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Le slyle est Vh >mim< 1 a dit lluff li Qtiffon pourtant n'avait vu ni les PniUei^ ni t«* Carolins. Sa pensée, ici surtout, est une prnnd ild.
si anihrnpi^ili.i; h i Knurmirûrcki,dans la iVouvelle-
Zidande j voipj iVi-iiiirir^ .i I Mpecl de ces hommes, dont les ii &ei \'\\vl li'hcliej'j». sont dégradées Le [Vont,
le nés |ei tempes, l.i paupière, i ■ 1 1. est attaqué, tout est
smimis à l'action ne Tus aiyu
la douleur et le têmuigne par un in uvcim ul queleon > s'.irrêle : t'Immiiie u'
nue plus ]\onofable dégradation
■|uo, le gn
rriiT est vaincu par
«vemelil quclCon-
iqk fait pour
Il a fallu a riiuroi^ specuïqtyicte im'eîlfi montnU quelques égards ern- i ■. jes peujilea qu'elle venriit de dompter, que la luisnLrne fut un uns, i ttde f Hais le laJ <taii
«le trep lUfllcile eiflcuiiûu, loi hommea fticonuésau ferremeut des e>ei \ avaient [j.is le temps de dessiner des fleura, des chèvres mi dis losanges sur les torses ruisselanti qu'ils rlvaiepl \ fond de cale. Ils imaginèrenl nu aui !■" de latonage : en« m% % les bastiaux pai ivaienl un signe A l'énanle nu n In f-nisse i[iii les distin- L'nitdes liesiiauji voïsfns: liteufs, umnions, porfôouehevaux ne |'i:uvn;rni ru i conlomlus. lim-i esl i moi, cedesi â lui ; porta ni . lions amis,
Logique uuiverbidlo et chrétienne, mise en «sage chez les négriers de toutes tes nations civilisées du glol
Approchez- vous, hommes d'ëbcne d'Angola, pompeusemenr appelés nègres royaujt Vous v. j. i timbrés el litn vous vi nez de recevoir le hapléme de la servitude*
Un enivre rouge vous a grevé un 1er à cheval sur le front ; aitendei/car vous êtes courageux, car vous savez supporter la douleur, et vous pourriez vous arracher celte peau frmii.i.e, M.iis l'opération n'esl pas Unie : vus tientsont éclatantes, une lin taille en poinle et voi
honore d'un second sacrement. Vous avez la mAchoïre du
piin, lActiez d'eu avoir la voracité; les jmurreaux succ bent parfois bous la vengeance des victimes.
Au aurp us, quand les jeunet garçons, quand les jeunes mies veulent être bien vend n les brûle par tout le corps, à l'nide d'une petite baguette roupie au fen, et ces traces ineffaçables font croiru a l'acheteur que Pesclavi eu la petite v. roh- : tout cela, avec li trace sanglante de l'anneau de fer qui tient te jarml captif. C'est le tatouage des Européens, i â-dirs des hommes s vendre sur les tnniiiiHS wiulus,... A la bonne heure !
Non épauleues, nus broderies, nos croix nos rubans, roik nos tatouages à nous. Dépouillez de «es vêlements le noble et l'homme du peuple*.. Kt puis,...
Le sauvage est pluslogiqn s tîlresdc bravoure cl de mérite demeurent im] érissables.
Ce qu'il y a de biian* dans cet nsage adoph par lous
Vuki voire tombe ! M une voix solennelle, lh»g« 3fr)
les insulaires de l'Océan te, l'i l que les grandes nations desquelles ils dépendent Reconnaissent point 1*' tatouage : J^|.nn^i>. Chinois, liamscli-ïikadals, n'ont aucun dessin sur le corps.. Expliquez celle singularité, vous, niomssages que Montaigne, et qui dites savoir tout et la cause de tout.
Ans Marquises, le tatouage est encore en L v innd lion* ocur» stirtruii parmi les jeunes tilles Apres au phi i sir, et qui attirent par ces dessins bizarres dont elles & inondent les regards curieux des étrangers. C'esl qu'aux Marquises la civilisation a peine à s'implanter, et que ses farouches kuibitaiits ai meut mieux leurs forêts séculaires et un air libre que la domination européenne,
On \h lira bien du sang français aux Marquises avant de les civiliser, tant qu'un indigène île cet archipel sers encore debout.
L'habitude du tatouage se perdra iudubttablemeat à mesure que la civilisation fera quelque trouée dans les pays eucore sauvages. D«jâ lis m unitaires de Man^aréta cherchent à eu affranchir les naturels bienveillants de c:*-t
arclùpel délicieux ou la religion catholique a piaulé son drapeau pa ci h'ca leur.
Taïli se détaloue] grâce à l 'Europe qui vient de s'y établir, grâce aux sajjesi enseignements des pieux missionnaires français, et surtout aux costumes de nos pays» dont tous les Immmes et toutes Les femmes se revêtent avec nue coqdcueric raviflsanto.
Mutiez des souliers û ct»s braves insulaires si prônés et si Calomnïos à la fuis; blanchissez un peu leur teint café au lait, et vous vous ji m mènerez au milieu d'un essaim de Porisiennes égarées dans les foré! s de leur pays. apré> un gai naufrage au milieu du vaste océan Paeilique.
Mais voici l 'archipel le plus curieux à é tuilier sous la nt de rapports, et même SOUfl celui du tatouage. Suivez moi.
Le iuVuino-Laé, gerbe i m me mv, cane jaunâtre, d une i ^ polarité parfaite, elend râ H la ses bras gigantesques» Audessns plane, comme ûu fantôme noir, le Mou no -R in, géant immense, dont la tété est si loin de ses pieds; et. plus loin, le redoutable Mouiio-KjIl, créterfe I -iv**, ardente
U'Uiï POLE A L'AUTRE,
Taîli
fimnjïiDû «C en ébullition, vomitoire de I eiifn
creusé dans seslhacs, dVi s'écbappenl parfois des océans de feu de plus de trois cents mètres de hauteur, el fabanl reculer les Bols océaniques, dont ils usurpent Les abîmes, qu'ils comblent avec un horrible fracas.
Là vil une population active comme le l" >m P chaude comme h terre desoufn sur laquelle ses paserrenl sans cesse, belle, forte, robuste . brutale el généreuse à de ceri uns intervalles, et presque toujours se délassent pai petites choses des grands el magnifiques spectacles que le Créateur a jetés sur ces masses imposantes, d dans les anfraclu usités seules des pielles voirie u i il avide découvre une riante végétation,
M whe, Wal Aloai, sont plus hem ., j'allais dire
plus calmes... Or, écoulez
-ir ilcscends â terre en race d'une grande ville appelée 8 'ii'i.i . de U'M Cliques cimetières et du tombeau -l'' Tamahamah, ce ?i:ipolc(uidc la mer du Sud qui lit tant de prodiges. Lue iruweiiiL' pupulaiiujj vient à nous : tout le I
monde est tatoué , depuis L'en fa nce jusqu'à la vieillesse, tiiiil lu monde est couvert de dessins, de rigoles, do brûlures, de crevasses; c esl déjà le M iwna*Zw qui s>si épanoui devant nous avec ses sauvages beautés.
Voici des uiseaui, des poissons, des daims, des éventails, mais surtout des chèvres. Lis eh .^res> grossièrement dessinées, broutent sur toutes les parties du corps ■ l'homme et de la femme. L'artiste les ■ placées à [a Die les unes des autres, elles se mordenl II queue et, comme celle-ci esl très-petite, vous comprenez tpfelb s se toucher i. Ainsi» chèvres, ronds, carré*, roues, damiers, in*crijjiiu»s, Heurs, toul cela pêle-mêle, sans ordre, sans nulle symétrie.,. Encore le sol d*Owhyée.
\\\\ ! maintenant, jetez un pieux regard sur les bras de ces
)■ i i's de cea chi &„ de ces gens «lu peuple nui roua har-
ceb ut.... Partout Ir \ de Tamàhamafa et ht date de sa
mort.,.
Voyez encore ces profondes crevasses . ces dents arrachai ■ i . - phalanges abattues, ces cheveux qu'on ne
MlliSi — I^L". '> Lj • | ML bLIUtlilll p t.
OEUVRES DE JACQUES AlUliO,
sera plus pousser., , Tout cela est encore le deuil que l'on porte de Tamahamûti dans la tombe depuis un an !„.
souverains de l'Europe» où soûl vos iziands dignitaires qui eussent accepté de partit* sacrifices, dés au fia auraient entendu dans vos salons h vos antichambres : Le roi est mort , vive Le roi !
Ou el nues - u nés des fem mes d'Où r i ouiï ou 1 01 s cl successeur de Tamahamah, sont tatouées sur la plante des pieds, sur la paume de la main et même sur U langue. C'esl pou raniuiii de la coquetterie un peu loin, et vous ne croiriez pasqu'Owhyée est à plus de neuf mille lieues de la Irancc. Mais ta coquetterie est citoyenne de l'univers, et nos dames auraient certainement Le courage des Malaises, des Candines, des Sandwicbiennes , si elles croyaienl s'embellir à l'aide d'un éventail, d'un damier on d'un bataillon de cln i vres dessinés sur leur c Lia trente.
Qui sait ce que L'avenir leur réserve!
Quelques tatouages ont lieu également a Ômbay, lieu fatal é tout imprudent visiteur qui vient y chercher le repos et n'y trouve que h mort au milieu des flammes et sous la dent de ses farouches naturels.
A Ombay, les indigène* ne s'amusent pas à de semblables puérilités; ils emploient mieux leurs heures de loisir, quand les volcans el les typhons leur en laissent quelques-unes. Leur luxe, a eux t C est un rnsh teint h Sang et orné de la chevelure des vaincus ; c'est une maison pavée de crânes servant de coupes â ces buveurs de sang; c'est le piège, l'astuce* la rapine, le massacre* l'orgie" el le sommeil sur des débris fin mains.
Unis le Canada, aux Wlthl et dans certaines îles de la sic, il eiisle un tatouage mil «est, a vrai dire t qu'une mutilation, À la mort d'un ami, d'un frère un d'un père» celui qui reste s'ainpule une phalange,,,. Vous comprenez le péril quand la famille est nombreuse et que la |n sh-H La dysenterie ravagenl le pays,
L'Europe est plus sage et a moins de respect (mur les morts.
