vérité. Ai-je dit vrai ou faux? c'est à vous de décider. Ce que je vous confie en ce moment, je l'ai caché à PujoK car lui, général, il vous haïssait quand vous êtes entré dans son pays, el il vous hait peut-être encore, mais il vous .1 jure dévouement cl lidclité, et les tortures ne lui feraient pat trahir sa parole* Si je lui ai caché ce que je vous dis, c'est que je ne veux pas qu'il se laisse aller au découragement, et qu'il n'y a de repos a espérer pour lui que dans la vengeance. Marcelin© Triez une fois dans la tombe, la carrière de mon mari sera remplie, et une balle ou un stylet fera le reste. Moi, je me trouverai là pour le suivre OÙ il ira... Main tenant, j'ai dit. Je vous obéis, général, cl je me rends aux arrêts.

— Attendez,* -

— Une porte s'ouvrit. Pujol se montra, il avait tout entendu, et il s'avança eu tendant la main à Beppa -

— Tu m'écoulais; était-ce une épreuve?

— Je te voyais triste, ma femme, el j étais alarme. —Je vans mieux que toi, Pujol ; je t'aurais devine, moi.

— Au reste h la leçon ne sera pas plus perdue pour moi que pour le général, cl, de mon coté, je vais tacher de faite mentir tes prévisions.

— Vos arrêts sont levés, sergent, je vous nomme adju* dant sous-officier.

— Il pamil qu'on i^açne pins à parler qu'à se battre, dît Beppa en souriant.

— J'avais déjà si^ué votre nomination,

A peine cette conversation avait-elle eu lieu, qu'un courrier extraordinaire, venant de Paris, demanda à être introduit. Il avait échappé comme par miracle ans [ 1 files et audacieuses guerill i- p rstées sur les hauteurs de la route pour dévaliser les voyageurs et les militaires isolés; ses vêtements, ainsi que son chapeau, pi i.-. - de balles, attestaient les périls qu'il avait courus.

Le général ouvrit les dépêches dune main prompte et s'écria en >e Frappai le Iront : — Aih.ns, il tant quitter l'Espagne, il tm\ battre en retraite ; la Catalogne ne nous appartient plus loui est lini.

— Mauvaises nouvelles ! dit Pujol en jetant 1 1 et là son regard emtaieui

*- llctestalibs, tinsses, Autrichiens, Prussiens. Bava* roïs menacent le nord de la France. Quand des hommes, toujours vaincus, font entendre des cris d'envahissement, c'est que la victoire est â eui.

— Que ferez -vous, général?

— J'obéirai ; mais nous sommes dans une fausse posU lion,

— Disposez de nus co juins.

— Les vivres manquent.

— Disposez de mes coquins.

— Nos caissons sont à sec*

— Dispose? de mes co juins.

— Quelle sert tre avant-un de '.'

— Mes coquins.

— Et rarriére*garde ?

— Je serai partout.

— Ce ne sont pas les balles ennemie^ qui me font peur, j'ai oldals; mais perdre d'un mot H eu un seul jour le fruit de tant de dangers, voilà ce qui me luise rame.

— Enliu qu'ordonnei-voust

— Rendez- vous à votre quartier, commandant; tenez vos gens huis l.i mair iyez prêts au premier signal.

— Les arrùts de ce drôle sont donc levés? dit Pnjol en souriant el en touchant le 11 un m m (le Beppa.

— ]h li sont, quoique sa conduite à Besalu,..

— Pardon si je vous interromps, général, mai f je ne puis oublier ma mère, et Lot ou tard Ifesalu au mit été incendi' 1

Le bruit du prochain départ de l'armée pour le Houssil- Ion vola bientôt de bouche en bouche; le cœur des vrais Espagnols, de ceux qui regardent pour quelque chose l'honneur national, se gonlla de vanité, el de sanglantes représailles se préparèrent dans les ténèbres.

Les rues de Barcelone furent teintes de sang; les poignards Longtemps assoupis se ré veillèrent, les ardentes passions comprimées par La terreur se jetèrent au dehors, les menaces des premiers jours d'envahissement eurent un écho aux jours d'adieu, et chaque piéton, eu passant auprès d'un autre piéton, cachait sa main droite dans sa poitrine pour y chercher la poignée de son stylet.

