‹ Œuvres illustrées de Jacques AragoChapitre 44 sur 82 · D'UN POLE A L'AUTRE · texte numérisé non relu

D'UN POLE A L'AUTRE

hio> ne craint pas *U le traquer dans ses forêts les plus

ivages. Le Chili n'a sur ses terres, si poétiquement laH-

lées, ni bête venimeuse, ni Mie carnassière; mais autour de lui, comme pour défendre a ses indigènes d'aller pius loin p se dressent on rampent le pouma* le sanglier, le j i et le serpent a sonnettes dont Le bruissement esL une menace, dont la morsure Bit uueagon

Eh S qu'importe aux Chiliens que des forêts presque impénéir.-mles et des cimes neigeuses l'emi ! is muent dons sa répMiqw f M est flls de la tib il veut de r.ûr et de l'esp ce, il franchit les crêtes les plus élevées, h Ee voilà, indompté a son tour, le lacet en main, audacieux prororaicnr île [oui ce qni fit auprès de lui: serpeni , oiseau, qnadrupé w-..,. Un puocho couvre ses épaulée, un pnndiu c'e^t'â-^-re une pièce nie. rîr;i|> longue ou carrée, percée M milieu d'un tron dans Lequel il passe la tête; un cachlllo est attaché à ses Un nés, un large chapeau de paille couvre son itonl bitumons, un cheval est sons lui il il lient ■ n mijison redoutable laso.... Suivoa-lo maintenant; mi puisque la philosophie dnit se mêler au récit, permettesmoi, lecteur, quelques relierions puisées dans les périls des aventures qui mil sillonné ma vie de plus de cinquante hivers. M y a des peuples dont h conquête s ah est impossible: comme leurs éternelles solitude*. \\n mettent entre eus cl la civilisation nue barrière de sable,

de roches aîguês te forêts vierges dent eux seuh osenl

interroger te sili nce et la profondeur. Les lavants exploraleurs lin nt ni le !çmpa ni [c courage n lires a lamé* li oral ton des races primitives, qui iront pour ennemis

ju'à présent que les bêles feruecs on venimeuses et la colère d< menls. Là pourtant serait la vraie gloire de l explorateur qui comprendrait LlmnorlaûCe de sa mission J là seulement il trouverait le prii de ses travaux et dises fa Ligues; Li seulement 11 y aurait utilité dans te présent et

dans revenir | ■ Je prédicateur et le disciple, pour

l'homme de U nature et Ihnrnmd de nos cités.

Quand les un vires ont laissé tomber l'ancre dans une rade, en [ue le premier regard M un n gard d'avidité* Si le sol est riche, on s'en empa L es! abrupte, a peine les caries nautiques se don le soin d'eu tndtqu Li position douteuse, L'avarice a Les bras bien plus Lnnga que l'humanité*

Maurice, Kascarenhas , UndoustAtt, îles les malaise* et qui - autres archipels des océans , ne sonl pas restés longtemps sans dominateurs, dés qim ki découverte* des Portugais les ont eu signalés » l'Europe, llaii demandi i des expéditions se pré| .in ni pour soumettre les féroi insulaires des Rilgi, r, ne Java et d'Umhay, où Ton

boit lesang dans le trdne des ennemis vaincus. L'anthropoyihai:ie ne ws occupe guère el il fan les détails

des cruautés dont sonl victimes les voyageurs qui touchent à là Nouvelle-Zélande ment tons les ans amuser nos loisirs, N n-- vivons .si peu et si mal • ^iininl il ne nous arrive pas desantipodes un bulletin de meurtre <i >l>

J'ai dit; et, sans perdre de temps, entrons en chasse avec le Chilien, i ■■ fougueux compagnon de e et de péril*

À ses pieds lu désert; devant lui, sur ses lianes ei après nn'il i franchi un nombre immense d'horizons, encore le désert avec son silence, -\ - ilitudc - bruyères dêvon par un soleil brûlant ici, glacé là; et puis* de temps n autre, un rontemenl lointain ai n tentir le soi comme s'il représentait l.i voix du tonm rre; di s milliers de chevauï sauvages à la crinière épaisse ei Boitante . auijari fins ei nerveux, ri la queue ondule* ux oaseaut ouverts 1rs bris lOUrsiers Infatigables façonnes aux bînarres caprices de la température de cette partie du &OUtide , courant en écervelés d'une plan m- é Loutre, traversant a la wnzv les rapides torrents cl les I • rivières, s'animent et bondissant aux sauvées rauquements du jaguar indit: ion ose lui disputer I empire où il régne eu dévastateur ; et |jiiîs encore p l'effrayant tperu, né dans les glaces polaires, vomissant ses écrasante* raftt* les sur le terrain qu'il nivelle, s emparant des troncs séculaires, ks tordant en spiral dû les; arrachant du leur

L'ceau et les faisant tournoyer dans h ré de si

furie i le pûtnjtfro, pin- - . lUtable encore Hue le titot du Safiara, car il se dé* liai ne sans dire gare, êclaiecomifte

la foudre, ne remonle jamais comme îu fait Le brûlant simoun, vi ne s'arrête qu'après avoir renversé les premières îiùres éternelles qui, au nord de la Plata, séparent le triste Paraguay du Brésil aux villes royales, aux soliiml embaumées.

Eh bien ! là , là et là le désert; ici, des chevaux indomptés; pins loin, le jagu tr partoot t le pompera. Et un homme s^élance ; il s'élance seul OU presque seul , puisqu'il

n'a ponr compai: i qu'un ami k mais un ami fidèle, son-

mis, détoné, reconnaissant la voix uni ranime, cpii le se-

ule dans s un entreprise téméraire et qui mourra sans

pousser le moindre Rémiss it, lurlout s'il a le boulifiir

do sauver son maître. Car lui, \ îoiist il ni demande pas miein uued'éLre esclave, quoiqu'il ait longtemps et rudement lutté pour ion Indépendance.

Le maître, eVst le f!lrilien : l'esclave* c'cHle coursier, lis sont partis. Le premier n'a pas dit adieu à si famille, mais bien au revoir; et son excursion cependant sera peut-être

de quelques mille lieues au ira. un dK pampas désolées,

rpii ont dorme leur nom au vent meurtrier sous lequel se irbenl si pré* do leurs tisços tes têtes desséchées des bruyères dont coti** partie du monde est couronnée.

Au nord, la rivière île in PlâtâlUisl \ pie les ndti sont longn i ]*i'si, PÀtlanliqnc dont les iles sont -Ibitunlii â l'ouest, lu Cordillère neiRCu^e avec ses crêtes alguis, «es voli-ans d'air et île |avi 3 hcs lues nu-dessus des nu et les cascades relcnli KMnnt es ï au smL la ■ n-de- I eu et le détroit célèbre par lequel le Portu Uagellan arriva si henrensement â la découverte du m Pa-

clflque.

(Vous occupons le cenlrfl,,.. Tmit \ coup le cheval s'arrête ei (remit, non de wur, mais dlmpatteitce; ses oreilles

et ses nasiaui sont dans un perpétuel m ment, ses

Jarreti tremblent » ses polie se hérissent, et d'un bond il

■ ii l'ennemi que son instinct tti ' Iné.

en a jeté le r«te de M i i^arelle, il essaye si le

• uchîllo sort aisément -le ia ceinture j si le tacet fatnl a l'élasticité voulue il -*oriN de ■•• i redoutable escopeUe

lonl en li Itati Vous croyes qu'il se prépare a ta lutte

comim 1 \> Uv nu île nos loluats, illencieuxet résigné sons les armes? Non, Lu Chilien qui attend le jaguar a pris le parti de sa parler i lul-mêr Mm me i'II y avait deux vo-

jmilés dîstiin II -■ en lui \ Ot puin il l'adresse SU cheval, dont

il vante les précieuses qualités et dont il gourmande les

ïini[ r>cla se fait comme ail récitait â demi-voix une le-

n, ainsi que tel dévot* répétait nue prière. C'est une

sorte de hourdonnemtnt monotone pen>lan! lequel tontes

les mesures di< lu r été sont admlraoteinent j lises. Vous

croiriez que. pour ftntt venir, lej Chilien a besoin

du témoignage ïeses lèvres : « Li mon lacet, se iiit-il tout

S , esl-il bien assujetti '.' m- se nouc-t-il pas dans ses sînuosttée? Allons] allons ! la pointe ilu cuchiho estaiguè. elle entrera froide au oûeur. Ah! ah I rescopette qui ne m a jamais tait défaut me sera Adèle encore celle fois..,. Tiens! et mes deux huiles si rapides, que j allai- oublier, ingrat que je suis