ROIS, — CRIQUES. — TAMOfiS. ~ RAJAHS.
le fouille dans mes cartons, dans ceui qui datent d'hier eleeux qui dajenl d'aujourd'hui Si je trouve quelques pages philosouhiqm -s OU morales se rattachant a ce voyage, qui a ri i u v .les rides sur mon front , je vous en Ferai part, non point par vanité, mats parer qn il faut toujours ouvrir la main quand elle i enferme des vi rîtes ut i lus,
■iis-jf heureux de tomber Sttr ce chapitre? c'est a vmts, lecteur, de résoudre la question; mon devoir était de la poser.
Puisque c'est une race privilégiée, consacrons-lui un chapitre spécial. C'est bien le moins, lorsqu'on a de seir.s pensées à jeter au dehors, qu'on le fesse avec politesse.
La courtoisie est une demi-vertu, et j'aurais embrassé de grand cœur ce noble ou ce bâtard de noble, qui, en meoaçant un homme du peuple, lui dit :
Prends garde , drôle! que je ne lipidique sur le dos vingt-cinq coups de ma canne à pomme a or
Y m croyez rieu pourtant ; je n'aurais pas embrassé ce faquin; seulement, y aurais SOttrl <î s;i menace tout aristocratique. Les Montmorency les Noaillee, avaient des façons plus courtoises, et ils' ne se montraient If+ts de leurs Blasons que parce qu'ils y jetaient eux* marnes un nouvel
éclat. Si l'impertinence est pardonnable, cV ulemeut quand elle va du petit au grand du faible au fort t
te ^pardonnable: o'eat a vouer , par conséquent, qu'elle est toujours une faute.
Prendre un ton trop humble en parlant m qui domir c'esl ne rapetisser sans grandir l'idole. Vous aurez beau avoir six pieds, vous paraîtrez mesquin si vous vous courbez.
L'égalité parfaite n*est noinl dans la position ; elle n que dans les sentiments, Ne mesurez jamais la valeur d hommes â l'espace qu'ils occupant, vous seriez capable de trop de sottises.
Remarquez encore que d'ordinaire la h au Leur dn lange est en raison inverse de h hauteur des principes,
Sela est logique* Celui qui cxi lande par la n & de
procèdes n'a pas besoin, pour être obéi, de L'insolence
de ses paroles.
,1 nrisn l'impertinent par nature; l'impertinent par
calcul m inspire le dégoût.
Que si vous trouvez dans ce chapitre, (Tailleurs si court, quelques expressions â brùV-pourpnitil , ne mVii punis pas mec trop de colères la faille n'en est pasâ moi seul.
Lèvent de la mer s ton! changé en moi, moeurs et '■ bïiules. Demandez : j'étali nn petit chérubin, un ange de douceur et de bonté dan h ma jeunesse; la marine n/a gâté; j'ai pris des allures d'Indépendance el de rudesse, dont il faut tenir compte seulement ù ce! élément maudit, qui me promène depuis si longtemps el si rudement d'un climat a l'autre. Rester naïf et pur après tant d'épreuves était une tâche au-dessus de mes forces ; j ai du succomber>
El puis encore, j'essayerais peut-être quelque nouvel ef* fori en faveur de ee qui aurai! besoin il ûdu licence el de pitié; mais je veux ifoJr mon franc parlera l'égard des
chefs, desroffi t des tamors, des dominateurs, des despotes, c'est-à-dire d'êtres à part, il 1 hommes prîv . omnipolents, de demi-dieux, devant lesquels la foule pa$$e agenouillée.
Permet tei*!Bôl donc de me placer misai dans les exceptions et de me tenir debout eu présenci de oui a l'habitude de baisser la t&te ; our entendre, Quand il le veut t le nain se met au niveau du géanL
La route esi belle et rèpiliére; les vents sont constants et d'une tiédeur mesurée; i Vu uni règne à bord : que faire? ire. M. m litre est trouvé.
Les baleines, les marsouins, les sou f Heurs, les bonites et les dorades se taisent â la surface des eaux ; aucun nu aux flancs ténébreux, aux contours bizarres, ne vient noua visiter en passant et nous envoyer ses fraîches ondér>; tout est dans un accord parfait, dans une harmonie assoupissante, et les mollusques phosphorescents em-mêmi qui iiijuère, pendant les nuits les (lus sombres, éclairaient souvent l'espace comuu* des gerbes de feu, ont êleinl leur pâle lumière pont ne pas troubler cette quiétude de la nature qui énerve, glane, désespère,
Il faut lutter pourtant contre un ennemi si redoutable; il Faut essayer de le vaincre pour ne pas en être écrasé- Que faire pour cela? Je voue raidit : écrire.
G Phéniciens ! c'est de nous surtout , pauvres enfants jetés en pâture aux flots océaniques, que vous devez recevoir et accepter les plus suaves parfums; c'est nous qui devons vous dresser vos plus somptueux autels, La pensée
serait rien si ou ne j mu va il la traduire, et c'est a vous» inven Leurs de cet art merveilleux,
tic peindre l-i parole at de parler aui yeui;
c'est vous, qui avez réirèri ce monde immense, en rapprochant, à Taide de vos euari n> j rnnles el amis séparés les uns des autres par le diamètre de 1a terre.
Ecrivons,
Aussi bien n'ai -je pas tout dit encore sur certains hommes
étudié» déjà au mi tien de dm courses af enlureuaae cl des périls lis plus imminents. En toute chose, d mlkurs, il fuut Conclure. J'ai ■ 1 i t les mieurs, tirons : ■ -n séquence v La comparaison nfy aidera; rien n'est bien juge quand il l'est dans risolem«at
Chez nous, Européens, qui vivons sur une terrt privilégiée de civilisation et de propres p que»t*ee qu'un roi! Un roi est, à p«a d'exceptions près, Le Us d'un toi, et voilà tout.
Est-ce beaucoup? est-ce peu? Là G*eet pas lu question, ou plutôt, là est une question nouvelle une je ne «mit pal résoudre.
Mais ce roi, ce fils de roi. ei le fils de ce dis, en savemils plus, en sauront-ils plus <jue les outres hommes qui in sont ni rois ni bis de rois?
îl v a A parier mille contre un qu'ils en sauront moins, Corilsanmni eu m ni n s de temps pour apprendre; ou si on leur a appris quelque chose, c'est précisément ce qu'il e.'ii été sage et prudent de leur laisser ignorer.
L'iuielli^nce, ce rayon du ciel qui va à l'Ame, frappe aussi sur I . une des nos, quand ils en oui une. Ile qui leur manque donc, ce n'est pas la lumière, mais lum I es occasînris de la répandre au dehors* tant de gens autour d'eux, niais pi ut 61 agenouillé* que debout» sont sans cesse occu-
fiés île penser pour eux, qu'ils ne daignent- ij*s se donner a peine de penser par eux-mêmes i Bien n'est commode comme une besogne Ta île.
Notai bien que je ne vous parle nas des rois entêtés, ni* en Bjénérah ne font que des «ottises bien Inunles, bien an gère uses et presque toujours i ne [ïa cables; car ces rois, voyez-vous, sont comme certains animaux rétifs, d'aulanl
fdus emportés: vers la droite nu la £auche, qu'on veut, i eur prolîtp les diriger vers le cùté oppose. Pour mui. je ne sais pas encore si j'aimerais mieux un maître tel u qu'un maître bête, car j'avais oublié de vous dire qu'un roi de notre pays est un maître. Vous le savez maintenant aussi bien que moi.
Mais, dans un grand nombre de pays que j'ai parcourir et étudiés, il n'en est pas ainsi, mes frères. Un roi, c'est un chef, comme en Europe, et ce chef. C'est le plus fort. le plus grand nu le plus intrépide, ou le plu* prudent, ou le plus intelligent et le plus sage. Ceci n est pas un rêve, je vous l'ai teste ; ceci esi une belle et lionne vérité qui a résisté et résistera longtemps encore à nos efforts pour ! étouffer h
Suivei-mou
L'intérieur du Brésil a des chefs; ces chefs commandent à des hommes réunis en bourgades, en villes, ou camps, en nUM mouvantes; ils Ordonnent les marches, les Imites; ils décident de la pnix cl de la guerre- ils ont. dans 1rs i]rlil i rations, la vois plus haute que 1rs nommes de la toème Milm ; c;ir. eux. ils uni fiasse par toutes Les épreuves, Kl en ont triomphé avec grandeur dïime.
— Tu as, Ioî, fait une action d'éclat; eh bîenl vîoïk ici, que nous tracions sur la ligure ou sur ton corps quelque* lignes profondes, qui, en creusant les chairs, diront ton courage. Si lu grimaces au moment de 1 opérai ion, si doigts se crispent, si tes dents te si-rmii. retire-toi : lu n'es pas digne d'être cher; tu obéiras, puisque tu ne sais
pas Commander à la douleur, puisque tu lui cèdes et qu'elle le fait trembler. Un chef de faciles a plus de mille ciselure* sur sel rhiirs, et pas une, même de celles qui nui failes sur les parties les plus délirâtes, ne la vu sourciller. Oh ! cet homme-là vent commander maintenant, et il commande en effet. Si, chez nous, il faMnil être roi à forée dV»ratîgnures, quel bouleversement, grand Dieu ! La douleur physique est comme le froid : la première décourage de toutes les autres.
Les MoDdmcos et les Bouiieodos ne procèdent pas a utn ment que les l'aïkicès à la nomination de leur* chefs : c'est celui d'enlre eu* dont la case est le plus richement ta oissée de crânes ennemis; c'est eeini qui a le plus de chevelures dans son butin; c'est n celui-là qu'on se fait un
devoir d'obéir. Je comprends à merveille les rois de cette sorte.
Voyez encore les Qauohoi, ces intrépides dompteurs de jagonr us maîtres d* l'espace, qui t armés de leur terrible tâe( et de leurs boules, s'enfoncent dans les solitudes des l'I.ïiiM's et des forêts* Uuel est leur chef.' Ou ils n'en ont
ÏNUp ou ila ne se courbent que devant le plus agile, devant e pLua intrépide, eux si insolemment debout et vaniteux in face des Européens et des hommes civilisés de l'Amérique, chez lesquels ils viennent vendre le produit de leur chasse miraculeuse.