Mais un homme était là, debout au milieu des convulsions de tous les partis, peur faire payer cher aux Espagnol? réveillés le san^ qu'il avait juré d'épargner. Oi tiomine, c'était PujoL 1î avait dit â sa bande :

— lieux poitrines contre mie, c'est un taux légal. Ll les soldats lui avaient répondu :

— Nous t'en donnerons trois* et pour peu ipie tu le veuilles lu en auras quatre*

L'u crêpe funèbre planait sur toute la Catalogne, et quand les armées françaises se mirent eu route pour 1èrelour, ou laissa couche sur le sol le cadavre à demi-eii s urne d'un homme de coeur, de Ta mi le plus dévoué du célébré bandit. Oh! que son agonie lut lu mi hic!

L'incendie, le meurtre et l'assassinat signalaient en tous lieux h 1 passage de la redoutable guérilla, de laquelle deux chefs seulement s'étaïcni volontairement éloignes. Bfathias et Francisco Marini, montés sur une tartane légère, voguaient vers la Terre- Sainte.

Les populations en délire fuyaient a l'approche des hindi Is, et les nelnions français traversaient un désert troublé >i'ulement île temps à autre par le bruit lointain des rsenpelles et des tambours.

Pujol fuyait aussi : il fuyait le sol maudit sans avoir pu frapper Harceltno Lierez; il laissait là, ■ I •- 1 i-i * ■■■*^ lui, 1rs ossements de sa mêrc el de sa sœur, et sa rage poussée encore par l'amour el la vengeance valait les plus horribles suppliées a ceux qui tombaient entre ses us. l'e quel poids eut été la parole de Maurice-Mathieu ou celle de Lamnrque? Pnjol cherchait <Us homme* ; ' tuer, des mères â frapper sur le cadavre de leurs enfants, et il fallait à Pn-

jol les cadavres des enfants, des hommes et des r -es. I]

y avait joie et fête parmi la milice, ci Beppa et Saîetas jouaient du poignard m u.i.pielrK .pu n'avaient jamais

ORUVRÎtt DE JACOUES AlLVCO.

compris la pitié ou le remords, hijol avait dit : — Ttitt! et sa bande tuait.

Dans une de ses chasses a* travers les buis do sapins ■ |iii bordent un passade difficile, nnn loin de ligneras, l'intrépide et généreux Snieias avait été snriirfc pn r un** vingtaine ih' guérilleros de la b ude redoutée de l'ueldn. Reconnu, il fut a fi ii si a ni condamné ri être brûlé vif, il avant l'i'^nilïoii chacun lui crachait au visage ei l'outrageait de la façon la plus Cruelle-

— Laîssez*l u î toutes ses forées, dit aux plus acharnés le chef de U horde, laisse? toutes >es forces a ce lîgrc. alin qu'il sente mieux U douleur* Vite, qu'on le lie vigoureuseinent à nu pin et qu'on nulle le feu à l'arbre. Que ne tenons-nous avec lui son brigand de capitaine et sa gilana de malheur!

— Vous n'aurez ni la gitans ni moi) capitaine , biches i|iie vous r-ii-s! répondait fièrement Saleias; mais quand je trouvais cfmkju'un des vôtres, je le tuais et je ne L'insultais pas ainsi, canailles i Montrez- vous donc vrais guérilleros, puisque vous m porte/ ]*■ nom,

— Non pas, non pas. chien, lui répondit-on en le flagellant, tu sens d'abord insulté comme Lu le mer ires et tu mourrai ensuite comme un bon petit saint Laurent. Lie ■|u ut te plains-tu? No gagnes-tu pas La palme du martyre

Et, tandis qu'à ces brutales paroles le brute Saleias répliquait par Le silence et le sourire du mépris, on amassa il des feuilles sèches et Von entoura il de branches résineuses les jambes de l'ami le plus dévoué de PnjoL

— Chante doue» lui dit un des brigands, chante un cantique dévot,

— Non» j'aime mieux le crachera la face, liens!