El il ap|;i pi lèvres sur ses deux boules de fer*

à El toi, Ben, dit*il encore é ton cheval attentif, sonpi ; bi si tu t urnes le doa au jaguar, in n'auras plus de défensi'Uret tu mourras comme un lâcne- fais comme moi. regarde-le en face, présente-lui ton umtrail; et s'il s'y m-

eï[iiie, sois sans inquiétude > n knvecuii mm : I

balles de mon escopette sont de plomb et vont droit au but. quand mon nul les dirL

« MainlenanL j'entends les lu nuls de notre ennemi i Alerte! et â nous trois, r

Le jaguar s'est présenté en efb j L \ mais, en face d'un adversaire i qui ne fuil point, il fait halle à quelques pat de d i stn nce , et me hit ven ire à terre aÛo de don 1 1 er moi ns de prise à la balle; car lui aussi, tout brave qu'il est, a l'instinct iln danger qui Le menace.

Vous saveE comment le lacet , apn's avoir tournoyé sur la tète, se précipite el êiieînt le terrible jaguar^ vous savez aussi comment il arrive parfois ojue les bon* les emprisonnent les jarrets de la bêle furieuse : mais ii i le Chilien a imi une nouveîie manière de comhatirc

ŒUVHES DE JACQUES ARAGO

U ciieliîlJo du Chilien a pénétré dans les entrailles du tigre., (Page 26,}

qui tient „du prodige, et il remploie afin de ne pas gâter h bclk fourrure de son ennemi , qu'il s*est engagé à porter intacte •■ Santiago comme un trophée disne de sa bravoure.

Dèa-q&ll est sûr de n'avoir qu'un seul ai lire à com-

du cheval immobile, mesure delmil la distance A franchir; puis il se couche sur le dos, le lacet a boules ri son côté, IVscopcite meurtrière dans ses mains, le doïçt sur le ressmi, cl il atimd le jaguar, Celui-ci jette un regard fauve sur le coursier, qu'il croit sans protecteur; il se dresse tentent* ni, graLle le sol de ^es oncles aigus, agite ses lèvres furieuses, clignotte pour aiïaihlîi k-s rayons du jour qui blessent son orbite, pousse un lugubre Vamjuemenl, sfilance comme un trait... El c'est alors qu'il pin ne sur le Chilien, que celui-ci décharge son arme, l'atteint sous le ventre et retend roi de sans vie*

Si le coup n'a pas bien porte, les poignards font leur nlllcc, et c'est une nouvelle Lutte à soutenir. La bêle féroce a des dents et des ongles acén-s, mats le Chilien aussi a des lames effilées cl un bras robuste. Le sang de Jus el de rature coule par plu;; d'une large blessure, et dans ce choc ardent il faut qu'au moins une victime meure*

Par un dernier eïïori, le tigre se dresse sur ses pUes de derrière et se précipite sursoit jouteur.

Celui-ci, au lieu de fuir, se rue a son tour sur le poitrail ensanglanté de son féroce ennemi, et le cuchillo, pénétrant jusqu'au cœur, va y chercher un dernier battement.

Le cadavre est sur le sol.

Tandis qu'a lieu ce dernier combat, qui parfois dure quelques minutes et qui sou veut tient pend nui une demiheure mi haleine ces deux adversaires habiles à s'observer, qu'a fait le fidèle et dévoué camarade du Chilien épuisé de lassitude ? Rien. 11 est resté Gxe à la place que lui avait assignée son maître, suivant seulement de l'œil Les chaudes

D'UN POLE A LAUTIIK.

l'iiarrc

altcrmjiives d« la querelle, cnmme le ferait le têrne-in impassible d'un de nos duels européens.

Il arrive parfois aussi que, dans ses courses au travers du dpsen. le Chilien rail h conquête de quelque peau *k jaguar s^ns qu'il en cûûte rien à son cnimin L T n cheval blesse ou malade est resté sur le sol : deux titres haletants se sont rues sur la vielime, et les voil , furieux, avides, se refusant loin partage commençant entre eux un terrible combat nui lais r m au vainqueur deux proies i -l« vorer. ai vmis fn-i 1 nu tableau dune lutte engaçèV entre un Chilien et un jaguar, juge* commente drame est palpitant alors que les deux hètes furieuses se déchirent de leurs dents et de leurs ongles avec leurs ni£issernenls!

Le premier festin est oublié, et les prunelles des dent tigrès en fureur ne cherchent plus un ennemi sans défense. Le Chilien peut s'approcher alors sans crainte des deux ■Uiletes, il peut juger de 1a vigueur de la défense et de I attaque, on ne songe foïnt a l'inquiéter; et si les deux champions, après la lutte, ne sont point «tendus sur la-

réne, Je vainqueur sera une proie facile pour le Chilien» qui méprise pourtant de semnlaMe> triomphes; ce qu'il faut d'ahord a celui-ci, c'est un danger; ce qu'il veut ensuite, c'est une peau de jaguar bien conservée qu 1 !! puisse vendre pour quelques piastres au prnlil de Si fa mil te J'ai vu à Santiago un rie ces in domptes promeneurs du désert qui refusa dédaigneusement trois piastres pour deux de

ers peaui de tigres déchirées, et qui les offrit gratis un

matant plus tard, parce que, me dit-il, il Les avait obtenues sans le sec« de ses lacets, de soit escopette et de son cuchillo.

« Elles ne me coûtent rîen, poursuivit-il en les jetant a mes pieds, je te les Iriisse au même prix, »

Voici deux ad vers aires redouta h les au Chilien : le jaguar et sa femelle. ardcnJs a la curée, h gueule béante, exha- InnE une hnleine fétide de chairs corrompues; les Hancs ruisselants d'une sueur acre» les yeux lançant dés il-immes. La rencontre sera terrible. ÛhîVest pmir ^ roup que le Chilien récite ïi voj se et rapidement ses conseils et ses

oraisons do babille! Plus le péril est imminent, moins rudes et moins Apres s'échappent ses paroles \ et c'est pour cela peut-être qu'elles on! plus d'énergie,

Les deux acharnés jouteurs s*avancen1 côte A côte comme des soldats exercés . el i'escopeitc 'lu Chilien lui vient en insi que li 1 I;kvi qu'il a d'abord déda i il nû, • i le chevi I gén- 1 1 un. qui 1 1 1 l L parfois quand son maître v.i ,'ire. vaincu, alin de laisser croire au jaguar qu'il est prêt lui-même é lui servir dé pâture Hais les choses tournent rarement ainsi , car le Chilien a deux cm billes, deux lacets, de cœurs pour auxiliaires, et il n'y a là devant lui que deux tigres forts et robustes, harmonieusement tachetés de noir. Le* adversaires ne sont séparés les uns des autres que par une douzaine de pas. Il faut quels première halle qui frappera soii mortelle, ou la vîedu Chilien court le plus grand danger* Le coup est parti , un de» jaguars pousse un ni. tombe et se redi Ce n'est pas a lui que 1c Chilien doit

\i affaire maintenant; le pi h n bien porté, la bête

féroce exhalera encore quelques sourds «.'émisse mentit! tombera plus tard.

Le ri un bal s'engage entre deux attires Jouteurs; et le

'lu- 1 ;s mort se termine ton] s à l'avantage de rimmn ■■*•.

car son adversaire est a demi vaincu par le chute de suri

1 «ri rf i ht .1 i'. lj 1 1 1 1 : i ■ .