V.iyei, voyez plus loin, partant de Rio de la PU ta jusqu'au délmiï de Magellan, jusqu'à l'île de l'Emut* Cen'auresFaliuleiix. toujours ou presque toujours a cheval, traversant les Immenses pampas, et faisant tomme les Gauchos, mais moins audacieuse m eut, une guerre de chaque jour aux libres, aux louis et aui autruches de leur pays encore inconnu. Demandez -leur quel est leur chef,
n'ornai I ■ s'ils eu ont ou et â quelles conditions ils
l'ont accepté. Ils vous diront :
" Notre chef, è nous, esl celui qui ne tombe jamais de cheval, qui le guide le mieux de la voix et de l'éperon dans les déserts on seuls noua pouvons vivre. Notre chef, â nous, c'est le plus habile nageur, c'est le plus fort d'entre les plus forts, c'est surtout le plus brave.
Les Pa lagons, celle rare d'hommes formant sur la lerrr une race à pari, mais que certains voyageurs ont en tort de repose n 1er roinmi' des géanl- do sept on huit pieds, quoique ce soit, en effet, le peuple te plus grand du glol
Patrons, que n'uni jm corrompre ni toutes les ors
efféminées de uns villei si indolentes, suivent la régir commune des nations Indomptées, et s'ils se don ne ni un chef dans une expédition hasardeuse, b' diolx tombe toitjour^ si n celui qui ose dire el Sait prouver qu'il est le plus courageux et le plus habile.
Courons du sud au nord de l'Amérique, allons d'un pôle à Vautre.
Ne vous a*t-on pas dit Les chants île mort des Canadiens non civilisés, abus que, prison niera et enchai nés, les v:
vain
queurs procédeni par d'horribles tortures à leurs ven- ^eanees si raftmées, pour la paix éternelle de leurs frêiN s tués dans les combats '.Teci n'est pas la tradition douteuse, it l'histoire des temps modernes, c'est l'histoire des boni mes d'à uj ourd ' hui .
Que font les peuples Farouches de la tlafrerie? Ce que foit'l les nomades indigènes du Brésil- Si* dans une rencontre, un guerrier m- ili-lin f ue plus que le chef (rtt'on avait liéjà choisi, sa bravoure est pesée dans la balance, et quand h 1 iétu priicljede son oôté, ces) lui qui, pour une expédition prifebaine, ser-i ri la tète des rombaltaiits. Les Calret sou! de*: hommes de rapine et de guerre; vous comprenez que si c'était un pays de science, le même usage y serait adopté* ou nommerait le chef le plus lellré.
Et sï r en remontant l'Afrique *era son centre, vous vj sitez ces peuplades sauvages qui forment entre elles tant de nuances qu'on ne les dirait plus enfanta de la même lerre, que troiivex-*mt.s toujours? La juiissuiDe enire lemninsdu plus éprouvé. Mflfe qui donne celle puissance J qui décide de In plus grande valeur de celui pion lu^eslit Mm pouvoir? Est-ce un Uni individu? sonUce plusieurs? Non, c'est la îotufade entière. Ce n'est le nlus grand nombre qualors que tous ont dit leur opinion. En Ire deux ou trois concurrents le choix est bientôt hit, et l'on n en ùent j.iuiJiis au xœains pour nommer le chef. Un s assemble dans une plaine» ehaqnr ermipctiteur »- fhiee sur nu [loin! difr r- ni. i- - partisans de l'un et de [autre le suivent; celui qui remporte est reconnu, on lui obéil.
A la Nouvel le-ili.lhuidc, sur la terre de deuil nomm preaqu'îto PéroUi je vous l'ai dît. je crois. leaquînKOii dix-huit malheureux indigénetqui vinrent rmler autour de nos tenles lemnlaieiil oneir au plus rtgé d'entre eux. Ne serait -il pas sajre d'en conclure que c'était le plus prudent et le plus expérimenté?
LeH rajahs, qui régnent en vrai despoie* sur les féroces
h ihir mh de Sa vu, de Salor, de Deiika^ de Iteo, de Hottëe ci de Timor même, sont des courages éprouvés dans plus d'une bataille, quoique, ehez la plupart, gritcc peut-être au contact de l'Euro} <e, qui vient s' «ir et 1 1 ôucr â l*ur rôle, on trouve d i -j ; i une teinte de civilisation qui les appauvri! et qui leur enlève leur caractère primitif.
Certes, an respect que les anthropophages d'Ûmhay té;
puaient an vieux rajah accroupi sous te multipliant où
il s*etait flatté de (jouter â La tendreté de mes membres et de ceux de mes camarades, je ne tais nul doute que son bras, alors si ^rèle., el Qui s\-i | ■] -i i y.i si gracieusement sur mon épaule, n eût, au temps de sa vigueur, dépecé quelques ennemis ou voyageurs moins heureux >[iie mol.
Le roi de Guébè. ce capitan -sapajou si leste si oscur, si I m va ni, si intrépide, s (mis ta parole duquel ses sujets courbant si humblement la tête ; re hideux prince, aue Petit regardait avec tant de bonheur, nViail-îl pas le plus intrépide de iani il hommes intrépides? Ne comprenait'!] [■as le mmmandcuienl ? Avait-il Vair seulement de prendre avis de ses ministres? Ne leur imposait-il pas silence d'un mol, d'un geste, d'un regard, sans se soucier iemoïn:> du monde de |i nr déplaire on de les humilier? Si jamais niince m*a donné une niée exacte du pouvoir absolu, c'esl bien cet effronté chef de forbans, balayant avec -■ a belles caracores les mers des Moluques, et al la ni peut-être étaler sou insolence sous les canons et le pavillon des comptoirs européens. Non, ce n'est ni le hasard ni la naissance qui Tonl nommé chef de Guébé ; non il ne se maintient pas a sou poste ;l Faille de ses ancêtres, à moins que ses ancêtres n'aient été toujours comme lui, S'il régne, s'il gouverne, s'il fait a son gré trancher des têtes ou jeter des hommes et des jeunes il lies a la mer; si on lui obéit, en un moi, c'est qui l esl sans doute, ainsi qu'il nous Ta prouve, le plus intelligent de tous j c'est que, dans les occasions périlleuses, il est le premier â son poste, et paye dé sa [Ci-
« aussi bravement et plus bravement que ceux qui
roui nommé et le maintiennent leur capitan.
Je n'ai VU ni a Waijnni, ni à Uawaek. aucun chef, aucun tamor, aucun rajah, aucun capitan*
A Raw.uk, il ne doit v avoir de concurrence que pour l'asservissement ; l'intelligence esi du luxe pour qui n'aspire qu'à obéir. Le premier indigène de ces contrées qui s'avise d'avoir une idée *aine de morale, et qui essayera de la faire comprendre, sera traité de fini e! châtié, ou déclaré Dieu et adoiv a genoux. Hélas ! l'époque de la métamorphose de ce groupe d'îles ne se devinait même pas dans les siècles a venir.
(Jue vous iii-je dit des Gandins, dont j'aime tant à parli i '. et sur lesquels nos souvenirs se reposent avec amour/ C'est ici surtout que mon système trouve une exacte application. Tout tamor esl an homme su pêrieiir; fl n'es! point tamor s'il n'esl pas tatoué des pieds à la télé; il n'est point tatoué, s'il n'a guidé un pros mieux que ses frères au milieu des luisants, s'il ne sali pas le cours des étoiles, si sa force ej sou habite lé ont été trouvées en défan i dans diverses circonstances.
Le la mur des t'a rotins a sur le corps des dessins gracieux qui ont du le faire smiflïir > <ns doute, mais moins Souriant que ne doivent le faire crus des ttouveaui-Zélanais et des sauvages brésiliens. Tandis i|ite, chez ceux-ci, ces dessins extérieurs al lestent des t ru au te s et des massacres, chez les Caroline n- manteau si élégant est une annale vivante qui dira tous tes bienfaits, le savoir, l'adresse, la force, l'intelligence. A la bonne heure, de pani Iles archives!
Les Sandwich me viennent encore en aide. Ici, comme dans tous les archipels déjà parcourus, c'est la force qui gouverne. Maïs l'Europe s'est montras sur ces hautes terres 1 où le bois de sandal est une productive spéculation. Gt iui navires voyageurs de nos contrées, h h s premiéres institutions s'effacent, et le souvenir même de Tamahamali ne restera que gravé sur les dos, les bras 1 1 les poitrines de ses sujets oublieux el dégradé
Ainsi donc, quand vous avez dit lamor, chef ou rajah,
vous avez signalé le plus capable. Le mot est reloge, le titre est la qualité.
Faudra 4-1 1 que l'Europe avance ou recule pour arriver au point où en sr>ut les peuples sauvages? Est-ce, en effet, reculer on avancer que de 1 affranchir d'une loi qui Ides se la raison ?
On répond â cela : la Loi existe, vous devez la respecter el courber la lête, El qui vous parle de se ruer dessus el de la briser? Je dis seulement qu'elle nie semble absurde, et qu'elle me le semble davantage, depuis que j ti ■ Uidié les usages et les mœurs de tous les peuples de la terre.
Tout ceci est-ce de la philosophie? Won, certes, c'est de l'histoire; ce ne sont point des faits douteux, et je n'écris
que | i les constater; dès full s'agit de voyager sur tout,
le do u le c'est Terreur. Je complète dur
Selon ma pensée, plus on entre daus la civilisation, nii uns les rois me semblent dignes d'être rots. Le droit dli in est une belle chose que je ne comprends pas, *-t qu'on aurait bien de la peine à me faire comprendre, tant je suis rétif a la logique de certaines L r ens. A la bonne heure le droit u ce essieu. Ce sont ht de ces principes que la plus épaisse intelligence peut s.iisir. Vous êtes un lu un me de génie, et vous régnez, n 1 ] m porte par quel code. Votre fils esl un sot, et vous remplace à voire morl ou a voire abdication. (Jui osera dire que cela il est ni sage ni rationnel? (Jueluues esprit* faux peut-être, el il y en a tant dans le monde, en me comptant ou sans me compter!
