CÊUVMS DE JACQUES ARAU'K
image qui est pendue a celte potence, c'esl ton nom ■ | ■ i i est ccril .sur -i poitrine, c'est la fèic de la mon qui les a Cuivrés! Pujol) il me faut du sans maintenant, U m'en faut beaucoup; une pari pour Saletés et l'an ire pour loi, mon noble ami,
El elle se frappait violemment la poitrine, et ses yeux lancaienl des regards de flamme pareils aux éclairs rouges qui embrasaient au loin l'ai mobilière,
—Alerte! guérilleros! alerte, mes bandits ! a'écm^elle enfin furieuse comme mie ourse blessée. Alerte, i^ucrïlleros l on a pendu par le cou limace de Pujol votre capitaine. Alerte, que les portes des maisons soient brisée que les habitants soient égorge qu'ils passent 'I Un soraniii! dans un autre, Point de fente agonie, mes camaradi 1 agonie est encore une espérances il ne faut pas d'espérance aux scélérats» Tuez, liiez tout, nommes ■ femmes , enfants, vieillards; on a Lut 1 Saletag, on a pendu Pujol; point de grice, pfûnt de piiié. mes braver prenez des Jl;imbeaux pour mieux assurer vos coups. Alerte, miquelels! et que les poignards fussent leur oftice, car ou a tué Saleras et pendu Pujol vos drux meilleurs amis, les plus intrépides I tommes du monde.
Les portes des maisons tombèrent bous tes crosses cuivrées des tremblons et des eseopettes; les habi s saisis
dans leur sommeil furent impitoyablement frappés par tes stylets. 11 y eut un massacre général, une boucherie suis merci, quelques-uns sautèrent parles croisées et se sauvèrent dans la campagne comme des spectres échappés des tombeaux.
Apres les premiers sacrifices, Ses mïqitelets altérés nui lin assouvis parlèrent d'un immense I nicher (pli devait consumer en masse lout re qu'on n'égorgeait point asseï Mie; mais les torrents de pluie oui vum n[ au même inslanl inonder le sol Supposèrent a l't- s édition do ce terrible Arrêt; tes bras tasses te reposèrent, les maisons devinrent silencieuses, U dël secatma, la foudre alla plus loin porter ses ravages, et le lendemain quand les fuyards nus, tremblants et à demi mort rentrèrent dans la ville, ils marchèrent sur des cadavres el îb trouvèrent à la place du mannequin de Pujol b- corps privé de vie de Talcade qui avait présidé à la fêle de la veille»
Dans cette nu il sondante Pujol ne tira point son potgnard de la gaine. Il laissa I lire ses guérilleros : il lut vengé.
u Ai' i L>it:.
tnquiel de l'absence de Pujol qui avait quitté sou pos:« pendant la nuit pour 1 expédition dont je riens de vm dire Je terrible éénoûmeât, Haiirice-Malhîen rciounn sises pas avec un de ses aides de camp, monsieur Iteuaud de VHlebacb, officier d'un tin i ih- su [Prieur el dont les bulletins île l'armée de Catalogne oui t'aii souvent de glorieuses mentions.
Le chef des guérilleros que nulle rente longue ou difficile ne pouvait lasser ne tarda point à arriver au poste qu'il devait occuper à l'amére-garde de la division.
— tluû venez-vous, com mandant î lui dît le général d'une voix sévère
— De la- bas.
-^ Ù'ou '
— Je viens de \isiter un village où j'ai lue bien du
monde,
— Ainsi donc votre dernier adieu eu Espagne sera un adieu de sang?
— Les misérables on) saisi hier mon noble ami Saletag, ils Fout Mchemeni it taché â un sapin et iU ont brûle le plus brave soldat du monde.
— Il est mort?
— Je L'ai >n lui Taisant sauter la cervelle.
— Comment ! vous?
— 11 faut bien servir ses amis.
— C'est donc pour venger la mort de Sa lel as que vous avez allai iiii ; en village?
— Oui, général.
— Vous avez eu Lort,
— Je ne le suis pic trop; j'aurais dû en nttflftjlier, brûler h di'-iniire dis au Tenez, général je jiiiite ce | tys a^ec la rage nu ecBUJ", et si j'y rentre jam
— Prenez (farde, Pujul, VOUS y laissez bien d»s l'iincims,
— El les cendres de un m ère et de ma sœur?
— Toujours lu vent !
— tlites toujours la tendresse. Une mère, une soeur! deux anges 1 lune morte de douleur* l'autre de honte. Oli ! l'on me l'a dit souvent, je suis rj un né.
— Et votre femme qui rst la, prés de vous el qui peut mus entendre, dit le général avec un peu plus de noaeWT dans la voix, a-i-elle cessé de vous consoler dans vos tourments ?
— Ma femme! répondit Pujol en jetant un regard dV imuir sur la belle gitaiM marchant d'un pis intrépide quoiqu'elle fût hien prés l'être mère; nu femme! mi si je ne t'avais pas là. souvent, toujours devant mes yeux; H me semble que je serais seul, isolé dans ce monde au milieu de mes bandits et de vos Soldais. Ha femme l oh i
lierai, elle va me rendre père, et ce bonheur qu'elle me i- serve me fail presque croire en Dieu.
— l/impiétè\ Pujol, pousse au meurtre, i l'incendie, à la dévastation. Avec un peu de, foi ei ih- charilé vous auriez épareué ce village : r'est une vengeance inutile.
— Inutile! dites-vous? mais vous ne i doue pas ûe quoi soûl capables des Espagnols? Tenet, j'aurais pealé re fait grâce, En route je m'étais senti touché an cœur, li mort mu lie de Saletas, son dernier adieu si doloureuj
i mon âme, si solennel, m'avaient jeté dans uae sorte d'engourdissement .r de torpeur qui nTarrachaienl toute
d énergie: il me semblait ■ ne renferparlaii îliendi -
nuages et que ses regards sillonnant les deux me disaient de laisser dormir mon poignard. Je voulais faire grâce.
— Eh IneuV
— Eh bienl l'enfer ne la pas voulu , l'enfer et Beppa d'accord pour la première fois, oui organise le deuil et le massacre*
— i Comment 1 Beppa !
— Ûh ! C*esl iprrlle m'iiime la noble fille! c'esl que son • in bondît â un oulrii^- rail i Pujol. Viens, vîens, gitans
Je bonheur, poursuivit \v mîquelet eu appelant sa femme qui le |uïl par le Ions el salua de la main Msitrice-M lui eu. N'est-ce ps, Beppa, que tu m'as conseille le meurtre ï
— Cela est vrai. Mais dis au général pourquoi je l'ai fail ! Lui as-tu dit pourquoi je dewiis Le faire?
— Non.
— Va. va, lu peux tonl lui conter,
— Eh lûen! poursuivi) Puj.d en colère, Bgurei-VOUS ■ |iiVu entrant dans ce maudit vÀSage loui pavoisé comme en nu jour de fêle, je me suis senti frappé au fronl n .r un èbiet pendu à une jioieiiec. C*élaï1 moi. m- mi imaf^e, l'image de Pujol pendu par nne corde qui ni serrail le cou el qui portail sur la poitrine le nom du bandit. Iteppa inn femiiic i parle, \n parole qui s'échappait de sou
PUJOL, CHEF ni: MîijUELETS,
Ame ulcérée a Jeté l 'imliçmitînn ao mi lien «l mes ml ik©*- ]<is; ilsse sont rais a l'œuvre, ei ils y allaient de bon coeur, je vous jure.
— .le m'en rapporte à eux.