— Oh! cela n éteindra pas le feu, mou garçou, et tu dois seul if qu'il n un meute <\ piquer. Est-ce vrai, courageux Saletés t

lin fumée noire tourbillonnait déjà et s'élevait eu lugubre spirale au-dessus des arbres de la forêt; à >on aspeci, PiijoK alarmé de l'absence de son fidèle, dit tout luis à tteppa etâ deux ou trois autres miqueleis qui l 'entouraient \

— Pir ici, nus compagnons, suivei-moi eu silence. Sa*

letas n'est pas hôu.

La Uamuir pétillait, I • > mendin-s de haletas se lordaienl sous la douleur \ mais pas une plainte, [us un soupir ne Réchappait de sou Ame. Un *ujaÇw"!eiii poussait des hmgm- de feu sut- sa mîle Jii£iiri? f sa peau dureootnnunrnit ,ï se creva$ser } son sang tombait en caillots, encore quelqui ■■■ minutes et il poussait le dernier râle, quand un grand cri retentit au numient ou, épiant l'agnnîe, un bandit répéta il i Sa le tas :

— Mais riviche donc encore!

— U radie ton a me, dit Pnjnl en s élançant comme un lion et en lui perçant la gor^e de son poignard.

Aussitôt Lui et les siens délient hnforlmn el 1 éloignent de la flamme; sou corps n'est qu'une plaie; chacun de ses camarades se choisit deux victimes, et ils restent bientôt seuls prés du fâtal bûcher

— Mon brève ami, dit tVijol en se jetant â genoux au* pivs de Saleias et en répandant des larmes, quelle mort horrible!

— Oui, cela fait mal. bien mal, répondit ccluWi d'une voix mourante; cette flemme tir file plus qu'une balle- Rnn Àndreu, piiursutvti-iL encore, des prières» n'est-ce pas?0ui, prie t prie, mon ca mira de, il va Je s consolations di us lou* tes tes | in ['des; mais la torture est si horrible que j'entends a peine les tambours qui s'éloignent; fuyez, amis, laisse*- moi, n'essayes pas de m 'emporter, le sol tient I mes chairs ouvertes. Àndreu, Andreu l Adieu, mes emb, adieu.

capitaine, adieu, r lidéle compagnon î Encore un servin ,

l'ujnl! achève -m ni. je t'en prie; les souffrances nu feraient peut-être maudire fa métier que tu m'as ;mprts.

— Oui, tu 18 raison, mon ami, dit Pujol dune fttix use; je te serai utile et dévoué jusqu'au dernier moment.

Adieu.

Une détonation m; lit entendre* nue cervelle sauta eu rair, el les guérilleros nu dé^Njwur rejoignirent le gros de l'armée qui venait de franchir le delilé.

La terrible bande pleura Sa lelas presque autant quelle aurait pleuré Pujol. Le major jura de le venger et il tint parole, car la roule de îà au Fcrthus ne fut qu'une largu irai née de sang.

Wlll

PltOMlSTIC,

Il leur fallait en effet du sang el des larmes à ces nom* rm-^ de l'i r -jui *■■ voyaient ainsi 1 j ■■ ï - ■ ■ > d.ui^ leurs rspèrances et se trouvaient" forcés d'abandonner un pays où ils pouvaient vivre impunément de rapines et de meurtres.

D'un autre coté, il y avait une sorte de découragement chez relie horde infernale, et rien ne se posait devant elle pour la ramener â l'amour de sa première vocation, Mathias était pnrli, Mari ni avait pris avec lui le chemin de Jérusalem (1); que h pies-un s des chefs bandits nourrissaient encore dans leur âme celle maie énergie» ce courage indompté ijiii les avait laits û forts et si redoutables; mais, je l'ai du, le départ des Français ne leur laissait que la possibilité* dune vie honnête cl laborieuse, el le travail et la probité étaient à peine compris par l'armée de PujoL Ne ias voler, ne pas mendier el ne pas tirer le poignard on 'escopelte contre tout piéton, riche ou pauvre, égaré dans sa route, c'était ne pas vivre. Les scélérats sous les ordres de Pujol nourrirent pns balancé entre une courte existence de périls acronipï^iiés de meurtres et une longue série de joins de calme et d'fmiinètes plaisirs, M y nvail vanité chez eus i nc dire bandits; ils se glorifiaient du tiire de l.jiginds, et, après une expédition dans un bourg ou en rase campagne, vous Les enlcndiei se vanter hautement dp \Acheléset de forfaits qu'ils n'avaient point commis. L'odeur du crime reste longtemps sur les ha h il s de l'assassin, et l'Ame des scélérats de cette bande infernale ne se plaisait 'I u m parfum des cadavres.