Mais s'il est vrai» comme j + ai eu l'impertinence de l'avancer, que plus vous entrez dans U civilisai! on, plus vous trouvez de rois efféminés, est-il vrai aussi que [dus vous vous en éloignez, plus vous rencontrez de rois forts, intrépides, in domptés? Les faits sont là pour constater celle vérité, t le qui fait les rois en Europe, c'esl la pares des autres hommes ; ce qui les défait, c est leur col" re. Ôr, la colère étant un étal anormal , il esl aisé d'expliquer pourquoi les révolutions >^>i sapent les trônes s>hji rares, quoique depuis LmwutJon de nos monarchies os puisse eu constater un assez bon nombre. Je vous compte des billevesées peut-être; je vous dis là de ces sopbismes tellement absurdes qu'il vous font lever les épaules de pi lié el de mépris. Que voulez-vous! c'est l résultai de nus longues courses, de mes stériles éludes, de mes infructueuses recherches, et probablement aussi de ce soleil de plomb qui pèse sur nia tête. Les circonstances seules sont comptables de ma déraison. Allez-vous châtier, 4 Bicétre ou â C ha ren ton, le fou qui blesse ou tue?
Ce serait de la cruauté el mm de la justice! et les lois de celle civilisation que vous aimez tant veulent la justice pour tous.
Quand l'aigle plane au ciel, l'espace se fait libre pour laisser toute son indépendance à son royal dominateur; [uand la baleine parcourt son empire, tous ses sujets lut ouvrent un Lu., pacage pour ne pas gêner ses mon veluents de colosse; quand Je Itou rugit dans le désert, tous ses sujels se taisent ci se courbent en signe d'esclavage; quand le boa sillonne de si-s immenses anneaux la for ténébreuse, les victimes dont il se repail beuglent el tomhriii déj.i vaincues |iar la frayeur. On dirait vraiment, roir cet ordre immuable de choses, que la terre n'a êlè peuplée que pour le délasse mon L de quelques êtres qui ne sont forts que parce que les faillies n'ont pas osé se réunir pour les coin battre,
La force, de tout temps el dans tous tes pays, a presque toujours oté orgueilleuse i i hrulale. C'est «[ue la force aime à s'essayer afin de se donner la victoire; el le fort qui i fô&yc écrase le Faillie. Les lois de la pesanteur ue reçoivent nulle pari un démenti.
J'ai dit, en commençant ce chapitre, qu'en toute chose il fallait conclure. Ne suis-Je pas conséquent avec nus principes.'
ÏVITN POIE A L'AUTnE,
xr
snFJS VOtLES.
Orpiiïsi quelques années sur Lotit humera sont sillonnées par nos navires aventureux , el les archipels les pins («loi* £nès de la métropole vnienl souvent Hotte? notre pavillon clans leurs rades fi demi civilisées. La guerre a fait ion office; les découvertes sont rares; il es) difficile maintenant que de nouvelles îles se dressent sur les océans, et les feux sous-mari n s que vomissent a l'air quelques cônes bitumineux mit perdu leur puissance demih q Pan tiques volcans laissent un libre passage â la lave bouillonnante.
Le tour de la science esl arrivé; Ton ne voyage plus aujourd'hui que sons l'escorte infaillible de ces instruments préeieux à l'aide desquels l'astronomie! la physique ut la chimie ont agrandi le terrain des connaissances humaines.
Les mers sont plus connues que les l erres; l'Afrique întérieure, lés Amériques, l'indoustan, le Japon, lii Chine ont encore bien de* secrets â nous révéler; les océans seuls nous sont. Connus désormais, et nous pouvons nous tenir en partie contre Leur silence on leurs irritations,
Ici, le calme de ses values assoupies; là, les hurlements de ses Ilot* soulevés; plus loin, les trombes nu lés ravages .1.' ses typhon* p disant tournoyer, au sein des nuages, les navires audacieux qui SOût venus les braver.
Quand les années restent muette sur un navire dont la route a été perdue, quand nul débris ne se promène sur les 1li>ls pour attester la rata strophe, soyez sur que, lot OU tard, des milices révélateurs diront ans hou unes où s'est ouverte la quille de cuivre, où les braves matelots ont poussé leur dernier raie.
Oui. sans doute, La mer garde bien ce qu'elle garde, mais la cime des Unis a aussi ses confidences â faire, et un débris de mal . un lambeau de toile, un coffre bien cadenassé, un vase hermétiquement fermé, portent un dernier ai] ieu de ceux qui ne sont plus à une famille en deuil, â une patrie allrislée.
Ne me parlez point des courses sans périls, des bonheurs -ans vicissitudes, des horizons sans orages, des zones sans lempêtes. Privé de ces caprices de L'atmosphère on des eaux, tout voyage serait un cours de sommeil, car rien n'endort comme le roulis d'un berceau.
Une chose m 1 » toujours surpris dans mes heures de méditation; c'esl j'active oisiveté de ces riches du jour qui se font des plaisirs ri eux. \U-< délassements a eux, des émotions â eu*, et qui prennent pour du mouvement, des voyages el de la vie. cette perpétuelle rotation qui les rameur :i heure u'xcâ minute précise, au point qu'ils ont quitté hier, qu'ils quitteront demain et qu'ils regagneronl les jours suivants. Horloges sans ame, machinés sans in- Ii'IIl^iicc. n'ayant de pensées que celles qui leur sont données par les objets qui frappent leurs regards hébétés.
Voir c'esi avoir, a dit le poëte. El ils se disent riches parée qu'ils ont complété en quelques rainti le h le tour d'un I arc royal . parée que leur agité! coursier les aura fait pirouetter quelques instants autour d'une élégante calèche ou au travers des charmilles de la roule, fcc me dit poini que vous êtes des hommes, car je vous donnerais un démenti.
liais votre humeur de marmots me fatigue et me Mes
je me jette dans une véritable colère î li \iw de ces êtres autrement taillés que vous, qui courent le monde parce que le repos les énerve el nui ne voient ilu ciel que son azur. des étoiles que leur éclat, de La im-r que ses soupirs, des forêts que leur verdure ; gens affadis qui pensent que les mondes tourbillonnant autour 'l'eu* n'ont été créés que pour eux seuls, et qu'ils ne doivent poini les étudier,
parce qu'Us son! forces de voyager de ^^mpagnie. Il flasl l'aiguille de la pendule n'apprendra jamais qu'a tourner sur un pivot t et quand le ressort qui la fait mouvoir aura rempli son ofïîce , elle s'arrêtera et ne sera plus d'aucun secour^.
Ainsi iln voyageur qui ne lit poini , dans ce ri onde des mondes , avec [intelligence , cette première faculté de L'homme, ce pins riche présenl du Créa teiîr. D'abord, dans la science, puis la gloire, puis la soif des richesses.
Eehangex votre super itu contre le superflu des autres pays nonr vous faire une existence nouvelle* ^oii , vous vous êtes i les besoins dont l'absence vous forcerait I"-..!!--- 1 !!» â souffrir. A vous ces conquêtes , à moi celles pins dignes que j'ambitionne- Que mn réte si» meuble, que ma raison discute, .[uc mon àme s'agrandisse , que j 'étudie, ijiieje me souvienne t voila pour ma vieillesse.
Que leur exposez- vous, dites-moi, vous que la rafale tue dan- tous \os rêves, vous qui n'arrivez souvent qu*i «■■■ un regret au cœur, une espérance m front:
Et maintenant c'est h gloire qui se promène, c'esl L'honneur du pays qui étale sur lou continents sou pavillon dominateur, qui se promène pour protéger h faire resp© ter les droits de tous.
Gomment doïl vo] GT celui à qui est confiée une mission de cette nature.' Qui prendrons-nous pour modèle? Les, nobles exemples ne nous manipn.Taiout pas Utilisons nos souvenirs ei jetons-les sus regards de cens qui auraieni besoin de leçons pour I 1 histoire de leur vie.
Dés que le commandant d'une expédition &*esl emp du navire, dés qur> son équipage Ta salué, dés que son état-major s est groupe au lourde lui. il l'.m -h-.iii qu'a en* LOUS ils composassent une seule et unique famille, car le même son les allend, car les mêmes périls leur sont rêser-
. car la même I ffllbe esl prêle a ."ouvrir pour tous.
Mais, hélas 1 le miracle u'n jamais été opéré, Si loi ipVon est chef, sitôt qu'on a ledroil île dire «Je veux* . on se lia te de prononcer ces deui grandes paroles; et, dés ce moment, il y a un monde entre celui qui commande el celui qui obéit.
Au surplus, fai peut-être demandé l'impossible peut-être aussi lendiculi h, i as un navire surtout, tes rang grades, l'autorité, doivent être distincts, précis, déterminés.
De li volonté d'un seul dépend La suret'' de ions; et vous, qui tenez le second rang sur nu vaisseau, vous qui touchez presque au commandement suprême, vous n'avesc pas !e droit, si le navire court un péril, de le fai irir ù
côté, à moins que le Commandant ne vous l'ail permis ou ordonné.
Mais vous avez caréné vos voiles , vous arrives dans un pays étranger, vous files le représentant d'une grande nation.... Prouve? a tons que vous vous sente/ dignes de La mission doni ou vous a chargé. L'oint de petit* pi uni de lésiner tes, point de calculs égoïstes el mes. juins.
I . que vous recevez de l'Etal , dépensez-le largement [mur l'honneur et la glorification de l'Etat. Tout ce que
vous appelez écoi le doit être regardé comme un vol
fait â ta dignité du représentant et, si vous acceptez un service, vous devez le rendre doublement! pour qu nu reproche de ladrerie ne vous se il pas justement adressé,
* Poini île iralic, point de négoce; rien qui ressemble aux boutiquiers; ce qu on vous a donné au roié c'esl une é[M sur vos épaules des épauleties d'or, sur votre poitrine un ruban rouge. Voire mission est toute tracée par ces insignes si Ion avait voulu te contraire, on vous aurait armé d'un metn\ on nurail chargé d'un l'alloi voJre dos et vûlre bras.