— On avait pendu Pujol en effigie, j'ai pendu IVilcade » ma place.
— En effigie aussi/
— Général, je ne Tais pas la guerre pour rire, moi*
Le général .sourit tristement el se félicita tout ha s de la ri -"l'irtiui proef urine de cette bande formidable qui laissai! derrière elle tant de nu tant de larmes et de déses-
poir.
A peine Pujol venait-il de dire les derniers mots de cette conversation qu'un aide de camp de Maurice-Mathieu arriva eï lui donna nvis qu'un cmiiTipr extraordinaire venu â imite bride lui apport iii des dépêche* de Paris.
fia prés les nouveaux ordres reçus qui laisisaieni < l'espoir que l'aigle impérial allait bientôt reprendre son vol dominateur, l'a rmée de Catalogue Bt halle, les régi* roents se cantonnèrent et les solda U Je Pujol recommencerenl leurs courses dans les environs, c'est-à-dire leur vie rfc vagjbnndage et de rapine.
Cependant, la grossesse de Beppa louchait à son terme, ei Pujol, dans s;i tendre sollicitude, laissait â si^ officiers
soin des rxpculUiiins. périlleuses et ne quittai! presque plus fa courageuse femme Une souffrance personnelle irrite son vent comme le destin el voua pousse sa blasphème ; la souffrance de ceux que voua aimez ne vous arrache que des prières* l/amnur de Pujol pour Beppa le faisait quelminois monier jusqu'au doute; son incrédulité, en rniucre de religion, était chez lui le résultai d'un vouloir plutôt que celui de la réuVrinn; et pourtant ri Mep|iti nV i til pas été la femme la pins héroïque du monde, si elle avait poussé des cris rie douleur au rii-l, Pujol aurait cru an ciel» Pujol aurait adoré un Dieu
— Tu ne saurais le faire um^ idée de mes terreurs el de
— angoisses, dit-il un soir â Beppa.
— (ju'as-lu, mou ami? Lui répondît la gitan a avec une vive inquiétude.
— Celle halle me tue. La France est là devant nous, » déni pas de nous, je laisserais mon stylet pour être en France.
— Quel motif, dis-tu ?
— Ûk! je ne voudrais pu* que notre enfant fùl m pagne; je ne te voudrais on* un M* compatriote de Marcelin > Pores. U me semUi j depuis ion crime que fout enfant, né en Etqia^ue, est marqué du doi^t i';tlal de ton Dieu, et n u lis dans ce ciel rouge de Hionzoïi une longue traînée de sang qui m étouffe.
Le lendemain lleppa devint mère ep pnjol ne voulut pas ■nie ce jour-là se» ha ndils s'éloignassent rU- leurs >|narliers. Il ordonna pour eux des réjouissance*, des jeux, des joules; il distribua aux plus misérables de se* compagnons presque tontes sis économies pour célébrer dignement la joie àe leur capitaine fl donna rime Français le spectacle des délassements nueU .mxquels ils se livraient ri nus leur repos de titres. Il v eut du >au- versé et Pnjol se vit contraint d'usi-r de r mi ie son autorité pour que le désordre ne dégénérai pas en carnage.
Cependant II jeune fttle que Hcppa venait de mettre au monde «lait faillie h chélive. Les courses, les fatigues de la mêrc l'avaient privée d'une % i«< fm'ie. i r li a deux guérilleros n étaient pas sans alarmes sur une eiisience si précieuse; ils craignaient que le ciel ne vînt leur ravir cette eoitsûhtL'iu, et leurs entretiens avaient toujours quelque chose de triste et damer.
— Te rappel les- tu ce que lu m'as dit un jour, Pujol, en allini attaquer le couvent de la Trinidad?
— Ouni, femme?
- Si c'est un garçon* tu n'en feras pas un capucin; si c'est une fille*,.
— Je m'en souviens, Beppa. Eh bien! parle maintenant,
h i fj ou ni ' h u i cnm me tnrijnn rs t u es la in s i l ress e , . ■■ u j a • r r . 1" h u i
comme toujours tes désirs s mit des ordres, tes v x des
arrêts immuables; aujourd'hui, comme toujours, pujol se courbe devanl la volonté sacrée.
Parle, Beppa, tu es obeie.
=— Je veto baptiser mon enftnl. hijfil; je veui que des -N-main il soit chrétien.
— Il le sera.
• — J'aî pris des informations, mon ami; Fon m*a assuré
que le cure de Uns, ou Maurice-Mathieu a établi >. ruar-
lier général, ve te Barcelone depuis quelques jours, était
un pieux ecclésiastique, et que Ion vantait partout ses venus et sa chariLé.
— Je vais trouver le curé,
— Merci. PitjoL
— Kl le parrain? Et la marraine?
— Il y a dans l'armée française une Catttinlére brave et chérie des soldais que j'ai Lot appeler ce nmlin et qui n aece p lé a vec recon na i ssa nce . Quai au parrain ^ tu ■«■■siraa (oi-ni -!ue.
— Un de mes çueri Héros.
— Prend S.irhi : il croît en Dieu,
— Sarïn sera le parrain,
La cérémonie se fit sans éclat, mais avec dignité, avec recueillement. Presque tous les guérilleros v assistèrent, et» par respect pour Beppa t par amitié pour Pujol qui entrait dévotement da ns une église pour la première fois de sa vie la hande redoutable ne lit ru tendre aucune parole de damne.
La sainte cérémonie venait de s'achever; Beppa, debout, avait passé son bras autour du cou de son mari, et tous deux, tandis que leur enfant reposait là-haul sur une couverture moelleuse, causaient assis sttr un banc de pierre devant la porte de la petite maison qui leur servait ilasile. Ils se félicitaient du bonheur que le ciel leur araît envoyé, ei ils jetaient un regard tic satisfaction et d'orgueil vers Favenir. La iille des deux iniquch;- devait un jour effn en g r Aces et en beauté toutes ses compagnes; elle enivrait sa mère de vânïté ; elle était l'ohjei de tous les hommages,
de 1 s les adorations, et sa vie de jeune tille se déroulait
joyeuse el ntn^ni tique.
Un guérillero se présente;
— Pujol, une lettre!
— lïu général ?
— Fon; d'un moine qui me l'a remise là*hns sur la inde route; il montait une superbe ronle t cl il a repris
â l'instant mime la route de Figueras 11 m'a jeté une piastre, en me recommandant ton le diligence*
— Donne,
Pujol , dans une terreur qu'il ne pouvait s'expliquer, pril la lettre d'une main tremblante, et regarda Bepjpaujni venait de plnn^er involontairement ses regards demeredanfl reux de PujoT Celui-cî se disposait a ouvrir la missive, quand sa femme l'arrêta par nn mouvement rapide.
Ne décachette paseette lettre, mon ami. Il y s 1,1 quelque malheur imprévu. Qui peut t'éerireîOe qui attends-tu ues nouvelles? Ta mère est morte, la so nresl morte, ta patrie, la famille* c'esi moi. Pour^iuoi un moine? Pourquoi ce mystère? Déchire ce papier. Toute missive arrivant dKsj] gue m'est suspecte, tout envoi de nu une, de capucin,
chaussé ou non, rn'é] vante. Tu n'as jamais fraternisé
avec les gens d'église» I u lesîis regardés au contraire nomme
tes ennemis pera Hs. puisque i s pas de religion et
qu'ils U- ji l'en avoir une. Pujol, il y a là un terrible mystère qu'il est hmprodenl de hunier. D'ailleurs tu le sais, le misérable MarceHno vit encore, et de lui, oui de lui seul peui nous venir cette lettre qui troublerait notre joie, DéeJnre-la, il y a des mois écrits qui brûlent les yeux
— Tu as raison, femme,
— Non, lis, lis, ajouta vîvemenl Repp» qui l< j i était mère, ri qui rapportait toul à son enfant, Oui, cTeal sans dont." nue consolation de plus qui nom arrive. Le ciel est
OB-UVBES DE JACQUES Alt À fi ".
inéreux et juste ; il iimiis lml doit quehpics-uues, nous avons Unit pleuré! Souffrir est une colore de Dieu, avoir SOuiTei 1 i st un de ses bienfaits.