Quant au chef de la bande, il ne chaMeait pas; c'était toujours Pujol, le hardi guérillero, l'incendiaire sans pîtié, le bit a! an fanatique sans cesse occupé de sa vengeance personnelle. Les catastrophes avaient beae s'amonceier sur si m fronl de hamiit, il luttait aveu Va nie tir d'un jeune taui «mu fiiiiire le e-nirriuix des hommes cl du ciel; il détiait les événements les plus sinistres, et, le bras au bras de iîeppa, il se croyait au-dessus de toutes les calamités humaines.

C'est elle surtout, h noble gîtant* qu'il fallait voir a la llte lie la guerîlli bondissanl comme une biche, indépeih (l.i nie comme une lionne au désert, appelant à elle par son activité martiale Les balles ennemies el ne pou va ni pas croire â la possibilité d'une chute. Elle s'apercevait que do temps à autre la constance de Pujol étiil ri In ml. rpie son luierde lui faisait défaut; mais alors, plus grande encore par le malheur de celui quelle aimriit d'une passion si vraie, elle trouvait dans sa tendresse alarmée rlc ces mots ■le conciliation «i d'ivresse, de ces regards de doulom^euse quiétude comme en doivent Laisser tomber les anges au pied de l'Eternel*

— Allons, allons, mon ami, lui disait-elle en lui frappant familièrement sur L'épaule, il faut des nuages au ciel

[ !',i- nu il ^ plus singuliers hasards du monde, l'auteur de ««livre * trouvé k vahoo, une des ites Saiidvii^h. le Hirmt d<mi i! e*i ici question, Il viv:iii | ; \ bu en \urù\i liumiùte bomme t Tort COflïidéré it.- ïiimidaunnk roi de toi archipel, et np^rcunl Ij culture diis terres et quelque peu de morale aui sauvages tj:ibitants dont il était entouré. Pinsnurs page* des Souvtnir* f/ un i ij\e sont eomsacrêca n Min-iaL

PU4ÛL, *:ilLl" DE MiyUKLKTS,

pour que son asurnous semble plus doux quand Poi -■■ a

I ■ •■. Allons, allons, m -ii guérillero, sois digne «b- ton

r ic consoler de re triste présent el le donner di s

hs aines Faillies '|ui se

< I ni' dls-je? il n'y a que les corps sans Ame

• lui succombent. Et puis, .pic dirail la guérilla si elle te

i? sais-tu qu'elle rougirai! de l'avoir si

■i ■ - pour l'avenir. Il ri "y Q que les ssenl abattrei que dls-je î il n'y a qn

orci ai

ts-tu iJl

ri U Vil

voyau ainsi anéanti

longtemps obéi ' sais-tu qu'elle nWraii plus i onrer :i

haute vois le nom formidable de Pujol ?„, Courage donc, mon brave, ne courbe que devant moî la tôle sur la poitrine; car je sais ipu- in n'éprouves devrais chagrins que pour lii Bepna; mais devant les intrépides m plein jour, eu face de l'armée française «gui l 1 admire, tu dois toujours être Pujol , toujours le chef de* plus hardis bandits de lentes les Éspagm

Pujol prena il avec uoesai nie ferveur la main de sa Femme; un long et douloureux soupir s'échappait de sa poilrhn son sang attiédi circulait aven plus de liberté.

Hélas! il a va il perdu su m eliet el intrépide Saletés, son ami le plus dévoué, le compagnon de lotis ses périls, et •

tait mortel I eu frappé au cœur.

— Pour (iue jtr retrouve mon courage énervé, ri' ponditil â Bcpp-i. il Faut nue Saletas soit vengé, il faut que la viide cent Espagnols me paye nue ne li chère; et le puls-Je, quand demain, sans dnulc, j'aurai dit adieu à Celle Catalogne maudite, mi je bisse les restes sacrés de Sablas, de nirt sœur et de nvi mère, et où Marcelino Pore?, va de nou* veau jeter impunément le deuil dans les familles?