Une flamme serpente, hissée au sommet de votre n lure; un noble pavillon Hotte â L'arrière de votre navi e c'esl que vous devez. Loul sacrifier, absolument tout,
car ce qu'on vous a donné . vous ne l'avez reçu que pour le dépenser ; il esl dr-s vérités qu'on ne répèle jamais trop tonvr'ni .
OEUVRES DE .MrnUFS VII \ HO.
Le Imrd, c'iisl voire m a ko n , voire I lût cl , votre palais ; vciu* devez en f^îr*?- 1rs honneurs selon lu dignité «Jos eonvie*, les recevoir avec courtoisie, et prouver que, quelque éloigné que vans soyez de voir© patrie, celle-ci a les bras ■> -É-z Longs pour vous venir en aidé dans tout .ce qui peut viJtiKfrrii'iier.-i lui donner de l'éclat.
Va prene*-y garde nu moins! n'alh z p;is nu delà de ma pensée, et ne me faites poinj dire que je veux votre ruine. La prodigalité est un demî-vlce comme In générosité est une demi- vertu. Choisissez.
Au reste, lout est bénéfice dans celle grandeur de un nîêre&ct de procédés: rotffi laissez après vous dessnuve* nies honorables , et c'est là une belle fortune pour votre «venir.
On demande compte au caissier d'une maison de fétu- I - 1 ■ ■ i des fonds qui Lui sonl confié»] un vérifie les chiffres des dépenses du cordon-bleu ou du chef d'office ; eli bien,
■■ . -H.Lr.'Lis qu'au retour d'une campagne le capitaine du i ..-ivire fût forcé dr prouver que ce qu'on qyellc son irai lemenl a été bien 61 largement dépense j je voudrais
nu conùule d'autant plus s -ère 4 oui êijard , que dans i.jiifts IH--S ejimpîi^nes Je me suis senti humilié dVntejidre les ofÛciers de la uiaiîne britannique regretter de ne
\ voir accepter nus offres de politesse dans la crainte « e
nom être i enarge ei de « pousser dam dei dépenses
dom m mis fnirit.ni- ii BûiiffrirÉ Si je pardonne la vanité, c'est Ja vanité de II misère, l'orgueil dans l'opulence rne blesse et m' irrite.
La brise se ralentit, les Ilots ne nivellent, le matelot
cli a ii lu de l'avant , l'étiii* major se recueille dans ses sou* ^enîrSfj'dk temps d'écrire et de conter, Ecoutei>moJ :
L'anecdote est le Champagne de la conversation, je tien; ma plume et je lue les ncures par b travail. Quand le présent est monotone, jelotis-nousdins le passé, il y a chez lui la ut d'utiles enseignements !
I m 1 petite histoire,
L'un des comédiens qui ont )e plus illustré la scène française, el qui, par parenthèse, ne savait pas un moi d'orlOgrapbe 3 I 'leury, avait un lits qui, tout jeune, s'il;. it monavide de voyages el de périls, On fe Ût marin; et, â l'époque, dont uqus niions parler, il était capitaine de vaisseau ei Cûmmandail une urémie mouillée a Ilin-JnneirOp
Les ports du Brésil se irouvaifoJ bloques» et d'andacicni corsaire faisaient tous les junr** de riches prises oui apptus i Usaient le commerce à{ ss, sujets de Bregance. Un convoi -il |'i iiMres devait cependant partir pour Etobin; vi le guu* vernemenl ne semblait pas ircs-rassuré sue le succès de l'expédition. Le ministre de In marine p o ri ugo- brésilienne prie M. l->ury de unir lut parler; et, après les i •inplLineiits d'usage, it lui demanda la protection rie sa frégate pour le emivoi qui devait mettre à la voile le len* • h -main.
— Votre convoi passera, monseigneur,
— Vous croyez, en pi initie.
— JVn suis sûr, KïceUence,
— Comment cela,'
— Ces! if n 'n ne frégate française qui promet aide el preh-rrinii w fait couler bai pour remplir In mission qui Lui est conliêe, et, pendant la Lutte, les navires protégé*
îbut voile el arrivent A bon port.
— Merci, capitaine, le roi mon mai Ire compte sur vous.
— l,e roi* votre itre, a raison.
Le lendemain, en effet, le convoi partit, prit te large, el l'ennemi n^osa pas l'attaquer; car l.i frégate française ouvrait la marche et ïc protégeait de son pavillon. Lé capitaine général se rendit a bord de la IrégalCj remercia le idant Fleury, el lui otTril delà part de non souverain deus c$ul mille francs en récompense de aa géne% reuse conduite. Le commandant, plus indigné nue 1 1 • • 1 1 « "■ d'une telle proposîti lui «lit avec fierté : <* Apprend,
monsieur, qne le pavillon de mon paya ne vend point ses rvices, que ses boulets ne se vendent pas, el que les capitaines de la marine française courent après La gloire, et jamais après les piastres, a
Le commandant Fie un n'avait cependant pour toute fortune que sa place de capitaine de vaisseau. Ainsi comprenons-nous qu'on doif voyager, qu'on doit agir, lorsqu'on porte une épéc au côté, nue épauletie et un ru b rot niuge.
EU hÛUTK ! — JKA^-JKAN.
Après le repos la fatigue, j" me singularise en tout. Vous, niessicnrsj vous vous oilasseï d*u.nc longue course par le sommeil, tous \h\va que nous cheminons dos \\ dus vous *-i moi, et que non- noua rencontrerons difficile meut sur cccfrain de sable qu'on appelle la tert' .
Un nayire loinda l'horixim, il monte, il vient â nous toutes voiles dehors, il mouille, et nous apprenons qu'après une heureuse traversée de Maca<» ici il va piquer in sud. doubler le cep Horu et remonter l'Atlantique»
J'escalade sou bord, je me présente in commandant, je dis mou nom, nu-s projets, mes désirs, je partirai avec lui,
La Néréide est une frétillante corvette qui s fait ses preuves ; on tu '\ donne une chambre coin nu nh et spacieuses
|C mangerai i la tuitie de r< : iaumajor, nous aurons des
vivres irais YAi bien, je ne serai pas heureux; car mon
i inr i-st profondément ble car je suis u tiré au Chili iivcr um> espérance, el je le quitte avec une dêsillu-jou,
■ N + imp i ii -, aecvnliuis l,i vie telle qu'elle nous n rU- faite, et fou illous dans \ avenir pnur nous consoler des miserez
du présent,
.le desrends A terre p«nr la ilrmière Tus, demain nous dérapons, demain nousiinTUDS dit adieu aux rai ntes Rhll tonnes, demain nous nous balancerons sur une mer lempëlm ■lise qui n'aime pas qu'un La brave trop ajoutent.
A peine ai-je fait quelques pas dans la rue de la Plancekciàf, que je nu- KM étouffe dans des bras narveut, et qu'une voix qui m'est bien chéri jette â mnn oreille et a mou cœur les plus tendres el les plus énergiques paroles,
— Ohï sacrebleu ! je veux jurer, je jurerai aujourd'hui el seni pi [cruellement ! s'écrie Jean -Jean .que vous avei déjà reconnu ;i ces h;oi sports..,. Je VOUG tiens, mon bravi- À ra go, je ne vous i| ntlta plus % Ji me cramponne a vous comme la misère au matelot, comme le coud ton au hordage*... Je vous liens, vous m'appartenez» Dieu Ta voulu... vive hien!
J'étais lieureUS aussi, moi. puisque l'absence de Jean*
Ji*a o faisait quitter le Chili hmjc amertume; j'embrassai
tu un digne matelot, je laissai broyajr mi main dans L ilenm . ai, une heure BprtM ees premières H fusions de bendresse, lui et met nous étions â la coupée de la Nérêiêê,
Il me frit Tac i le de faire accepter Jean -Jean au capitaine, qni srmrit â sa tailleur myiltoln^ui; le mafrlr»r s'en l| i
■ : et mordit >< k * ureillea dedepil; mais fe brave homme parlait avec mai , il n'en voulaii pas davantage; neu lui importait qu'on lui donnai du hisniit moisi, du lard ranci ei de i es pi |uéeadee vers**- Il me verrait tous les jours, il me soignerait si j'étais malade, il se jetterait â l'eau si nue lame m'enlevait»... Il était heureux.
ûh! sailli* amitié, je te salue '
l,i cap Born a été débonnaire, je crois qu'il a en peur de nous, Jerns Jean l'aura effrayé; nous courons à résides
1VITN POLB A l/AUTRR,
MilouiirtSj ri je ré. e de famille et de pairie, ces deux saintes religions dont rien au munde ne pourra me déshériter.
K.WRA R
C'était toujours une brise courtoïie comme une caresse d'ami; nous filions bardîmeol nos huit nœuds, el comme i.t houle couraîtau large, il ùiait (tennis fui eapiiamo de
lire parfois le cap sur li irm:dont il étudiai! lesbisar nititoiirs avec une attenlion qui nom dk<i' SOS projeta d'ex p I o r n L i o 1 1 future,
C + €st un curieux spectacle que celui offert par celle côié occidentale d'Afrique, dapuit je cap de Bunne-Espéra jus pi au cap Blanc. La rr'^ularitc de la silhouette, se doi» ■unant sur un ciel presque toujours bleu, empêche lei navires su large de se reconnaître* et voila 1 pourquoi laoein- Luredos rne.s madrêfioHques i;ui I rin^i-i -MULieiii a. vu uni de désastres-
y u elque s pi rogu es pa g.i vées a vec u ne mer y ei lieuse adre venaient rôder de temps a autre autour de la corvette; écli a taie ni avec aaseï de loyauté, mati la nuiJ
nous ordonnai h prudence, el je ne saurais voua dire corn l> i en i I y a val t de lassitude à ces ta ton n c m r m s ner pé- Luels contre lesquels L'équipage Irrité è ce luit sas jurons les fins énergqines.