Pujol décacheta la lettre et en loties premiers mats dune voix i-hirtTiiiiiiiT :
(f. Pujol,, le voilà père, et je viens de donner un nom a ton enfant.»
— Dieu soit luuû. s'écria Beppa en joignant 1rs mains; c'est du digne et saint prêtre qui a baptisé ma fille. Pour* # suis.
Pujol était blême. Il laissa les yeux el pmiiMiivîi :
« te rappelles-Ui la visite impie que m lis il y a deux mois â notre chapelle de Saint-Cyrille, â Saria? j>
Jïeppa et Pujoî frémirent
« Tu y trouvas deux cadavres nue In lis ensevelir el dont nous avons depuis lors jeté les ossements au vent. ■
— Implacable déclin !
Pujol dévora le veste de la lettre d'un seul regard.
« Une croix sainte protège la tombe des deux martyrs que in en ternis vivants au cimetière de Barcelone. Dieu a lait justice. Tu cm vais avoir égorge tmii lr monde du la coriiiiiutuiilr ! mu seul s'échappa' c'est moi. M.ircelino Perez. que lu dois connaître, me manda ipie si je le ven-
lîsde toi, ilassurerail mafortune :jesnis riche, Pnjnl !,., ■■
Les yeux du miquclcl se reinplinnl de larmes. Iteppa respirait a peine. Piijul ne vil plus rien et laissa tomber le papier. Hcmpa frémissante s'i n saisît.
« Avant que tu achèves U lecture de celle lettre, lonen- «finit aura vécu. Je l'ai baptisé, c'e&l un ange nu ciet* »
D'un bond La gitana fut auprès de sa fille un cadavre!
Le cràuc de l'enfant de Bejvpa et de Pujol était calciné.
Les deux chefs des guérilleros rentrèrent seuls en France.
l n MOIS Ai i j -.
Vous ne saves pas ce que c'est qu'une joyeuse fêle de villara su us qui n'avez pas visité le Roussi It on au mois des Heurs, â cette époque jeune et riante ou tout est verJ dans II plaine, vert sur le coteau et le liane de^ montagnes
ItrimUives, et où le ('anigou y seul gëaiit énorme, étale ri 'air et au dessus des nuages son triple front couronné de neiges.
Oh! c'est uni' saison active el bruyante, je vous jure, et cette saison dure sis is dans cet heureux pays isole au milieu de tani de pays- Les jeunes gens des bonne maisons jettent alors dans les bourgs endimanchés, pont danser en
Elcine place publique sous dt> rlandes naturelles 'li uis, de laurier-i'i'si'. de jasmin et de myrte mariés avec coquet lerie. Le bail si tumultueux, le contrepas si monotone, ei où les hommes, dans leur sauvage galanterie des montagnes, passent leur jambe droite à raine d'une ca~ mode ronde an-dessus de la tête de leurs voisines, tournant avec eux au son d'un Lrmbourin, d'un llagcnlet aigu tenu d'une seule main- d'uite cornemuse el de deux si .«■ tes de hautbois nasillards donnant de 1;i vi ?c corps cl de Ja
si.iii|i!i --<■ i 1 1 s j tirets.
Dans les baiU, \"iis voyez lestes, infatigables, les castagnettes auï doigts* la veste blanche t»u de nankin au dos, les jeunes gens se faire suivre, pendanl piclques raesun -
par leurs agiles danseuses, puis I i coup se retourner
vers elles, les forcer à reculer en faisani claquer leurs doigts ou l'élu m» rel en tissa nie, s'arrêter pour faire aller l'ieds fébrilement l'un après l'autre et, aptes celle ardagneita, saisir de la main droite In danseuse par la main gauche, prendre de ! Vlan à reculons, placer I antre m ni n sous l'aisselle r appuyer la première au ventre, enlever sa partner et la tenir ainsi courbée en deux au-dessus de la trie pendant nue demi-minute.
Oh! ce sont, je le répète, de brillantes réunions, ou
jeunes el vieux, ricin-, el ] vres, paysans ei nobles si*
mêlent, se croisent, se serrent la' main, s'embra-i i.i ■ n L'air dans les sottfr à quatre el à huit et reprennent leur plan- insatiables de cotte danse nationale «me je crains bien qu'on ne me gâte un jour.
Je m'étais rendu avec quelques-uns de mes amis â une de ris fêtes mûjeutet, ainsi qu'on les nomme dans le s j'avais joui à Vjnca du speel scie si attrayant delà joie publique et j attendais l'heure du repos > | > ■ ■ ti ■ l un de mes anciens camarades de collège, Pallares, i • ■■ 1 1 ju-te nssez dévot pour savoir qu'il y svail une église à Vinça, me dit :
— Venx-lu venir entendre un sermon a Saint-Jacques? U est prêché en catalan, selon l'usage, mais je t'assure que le tangage du prêtre :i quelque chose d'étrange et de prophétique qui surprend el Jonche â la fois.
— C'est ton curé? demandai-, je*
— Non, c'est un capucin déchaussé, nouvellement arrivé dans le pays avec les religieux d'un couvenl dévalisé \m- la bande infernale île Pujiil: * il gré la présence s Perpignan et dans presque ieni le Roussi lion, de la plus grande partie des coquins de ce satané commandant, il lance ci n u n- eux, cl chaque jour, du haut de la chaire, des paroles foudroyantes, 'le terribles aiialhémcs, el il les condamne audacieuse meut aux flammes r-tcrnelles. Je t'aflirine, poursuivit mon ami, qu'il y a chez cet homme
Einix des moments d'une véritable éloquence digne de ourdûLûucei de Bossnet. 11 faut que sa haine contre Pujol et les siens soit bien vivace pour qu'elle lui inspire tant de véhémence el irimli^nalion. Hier nu des soldats du terrible -ihji]| cri m été forcé de quitter l église â une menace du capucin oui l'avait reconnu agenouillé parmi la fouir, ei peu s'en fallu! qu'on ne fit un nouveau Saint-Etienne du malheureux bandit contraint de se sauver â toutes jambes dans les montagnes.
— Allons entendre Ion lïossuet moderne.