— E l' uni; -m i'.ill de grandes choses; Pujuï, venHn

I ess iyer?

— Que ta vois soit donc entendue, Reppa î je ne veux pas que S *l--ins. on l'aiitra monde, ait un seul reproche à jeter ;i la face de PujnL Voiri la grande route que su il l*i> mée française; là est un seiiiier qui mène â Cisiillo, sui* \ojis ce sentier, et que l'enfer nous accompagne»

C'était à la pile lueur de qucIqueséloHcs â demi voil-'es : une longue traînée noire ûgsaguail sur les nnites déchirées ar le passage des troupes et tu Foin des dmriols portant es malades el les Idessw

C'ëtail aussi h ii si bure solennel, un saint recueillement ainsi qu'on le garderait en dernier râle d'nu ami, ci de ion les ces poitrines de puéril 1er os en combustion nés" chappail aucune plainte, ne l'exhalait aucun soupir.

Hélas! l'agonir des meurtres, des incendies, des lu-igani.l r,i-. avait entendu sunoer sa dernière heure, et la vie du bandit qui a va il si longtemps obéi a Pujol, nr votait devant elle qu'un avenir • J ■ linéiques p::-. Ils allaient, il* allai en I tous, parce qu'on leur avait dil d'aller; Us ne regardaient

pins à rtioriz pj'ils trouvaient trop élolgn j ■ i leui - veux

ternes el farouches, attachés au sol sur lé. quel ils posaient un pied débile, semblaient, y mesurer la profondeur de la tomlw qu'ils croyaient sentir se refermer sur oui*

tfunnd les a" m es fortes, quand les corps robustes sont

sis par une commotion inattendue, h réaction est 1er-

riblc. Ils ont trop de vi^m-nr poiir suecomber ;i une liédc

atifrjuf. et les puissantes douleurs ont seules le pouvoir de

les arrêter.

L'armée de Pujol était donc abattue, mais les tortures ot h mort ne L'aurai ni point épouvantée el elle souriait avec mépris aut éclairs qui, non loin du village vers lequel elle se dirigeait, ouvraient les oua • : fantdmei el tus

éclats de la foudre don; les ecb.es des collines répétaienj sourdement les murmura

La nouvelle de la mort de leur magnanime capitaine eias les avait frappés an cœur: ils aimaient ce brave el, sans le comprendre, ils [\ nlourai&nlde i i et de ■. ■ il ra lion; ils plaignaient et admira ienl loul a la fuis Pujnl de lui avoir ln-Ki- ]o crâne pour lui épargner une torture.

— Quel homme quecel nomme ! disait-on dans les rangs

en se serrant la main* Il étail ne niveau de pujol ai ins.

et une armée ac lui aurait pas foti rebrov •-ne non. p tur peu qui! - ù i reçu l'ordre d'aller en avant,

— Par Satan! disail un autre, je donnerais les cent pi ■ que je garde dans ma ceinture, pour une de ses chemises on une de ses rspardill

— Pour deux fois cette somme, tu n'aurais pas deux ■ émises de S^|«hts. rép>iquaU un troisième, cai : l n*en iiossédail qu'une seule, puisqu'il nous véltssait de ^ bardée, chacun ri tour de rôle, et qu'il envoyait p esq toutes tes nuits des provision* et du lïi^e aux malfieureui habitants des grandes ou des villages incendié

— Kl puis, quelle amïliè sainte pour le commandanl ' quelle M'iiératUin pour sa femme!

— Saleias éiait plus qu'un homme.

— C'est ffllj n'était deux I tommes.

— Sij'.ivaiséi» li, j'aurais brigua l'honneur de lui brûler ta cervelle, à la place de Pujol. ie ne l'aurais pas manqué, va.

— Ni moi non plus.

— Ni mui.

— Ni mol.

— Ils Foui lâchement garrottée un arbre et ils l'ont rôti,

l^s mi semblés!

— Il n'a pal pousae un cri dotant aux, au moins, cl pourtant c'est chaud le feu....