Ce sont la deui épisodes asses communs de In th du Chilien, Haïs c'esl Lorsque trois mi quatre jauimrs nsso< " pour le carnage se ruonl sur un sent ennemi rtn milieu du désert que le moment de la lutte est effrayant,

Le Chilien, qni s mi du loin la mente affamée, n'aurait pour unique témoin de sa fuite que le cheval qu'il n

dompté : vh bien, il ne peut se rés tre a tourner bride - t

il reste la d'un pied ferme î el pourtant il presM'nl le sort qui va l'atteindra * jue au hasard il fait partir M redoutable escopcltc, mais les 1 baltes Boni louvetil Impufainnl contre le ligre; la rno* en esl vlrace Comme celle di< finis tes animaux meurtriers, el il faut aller fouiller bien gro* fondement dans ses lianes pour v trouver les dcrniei sources de la vie. Le plomb a é>é bien dirige, tanlle Chilien est habile même dans son insouciant!

U a également envoyé le lace! s houles ainsi que la loupe courmie f.ouclée a r la nantie du recado. Maintenant, il serre de ses s crispés le manche de ri m euchillo; il frappe, il troue, i) refrappe encore: les griETna et 1er* dénis des tigres le déchirent, et îl frappe toujours» Les deux sutrès adversaires , irrités par la perte qu'ils viennent «tïprouver et par l'espérance d'une victoire facile, ho miment aven une rage et une soif de meurtre que rien ne peut as-- SOEtvir; ils voltigent a droite et A gauche du cavalier, ils déchirent les lianes du coursier, qui n'a de foi qu'en son protecteur. Le i uchillo du Chilien a pénétré dans les entrailles du tigre suspendu : La croupe du chevalet qui glisse presque sans vie sur le sol, profondémenl la bon tandis que le troisième jaguar achevé son œuvre de destruction. Le Chilien rf SOD ami perdent leur sang par viie,l larges entailles, infléchissent, ifs tombenl sans pousser une plainte, ifs exlialeui enfin un dernier soupir. Un horrible lest in a lieu , et le lendemain les aigles et les vautours qui planent dans l'espace voient sur te sol des débris effroyablement mutilés el deux jaguars repus eu uc liés dans le sang.

La vie du Chilien est complète.

vin

TWMCUAV. — LES PAKPAS* — LES C It BILL SB S S*

Vous devez les pages que vous venez de lire â mon amour immodéré des courses aventureuse*. Plaigne*' moi de n'a* voir pas \n force d*» lui résister.

1 1 n m èd i a l e me u l nui desce u te à ter re , le lecte u r t i

vu courant à travers les incidents qui échelonnent la vie de l'explorateur*

Maïs, dès que j'eus satisfait d mes premiers appétit?, je retournai à I. ni." et, pour la première fois, je trouvai le capitaine décidé â changer d allure; il m'appril que, le lendemain, il allait lever l'ancre, courir au sud, doubler le cap II uni j et faire échelle â Valparai&Oi

Pourquoi la plu Lu L qu'autre pari ? Lui seul le savait, peut-être même n'en savait-il rien du tout,*,* Quoi qu'il en suit, ma résolution fui également mrétée*

— Je vous quitte, lui llis-je de ma voix la plus brève, mais je ne v uns quitte que pour peu île temps i ou trois mois au plus.

— C'est une mule bien large que les océans, merépondlMl. el i ii'ius nous d Au revoir, il serait possible que cotte parole fui un adieu.

— Espérons le contraire,

— Quel esl votre projet, j'allais dire vùlre nouvelle

folle?

— Fnlîe, j y consens; mais, voycï-v.us, la course que roUS projeté* ue m'apprendrait rien du tout. Je connais le

'min, el s'il me jette dans de« périls imprévus et inévî-

tdn

dont la snhiluin n ipnuvj — Partll, lu vous écoule.

4-J r -M a \ivl I I VI U lui 1 iuii 1 1 ■ i ■■ ■« i i d t ■ ■ > ■ 1 1 1

que nos deux amitiés étaient Inseparal aonneras pas un rf émeut i, monsieur é)

tables, ceil que j al grande envie do r ire un problème

an té ht eu des Coutil

La Pfltagonîc est vaste, les brun mes qui la siilonni n veillants ; 31 y a l.i-bas, â l'ouest, loin de l'Atlantique, des rimes neigeuses, e , qui dressent û 1 leurs fronts orgueilleux- Je prétonds les fouler du pied, COflime autrefois les soldats do Coftés, et aller vous n -

joindre nu Chlli fl dont je connais les moour

— Haian'esi l'entreprise d\mêcervelè.

— Jusqu'à pfi seul elles m'ont (ouïes réussi, et rien ne pOUm (US vaincre.

Psi mémo h pas même les neuves que vous

pOUVe?. reuenutriu' dans CCI immenses solitudes?

— J\is même n\s ob - qui peu l* être n'existent que

dans Vjptre Imagination.

— È es- vous sûr do Irouver des guides

— Il ne m'en faut qu'un, résolu Comme moi.

— j, . . quefôissyelnutilômeni ta guérisou d'un malade a l'agonir: én.uileà voire iée ? el que Dieu vous aCOompagO

— Uiru m'accompagnera,

— Kt moi aussi, me dit Jean-Jean, qui nous écoutai! bl -tri derrière une manrauvre»V<msmam souvent assuré

dei ; vous ne vous

rago, cl vous n'attrislerez pas mon cœur,

— L'éfoigneinent dit le rel-uu , mou brave r absence signifie ranj i " liMium; ; nous ne nous quittons que pour nous rejoindre*

^C'est-à-dire le châiinient avant la faute, les larmes ii s anl le rire. Tenez, monsieur, vous n'avi d'entrailles.

— Tn !■ -se m T est précieuse, mon paiivreJean-Jtnu : mais c'est parce que la mienne pour toi est vive el inall rahle, que je ne veux pas t'exposeT au danger que je vais courir,

«—Oh! bravo! bravo î vous parlez comme Je Bavastrn malheur*.* Bst-oa que j'ai boudé dans le combat? Estque je u'mi pas fait mon devoir en présence îles deux bi féroces du Sénégal? I guej^ioa can deTênèrîffe rternuail si loti sur

les gif fi

des douâmes dorantes de sir William? Tcnez t je vous le , r n*aves pas ■ l'en i railles, el ftavastre èlait votre

cousin germain, s il n< •'• pal voire frère.

—Ecoule, mon ami, dis-ju ;i monchernia.ûlûlen lui pressant affectueusement la main, c'est dans m fiërêt seul que je le refuse, et lu me pardonneras mou i me,

— Si vous me prouve! que celte bë.liseuYu esl pas une,

jeine soumets. >

VoiS'lu, mon garçon, les peuple ai Lieu -l.-f "

h Irouvons en ce mom o sdnt peut-élrcgen

rriixqu'.i la condition qu'on n 'attentera pas a leur inde-

caponné ipiand le vol can de TénérifTe élernuait si fori sur dos lêifis. Est-ce que je ne me hisse pnsau* empoi ni u; ! vrai gfaluer, à clincune des ûifflcs d i-er une j'ai refusé une si

D'UN POLE A L'ÀOTm:.

pendance.*.. Uu homme ne les épouvante pas, deux peu*

— Il est vrai que je suis si laid :

— C' Il p« UU "lire; ils ne sont pas

beauï non plus, eux; mais nous nous parierions souvent m e qu'ils oe comprend! et ils pourraient

ma jouer Un mauvais parti el ne n immoler que par méfiance*

— Tiens, liens! il v a du chenu dam ce que rOM il îles là, et j'ai bien envie i b pardonna mes Injures.

— Je l'ai absous, mon : embrassons- nous, et rive une amitié comme lu nôtre!

Les yeux d i que son emurj

inets Couvrirent, d «nrnts de Lûmes . ti

happèrent, et mot. [éqniï lui, je -i ^v

s miennes, et courus retrouver me* i'. ■■ igons sur ta

pla

— Trois d'entre eu* Hers de mè servir d f e me tii il sur un 'le leurs chevaux. Je me cramponnât tant bien que rinhï • ■ crinière, '-i en peu âe jours je devins un 1er us ■ ri t pour, o^r lira ver le galop.