Mais, devant nous, la mer citante de teinte : les laines i .1 us creuses roulent avec elles d énormes fucus affadies aux profondeurs de L'anime, el > munie si un présage sinistre se dressait pour non* menacer, l'ordre fui donné di< venir au vent el Je targuer tontes Les voiles,
Le capitaine] s'approchant de moi, me serra U main el
me montra I» nlancbAlre sur laquelle il n'avait pas
!i, engager la quille de lu Néréide le rappelai mes ré*
cen iveoirs, el je m'aceoruM, la prière au cceur i r
ceux que lu mer irés dans ces parages de désola-
tion.
ommes aux Açores, près de ce banc fatal qui fui lênmin de tant de râles, de lanl de désespoirs, de tant de .irrilégea. ., Passons vite devant le froid cercueil de la bfédu
File toujours. ,. . La nui liaient houleuse, les Lames mutant turbulente!.... Amène, cargue ci serre!. .« et L'est] exercé de la vide fouille â rhorizon pour faire entendre Le cri de salut et de repos*
I] retentit : Terre terre ï
l n voilà. *. pllcesi blanche;, régulière é sa cime : on dirail un vaste cercueil de vierge. Derrière noua l'horifeon
&| il UllCLIX Cl SI I mur; pur tic frê jl H'+'S. i.li viTSC-
:i« col n*és selon la couche d'air qu'ils traversent, el la cervelle moins nlerie, glisse avec précaution ; car elle sait que les bancs de corail et de madrépores s ir les |uela elle navigue ou renl brutalement les quilles de cuivre qui vîen^ nent se heurtef conln leurs saillies. Chacun à son poste l'iMir le mouillage i laisse tomber l'ancre!
Li « pi se déroule, la dent de fer mord l'abîme,
la belle Néréide frétille el se repose enfin comme sur un
solide, ■; une demi-lieue de la plage, C est [u'elle était
linée s proléger de son pavillon, île ses il isrûbustes
el d b mehes de bronxi , nos possessions du Sénég il el
navires >entureux qui vont y porter des étoffes ei i vins en - ■ ange d'ivoire, de cîre el de sable d'or,
QmmL à mut, je foui aussi L'horiz u, lin d'y élu*
-■ au plus I lin p te cette terre marâtre el calcinée, -i tant d'Iemiti. !i ber L'opulence, où lanl de
cadavres sont arrachés, la nuit, de leurs fosses profondes par les griffes algues de l'hyène, du chacal et de la panthère.
u saluâmes un petit fini de sept coups de canon, qui nous furent courtoisement rendus, et, tandis que les mateloig se reposaient de leurs fatigues, que le capitaine se réjouissait de son heureuse tm versée, moi, impatient de nouvelles émotions} moi, que nulle Lempéïe n'avait tenu en haleine pendant une un viga ii> m froide el monotone, je descendis dans une pirogue qui nous accosta, et j'allai sans retard ilïïimrer le simoun et Le Lion, ces denj ouragans du sert, plus redoutables cent fois que les trombes et les typhons i|ui bouleversent les Océans.
Deux noirs pagayaient; leurs bras, leur- fronts, étaient ruisselants d'une sueur acre et livide. Ils chantaient comme s'ils allaient a une orgie i orgie, en Hn-l j.onr eux, car ils i it eut reçu, en récompense \\t\ Leur zèle, quelques pièces de monnaie, A K*aJde desquelles ils comptaient, le soir mer oublier dans les fumées d'une liqueur enivrante les fatigues du jour, celles de |« veille, et se cou m du- de celles du lendemain.
r.lnl se lev;ii|, il j'étais déjà BUr la plau.r, rc> Mitant
partons mis sens leroulemeui monotone des flûls qui venaient mourir $ m >\- et creusani par la pensée L'immensilé deadeux Océans qui me cerclaient, l'un turbulent, dominateur, broyant les imiits d.ms ses élans impétueux; L'autre, idus terrible, plus mortel peut-être, alors que le simoun le réveille de s m torpeur»
Je connaissais le premier; j'avais longtemps été le sujet de les caprices, de se« irritations ; j» 1 îrù i is délassé â ses col es violences. Je résolus d'étudier l'autre et de
sonder ses effrayants my-tàres.
l'.nif jimi un projet arrêté est un projet accompli. We me présente! pas un danger, si vous ne voulez pas qu'a l'instant je m y jette corps et ftme. Tout ce qui est dilti* cul té mViinusc, tout ce qui est menace m'irrite, et j'ainumieux la fatigue i|ur U promenade* Je vous l'ai dit : on a jeté du bitume dans mes ancres. Un fusil sur IVjKinle, un sabre i mes lianes, des pisiolcl* •• rua n-iniure, une ère au doa, un calepin sous le bras, vêtu à h légère, mais écrasé de pensées d'avenir, je partis seul du vil- Jage de Basson, ei je m'enfonçai dans Les terres me souciant fort jieu du sigaagd'un petit sentier que je ne lardai point â quitter, pour parcourir plus tard une vasie savane,
a rextrémité de laquelle s'élevaient de longues eoli ss
dnue fumée noire, montant verticalement et se perdant aux plus haute, réglûoi de l'atmosphère, tant je cal me était parfait a celle heure du jour ou le sotetl n avait qu'à peine montré son large disque au-dessus de l 1 horizon.
Cinq ou six serpents \m m ^ el gris* réveillés an bruit de mes pas, firent eu i nuire un sifflement ftt£u pendant ma course à travers Lés bruyères calcinées, que je roulais d'un pied téméraire ^ il me fallut une résolution lu en .irnUée pour rue forcer a poursuivre ma route.
Me!ii>/-moî en présence d'un lion djeûn, d'une panthère "aiit sur ses rejetons, d'un tigre «ux agueis, n un mê-
vei
pliant blessé, d'un rhïnnréros m\ lialeine, maïs ne jetw ïamais de va ni moi ni le serpent nî le crapaudï l'horreur
el le dégoût me privent de mon eouiii^ : j'ai peur, n le
la dent empoisonnée du reptile, niais de ses mouvements, de -i peau gélatineuse, de sa bave, de ses allure,. îles
riantes i leurs qui le bariolent. Un crapaud, un serpent»
une hyène, voilé mes plus redoutable» e nu «mis j voila Les seuls contre lesquels je ne voulus jamais -ssayermes forcesj el pourtant j'ai chassé le boa cimstrictor à Java, A Sïn Timor, l'île indomptée, la patrie privilégiée du
I» M "'■■. lu boa et du crocodile.
Apres deuï petites heures dune marrhe assez rapide, j. n rivai sur la lisière duti bois épais, et je me trouvai, dès t(ue j'en eue franchi le premier rideau, en | iee d'une vingtaine de noirs accroupis autour d*un quadrupède
à miufii n . «"'êiaii Le repas de Is bourgade.
A mou aspect, ils se levèrent, et d'un jesle courtois ils m'invitèrent au partage de leur aubaine, ^acceptai ^ni s fn-
OEUVRES DE JACfjUES AÏUUO.
le partis -ut du viltagtide Bataoa, (Page 3y.}
çon. Je m'assis en tre une vieille femme h h h toul petit enl'jnl; je mis sous inn tleiH un lambeau de chair noire él huileuse, et je bus de Peau limpide dans une calebasse J'offris en échange nne paire «le ciseaux el un mouchoir que je jetai sur les épaules du hnmhin t|iii jouait rivée ïnrs
vêtements,
Los individus dont je venais de recevoir un st cordial accueil forment une de ces bourgades qui parcourent les ru virons des ndiniîes européennes, â rmiest de 1AIV1 que, el 4|Tiï vivent d'au mènes, alors que les ouragans ont dévasté les campagnes nù ils se sonl momentanément établis.
lieux hommes de cette bourgade aventureuse savaient quelques mots anglais. One femme jeune, bien prise, sui regards de comète, aux dents éblouies mlés, mâts taille en pointe* sr faisait parfaitement comprendre en portugais, el c'esl par elle que j'* n P" s 1 lie ^ s camarades avaient donne rendez-vout en ce-lieu â une autre peuplade voya-
L'eiiM- < 1 1 1 1 devait arriver le lendemain» Lelnii de celle miiiiim était le mariage de hi belle interprète avec un chef
fort intrépide du royaume de Boin, l! la puissance était
telle . qu'il jetait souvent la terreur jusque dans les comptoirs européens.
Voyager pour courir le mnmle est uni? fulie. Si h courses nln ter e?sent pas, a quoi bon le s entreprendre? Et si je consens Échanger souvent de place je veux aussi la morale du mouvement- Les périls ne sont vraiment honorables que lorsqu'il y a profit a les braver.
Je restai donc, car je voulais apprendre.
U nuit venue, on s'étendît s m des couvertures de laine, et l'on B*abritn sous des peaux de lion, d< ii re el d'hippopotame, maïs je ne nus dormir un instant, occupé que je fus de m\jflr,mHiir de la piqûre des marïngonins bourdonnnn! sans cessé i mon oreille comme le bruit lointain du tambour. I peau de mes voisins était façonnée â leur aiguillon jierçant, et bientôt taur ronflement i*n faux bour-
D'UN l'OLE A L'AUTRE,
■ me dit ti nkni-. (Page 42.)
don vint ajouter une nouvelle et grave musique* celle des m^ecies ailes il*. ni nue folirilc agitation pouvait seule me garantir.
On avak fait une courte prière a van! de s 'endormir ; nu en fil une Bfccondc en m- ivvWlNmU Chaque homme, entoile femme par rang d'frge et A tour de rôîe, se lava les pieds dans une vaste mare voisine dont îa source semblait mur -rime montagne b pic dessin e I l'horizon : et, ces premiers soins achevés, on se mit n entamer de nouveau les pan du quadrupède roli. déjà fort déchiqueté h veille,
J'écrivais e( je dessinais.
JVuldeces hommes n'admettait k perspective; nul ne comprenait la théorie îles ombres. Dans le trait seulement ils voyaient quelque chose de raisonnable, et ils s*amu« saient beaucoup de l'historien et de l'artiste qui sembl attacher quelque pi \j à ses mots et a* &es es
Le repas frugal achevé, mes camarades dansèrent au bruit du lambinu- h .1 l rniT« carapace de tortne. La
dansi^ étaîl un irêiiiLTienient |ienêluel assaisonne de beaucoup de pestes el l'un chant ntonotone < trois noies, entonné par tous les assistants.