! h ce moment un éclair brille, le tonnerre fait trembler le soi et une partie de I» bande des guérilleros se trouve renversée dans h boue. Lu fondre avait tué sîit hommes; Bfeppa serrait dans ses bras Pujol, ébrni.Sé par b choc, el do son ma ni rau semblait le protéger contre La colère céleste.

En quelques instants, la bnndefut sur pied; une douzaine de blessés resiéiTnt sur l.i roule, et la colonne, un peu appauvrie, s'a vinça vers le village sur lequel elle avait projeté de se riior pfuir vonger la im>rt de Saletas.

«• Camarades, leur avait dit le corn m i ihml de la guérilla, vous venez de perdre votre plus brave oflicier, cl moi mon ami le plus dévouai 11 se lardait tous le» douleurs, il secrevassMil sous les atteintes du feu; je suis arrivé près de lui. il m'a tendu la main, il m'a demandé grâce**.. Je l'ai achevé. Camarades, Saletas est mort; il est utorl de la mort des vrais miqnelels; ne foret-tous rien pour votre

cbef, pour le compagnon de vos faïknes Répondez, g

ri Héros l ne devez* vous H en â la mémoire de Pleins/

— Ordonne, Pujol. sïq«iît écriée la bande formidable, ordonne, el nous ail^ns L'olxir. Faut-il a lier brûler Barcelone ou SévilVs, Grenade ou Madrid? Parle, commande, marche â notre lete. et nous le suivons. Nous n'avons pas besoin de In France, nous ne voulons pas de la France , l'Espagne nous suffit : vive l'Espagne! puisque nous y laissons les restes dn notre ami Saletas 1

— Ce que vous me proposez esl impossible, mes braves; mais auprès de nous, presquu sue la route i[iie nous avons à parcourir, soni desvillages et de* Espagnols; cesonl des Espagnols qui ont brûlé Saletas, mort aux Espagnols)

— Mort nux Espagnols! cria frénétiquement la horde

>.!llr>

Maurice-Mathieu. Peeaen, Limariiue, qui savaient le

désespoir de Pujol, et qui prévojaîeni que (a vengeance du

bandil serait terrible, lui avaient cou Lié la défense des pus -

sages les plus difficiles; mais Tins is guérillero s'einit

cru en droit de désobéir aux ordres qu il avait reçus , et il venail de Wre ou trouée vers Caslillo, doul le clocher blaiu; s'ètaii dessiné dans les nuages à la lueur d'un éclair.

Une pluie rapide i-t glacée inondail le soi, la route parcourue p:ir les guérilleros devenait impraticable; les fusils, les tromblons, les es ■■■■■].. n éLaleni plus bons qu'a servir d'appui ; les forces puisées des miqueleta nul aient rien ,ï leur énergie; ils tombaient dans des ravines i rotondes, se relevaient pie" us d'ardeur, el le nom sacré de Saletas nui Sorlaîl île leur b^ueli* U-s ravivait SU milieu delà tempote qui les embrassait.

Pujol el Benpâj forts comme deux rocs, intrépides , infn Ligabk s, indomptés ! OUVTsienl la mai cbe, jetaient des paroles d'énergie a leurs camarades épuisés, et montraienl

[uelques j-a-; d'eux le village on ils devaient exercer de justes représailles ei réparer leurs forces*

Le tonnerre grondait avec une majesté imposante et terri Vr. 'i . ■■ irs se s ïdaienl si vifs, si rapi les, <|ue les

yeui s'en trouvaient bJeasés, et ^ue la nature enliére était

an

OEUVRES M: JACQUES ARÀGO,

Vjic 3 qu'on te lie vigoureusement à un pin et i[uon me lie ]e fcu à l.nlre [ï l a«e 78, )

In, petillajile comme au sein d'un va sic incendia, Les gou l les d eau L om ba i en i m a i nte n n 1 1 1 I i i s e t ra res , u ne odeur de soufre gênait h n ■> (.ài-ni ioi i et pesait sur tes poitrines haletantes; lesarbres tmi bordaienl la route gémissaient sous une [irise à l'air, et les guérilleros tu milieu de ce chaos, éclatant et ténébreux à la fois, juraient au lieu de prier, et serraient avec rage le manche do Leur stylet, comme s'ils avaient voulu In Uer contre la tempête.