Des pampas tout arides, desbrny l*nne hauteur prodigieuse, quelques silencieuses fc les courants if> peu i ■ peu rapides, une plaine nivelée, des royrio' :

. quelques] eu aguerris ou dé-

daîgueuidenotisa Laquer : voila n isqu'a

premiers échelons desÀndes, cgfti se dressèrent enfin a l J h h ec les hizarres contours de leurs formidable plateaux.

Vingt fois au moins, je t'avoue I ma hou'-, je songeai à renoncer i i entreprise; je redoute le froid bien nlua que I r ; les sentiers que s - - lent

couverts de neige durcie, et, maigre les peaux de jaguar* que guides jetaienl sur n pailles, je souffrais horrible inenl des rigueurs de la temporal" n-

Lu trente- rsnouselï le trajet, je aoîdai

la jialicnce et les soins des Patagons, et, d< ■ les h ères chiliennes se furent étendues devant nous, dès que nous eûmes atteint un petit bourg a) je croîs, AnaMn, ils partirent pour s'enfoncer de nouveau sans leurs éternel solitudes; moi, je poursuivis mare nr me retrouver

encore du us un pays civilisé, au sein d'une république I confié, que je devais saluer du cœur hien des années plus

Ecoules maintenant... et donnes quelques larmes à ta grande in fur lu ne dont je garde le douloureux souvenir» surtout lorsque je reporte mes pensées vers le drain glaces [■■•■ - que vous n'avez peut-être pas oublié.

Le roman n'aura jamais les indViHs de l'histoire; êenulez et rapprochex-i du quinzième siècle, si fécond en drames, si palpitant de pënpétii

LE ClïÛUi'Ë IOSSILE Df la aojcQtrfira rnou»

U - héros '■ rïctimei, dont

us parler, vous pouvez lerro^er aujourd'hui,

.; quitter ce Paris si froid et si monotone.. Bundeî i.i

mai Et : trois torses sont là dans une des faites sa.ll- s -lu

j iidîii des Plantés....

Inclinez- vous ui prie».

t/histotre des miment* elle 'les Elals, l'histoire

d'un homme es! celle d'un peuple, et quand les livres sont muets sur 1k Mutions qui ont bouL les empires,

des tronçons de colonnes, épars ça el là sons les ^.||. .■-, . disent nu numismate les choses et les époques en vélo p] ians la nuit des temps.

os nulle doute, le qui mien çle est an de ceux qui ont marqué avec !■ d'éclat leur pas ur cette ter

onpée par tant de catastrophes, et la conquèi ■ deux Amérîq ti îe plus méinoral énementdi utrs d'audace et de crime qui nous ont légué tant de noms* es el de villes soumises, L*Bldi ■. qui n*était pal en<! une fiction, \> ■

Uttôpafl l'Europe au delà de t*Atlâ»tique; mais les

, j our lesquels la mort était une conséquence

inévitable de In vie, allèrent chercher autre choie que la

je r i la fortune dans le | a y s des C&clques et des In-

-, m dépoétise aujourd'hui,...

Il fallait ai ; el de la gloire aux Alphonse d'Altui-

querque. aux Alvaret Cabrai, aux <î nna, aux Dlas de Solîs;

►■M fallait surtout à l îs l'i/arre, cet Intrépide aventurier d oui les noms illustres de Christophe I rab et i Viii-'h ; ice arrachaient le sommeil ; et c'est une magniilque épopée que celte danjà la (uelle il joua lé principal rote, lui, enêf de quelques centaines de bandits Indiscipli-

née des populations innombrables el fanai istoim connaisses tous cette histoire I b ib use qui, en pei de mois, dévora ce que l'Amérique pi trbommi

d'édifices et de trésors amoncelés. Je ne veux j ms ta raconter ici ; mais, lort -n un chaud épisode de ceUe snnniie lutte vient se placer de tul-tnéme - me la plume de ■ :i-.ain attentif, son devoir est de le recueilli] et de lé livrer A la méditation jv ;hl tiennent en leurs

mains h destinées des royaumes : I est proph

de l'avenir, et rien n'est stérHe dans L'étude des joins inis on m eitrs useN s par le frottement des siècle Quel était ce fameux nïarre?Vous U; savez.... Qu,eb étaient ses compagnons d'armes? Vous le aavetaussL. M Les I . » vaincus par le glaive, le bronie, 1rs coursii rs elles dogues, aiiacLdoutièrent alors leurs richi si leurs <M|iî-

T'ii de moi* après la conquête du Pérou par ce Pizarre de malheur, dont l^me commandait le meurtre avec un San g'froid digne des tenjps de barbarie, toute antique religion de ces bons peu; ju ttoriaux mourut, et les ti des temples furenl dispersés par les soldats du spoliateur iL.ns d'épouvantables orgies.,!.

Wais les jeunes vierges que li- Couracas avaient oûd crées au suleil, qo*étaient*elLes devendbs?,,, Hélas lia soldatesque >i' Plîarte vous l'aurait dii alors, et nous, qui ayons fouillé dans les sanglantes nages de cette guerre impie, nous écrivons, parce que toile est la |ue peu d'entre tiappereni aux outrages des hommes pervers que leur sanguin lire çhet" traînait i sa suite.

Parmi celles-ci; lapins belle, si nous en croyons le manuscrit miftilé, en ce moment encore sous nos yeux, se trouvait Ëalûta, dont l'inra lui^nnne as ait voulu faire sa compagne. Au milieu de 1 ul 'I une au temple sacré qui la dérobait aux regards profanes des Péruviens, el e tembe au pouv ir d'un jeune officier ca i dont !•

mœurs douce- et honnêtes contrastaient avec: celles de camarades profanateurs. Il s^ppebit Ju.m Torrijus* Kali la se 1 1 a n ses genoux pour implorer miséricorde; m;:* dés qu'elle eui levé tes yeux sur son vainqueur, elle remercia et béait....

Oh ! ce fut un de ce< amours chastes et pieux qui em blissni: insolent. On suîraa sans se l'être dit; le frère respectait la sœur, mais la sœur comprenait qu'ilpuurrait bien y avoir dans ; ir de In femme un autre sentiment [de eeih si tnte amttlé qui ooeupi le sans ta rempli ri

Je ne m'arrête jamais «levant i*- groupe fossile, que la science seule regarde avec une indifférence studieuse, me sentir des larmes a la paupière : toute une époque se déroule â mes yeux, époque de sang ei de sacrilèges, ou te mondé s'agrandissait, ou Lesmam ions', porté*

sur les aih - dos ventSi traient - nos navires voya-

§eurs; el 1 nsqueje louche du doi^t ces deux éloquentes cures, je cherche l'enfanl pulvérisé qui n laissé sur le sein de sa mère une nui] ri i-inic.

Je vois encore au liane de rr rdî Itères neige us

qui traversenHes Amériques du sud au nord, ces pauvres

infortunés poursuivis, comme ils le disent dans leur tan*

gage naïf, par t . fres de I e el ccuj de l'In 'ii

prisonnier, Le premier voulait d'abord Torrïjos, dont lu

br : ['intelligence avaient été si utiles pour la conquête,

l'emparer plus tard de Kâîlda elle-même ; laul

mandait â grands tris ta jeune et hjtlc Péruvienne dont

il aimait le souvenir encore plus qu*îl n'aimait La libérien

Uétas ! Il e je le fais, c^s pages éloquentes, dic-

s par la douleur et le désespoir, M vous jugerez des an*

sa

OEUVRES \\E JACQUES ARAUO.

émises et des tortures des deux fugitifs de Quito, après l'incendie de cette capitale.