Je us chorus, on m'en remercia pardesembrassements réitères, ce qui m • 1 1 d ns h suite â garder U- bî- Irnce....
Quand les danses eurent eessM, (|uand toute In bourgade, hommes, femmes et enfants, repus et abriUK eurent compris qu« te repu, et l'inaction leur devenaienl indispensables sons te s|iifiididt* mleil qui commençait à darder sur noua ses flèches les plus verticales, je vis venir à mou d'un pasd •'■. d'un allure indépendante, la jeune fiancée qui, me prenant cavalièrement par la main, me fit entendre qu'elle aura il du plaisir w sepmi er .1 mei côtés. Coti rage el bienveillance ^ont les pins surs passeports des voyageurs . el je ne conseille .1 pera mnede se foi™ pi céder pi .:. larrilleriB ilans quelqne pays <ine ce soit- Ainsi ai-jc toujours fait depuis que je parcours le nmnde
OEUVRES DR JACQUES ÀRA<;n.
c*e$i à-dire depuis qu'on m'y a jeté Bans ma permission, et jamais je ne me Hits repenti, même dans les régions le? plus sauvages, an sein des peuplades les plus farouches, ne ma franchise et de ma genéi osiri-. Je crois lavoir déjà dit.
Kaîkaë, dont le nom n'est pas harmonieux , Knïkac ne mlnspirail aucune crainte; elle avait seize ans à peine: >cs pieds et ses mains étaient d'une élégance extrême; ion
Ïiarler avait quelque chose d'étrange et d'harmonieux a la ois, et son sourire voua aurait rendu impertinent, si votre probité, — le mot est a sa place, — si vol h? probité ne vous eût rappelé que, le jour même ou Se lcudcmuiii, elle devait appartenir â un autre.
Lecosh i!t; Kaîkné, la fol Aire, était tout simple et
d'une sii'ruT ''iir.iordinaire. Pour tunique, pour chaussure, pour châle, pur manteau, elle portail un simple collier de verroterie noué derrière à P&ide iTune [tcllta faveur ron.
Vous ne sauriez vous faire une idée exacte des allures de cette charmante compagne sous ces gazes si diaphanes, ces étoffes si légères.... fcl cependant, je L'aurais voulut' im peu plus voilée encore, tant la pudeur me semble., même sous les tropiques, un costume de rigueur.
Nous cheminions bras don-, liras dess dus, comme deux amis, j'allais dire commis diux frères ou deux sœurs, et
bientôt nous émues atteint lune de sable ht '. au
milieu de laquelle brillait une grande quantité" de parce d'or h. de mien. Ni ma nous assîmes sous un maje^ueuv
bananier dont le vaste parasol nous garant* san il \ r-
veillc de la chaleur torréfiante qui taisait crier le ter raîn; et. me pmniiii par la main aven un sentiment de
curiosité indéfinissable, Kaikaë me demanda si le pays d'où je venais était grand.
— Très-grand, lui répondis je •
— Femmes et hommes beaucoup?
— Infiniment plu* qu'en Afrique,
— Pas bananes, goïavcs, c»€"s '
— Point.
— Pauvre pays qui n'a ni euros, ni gofcves, ni bananes, et où il y a hommes blancs !
Les dieux africains sont d'èhêne ; leurs esprits infernaux, ils les colorent comme son! colorés les européens, et si un homme parfaitement blond s'était trouvé dans la bourgade dont j'étudiais les mesura, il eût été bien certainement | l'objet des railleries de la bande.
— Ainsi doue P dis -je à ma corn p ugne. qui ne se piquait pas de galanterie, tu ne me trouves pas bien/
— Du tout; (oi blanc*
Notez que j'ai le teint espagnol,
— Et lu ne voudrais pas de moi pour ton fiancé?
— Après, oui; avant, non.
Qu'on dise encore que l'Europe ne se reflète pas dans les ttcppes africaines-
Moi, désirant une revanche, je questionnai a mon tour ma curieuse, et je lui demandai, feignant de ne pas le savoir, si, dans son pays, bien loin, il n'y avait pas belles maisons, hommes beaucoup, belles armes de guêtre.
p^ Maisons, des cases bâties en un instant, forets, montagnes, plaines, pouls, nous nageurs Comme dorades*
— Oui. tout cela est bon ; mais des boni mes blancs
vous n Vu avez pas !
— Tant mieux : hommes blancs, fourbes, méchants.
— ffct'Ce que tu aurais dans l'Idée que je veux le faire du mal?
*-■ Non, toi seul, loi pas assez fort,
Q nations civilisées I que de reconnaissance vous je h i dans le cienr de ces hommes farouches de tous les archipels, de tous lus empires, alors que vous venez transplanter chez eux vos arts, votre industrie, voire religion et \os vices !
J'allais interroger de nouveau Kaikae, lorsqu'elle se peu*
a brusquement, et, collant une oreille à terre, elle bondit el s'écria :
— Hyène lin
Elle voulut fuir; mais je la retins par le bras et lui donnai mon sabre, dont elle s'empara avec une sorte de lîcrté toute juvénile, tandis que moi, mettant le pistolet au poing, je me tins sur La défensive et me dis intérieure* meut :
— À In bonne heure! voici un de ces épisodes inattendus^ toujours bien accueillis par le voyageur, alors 1 que celui-ci veut avoir quelque chose à racontera son retour.
La hé le irl.i pissante vînt â nous ainneusement, ouvrant sa gueule fétide, bavant si m écume corrosive, hérissant ses oreilles aiguës, rebroussant son poil mus irrégulièrement planté, balaya ni le sable ce sa queue tendue.
A vingt pas de ûous, ('hyène s'arrêta, frémissant île imis membres, el nous lançant de temjis à autre des n gards fur tifs.
— Tire, me dit K sïkaë. qui s'était jetée un peu t v ml.
— Pas encore, lui réoondis-je; elle a peur comme une tic terreuse de cadavres, faisons- lui une longue agon;e. Les méchants n'ont peut-être qu'un jour de repentir et de ra> mofdi fl faut laisser une heure a ce mépriaibte ennemi, qui nous aurait dévoies s'il nous avait trouvés endormis on -ans armes.
Rouvière, un de mes amis du cap de Sonne-Espérance me disait nu jour qu'il y avait honte â tuer une hyène dune balle, el que c'iM tout an plus si Ion devait l'assommer à coups décrusse.
Mais il ftllail en liiiîr avec la hideuse bête; el, priant K.ùkar de rester à sa place, j'allai a ce reptile des quadrîi- [i -des le pistolet au poing. L'animal se eal.ra. ondula s; in corps comme pour éviter le combat, puis si dressa sur se. pattes de derrière, et ai lendit Faltaque, Sou haleine em-
Îoltonnêe venait jusqu'à moi ei nu il nnnïl des causé* allais tirer ; l'hyène s'élança et je la frappai an vol.
— Morte ! me dit la jeune sau
— (forte,
— F*mporions*la.
KsTkaê s'approchait pour la saisir par la queue; mais L'ignoble ei hypocrite mimai Ût un dernier effort, al ion;, le non, ouvrit sa gueule el mordll ma Jeune sauvage au*d! -us du pied. A l'iiMaul même j'écrasai sa tête a coups de
crosse (in pistidei, el je me uital d^nvelopper d'un lambeau de ma chemise la blessure de la jeune bile,
— Ça, rien ! me dit-elle en souriant et avec un regard d'une extrême bouté.
— Ça peut être beaucoup.
— Nui. mon bon blanc, ça rien.
Le bruit de Parme à feu avait Jeté le trouble dans La en* h.jiie errante; nous vîmes accourir quelques hommes de i tribu de Kaîkaë, nui ralentirent leur course desquels nous aperçurent en bonne intelligence; es traînards, en nous rejoignant, nous apprirent qu'ils avaient vu au loin la caitivriiie de Débilité» le liam;ê belliqueux donl 00 disait tant de merveilb ,
Oh 3 ce fut une joie bien vive et bien bruyante, ce lurent de bien chauds transports qui éclatèrent parmi ces hommes $j pHs de La nature, si Ion de Ii civilisation, des qu'ils purent se reconnaître et se faire entendre les un*, des au*
s. h.hdié pourtant parut troublé de nu pn tournant vers moi une prunelle furieuse, il allait peut-être me faire un mauvais parti, lorsque IvVikaë s'élança et lui adressa quelques paroles brèves Sa pantomime expressive n u- lit comprendre qu'elle racontait la mort de l'hyène. Deh thé vînt ri moi, posa ses mains sur mes épaules, frappa
ifs coups de son front contre le mien, cl me pria d accepter une belle *agale de combat Je ne me lis point tirer I 1 oreille; ne voulant point me montrer moins généreux ■ pie lui, Tôtai mon gilet que je lui donnai, en exécutant la même manœuvre qui avaii précédé son radeau.
On s'assit, on causa, on causa beaucoup, el luis en même
temps frappèrent un petit coup clans la main. Après une demi-heure d'aiiente. pendant laquelle la ligure cl les i''pinili-s de fcaïkaé furent voilées, le fougueux adorateur se leva J'mi seul bond comme un chacal, et se trouva bientôt â côté de sa fiancée, lui arracha ses voiles el s'assit au- I rès d'elle en lui adressant certaine* paroles brèves, formées d'une seule syllabe cl prononcées comme des notes de musique.
LWorte de Déballé se composait de cent hommes nu moins, et tremblant sur une parole, sur mi çestc du redoutable chef- Il appela d'une voU sonore, et une doutaîne d'hommes et de femmes, placés en dernière ligne, vinrent a pas comptés déposer auprès de la fiancée dos fruiN en abondance; puis, arrachant la ceinture qui ceignait ses reins, il prii une boite d 'chêne et eu lira une douzaine de peiles de la plus belle enu et d'une grande dimension. Ivuk.M : ncri'i le eu souriant, el l'heureai guerrier, dont un venait de préparer ht couche, s'étendit sur de magnifiques i eam de lion et de tigre, ialéle appuyée sur les genoux de k.nkaë.