C'était une remarquable té le de capucin nnx el te veux longs, pi ^ onctueux, mais sehérjss.mi ne les (lèches il un porc-épi e à cl m ijue irritation de sa poitrine, à charpie vociféra lion de ses lèvres violacées, Ses yeux ardent-, pareils a deux comètes voyageuses, embrassaient l'auditoire avec La rapidité de la pensée, et les regards de la jeune femme sur qui s'arrêtaient ses prunelles lauvi 8 tomb. épouvantés. Sun front jaune êlait sillonné de profondes rides attestant sans doute les austérités du cloître on les
rigueurs des abstinem ses joues étaient en mains décharnées et ses liras ■ lioues. S<vn corps iii'èle s'aiitail conviil&ivemeiii euiuMie s'il avait clê soumis à l'action del a pile vollaïque, el sa barbe aiguë et rousse, suivant en esclave tes mouvements *b- sa niàc'inire anguleuse, ;.« vaîi de prêter au fougueuj prédicateur an caractère si m nhjstopnelique qu T on ne pouvait le regarder suis une vi i émoi ion, Donnant un téméraire démenti aux habitudes des npotres de lotis les temps et de tous les pays, don Mann ne divisait passes sermons en trois points el Iraitaii de plus d une malin*. Tantôt sur Hypocrisie et la rapine, tantôt contre l'athéisme ou le liber ti nage, il f isaîl retentir
la voûte du leraple saint de paroles sévères, menaç,
propres â maintenir les coeurs dans la voie du salut. Ses sermons quotidiens ivaieni pour auditoire les fid de Vinr 1 et ceux des villages environnants, lesquels, dans leur ardeur de dévotion , attendaient le père eapucin au sortir de L'égli ■ se signaient en recevant sa bénédiction et liaisaient les pans à demi déchirés de sa robe brune et crasseuse.
J'écoulai aussi les anal! w dedonManoël,el je d iclan
que jamais habile comédien ne produi I nr moi une plus vive impression, tant il fallait S celui-là d'art et de talent l r se investir ainsi qu'il levait fait.
Je le reconnus, c'était Ripoll, Ripoll, un des plus inl "'■ mes officiers delà compagnie de Taumaretllos, écliappé d'abord â la potence ai plus lard, mais ni sa bouillante aires aux balles françaises el gtiolca,
Dès leur arrivée û Perpignan, tes soldats de La milice diabolique, campes sur le glacis et près de la fontaine - Gjl, â mu cinquantaine de uas du l^stïllet, s'étaient con-
i. v danfl un nocturne conciliabule pour savoir quel parti ils avaient i prendre d ms la position diiliriU- ijue leur avaient faite les événements militaires
Comme on avait refuse de les incorporer dans les régi* mon (s français, ei que, d'ailleurs, ils étaient trop bien façonnés aux habitudes aventureuses de la vie de vag A mds, fis se décidèrent i continuer le genre de commerce qu'ils avaient adopté sans répugnance» a m répandre par petil li mdes dans les campai- ms voisines des bourgs et des villes du nnussilloii et â mendier le poignard à h main.
i>. fui alors une épouvante générale.
Nul propriétaire de celle partie ilrs Pyrénées ne se coucha désormais qu'au milieu «l Un arsenal d'armes choisies ; les perles des granges ftirènl bardées de fer; k'y mères au
désespoir i fitgierent dans les grandes cilês avec I ■.■:
enfants, cl ïc deuil qui avait pesé sur la Catalogne m- tard pas détendre son voile frmêl or notre territoire, pur jusque-là de vols et d> m ssacres,
HÈprilK déguisé en capucin, s'était fait reconnaître cher de cette horde de scélérats, el pour mieni seconder leurs sanguinaires expéditions il allait partout préchant une chaude croisade contre les bandits de Pujol , Lion va il pour lui seul un refuge tranquille dJins les fermes isolée de telle sorte que la nuit, quand tmii dormait autour de luî T il donnait avis & ses aftidés ; les portes étaient ouverles» 1rs t s pillés, k -s habitante es. et 1 on pnhli le lendemain que l' j brave, le pieux, le be.ii capucin Manoêl n'avait échappé au massacre que i [ne Dieu ne
voulait p que son plus fervent apôtre tombât sou* le poignard des iii nions.
Ainsi i font toutes les histoires chez les peuples hostiles aux progrés des iumi n sel delà raison, H le déparlement des Pyrénéeg-Orientales est, sans contredit, »u de ceux ou la civilisation a eu le plus de peine i s impairenîser.
Cependanl fiipoll, reconnu par moï t je dis à Pallnr • ■/ i vois liasse pour être entendu d'un voisin, la m- •■ que j'avais dite.
Celui-ci la répéta tf son frcre t cet nuire a* son oncle, l'oncle â ses nièces, les nié s i leur,-: amies, et le soir on ne p:irl;i Vînça shi| êjail de l'.-i| ôtre de Pieu qu'en se
nani avec de l'eau hêiiiie aux doigts.
Le Lendemain, don Manuel avail disparu, et l'on ne put frémir et pleurer le soir an sermon qui avail été promis la veille.
A Perpignan, les généraux franc leur état-major
attend déni ■ p ttenco le ■ ■ ris.
Ils ne s ■occupaient presque pins de leurs désastres particuliers, tant les malheurs de la patrie 1rs Ci ip| aient vivement au cceur ; cl ils Laissaient p ins presque ajouter foi, les bruits de pillage or d'assassinats qui couraient du Canifmu i l'Alb.ra el de L'Àlbera à basses sur le bord de k mer.
y 1 1 el q n e s n a rôles se té re s et a ienl hic î de temps
ii antre a Pujol, afin qu'il pût arrêter le brigandage dont le Castillet surtout ren Fermait les principaux coupables ;
— Mais, général, répond il le comman îant mtquetet avec ï-a franchisa de guérillero ordonnez des chasses conii mes loups affamés el nous verrons ce qu'ilva à faire de celte bai le do canailles. À voire place, poursuivait-il au brave général Lama mue, je di ais des potences sur loules les routes publiques, et lout soldai isole de i ar-
mée, trouvé en rase campagne, y serait suspendu au bout d'un quart d'heure sans autre forme de proci
— La justice ne se fait pas ainsi en France, Pujol, et vos liommos arrêtés par la fc c .nnée seront tenus de comparaître devant leurs j
--Sottise, général. Qui vous assure que mes coquins ne se déferont pas on peu de jours de tons vos juges ■ ux-mêrues et n'iriin! pas incendier vos tribunaux ? Je les en
tjs capabï* s.
— Alors, à quel parti s'arrêter?
— Je VOUS 1 iiï dit : les pendre tous, ils ne sont pas mimic lions a engraisser les terr
— Les pendn 1 sans exception?
— Si : deux ou trois seulement que je vous signalerai mu Lesoîn. Au surplus, continua Pujol, en serrant son poing, j'ai entendu dire que ce bandit de Kipdll s Vin il faii capucin pour mieux voler : je vais m'en assurer, et si le fait est vrai P je vous rénonds, général, que re damné scélérat mourra dans l'iiahii d'un saint personnage,
— Prenez carde, commandant, on qualifie chez nous ces actions de meurtre et d*ass tssioaL
^ J'ignorais qu'on fut coupable et assassin en tuant un chien enragé,
Le lendemain, il y eut inspection générale des troupes françaises et espagnoles sur la belle promenade de Perpignan ; mais hijol, sans qu'on put soupçonner sa re Irai le, manqua à l'appel,
Bcppa, sa Ûdéle compagne commanda a sa place, et là,
ime en Catalogue. |i I, elle Ja noble, la i généreuse giiana
sut conquérir l'affection de tous ceux ipiï connaissaient vïe de sacrifices et de dévouement.
La bande redoutable s'était considérablement amoindrie, ceux qui n'avaient mérité ipie les galères étaienl seuls letir poste; mais les autres, les :imes de houe et de sang erraient ç.i et là dans les montagnes où ils tronvaienl de: vivres en abondance <,f des polir mes à frapper.
Le jour suivant. Pujol, le frnni calme, l'air serein, Iassure, rentra dans la ville. îsa première visite fut pour lieppâ qui lui adressa de tendres reproches; puis il se renelleche» le générât.