Un pays inconnu, des plaines déserteSj des forêts presque impénétrables, des mon laines n rides • cabrant 1rs unes sur les autres, et portant jusqu'au ciel leurs fronts dominateurs; ajoutons a ces calamités, ainsi qu'à ces fatale* richesses du sol, des torrents infranchissables, des bêles féroces a combattre ou à éviter, îles replias nombreux qui venaient parfois partager la couche des deux amante, et vous comprendrez peut-être pourquoi j'ai suivi avec tant d'intérêt mes deux héros, aujourd'hui taillés en pierre, dont la soif et la faim ont du si souvent glacer le eu u rate sans attiédir leur amour*

Quito, vous le savez, est autant au-dessus du niveau de la rrn-r que lea puis ] i ■. n r • > cimes des Pyrénées» et Cependant c'est vers des régions plus aériennes encore que se dirigèrent les deux fugitifs. Lame s'épure aux courants Célestes* et comme les filons dans lesquels on puisait l'ur se trouvaient autour des collines, il semblait naturel de croire que les soldats de Pizarrc» plus avides encore de richesses que de vengeance, ne ç ravi raient pas les Cordil* 1ère s où les attendaient tant de périls* Torrijos, hélas ! n'a va îi pensé qu'aux 1 Minimes, mais les éléments ont aussi leurs colères, et c'était contre ceux-ci principalement qu'il avait désormais â lui ter.

Quoique sous la ligne, Quito n ses nuits neigeuses, son printemps et son hiver. Torrijos et Kalida s'en aperçurent bientôt, et je vous laisse a penser quelles angoisse* ils durent éprouver, lorsque, au mi Lieu des ténèbres, ils se virent attirés, enveloppas par un réseau de neige, donl les Docons glacés fouettaient leurs membres engourdis, et dont Le Large mau'e-m ce m hlaîtles précipices qu'ils côtoyaient... Oh J celle partie do In relation des doux infortunés estent rein le de la terreur la plus déchirante; vous devinez que. si Les caractères qui b» rappellent sont espagnols, dit- a du être dictée par une femme.... Pauvre Kiilida ï peut-être Basait-elle déjà qu'elle portail dans sou sein un gage de son amour, plus fort que Le eôurrmis eélesLe!

Les voilà cependant, soutenus lun par huître» prêts à disparaître a chaque [as dans les gouffres profonds qui les entourent. La tourmente bouilli unie a leurs pieds et sur leur tête.... le tourbillon ne servira qu'à prolonger leur agonie,

a Arrêtons nous ici, dit Kalida d'une voix à peine entendue, le dernier soupir de 1" homme doit être une pensée ;i suii Dieu; le repos seul nous permet de monter jusqu'à lui... Voilà, poursuivit-elle, un rocher surplombé où nous

rendrons le dernier si uipii \ ... ijnc nos deux a'ïues l Tonrij se confondent dans un même adieu! »

Ils s'assirent sur un bloc de lave dont l'ouragan avait chassé la neige, et là» seuls, abrités dans les bras l'un de l'au tre, ils a tien dirent 1 eu r dé l i v ra n c e . e'e s t - a -d ire la n i o rî .

Tout était blanc autour deux : c'était un linceul lu liera ire qui se perdait dans un horizon immense, et qui semblait vouloir envelopper le monde dans la même catastrophe... Ecoutez, écoulez,... nu bruit sourd, lugubre, fatal, résonne comme une menace céleste; vous diriez les dota mugissants d'une mer irritée. €'est un s ai an ique concert !

Sont- ce Là les voix raumiesdes pou mas» ces lions américains qui bondissent parfois autour des caravanes aventureuses? Non, ils ne se hasardeni guère dans des régions si glacées. Les serpents aussi se taisent aux fureurs des éléments coalisés.... Qu'était-ce donc que ce roulement presque continu don! le rocher qui abritait les exiles du monde disait les derniers sons avec un sinistre gémi s sentent ?

C'était l'avalanche qui préparait son reuvre de dévastation ; c'était le front de la montagne qui allait combler la vallée... l*a voilà ! la voilà ! elle se dresse, crie, ouvre ses lianes, étend ses bras, monte, s'affaisse, se balance et part...

Le rocher seul lui résiste; tout le reste est entraîné, bouleverse dans sa course de géant : arbres séculaires, nerw uses lianes, blocs bitumineux, oiseaux voyageurs perdus dans I 1 espace, condors jpg h ni esques trônant au-dessus des nuages, cadavres de quadrupèdes et de reptiles, tout est

confondu, mêlé, enveloppé dans le même réseau ihslruc* leur, tout est dévoré par les rapides aspirations du terrestre météore, Le chaos recommence, et quand la montagne frémit jusqu'à sa base. Torrijos et Kalida, seuls, attendent le aénoùmeut du drame dans une tranquillité qui insulte au désastre.

>"ous saurons peut-rire plus tard *i cette avalanche furieuse se contenta d'avoir comblé de débris la profonde ravine ou venait d'expirer sa rage; nous écouterons â cei égard

['lusuesoi.Miio fi a présent, nos ammireus devant les hommes, nos époux devant Dieu, et voyons si, après lant de courses et de \ rils, ils ne découvriront pas un bourg indien, une famille nomade, qui leur donneront un gite, du soleil, quelques fruits et des consolations

« Que mon amour tYst fatal ! disait Torridos à sa douci j d courai, T i'ii>e eom pagne, don! il voyail les pîeds nus déchirés par les aspérités du chemin ; h' esl -ce pas que tu le maudis, 6 Kalida de mon Aum!... Dis. ange consolateur de toute infortune, dis sans crainte, a celui qui ne veut pas de la vie sans tôt, que tu avais plus espéré de tes forces et de ta tendresse; dis-lui que le repentir s'est glissé dans ton cœur, et à F instant même mon corps mutilé roulera jusqu'au fond de i:el abîme hnnu'itse. »

Kalida, pour ton te réponse, jeta sur Torrijos un de c regards baignés de larmes qui sont un reproche et une consolât ii m a la fois ; un brûlant baiser fut le gage d'une paîi éternelle.,. Aussi leur énergie renaissait-elle â chaque obstacle qui se dressait devant eux ; et telle était l'héroïque résolution des fugitifs nue leurs voeux souvent appelaient les barrières les plus Formidables, afin de prouver au destin que leur amour éiail [il us forl â mesure qu'elles se dressaient devant eux.,.

Oh ! voici le ciel qui leur sourit, voici h ciel qui les réchauffe, un paysage qui les ravive a l'espérance, une de ces fraîches et riantes oasis que la main du Tout-Puissant i\ prr,.|ur toujours jrh'rs .ni milieu des sites abruptes et sauvages qui épouvantent même les bêtes féroces promptes à les fuir.

C'est nu xallon délicieux où glisse une joyeuse nappe d'eau servant de miroir a des arbres odoriférants, dont le suave parfum vient consoler le piéton éaai dans ces immenses solitudes; des vnls nombreux d'oiseaux brillants ■ le mille couleurs se jouenl à travers L'épaisse chevi-lurv des colosses végétaux en poussant a l'air un concert de voix, de cris et de soupirs, qui vous émeut, vous étonne ci vous charme i la fois,,. Là, point dr serpents enroulés parmi les De un», point di uars faînes à 11 robe lâche 3e noir, à la langue raboteuse, nux 01 aigus, jà la prunelle de flamme, aux mouvements si rapides et si souples que vous feriez bien de les api eler les reptiles des quadrupèdes ; et, comme si le Créateur de Unîtes les choses avait voulu dire â l'homme îles forêts ou â celui des cités : Âriéle*toi là L.* les collines échelonnées qui entouraient ce ravissant eldorado défiaient les cimes les plus élevées de [i -rlcr jusqu'à leur dernière assise un seul de lui s des ravages péri idîqnes dont les effrayante? lernelles avalanches semblent se glorifier.

En présence d'un paradis terrestre aussi imprévu. Torryos ei Kalida iiuul^reul à genoux et firent monter jus- |ii au front de Jéhovah leurs plus ferventes actions de grâces.

« ,1e remercie ton Dieu, dit Kalida ; lui seul peut jeter â nos pieds i ini de richesses el de joies dans nos cœurs.

— Remercions-ie pour deux, lui répondit Torrijos.