Je pus alors, avant de rue livrer au repos, examiner lout a mon aise la charpente de cet homme eiiraordiuaire, dont les comptoirs anglais surtout gardent un si funeste souvenir, il était d'une taille au-dessus de l'ordinaire,
cheveux épais envahissaient un front déprimé, sa poitrine se dessinait cari ses épauler étaient charnues, et mi certain Lie nerveux agitait sans cette nue face large et gluante, une boucla Immense, nu ne/, horriblement épaté r;l des pommettes osseuses haut placées. Comme te tigre
►upi, ses muscles se tendaient el sautillaient par Enteri ailes inégaux, sa respiration était une sorte de grognement i[uï ressemblait à une menace* ïHialié, né dans le désert, en avait apporté ce qu'il présente de lugubre et de fatal : hormis les instants où ses deviiii ■> lui imposaient l'usage de La parole, tl était d'une tadtnrnf lé miment effrayante pour qui ^sait reposer ses regards sur celle physionomie eicep-
: elle dans un pays OÙ tout est en harmonie dans ses
i ir.ties.ses comme dans sa pauvreté*
Kriïk-i t- ii Avec quelque tristesse dessiner son Banc* elle craignait, disait-eue, que» si Déhahé venait à l'appren* lie, il ne supposât 't l, e 1 on voulait donner ion signale* mentaux blancs, ses ennemis el elle m'invita par ses ges-
les âcarher mon dessin.
Je voulus, avant de m étendre sur une couverture de laine que personne n'occupai! , serrer ht main à nu jolie compagne » je la trouvai brûlante.
— Qu aS'tit '.' lui demandai- je.
— llien il ii lout,
— Je ne comprends pas.
— J'ai tout, et moi crains de tout perdre en un mo* ment.
— Pourquoi?
— Tète à moi s*en va,
— C'est ta Joie, n'est-ce pas Kaikuë?
— Sou; pas la Joie, niais h fièvre. Va dormir el reviens â (on réveil me dire bonjour.
A peine cus-je reposé mon front sur la couverture inoccupée, que je sentii des mouvements ouduleuj qui me iiivnt tressaillir, Je m'assis et regardai plus attentivement mon oreiller Quels ne furent pas surprise et mon effroi de voir l'échapper d'un des plis de la coinei-ture Une monstrueuse r Ate de boa 1
Le serpent était apprivoisé; un de mes voisins se leva, le saîsît au oqu avec violence, et après quelqui s paroles menaçantes el un petit sifllci aigu, le monstre s'enroula de nouveau dans la tiède couche préparée pour lui.
La lune en plein avait remplacé le soleil, la brise était fraîche, la nature vileucîeuse, et cependant, pareil au pétillement de l'électricité, la terre faisait entendre un bruit perpétuel qui disait r.mbien la chaleur du jour avait été ardente*
Un grand coup de haguclle, frappe sur un (an très-loin, réveilla la peuplade. C*était: V Mirnalatieudu
nboiir pour
ta cérémonie nu pli nie. Dé h a hé se trouva rie! i ont el fier comme pour une sangla. nie mêlée ; Kaïkac se plaça prés île lui, iMitiiïs ^ ne loua lea mitres s'accroupissaient en rond et entouraient les deux époux.
Di^hah orna les épaules, la télé cl les lianes de sa fiancée de morceaux d'ivoire cnchaWs dans un III de laiton, ei lui dessina grossièrement, â l'aide. d h un roseau taille en pointe, quelques figures sur les jambes et sur le dos. Kaïtae tremblait de tous ses membres. Dèhahè l'interrogea d'une voti inquiète, et la jeune Ii 11 e , poussant alors un cri lugubre, tenait les bras, tourna sur ses talons, bondi! cl tomba roide sur le sol. J'accours... immobile !
C'était une barre de fer i laquelle nulle puissance n'au* raît pu donner IV la si ici lé. Les yeux étaient ouverts et hors de le m- orbite i sa langue épaisse et livide, et presque de (misses pores glohulak un çtqg noir et vicié.
L'hyène ira va il pas manqué â sa mission, le poison s'était glissé vile dans les artères de l'infortunée . el une tombe, que l'on recouvrit de branches, remplaça la couche nuptiale.
Déhahé, nu désespoir, partit avaul Le jour, et les journaux de Londres retentirent, quelque temps après, des détails d'une horrible boucherie présidée par le farourhi* dominateur de ces contrées*
Ce fui un lugubre et louchant spectacle que celui de cette pauvre jeune Jîblo p si vive , si pétulante, si pleine de sève d'avenir, el quelques instants plus tard , immobile pour l'éternité.
Ilommes, femmes, enfants .„ défilèrent silencieux et la tête basse devant les restes placés. Un clin ni monotone accompagna il la marche, chacun mettait mi genou a terre en passant devant les pied-, dé la victime, et, quand on trouvait prés de la tète* on se courbait, et trois fois le front du vivant frappait le front de la moite.
La fosse fut creusée par les mains des deuv peuplades,
Bile aVftît riii'l pinU d-i» profondeur. Avant il v il' j >•■-.■ r »■
cadavre, tous y jetèrent une offrande en lémoîpn^e ,],. leur douleur; et, dès que Un fortunée Kalkac euî été en*
velûppèe ihu> b> étoiles île si m ep-.u\ désole, îles liras m-
bustes La descendirent dévotement dans sa dernière de» meure par une pente douce Conservée aux deux extrémités de la tombe. Du reste, pas une tanne, pas uni 1 parole, pas une imprécation* Vous eussiez dît une amertume que ion craignait de jeter au dehors, une afléctiou dont on voulait garder louijlemp* le souvenir.
Apres le travail, le travail ; après un repus de quelques jours, des courses de quelques années: telb' Bsi La vie que je me suis taillée el que j'accepte sans repet jusqu'à ce qu'il plaise â la ramante de me dire : ^Arrèie-toi , voici la Je m 1ère couche, voicî ta dernière balle.,. Qu'elle soit la bienvenue.»
J'avais éludié, j'avais réfléchi * j'avais traduit mes impressions, évoque mes souvenirs; el Valnamiso me parai» sait décoloré maigre les brunes et belles jeunes Ailes à la chevelure ondoyante, à l'organe poétiquement timbré, qui se jouaient dans ma télé et dans mon eieur.
Lii-b.is.â riiorizou, un navire dresse ses mats, il vient de la Chine, il arrive lout pavoisé, tout endimanché el je salue la Néréide.
CViaii une fringante corvette qui allait doubler le cap Born et se promener dans l'Ail an l'unie pour une mission toute d'humanité. Je demandai passage, on me l'accorda, et j'avoue que je me » r ds mis en roule avec un immense regret si , Joint jours avant de lever l'ancre i ÎL ne m'avait pas été permis de presser dans mes bras mon brave maie* lot pleurant de joie a cette rencontre, i\re de bonheur en échange de nos paroles amicales, de nos regards empreints de la Fraternité la plus touchante,,,, Dieu! que Jean- Jean était noblement bète au milieu de ses joies et dr son dé-
I I M I -ê I ri ■
Nous piquâmes au sud, nom doublâmes encore nue r -i - > ette pointe redoutable de L'Amérique qui a été témoin d s tant de naufrages* el nous creusâmes des Ilots déjà connus.
OEUVHES DE JACQUES ÀRAWL
Bieitiôt , nous quittâmes les ùpres régions australes, nous courûmes , toutes voiles dehors, vers le Iropiqiu- du Capricorne» nous franchi m la Ligne» qui se montra courtoise, et, courant à l'est, in tus nous laissâmes doucement aller â l'espérance , c'est-a-dire a l'espoir d'une relâche prochaine et d'un prochain départ.
LE pKSERT. — Tl«RK fcT ï k A > T H fc II E
L'air est pur et limpide,
Kt lt Irm rapide
Lu loua lieux se répand ;
Sur to blanche sati
L;i Iou^iiû caravane
Se tord comme tin serpe m.
Voua te voyiez s étendre, Ki fous i loiriei en tendre i • "ûiiuV du ta Tmtiia i|tie sur la jrivvr Glisse comme un doux rêva
Ll' NU III dti Jc1lOV3 1
v nus 1:i rose i-timtéusc, La Fourmi venimeuse Au long corsa pc d'or.
Se i ■ paît de rnsfa; Pm-, Ickriisc cl blasée.
S'accroupit et s'endort,
L'Àr&bc rit et fum- , Heureux du jour sans Intime Que le ciel lui prou ni .
El sa voix glapissant t; Lut lui us. m ii rvi nie Du divin Mahomet.
Sfaî* un i:h.iLid irnjiiiorc
Escalade et colore
L horizon endormi^
Lu nient coursier chancelle,
Kl le derviche en selle
Se sent mal affermi.
Vite, cou riiez la lùle, Fils maudits du Pruplit-ié, La mort est sur vos pas 5 C est l'auge des ténèbres, Lange ans ailes funèbre**.* Ne Tentendez-vuus pas?
Lr sîrocn In un lion n Ci 1 sable LourbilLonne Ku longs voiles de deuil ; Li montagne s incline ; Où Erù nuit li collïin- S'ouvre un vaste cercueil.
La caravane <:si prise»
Adt\e, elle s Y puise lin efforts su péril us; Et, quand in i^urra forage, Si fot.il «n sa rage, Kile ne sera plus*
Voyei, voyez tes tentes Jusque* aux cteux fini tan les Ku < eut Liutbrjtix ép ira !
Voyez, voyez leurs i in Koukinl dans u subîmes CreusiJs de toutes paris !
l une immense trombe t}ui bondit et retombe, Tel qu'un flot mutin*- ; C'est un cri de menace*, Un l'.'ii qui tous enlace Comme un l le damné,
Vous avez le vertî; Auli'uir *]>• vous voîl i-j.j Le zig-zag des éclairs :
G i-<l nui- n4eur ilr? soufre, Une fournaise, un çaiifFrc ; YousHtrûleat aux enfers L,
Mais Pourajun s :i| • iïsc ;
Ou satané ou falaise, T*>ul esi lio .
flans le désert immense t/ibis sutil se balance...
Le .simoun .1 passe",
Kt sur L lii-iiTiLilc acèn
Demain, -1 Dieu | uène
Nju regard tout puissant, Il verra ta i^nibère Creuser, ouvrit' h luit.