— D*où venez- vous? lui dit celui-ci d'une voix amicale el sév<To :'i la fuis.
— De l'orce-Hitl.
— Qui vous y appelait ?
— Le désir de la promenade, le besoin d'un air pur * i libre,
— N'avez- vous rien S me dire?
— Rien, général, absolument rien.
— Pourtant vous n éles pas dans l'habitude de vous ah* sent er sans motif.
— C'est cependant c me cela aujourd'hui, c'était
comme cela hier: jiii voulu dèroger-
— :: hijol! vous no me dites pas tous vos secrcis, et cela n'est pas bien, car vous savez que je vous aime.
Cù n est pas assez, général, je veux aussi «ne l'on m'estime, et j'attendais ce moi de vous. Il viendra plus lard.
Une heure après, des cris tumultueux partis de l;i rue attirèrent aux croisées de son hôtel le général, son étatmajor, lieppuei l'ujol.
— Obi oh! un cadavre, dit Umarque, celui d un capuci n !
— Tiens, c'est vrai, dit Pujol d'une voix tran mille. Je lis le reconnaitrOï oui, je le reconnais. c*est Bipollsous
le froc d'un déchaussé.
— IL a une profonde blessure sur U poitrine, nuitinna Il ."• inl.
— Diable, ajouta Pujol en regardant Beppa avec un sourire imper cep tiblej le f. ras qut a frappé mon ancien
LTVHES LiK .l*i;yUE8 ARAiin
camarade sait son métier el la lami de son poignard était effilée.
— Est-ce que lu vais oublié le tiou pendant la nmisi-
dit Beppa i voix basse.
— Allons donc, je ut me promène jamais sans lui. Après toi, ma BcjïJm Ui> n-aimée, c'est mon pins |] lL • I > compagnon de pénis, A pmpi*, Lu n'oublieras |>as de le laver iv seir.
On en l erra le capucin Ri poil en lieu saint.
On pin ni a une croîs noire toute parée de larmes Manches sur sn tombe, et, pendant quelque temps, on put y lire celte inscription devi ni laquelle les dévotes Ames ilr Perpignan el des environs venatenl s'agenouiller ;
Ii i repose le btcnhnirûitjc capucin don ftîawwL lâche* ttirnt assassiné nu milieu de ses fiamtes prédications Priez et adores.
Un matin nue Pujol icnaut Beppa sons wa bras se promenait Jiors des remporta de la ville et traversai! In chemin qui borde Le cimetière Saint -Jacques , ses yeux se jei renl surin croja et l'inscription qui devaieni protêt i l;i
rabe. *
— Que les hommes sonl stupidesl s'écrïa-t-iL (le signe des bigots pesé trop fort sur In pnilrine de mon ancien ami.
Kt La croix fui abattue d'un coup de pied.
LA TJ-.TJE ET LE ri FI» t» V fil m- T.
Le calme régnait en France, mais c'riaii le calme ne de l'Impétuosité même de la lempéte, le calme qui fail monter la mer aux mies alors que le ciel esi sans nuages et l' atmosphère sans ouragan*
La crise avait élé vin lente, 1rs crenrs battaient vile eî fort, pleins et fondés des riches souvenirs du passé ci il. tristes désespérances de l'avenir.
On entendait encore dans le lointain les longs roulements du tonnerre, mi voyait encore à l'horizon les pdti zipr-zag de l'éclair et IYm devinait qu'il n'aurait fallu qu'une raffole opposée pour ramener sur cette France i ut épuisée, tant déchirée, les orage* dont elle deniem ■ assourdie.
Un pavillon blanc cinglait vers une île délaissée, comme si on eut voulu montrer que Napoléon, que l'un ■ nul nisait captif, put voir à sa dernière heure et debout sur ta tombe le berceau de ses premiers jeux.
Hais tes arrêts du destin sont impénétrables, et T Atlantique devait plus lard élrrindre de ses Ilots turbulents le rocher de lu tu me ou le vainqueur de L'Europe irait expier dins l isolement et le deuil son immense gloire et son éternelle grandeur.
Des princes dont on nvail oublié les noms se virent élever sur le tronc impérial ei iTjfiiêmil par h 1 droit divin,
IL y eut alors de sangla nies réactions, de nu Mes victimes immolées à des préjugés vermoulus. On voulu! raviver des cadavres en putréfaction, on relit une langue bâtarde et insolente au lieu de celle qu'avait apprise notre ardente jeunesse et que l'enfince répétai! déjà avec an i oui.
Les mots gloire, patrie, dignité, honneur national, fu-
nui remplacé* par ceux de trahison, félonie, honte et liassesse» Le soldat fidèle au malheur fui appelé brigand. >a cocarde tricolore qu'il avait promenée dans toutes les cà* jolitles vaincues ne devint plus qu'un signe di j rébellion, on osa faire au vétéran un crime de ses blessures sur la poitrine, nn ni voulut pins que l'image de son grand empereur figurât sur reloue doni il nvaif éiè décoré é ffak T ram t a Moscou, i Austeriits ou a hïiedland.
Il se vit traqué ainsi qu'un malfaiteur dans les villes et sur [es routes publiques; l'active pulin-du n .v m\m seml-la
protéger ou dédaigner les voirai) ti et h leurs |"mu-
rtiHfir sur hs brigands de \a Ivoire mendiant leur pain de porte 1*11 porte après avoir répande leur sang le plus chaud pour la défense de In patrie.
Les débris du terrible bataillon de Pujoï sur lesquels La puissante action du chef se faisait encore sentir, rodaient ça cl la dans l.i ville de Perpignan qui avait Tair d'un bivac* tandis que lui, Piyïil. logé dans une petite chambre lie la rue Sa i ut-Mal bien i quelques métrés de l'église, cherchait dans les leml « ■ m -s de HVppa duii nulle catastrophe ne pouvait affaiiilir L'amour, a oublier ses rêves damhiium ci a s^ créer une nouvelle et tranquille existence au sein des émotions de famille.
De tant de quadruples prises aux Espagnols, de tant de napoléons conservés â la France, il ne lui restai! rien ou presque rien, à peine quelques centaines de francs compusaHut rlles ses économies, et il n était pas sans nue vive inquiétude sur son avenir.
Un pelît arriéré lui était du encore : il h- réclama ei on lui répondit que Les coffres de L'armée étaient vides.
Trop fier pour emprunter, su ri oui avec la ferme conviction qu'il ne pourrait pas rendre, il se résigna i vii de privations, tandis que ta généreuse Beppa souriait douloureusement au sort cruel qu'elle prévoyait leur être ré* sen
Plusieurs maréchaux el généraux de l'csi, du rmrd et de L'ouest de l'Espagne se rendirent à Toulouse, Pujol y alla, présenta ses Utres | un solde complet de ses appointe* mente; on lui répondit encore par une impossibilité, et le elief guérillero, afin de pouvoir arriver auprès de Beppa, l'ut Contraint de vendre â un brocanteur ses pUtnleis de bataille, son pantalon el sa veste de velours brO ainsi que son sabre et ses epaulenes.