— Jour trois, ajouta vivement Kalida, les paupières humides de larmes,

— Puisse-t-il lui accorder d'heureux jours 3

— I V i on s-1 e , Tû rrij os ; n ous l 'a ppe lierons Juan, notre

lils, puisque c'est là ton nom puisque lu as une pairie

et que je n'en ai plus :

— Cela est-il possible ? demanda l'Espagnol a la Péruvienne, dont il avait repris le bras avec un amour frénétique, oti l mais alors, a loi ma patrie, â toi mon ciel toi mon Dieu, car il a créé le lien, ce large soleil qui fc-

condn par sou ordre tant de riche sses épanouît devant nous*.* Viens, K.ilida; ici désormais esl notre pairie; ici est I» 1 bonheur, ici Je premier rejeton île In famille de Tor> rijos et de Kalida. »

Sous un ciel toujours bien» sur un sol toujours jeune el tort, que faut-il à l'homme dont nue douce compagne suis les pas h ]..n!riyi! les sentiments?», Du l'eau, quelques fruits, !a santé, un n^.inl, cette puissance étemelle qui donne du cœor au plus timide, une espérance an condamné.,.,.

Torrijos était donc heureux dans celle riante vallée dont il décrit l'opulence en termes si poétiques; il Pelait doublement, car i! lisait û sou réveil un sourire consola leur sur les lèvres enlr'ou vertes deKalida, qui allait bientôt devenir mère.

c Ainsi se former if 1rs colonies, lui disait la belle Pêmv ii- n ne de sa voit la plus persuasive : d'abord un, puis deux, puis trois; puis le hasard pousse jusqu'au désert un voyageur égaré», tin lui tend In main, on l'accueille, on te garde, et la h mi lie a besoin d'un champ plus vaste d'une cabane plus spacieuse, d'une natte plus large,

■ — Est-ce que la solitude te fatigue'.' lui demanda tristement l'Espagnol.

— Non, mon ami; mais l'avenir doit nous occuper un peu: tu vas être père, TûTrqos; ton fils aura une Ime comme ton âme... Je donnerai la mienne h ma tille, car il n'est pas vrai que uns pensées soient dans la tête,

— Que lu es uoble f ô mon ange consolateur l...., Ëli bien ! sais-tu ce que m'inspire ta sa^c prévoyance

— I\n-le, anû : la parole est douce alors même qu'elle gronde; je page que tu vas avoir raison contre moi qui prétends toujours le donner tort.

— Ecoute : i> sommes si heureux ici, loin îles Gou-

raocas, suri oui loin des l -j ignols, mes sanguinaires compatriotes, que ridée de foui lier au delà du cirque de lave ijui nous emprisonne m* m'est point venue .... Peut-être

mmes-nous voisins de quelques-nues de ces bourgades fortunées a" mi uoti- parlent les vieilles traditions de nos

Imys; peut-être aussi vivons-nous au milieu d'un monde oité Yen vin que je gravisse ces crêtes arides nui

nous dominent et que mon œil sonde les profondeurs ota

vallées qui les séparent? Le bonheur pur n'est point

cgoïsre, el s'il est vrai rpic des hommes ou des populations se meuve»! près d'ici, je croîs qu'il si mit humain de leur dire que notre pays à nous est riche, que uns fruits sont • iHireux, nos eaux toujours fraîches el lin pides, ci notre ■ m pire asseî vaste pour une partie de ceux qui souiFrenU*. Le veux-tu, Kalida

— Ta proposition est un reproche , répondit h jeune In die une toi présentant une main petite et motte a son époux inquiet, mais je L'accepte >.ms bouderie; seulement, si tu pars, si tu t'éloignes, je pars avec toi, je ne te quille pas; Les fatigues doivent eue les miennes, tes périls seront les miens,..,,

— lit ion eu faut ? s'écriait Torrijos alarmé ; ici nous avons des fleurs toujours brillantes, du çaion îoujom^ vert, des arbres toujours rigoureux et protecteurs,,. Il ne faut poini de tombe, et, lu le sais, ô ma divine compagne! Ion ilen uipir sera le mien, »

Le cirque était encore e> îpè' dans le crépuscule, mais

les cimes des monts se violaçaienl aux premiers rayons du soleil, les o [seaux vollîgeaienl à travers le feuillage, et les papillons diaprés leur disputaient joyeusemeni l'empire

de l'air Un homme jeune el fort /une femme forte el

jeune comme lui , escaladaient les rampes de relie parti' des Indes américaines, si peu * indice encore. Ils ne se part aie n I pas. el cependant chacun deux avait dans sa tête de sinistres pensées; vous eussiea dii deux coupables

marchaj il vers leurs juges S'ils avaient pronuuc

seul mou ils sera ie ail ! i OOup sûr, revenus sur leurs p,^s : mais, comme le silence pouvait dire un espoir aux yeux de l'antre, ils poursuivirent leur marche pénible â traVirs les sentiers naturels qu« la lave avaU creusés dans la monlague el qui indi piaient pour ainsi dire L'époque des éruptions qui l'avaient vomie.

Cependant les forces IrahissahnL le courage de la jeune Péruvienne, dont le doux fardeau paralysaïl la marche ;

i. a peine eut-elle a t Ici ni la première arête de la colouelle demanda un moment de repos : ce moment fui

aussi

line qi

aussi relui de la méditation el des l eu tires reproches,

— Oit! nous n'aurions pas du quitter l'asile fortune pour une espérance qui peut cire un malheur, pensait Torrijos : les vrais amis sonl raies sur cette terre ne désenchantement . et quoique ie cœur snil citoyen de l'uni . vers, il lixe guère .pie par cgoïsraeou par intérêt*. ...

— N'est-ce pas, disait Kalida [ le coude appuyé sur les f»riioux de son noble compagnon et en plongeant un pieux regard dans le regard de l'Espagnol, n'est-ce pas, mon ami, qu'il v n loin encore d'ici a la grande vallée que nous voulons atteindre?

— Wv. . ivpnudit Torrijos, qui avait compris le sens de cette question, pour que je renonce presque à mon projet,

Tu o ii s uns plus loin, Juan, ou bien, nous pour- Brimons ensemble ta roule; le quitter une heure, une secoudes est au-dessus de mon ênergn ■ i ji- comprends que je n'ai de puissance qu'auprès de toi..!., Les haines a hommes s'éteignent : rien n'est éternel ici-bas que notre amour. Oui. mon Juan, nous veillerons mic notre enfant bîen-aimé, el le jour ou nous dirons notre dernier adieu ■i la vie, nous indiquerons du doigt i notre lils, à notre tille, hi roule que nous avons prise pour arriver de Quito jus pu ri.,. Le pauvre enfant piaule] a une croix sur noire unique tombe; puis, en la montrant aux Espagnols ou qui CouraccaSj il leur racontera nus malheurs an ce une éloquence filiale si persuasive, qu'on lui pardonnera sa naissance et ses pleurs,

— Hml triste avenir je t'ai ouvert, o ma noble compagne! s'écriait Torrjjos en se frappant le front avec violence : pardonne, amie, pardonne •■ mon amour, qui n'a d'abord vu que lui dans sa première résolution,,. Tu m'as appris, Kalida, que la vie ne relut qui aime est tout entière dans la femme qui est aimée,. Une seule pensée de loi vaut toutes celles ipie le rie] jeltr plans ma lele., dans mon cœur, el si jamais.,.,.

— Tais-toi, tais-toi ! disrut la l'énr ienue 60 i ivj; , -. sa ni n demi : n 'as-tu pas entendu près de nous un soupir, une plainte'.'

— .le le crois, je le crains.,,,.

— Tu vois donc bien que tout être vivant esl noire ennemi, puisque DOUS CQ avons peur !

— Je n'ai peur que p - toi, mon amour;

— Est-ce ■ | ■ i> - sommes deux depuis que nous nous

Connaissons? poursuivit Kalida qui se reconnaissait épouse

et Tiierea ta fois Un danger nous menace .i*' '■■ vois;

allons à lui, Torrijos; allons-y de front, serrés l'un cou ire l'autre. Viens, viens,.. p

Un immense rocher, dans les anfractuosilés diiijiiel grimpaient de vigoureuses lianes semblables â des s- rp" Mis assoupis, séparai! nos amoureux de l'endroit d'où ils supposaient que le bruit était parti : le poiqnard à la main, ils avancent avec précaution, a petits pas. courbés, l'œil inquiet, l'oreille attentive.