— Nous allons enfin nous reposer, cria Pujol d'une vois retentissante» dans In court intervalle d'un coup de tonnerre à l'autre; courage, mes enfouis, omis louchons au port : amorcer vos esco pelles, frôliez vos poignards el songez à votre ami Sa le Lu s que vous îlv^k jure de venger,

Puis se ravisant, pour La première fois de sa vie, au moment d'une attaque :

— Que ceux nui voudront faire çrto ne craignent pas ma colère, poursnivii-il, ce jour peu i rive aussi un jour de clé m en ce ^tSSnOp

— fym JÙWfifenfJÇûjsL lui dit a ver affection beppa, cela /£» % -y -Va

*>t Lieu, l'njul, Vois, le ciel semble avoir voulu garder le silence pour Ton tendre parler, la foudre est restée muette. .i.' h- bénis, mon PhjoI, |nuir n-< douces ei géaérensea paroles >mi lies de ton coeur*

La bande infernale s'arrêta stupéfaite. Jamais Pnjol ne s'était montré .1 eux si faible, ou plutôt si magnanime; jamais ils ne lui avaient entendu prononcer des paroles de pardon, el ils se demandaient, à voix basse, si le tonnerre et les éclairs zébrant et mitraillant les deux, ne venaient pas de lui jeter un pende frayeur a Ta me. Pour la première 1 fis, il y eut irrésolution dans l'obéissance, el les guérilleros se promirent bien de ne céder qua moitié aux molles invitations de Leur commandant,

Beppa et Pnjoi êlaienl â une cinquantaine de pas des bandits; ils se soutenaient mutuellement dans leur marche si pénible, et ils se trouvèrent bien loi ri roté des première* maisons du village endormi. Tout, en dépit de (Wagan, J m , J y respirait un air de fêle ijuï surprit dVImi'd les deux mi* quelets; â la lueur des éclairs, ils virent Les portes des

tTt*

maisons co uronnèesiffl guirlandes de buis, de lauriers roses et de genêts; des couronnes de Heurs naturelles pendaient on* croisées et Etui balcons, des *! i .1 |n ■ . nx jaunes et blancs pavoisaient plusieurs édifices, eL te portail ^iilnqne \U i glise était frais cl paré comme en un jour patronal. On devinait que h joie avait naguère passé par là, et que les heureux habitants ne s'étaient assoupis qu'après les chants cl les danses

— Ccsi çrftud dommage de les résilier dans leur bonheur, dit tristement Pujtd à hVppa : tuer qui dorl s] paisiblement est jpeu digne de gens de cœur comme non*. Ji voudrais avoir perdu mon poignard,

— El moi mou escopeile, répondit vivement lîe| ■]■;« 1..11. jours prèle à donner de la forte ans élans d'humanité de son mari. Je gagerais 'jm- l*-s habitants de ce village ont célébré hier 1* anniversaire de quelque grand hienTiU céleste.

— Je suis de ton mis, oii l'ujol, demeurons calmes et laissons faire nos intrépides, car 1 ulin il faut nue vengeance à notre ami Saletas,

A peine le chel des bandits avait-il achevé tes paroles qu'il se sentit rude m eut tram é au Iront par un objet tourbillonnant au veut h que les ténèbres l'avaient 1 nu d mbord empêché de distinguer,

— Iju'isL-ce'J dil. Beppa à son mari qui venait de s'arrêter.

— Je ne sais, répondit le guérillero, attendons qu'un éclair nous siwde limpion.

L'éctaîr traversa l'espac*

— Ciel! un cadavre pendu! s'écria Fujol.

— JI h ni couper la corde, dit vivement Beppn» qui sait .' mi 1 vit revenir d'aussi loin.

— !NY le donne pas la peine d'escalader cette potence,

Eoursuivit le miqueleî en souriant, c'est un mannequin* es joies des habitants de ce bourg sont des jeux bien cruels, 1 ce qu'il me parait.

— Meurtre et dévastation! enfer el châtiment ! décria 1:> ppa en retirai! le poignard d- aine. Pujol, c'est ton

MAI*. — w- m m tu, i.

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