Vêtu en nanltin. il se mit en route â pied ei tacha de
ivre oublié jusqu'à ce que de nouveaux événements lui
missent les armes a la main, bien résolu é travailler alors
un peu pour lui. puisque de la ni de combats et de sacrifices
il n avait recueilli que du mépris el di ingratitude
Les princes nouvellement refoulés une seconde fois ■ i l'entrés après les cent jours de la plus cruelle el de la plus glorieuse agonie d'un empire* parcoururent tes province
Le duc d'Anguille me arriva de Perpignan, où de fastueoi are^ie-lrionipne fur ut "riî;és en son honneur, sans doute pour des conquêtes à venir. On lui parla de Pùjol dont l'armée française avril eu tant â se louer; il se AI raconter sa vie aventureuse, ses audacieuses entreprises, son . - 1 1 1 - -i i r- pâlir llepp, son culte pour sa m^re et il partit pour Toulouse afin de continuer sa tournée triomphale an milieu des populations ivres de joie.
i r pendant la misère de Pujol était a son comble; ses soldats, presque aussi gueux que lui, mendiaient dans les rues, et l'on en voyait quelques-uns des plus dévoués f après une quête assez productive, aller à la rencontre de leur jeune capitaine, L'accoster timidement et lui tendre la main.
— Tiens, Pujol, lui disait l'un, prends, ce sonl des marrons que m'a donnés une bonne et généreuse marchande.
— Je t'apporte une demi- piécette» lui disait un aulre, One jeune Lille m'a fait cette aumône sur la place de la Loge où, couché au soleil, j'attendais que la faim disparût dans mon sommeil qui ne venait pas. Prends, capitaine,
PUJOL, Cil Kl- l»K nUQUELETS,
prends sans y regarder, je u'aï que ce a : si j fais plus, je Le donnerais davantage. Tu dois le rappeler il'ailîHirs qm> dans une de mis dernières affaires prés de Gironc tu m prêté six pi strea, tiês-<ou vaincu que tu étais quelles ne geraienl jamais rendîtes. r
El Puii-l .icccplail ces faibles secours de ses compagnons de péril sans oser leur on faire de reproches; car il étail bien &ûr d'apprendre plus lard que narrons et ces pièces b avaient élé voies sûr les marchés publies ■ i dans les I oches des citoyens, Perpignan, 4 moitié espagnol ei à moitié français, a vail
!!■- ses courses \\* k taureaux parodie rentable de Mies ties C &ul!es, de l'Andalousie ei de la Catalogne. Elles
•. ienl lieu dans le caserne de Saint-Martin, à côté do In porte d'Espagne, el dans ces jeux du moins il claii rare qu'un homme succombât à la lutte*
Toutefois on lançait souvent dans l'arène des bêtes furieuses contre lesquels il fallaii de [do ver une grande adresse ci une vigueur peu commune. Sur le fronl du plus redouta tde «les taureaux était placée une cocarde rouge e< ! francs devenaient la récompense du jouteur asses audacieux pniir la lui enlever.
Eli bien ! l'appât de cette faible somme jcinii les soldats de Pujol dans l'enclos, et là, luttant d'ahord entre eux pour diminuer le nombre des prétendants, ils a'élapçaienl i nstiiie au dorant de la héïe en fureur et ne craignaient pas de la combattre corps à corps anus lance ni poignard.
La foule des curieux placés sous les galeries du premier et du second étnçc «lu quartier ne demandait pas mieux (ue les bandits de Pujol, comme ou les appelait à haute vux, exposassent leur vie a ces jeux cruels, tant on déBiraîl leur extinction totale.
Hais, j* te répète, le quadrupède qu'on opposait à leur lace n'êtail point assez redoutable pour de semblables combattants, et dés que la course, avait eu lieu on voyait s'acheminer vers le jardin de M.imci. ce* terrible? faur d'hommes, oubliant bientôt, dans les libations d'un vin capiteux, leurs malheurs présenta el leurs crimes passés*
Puj "I son Ifra il aussi , mais sa do u leur avait quelque chose d'austère el de grand. Si on lui partait de Tin tude des gouvernements, il répondait d'un ion de vins qu'il s'efforçait de rendre calme! que nul gouvernement ne lui devait rien, qu'il ne s'était battu ni pour L'Esjpagne oi pour In France, qu'il rivai i tué parce qu'il avait jugé ni lire qu'il tuftt, que sans son amnur pour Ocpna, pour sa rm ic
■ i sœur, peut-être eût-il fini |ur si c moine, et que d ailleurs il ne redoutait la misère nue pei ce que sa femme, -,i fîeppa laui aimée, souffrait sans l'avoir mérité.
— Si je voulais, pnursuivaiUl quelquefois dans un mo-
meiH de col r 1 d'impatience, je ferais tr hier ce pays
ou on ne me donne que rarement un morceau de pain; oui, si je le voulais, ce département serait si jus mon m-ïl et ma main ce que naguère était la Catalogne ■•■ mon
'■ ; el mon régi rd. Si je le voulais, j'aurais, à l'aide des lurons qui me resteol ci de ceux que je recruterais île - .,'• ou de force, de la nourriture, des vêtements, de l'or. M je ferais de nouveaux ingrats, «r j'aîme mieux mourir do i'.iiin. li ! les hommes! les hommes, ils mil bien raison de m'appelcr misérable, car je les laisse vivri
lit lu poitrine de Pujol pouss il de profonds soupirs, et ses yeux, devenus Lei nés et caves par h souffrance, se voilaient de larmes, et il courait embrasser Beppa el son tils qui souriaieni en le retrouvant.
Un ordre de Paris arriva à Perpignan. Le général corn* mandant la plan ai nonça au chef de la formidable guérilla qu'on allait enfin s occuper de son son, el qu'en attendant on lui donnai! un logement commode dans la t:ir. nielle, parce in nui avait entendu de terribles menaces contre lui sortir de la bouche menu- de si 9 anciens mîque» lots,
— Contre eux une citadelle! dil Pujol en souriant avec '! 'tain. Alloiji donc, général, vous leur faites fcrop d'honneur, Prèteo-moi seulement une cpè m s un pi -
tolel ou un poignard, el vous verrez â quelle distance ces coquins se lundi onl de moi.
— Je ne veux pris '|iu' vous exp siei davantage une vie si orageuse, 3 Lil le générai; vous vom tirailleurs à votre femme. Ainsi, obéisaei aus ordres que j'ai reçus, et attendes dans la citadelle u- m niveau 1 ne le"duc
d'Àngouléme m\i Tait annoncer.
— Alt! c'esl de la pari du duc d'Angouléme, dit Piujd d'une voix résignée, il suffit, j'obéis, je me rende au poste >|ui m "est assigné. Général, poursuivît-il un instant après, io ne mourrai pas de faim.
Depuis plusieurs semaines, Pujol couchait en effel dans ia citadelle de Perpignan et y occupai! ui imbrette 1 iule modeste meublée seulemeni d'une table grossii re d'un lit en noyer ci de quatre chaises
Chaque soir agrès la retraite il franchissait In pente rapide de La Real ainsi que le premier glacis de la citadelle
qui conduit au j Ulevis s'ouvra nt sur une port sont
encore sculptés les corps privés de têtes de quatre rois
doni on ignore les noms, el passai! I- it Loin de Beppa
désolée el en proie a de s timbres pn sentimenl
Les cœurs aimanta devinent les catastrophes, h le ciel peu miséricordieux semble vouloir les frapper d'un double malheur. Mais elle, celle femme forte et puissante, [ue
nulle colère de Dieu ou des \ mies ne pouvait jamais
trouver < 11 défaut, refoulait dans smi âme les teneurs «I ml
& était accablée ft tendail en souriant mie main amie 4 Pujol dé s qu'il lui disait Ta dieu de la soirée ou le bonjour du lendemain.