C'était un jaguar accroupi prés de sa compagne nmrte!

Kalida tomba un genou en terre et pftlit... Kl h- nlbii ."m mère : la surprise, l'effroi, venaient de hâter l'heure de sa

délivrance; mai*. ^'Mîia^euse p ■ elle, tremblante pour

son enfaotj elle résistait à la douleur, elle ne u ussait aucune plainte: tandis que Torrïjos t quî n'osait nnlerroger, la soutenait de son Iras gauche, il suivait d'un regard menaçant le regard implorateur du jaguar, couché sur le cadavre de sa compagne.

Si le. tifji* 1 royafa sa tendresse. Le jaguar de l'Amérique a la sienne aussi, et le quadrupède vivant, mourani pres- «[ne de faim, n'a;ur jias voulu aller chercher an lotit des vivres qu'il ne pouvait plus partager avec la kldèle c onn.i£ue di ses dévastations, H attendait la mort, et devant lui, à quelques pas. un enfant recevait la vie.

U ne faire pourtant ?

Ce soleil avait parcouru la moitié de sa course; Kalida, presque sans rorce, se soutenait â peine, et le jaguar, à l'instinct si fatal, pouvant se réveiller tùtou lard, ne permellaU aucune indécision à 1 Espagnol.

« ïïe bouge pas, dit-il a la Péruvienne* nous sommes

ŒUVRES DE JACQUES ÀRÀliO.

irop de quatre dans en désert sauvage, laisse -moi me débarrasser du tigre; r suis asses fort pour te porter toi ot tun llîsjiisjM tre cabane fortunée i ne bouge pas,»,, i

Et il av.. ii it le poignard (Tune main et te pistolet de l'autre.

y: I! se m Me demander grAce, dit Kalida dune voix a prine entendue; ji« te Lue pas, il souffre.... Kl nuis, si lu succombes, |a nu re ni Se lils mourront sans sépulture.,., &

Tomjos aspirait déjà l'haleine fétide du j r\ quatre pas les séparait à peine, il fis», il va foire partir la dvjtcnle***, la bêle féroce se couche et attend..,, l'Espagnol bai 'ii arme T son œil a vu ht blessure qui a étendu roide morte la femelle du jaguar enco -■ Fumante : o'esl trace profonde d'une halle!.,. Doue, le silence et l'isolement pouvaient seuls sauver Tnnijos et kalida, et leur permettre de revenir sur leur pas.

f Du courage! uil-il, du courage, amie! Le jaguar n'est pas notre idus redoutable ennemi en ne moment* Du courage, noble fille des béas 1 ou nous tombons sous les coups de nos oppresseurs* a

Il fallait s'éloigner di ce champ de bataille qui allait devenir peut-être un champ de mort, Torrijos pril la feune IV i u^ienne daps ses bras, et suivit ù pas' lents le sentier qu'ils avaient parcouru le malin ; maïs IV ie de l'homme est mesurée! LVinforiuné se vit contraint de s'arrêtera peu •I. distance du jaguar abandonné; il fit de sou manb une couche .l Kali la, qui couvrait son lits de ses bras « i de an tendresse, el attendit (pie la nuit Voilée du tropiques passai sur lui pour rej:ajnrr l,i riante vallée.

La fatigue l'assoupit ; sa compagne donnait â ses cotés.**. A leur réveil, ils étaient quatre sous le roche protectrice.

•iiblfllili' ii i h dogue apprivoisé, le jaguar reconnaissant

avait suivi l'Espagnol, ,Y i était venu s'étendre près de lui*

Tu Je vois, dit Kalida sans se troubler, en ouvrant les

i\ ; la générosité dn î des amis, tle ligro de nos con-

i ées n'a pinsni griffes ni dénis contre nous» il a un cœur.,. Levons- nous, et s'il nous accompagne, qu'il sort h bien* venu, *

Les deux pauvres exilée se roinirenl i-n marche; Jejïi-

;r les suivit comme un chien docile. Ils venaient n pei de tourner on coude voisin de leur dernier gîte, que le fougueux quadrupède bondit et rugit à la fois,.,. Il gratte la, terre, agile violemment sa queue, pousse de lugubres rauquements. a.\ proui tue sa langue raboteuse et rouge Mules soiesaigues de • lèvres Eebrilen contractées; ses yeu* iii.jn m éteints ci froids, lancent de vives étincelles cl semblent demander un en oc mi A mâcher. Torrijos se met en mesure de rabattre,

— Àircie encore, lui dil Rnlida, ce n'est pas contre noua que le jaguar veut tourner sa rage; celle rage « '* r îinfi protection.... Regarde, regarde, flous sommes poursuivis,

Un bruit sourd et prolongé, pareil à la voix d'une ira ta litote lointaine, arriva jusqu'aux deux fugitifs. Torrijos, suis songer davantage â la colère réveillée du jaguar, a'é lança sur un monticule d'où il planait *rw l'espace. * Les voila ! s'écria-t-il, tes voilà ! Ce sont les Espagnols, b ennemis, ils se dispersent,.,* ils nrms. ont vus ; lisent \n le tigre,..* ils laisseront le tigre pour nous,**. Viens, Kalida, ne leur donnons point la joie cle notre mort; je lea connais, la torture la p recède*

— Aux yeux île mon Hicu comme aux yens du tien, le suicide est un crime, dit la i vienne d'une vi-ix soumise; la torture, c'est le martyre, et , h -m ni vu- donna le ciel.

— Eb bien ! soit» poursuivit Torrijos, en précipita ut autant que possible la marche de sa malheureuse compagne.,., f.hrrchons un asile où qos ennemis ne puissent nous at* teindre; gravissons la cime la plusçscai pée des assises qui nous dominent : peut-être nos divinités réunies nous ràcheront-elles au danger qui noua impris e. »

Knlida suivit Tinijn^ ri comme si hieu les avait entendus, ils découvrirent près d'eux , sur leur lôte, l'nuveri d'une grotte ou, selon tontes les prévisions, on ne viendrait pas les chercher*, M Hélas 1 qui peut sonder les décrets de PEternel J De son cû te, le jaguar attentif n'abandonnait point son poste, et suivait de sa jaune prunelle tes mouvements dei

Espagnols arrivas dt*jâ aup s du quadrupède frappé par

s. L'iie halle siffle et l'aplatit sur le roc qui sort de rempart à la nouvelle demeure: de Torrijos. et de Kalida. Toute résistance esl impossib e; ils léveni les yeux au ciel, et se fj lissent courbés dans in grotte m : mise.

De nouveaux coups de fusil se foui entendre; l'ennemi n'est pas loin, le jaguar l'attend..»

Tandis qu'une troupe de cavaliers cherche au fond de la vallée un commode passage pour les coursiers peu façonnés aux ascensions di fi te il es, quelques lestes piétons escaladent les roches aiguës de la montagne, et arrivent ui 's de la hète féroce. Ce que le tigre n'aurait pas fait pour ni, il le fait pour ceux qui l'ont pi vins calculer

'imminence du péril, sans compter Je nombre di « une* mis qu'il doil combattu', il s'élance sur le plus téméraire des Espagnols, al mule avec lui sur ti ami mêlé de ronces*... Voici un adversaire da moins; une pression de mâchoire lui a hrlsè le crâne, el comme l'odeur du sang excile le quadrupède, il part de nouveau n se trouve en présence do deux jouteurs unis nom- le combat; a île siftïe.,. lVqiaule du jaguar est entamée* »< le ohassettr est abattu ri son tour; et quand un quatrième combattant se présente, le troisième ne peut plus Lui être utile, son corps n'a plus de mouvement, et son sang coule par vinffl larges U< s.... La béte furieuse couve de sa prunelle ardei un Péruvien qui avait jusque-là guidé la marche d inqueurs; i'iuiin:il va bondir pour la troiaïi me fois, mais* nouvelle balle iefrappeaucon el l'abat... Il rugît, iia'agi

Eivulsivement, il lente ou deru ri pour la ù' n -

ffeance,,*. ses muscles se distendant, il chemine a reenfons, el vii, u>ol pas par instinct, mais par gratitude, poser encore en sentinelle perdue devant la grotte ùù Torrijos et de k.'nhh... IL ex|iii

Les i ioIs L'ont suivi.,, Nul de leurs ennemis ne pourra leur échapper désormais : les pieds des deux fu mit laissé des traces sur le sol humide.... Ils sont la!... el si Jour énergie les y tien! captifs, les siècles passeront peut-être sur eux sans qu'on trouve leurs cl lis.