Sa résolution était d'ailleurs irrévocablemenl prise, elle s'était livrée â Pujol par tendresse, elle voulait mourir à Krseôléi el à la même heure que lui. et elle disait parfois avec a me ri urne :
— C menl ne me connais- tu pas encore, nu m brave
et n> il île mari? P>mri[Uoit'é| uiscâ-lu an efforts inul les afin de me cacher tes in [uiéiudes? Est-ce que j'ai désanp is les deviner? Est-ce que mon cœur n'esl pas un écho du rïen? Al li m s. allons, Pujol, notre ûe d'ammir el de dé* vouement est finie; nous avons vaincu les hommes, mais Dteu veut nous prouver qu'il esl [dus fort que nous. Je crois a ce Dieu auquel lu ne crois pas, el je courbe U tête sons la foudre qui va nous atteindre
— Redressons- la , ré|ili'iunk Pujol, et, par la force de notre volonté, si nous ne pouvons prévenir le coup ijui umi en ace, taisons du moins repentir ■■<' Im-u i|in- 1 u invoques de son injustice â noire égard*
il éiail nue heure du mai in,
Pnjo! à moitié nu jouail une partie de manilles avec trois ■■n3- -ni' ii- . rs de la garnison de Perpignan détenus â la citadelle pour cause d indiscipline. Tout â coupon frappe vint â h porte*
— Pujol, alerte! mon brave- debout et viens, les cojuins se sont armés celte nuit el ils mettent la ville â feu
— HTe voici, lëjnnidil Pujol timidii^aiil cum un chaCa!
■ 1 courant rapidement au seuil de sa cl ami n . lvei«vons un pis:-'!. ■ me donner? un sabre un poignard?
— Tu auras tout cela el des soldais pour escorte aussi.
— Il ne m'en faul pas beaucoup,
— Vite donc, babille-toi et eu route.
— Sic voici. Des armes, et vous allez voir comme je manœuvre.
— El nous, voici comme nous agissons, s ec ri ruent à la fois quatre hommes en lui sautant a la gorge el en Legar-
oltant.
Pujol lié dfl furti - •■ irdi's voit alors 1 qui il a ;ifiai. cconnaissant des gendarmes de la ville déguisés en hourjs ii leur lance un regard de mépris, et, crachant sur i ire de Selmas, l'un d'eus :
— Tiens, dil-îl, voiïâ une décoration pour te franchise et ton courage. Oh I je le savais bien, poursuivit-il avec une douloureuse amertume, que je o |j roourraîs pas de
11- ma femme! ma Beppnî ajouta-l-il avec un moumenl convulsif, «rrélêe sans doute aussi! UEi -|ue Ja
OEUVRES m: JACQUES AAAUO.
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gïp^ ■' y
On te bissa sur Le iiutet. ( Page 00}
main qui a osé In toucher se sache au bras du misérable ij"ii Lui fera ta moindre rîolonce!
— Ta femme! lui répondit In» des gendarmes en ricanant, f|ue veux-tu qu'on en fasse? Bile mendiera et nous lui donnerons quelques pièces de deux lï*irc!s. en attendant qu'elle apprenne ce qu'un aura fait de loi.
— Les lâches, dit Pujol avec une es pression de rage qui contracta Lu us ses nerfs, Les lâcher :
Et de grosses larmes tombèrent sur ses joncs-
— Me direz- vous du moins, ajouta-t-M encore quelques instants après d'une vois cal me et résignée, me direz-vi par or tin de qui je suis arrêté?
— Par ordre de monseigneur le duc d'Angouléme.
— Je l'avais prévu,
Pujol n'était pas encore sorti de Perpignan qu'un homme entrait chez Beppa. qui demeurait toujours à la rue Saint- Mathieu.
— Voici* sencra, une sommp d'argent que je suis charge de vous remettre de la part du gouvernement iï nçaîs,
— Vous vous trompe/ sans doute,
— Je ne me trompe pas, senora, c'est bien a vous que je dois remettre la somme de cent francs,
— Une aumône?
— Je vous lai dît, nue patilicalion pr m clerc. (Test le duc d ÀngoulèiiiF' qui vous mvuie cel argent.
— Assez, assez; mon mari esl arrOlé. Donnez- moi celle m , monsieur, eu puisqu'elle m'appartient, que les
pauvres en profitent.
îîcppa descendit avec rapidité; vil deux mendiants adossés à une borne, leur donna les cent francs ri leur dit :
— Prenez, mes amis, et dites lin Pater et un Ave pour le noble Pujol,
— Nous allons en dire trois, répondirent les mendiants, et ils allèrent s'agnouiller dans l'église Saint-Mathieu.
Paii^rj.
Une large berline, empoitiV par quatre vigoureux chcs . 1 1 1 x de i' '-il-, roulait lentement vers ïc Perlhus, dernier village do L-'rance sur le roi qui porte ce nom.
Dans la voilure six hommes : cinq «laienl inws île sal»res et de pistolets, libres et (es yeui ouverts sur Je sisiiTiMv iImii les mains el l« > pieds et aïeul fortement liés par des Courroies qui ne lui permet! aïeul presque aucun mouvement.
Sa tète nue était droite, son front calme, ses yen* sans colère, et sa bouche, dont les deux coins se baissaient în> perceptiblemenl, exprimait ledégoùlel !■■ mépris-
Les autres personnages l'interrogeaient, souvent comme pour abréger la longueur de la route; mais ils n'en obtenaient aucune réponse, tandis une plusieurs gendarmes â cheval caracolaient autour de l'équipage cria ni presque toutes les cinq minutes : Veille! veille î
Pujol allait revoir l'Espagne, la Catalogne* cale Catajoijik? qu'il avait longtemps ensanglantée, et où son nom seul
élaît encore l'effroi des populations décimées par son stylet el les cscopetlcs de ses bandits.
De sourdes rumeurs de ParrestaLû n â Perpignan du commandant guérillero s'y propageaient depuis quelques jours, les habitants des villes el des bourgs se donnaient rendezvous sur le bord des roules royales, et l*on eût fait on mauvais parti A celui qui se serait permis de coin bn lire ou de désapprouver la possibilité d'un guet-apens qu'on retirait la-bas comme un acte de bonne eL loyale justice* On arriva enfin au Perlhus,
M, ê piipages et gendarmes firent halle et déjeunèrent.
On demanda à iHyul s il voulait qu'on lui fil manger un
morceau do pin et boire un peu d eau* Il ne répondit pas
et on le laissa dans la voilure, autour de laquelle on ne
cessa de veiller.
Cependant de temps ;î nuire l'intrépide prisonnier sem* 1-1 1 ni se ranimer passait sa lèle à la portière de 1a berline el plongeait un regard avide vers La route qu'il devait eu parcourir.
OEUVRES 1>E JACQUES A H AGI)
— Oh! in .is beau n rder< lui disait alors un di gardiens, les Compagnons m riemïrunt pas le délivrer, i n i l'œil sur eux aussi a Perpignan, lu es seul, bien seul ici en fit [end ut -un» les anciens compati iotes arrivent | oui- le faire bon accueil. Tu n'as pas Longtemps n tangujr, Pujol ; mu dus noires est f-iirii | <jur aller prévenir les vieux amis de li Catalogne, cens dont tu as ■ ■• ■ ■!■■'■ ïes femmes et violé les Ûtles; sois saiis inquiétude, moii brave, h fêle sera nmipL'îr i-r il n'y manquera Jii peuple, ni juije>, ni bourreau, ni polen- ■■■.
— Tiens, mi s- rahle* voici ma réponse , disait Pujol, et H crachait a la face de son lâche interlocuteur.
Les gardes avalent dîné et ils jouaient au ttucà qui solderai! les frais de la ripaille, quand une caravane de douze ou quinze mendiants, escorte habituelle de ton! pié on ou cavalier qui monte ou descend le col, s'approcha humblement de b muta avec ses haillons, ses plaies, sa vermine et ses rantiiuK-s dévots. Elle s'agenouille ou s'accroupit, en* tonnant nasillardcnu-nl ses refrains pieux. elle chante les louanges des sainls du paradis, de* sainls gendarmes français, du saint carrosse portant les saints voyageurs, et demande de l'ail, îles ognons et quelques mu av. dis en échange des éternelles joies que les bienfaiteurs pagneronl par la* charité*
L'aubergiste répond par ma morceau de lard salé qu'il jette mi milieu du groupe ruisselant, les chevaux du rel hennissent comme pour faite « bonis, le* garçons du caba» poussent du pied W* petits enfants Irop importuna, et les gendarmes ordonnent avec jurons et menaces â cette canaille sans pain d'aller mendier ailleurs.
— Tiens, dit avec une sorte de fierté une femme plus audacieuse que ses compagnons effrayes! si nous demandons, c esl notre métier; le vôtre, je crois, est de nous 'li'iitirr. Iiirn là-ban I vous tiendra compte de votre charii-: vous savez mie les mauvais ricins sont chaises du ciel,
— Est-ce que lu sais, toi. répliqua un gendarme aviné, ce que c'est que le ciel ou l'enfer?
— Ont, je le sais, et mieux que vous encore- Le ciel, c'est In pitié pour !r malheur; I enfer, c'est l'avarice et ia cruauté envers ceux <\\u souffrent ; le ciel, c'est une espérance, une consolation, une joie; lYni r nue menace, une douleur, un désespoir. Vous escorte* sans doute un grand seigneur, ci je suis bien certaine qu'il ne nous refuserai I pas qui; ii j ne chose, si nous osions lui adresser nos prières.
— Pourquoi n'v va s- tu pas?
— Parce qu'une altesse est irop haut placée pour voir les larmes des infortunés, dès lors mms avons recours aux saints. r.,i n. mis autres, humbles el délaissés, nous mignon s il m nous élever jusqu'à Dieu.
— Va, va, tu mis te permettons de parler à l'a liesse enfermée dansai berline; uni sait? peuUêire vous viendra* l-elte en aide, lissayez, elle esl ricin 1 et généreuse,
— Ma foi, j'y vais,
La mendiante s'approcha de la berline dont les stores étaient baissés, el, se plaçant â nu pied de distance, elle dit ces mots ■
— Are Maria*
Pttjol avança la tète avec mi mouvement frénétique, jeta un ré»ai d de'l'eu sur rinfortunêe et dit tnui bas :
— J'en étais sur.
Deux gendarmes accoururent.
*- Il m'a frit peur, balbutia la femme tremblante, il i des yeux de loup affamé, el j'ai tiré ce cou 1 eau de ma poche pour me défendre, car je craignais qu'il ne me sauf ni a la gorge.
— Oh . lu n'as rien à redou tenir ce loup affamé, comme tu dis si Men; il esl muselé et nous ne le perdons ps de vue.
— (Test donc un bandit, un scélérat de la guérilla de Pujul qui non- i tanl l'ail de mal a non s pauvres tfius de la Catalogue'.'
■ — C'est Pnjol lui-même*
— Jésus, llaria, Jqse| h ! dit la mendiante en tomba ni a genoux el en se signant,
Le gendarme avaîl rejoint ses camarades, la malheureuse fiTiie ■ récitai! ces Pater et ses Ave â demi voix el mêlait snnveni à sa pri re des mots que le guérillero seul pouvait entendre :
— Me voici pré; de toi, mon brave Pujol ... que votre irés-sainte volonté ... Oh! mou Dieu, ne pourrftis4u couper
les liens avec ouieau '!.„ suit faite sur la terre comme
nn fii-ltM Réponds-moi, mon ami... ilminez-nons auiourd'huî noire paîa quotidien... comme tn dois souffrir!,*, Pardonnet-nous no; infini. . YA\ bien! na-ln plus de voix [mur Bip pii?
lit Pujol essayait en vain de rompre ses solides cour roi» sentait tomber sur ses jours des larmes de plomb et disait de manière d ce tpie -es paroles n'arrivassent qu'à sa femme.
— Va-l'en, va*t*en, ils te tuera» m», je lu ■ j-i-mx pas me dégager. Va-t'en, Beppa, et prie l'enfer de châtier les Iraitrès et les Lklies.
— .le vais prier le .ciel ]' air toi, mon ami* je vais le prier et le venger peut-être*
— A la bonne heure, je ne souffre plus.
— Ainsi soit-il, répondit Heppn en voyant venir â elle un îles gardes du bandit.
— Eh bien! t'a-t*it donné quelque chose? dit relui- ■ en ricanant é la mendiante.
— Rien, il parait qu'il esl aussi avare que vous.
Cependant an loin, et à l'une des pentes rapides du m], de larges flocons de poussière usurpaient les airs,
— Les voici enlin. cria d + une voix retentissante le chef de i sic, les voici, noire lâche esl remplie.
C'étaient eux en effet, des soldats, des hommes du peuple, des juges, .les corrégïdors, des femmes, de enfants, des vieillards, tous criant, gambad ni jurant, hurlant di hùiannahl t\ suivant des gens armes eomme pour Tattni[iie d une redoute.
Te Indeux cortège arriva à la pierre servant délimite aux deux royaumes, lit balte sans vouloir nVmrisser la ligne de démarra don, se coucha sur ïe sol el attendit, la bouche béante et les veux hagards, que les deux cbefe espagnol
tr ai h; a is se lussent c i n ni j u c leurs m u tu els 1 i o u v oi rs .
On n'attendil pas longtemps.
Les papiers visités, la troupe espagnole s'avança vers la iiuie, elle en lit descendre i coups de crosse de fusil le itonnier qui t oui ha â genoux ei se releva fièrement, de
crainte qu'on nesuppns;ïl >|ii il demandait grri
\ son aspect, un cri pareil â un hurlement poussé par mille loups surpris autour d'une grange lii retentir les
■'m ire fa montagne, tout le monde fui debout, tous les yeux fixés Mns le même point, el Pujol, en ire une quadruple haie de soldats, se mil en marche pour Figueraa après
oîr été en butte aux plus grossières injures, aux plus terri blés anathémes.
Les mendia ni arrivés au Perllius sr mëlêreni i l lL f nie
venue de Cir d Olot, de ligueras de llnsris, de Pala-
:nos ei des viUiiges environnants, ei ï J ujol. <jui n avait ni
n ni mangé depuis son dépari de Perpignan, BolItcHn alors,
ans pouvoir l'obtenir, un peu d'eau du ruisseau qui cou-
rait rapide et frais Le lonir de la route sinueuse.
Il y avait une Heure <}iie Ton cheminait.
Rendus à Mancexa, les soldais firent halle el l'on vit
iii- d'une écurie doui la porte était o née de guirlandes
h myrte et de bouquets de genèi et de romarin un mulet
, i n vn\ que huit bras robustes pouvaient â peine mai*
'lûser.
On s'approcha de PujoL on lui arracha avec brutalité ses vélemenis en ne lui laissa ni ijue sa Hunniseet le vieux pantalon de nankin iju'il avait acliciê a lonLouse. On cousîl sur chaque épaule du guerilîero un cbou-lhur en guise d'ëpauleile, on lui ceignit les (Unes d'une corde ailacluini un manche a nalni, on posa sur sa tête un chapeau hlanr