« Nous vous .i vous suivis, s'écrie un des soldais de sa voix retentissante; Pîzarre vi us fera^ràco Venez, ouvo im ! reverrea plus La lumière. »

Le ilienei n pon ! seul a la menace de l'Espii^nol r qui la répète encu re nue fois. 1 1 bientôt, comme la nuit avançait,

'• i e le sommet des pins h.'ui intagnea n ■ a

pi iae 1rs obliques rayons du sr»li»il couchant, comme le site iju'lls avaient gravi ne pouvait Airr atteint par lis cavaliers, dès que leur vengeance était salblaUc, 1rs i gnols, dociles aux on rigoureux de leurs cl firent rouler devant l'orifice de la proUi- qtiolques fragments

rochers» qu'ils pousaêrenl avec de violents efforts i dont les prisonniers e ! . ii-jii impniss.ini- r.

v Voici votre tombe! dit une voix solennelle.

— Nous acceptons notre tombe Ivrépoudil une vols tu-

gulilr,

Il tmil redevint sil «eus sur la montnguc; les p;

coursiers, lu menace *nola, le plaintif rauquenw

du tigre, le dernier soupir des caplîl

Aujourd'hui, quand ! lion : ide visite i mirées

déserte., il voit ■•>' y une profonde stupéfaction, sur h i Lianes du Oapaîo, des roche dessinant, comme le

ciseau du statuaire, des Lé tes, des bras croit torses, les uns a 1 'Usai puis, ci el lé, des formes humaines blotties et ooucl ur le sid É ei mhlables i sphinx solitaires que la science découvre encore dans les sables, près des ruii i Uemphis.

El maint* nant, armex-^oua ne courage, ou plntô vous ROidat de l'armée «le Pitarre, si vora voules v ma

lotion, ici, prèida tons, dans le curioui cabinet d'an-

iropologïe du Mu cum d'histoire naturelle, cou lux soins si éelaii! : s di j M. Lrnirillord, le groupa si il nma tique que je vous montre du doigt.

Un homme, une femme, jaunes connue du parchei moisit atïaisiis sur eux- me mes, relue là les deux coudes sur

genoux, la tète dans les deux matas; celte-lé, dil 'opulente et noire chevelure traîne sur le sol en Unis pressés, avançant les deux bras pour protéger un enfant

i\' UN POLE A L'A UT 11 K.

dont les chairs trop tendres n'ont |>u résister au frottement des siècles, mais qui a laissé ses t races si] r le s lianes Amaigris de la malheureuse mère...

Que de douleurs sur ces deux figures sans mouvement !...

■st la faim, c'est h soir i la torture dw l'impuissance pour ment île rnbjoi hien Eimiiv pour celui de notre nnumr ; e esi lo désespoir comprimé, c'est ¥ héroïsme du dévouemenli ■ ' f| lenôVesse maton elle dans ce qu'elle a do plus de saint, lu martyre dana ee qu'il a de i plus céleste.,, Le* dents son! halles, éclatantes,,, il y avait ' i.i de la jeni les mu ml bien d«s&hu>Sj. Mon tendus,., Il y avait i : H. la force, il une nature d'élite.

Passez votre doigt sur le seïu de cette lllle de* Ineas,

touchez de votre mMe celle large poitrine û»prigiio)e; lâ-

d< ont Iwiliu, il y n deux cent* nu ti cœurs éiier-

dont les neiges Amoiicvlêei du fiapaiio purent seules

arrêter les battement

Vnh à Torrîjoa ! pain ii Kalida i,.

Unr boite en fer- plat ie, un papier chinois, des phr.i naïves, coupées, mutilées, écrites taniél avec de l'encre ■ ' une plume, t miiV avec un pinceau et de la isuftiine,,* Voila lesprécieui documents mi j'ai |Hiisé le récit qu'on vient de lire.,. Lus trois héros, du àjrame, Ses voi|âJ ont voulu vivre H mourir de la même vie et de la môme mort-

I lien a fait ce que Pîiarrg a voulu faire !

Dieu et Satan se Mint trouvés d'accord cette fois.

T Al OU* 01,

Le résultat démos récente*? f( pirilleysjg dludus, je lo dois d votre curiosité... Le voici.

Tons lis peuples de la (erffl froiiu.iU-enl l'écriture, tons, exemple peut-être les naturels de la presqu'île Perron m ceu* de ki > r ouvclle-U ailes du Sud, que je ne com parerai j ,l rorang-outang 1 de peur d'humilier h rfl( me, Imi

susceptible, selon l'opinion de« plus U - naturalistes.

yi Lte écriture, quede est-elle ï pourquoi l'espril humain, envahisseur comme l'ouragan, uiurpateii i nwie la trombe; nVt-il pas donné â luus les Immmea les mimes caractères pour exprimer les mêmes id. \\\\ cesl que l'homme ne pour ta société, qui, selon la morale, devmit établir légalité pour tnus, tend â s'isoler, par cela seul que chacun voudrait occuper le premier rang, et que la seconde place ne convient parfaitement i\ personne.

L'esclave et le valet rêvent aussi d'indépendance et de vaste* hn ri 7 ous. Comment se sont peuplés les océans? Endéminent par des Émigrations continentales. Vous iront chez lés Gnsnches pur sang des traces nombreuses du carnet ère des Arabes, échappés des côtes africaines pour venir peupler les Canaries et les Açores, vomies a l'air au milieu d'une colère océanique,

A Madagascar, tous reconnaisse* les tlafreset 1rs Jbltentots, soumis par l'habitude aux caprices de quiconque veut tes dompter.

Je crois que tous les archipels du vaste cm r ndien se sont peuples par Hnd « i r. tu, et j'ai reconnu îa race

malaise tons les caractères des Chinois et des Japonais.

li'Mi tiennent les sauvages habitants de la Nouvellelin 1 lande? Dieu le sait. Us smt 1;' L comme le polype et le madrépore an fond des eaux. Ils naissent, ils vivent, ils

eurent : c'est iouL

Hit bleui tous les peuples jetés sur les archipels qui pavent, pour ainsi dine, tous les océans, ne sont pas tel Lomé m distincts les uns des nuire-; qn*on ne puisse assurer qu'ils ont eu peut-être une existence commuv

Los EjuiEticoudos se tatouent le corps, les jambes et les bras. Ans Carolines. le même tatouage est adopté, (liiez les premiers, la quantité des dessins est un titre de gloire et de dignité chez les derniers, le ttinm seul (le roi)esi la! oi lé depuis l'épaule jusqu'à La cheville; un demi-roi est a demi tatoué,

Ainsi, selon mm, les tatouages Ont pris le earacLèrc des peuples qui s'en revêtent \ car c'est un habillement que ces desseins curieux et bizarres dont les corps sont couve ris.

Les Païktcès ou Tranche- Têtes, ainsi nue h 1 s Boutîcoudos, se déchirent la peau par des rigole* profondes» Ce sont îles peuplades farouches qui tuent et mangent leurs ennemis.

Les Caroline vivent en paîi avec tous leurs voisins, menu ivecles Filjis» aiit1iro|inph.iL:«'s. Y\\ bien ! leurs des* Ipns son) des ornements gracie ni, pleins de régularité, cjestigfr 3 parfaitement a nu niées, suivant M charpente de l'homme, et les sinuosité» rteti nerfeel des muscles. Le tatouage des premiers -<is épouvante, sous fait reculer d'horreur ; le tatouage rm* Carolins voui ni lire, vousnmus tfQOS niait. L.i-fias f on creusa ,i l'aide d r uu «.s, d'nnc nn' de poisson ou d'une pointe de 11 i i. o l*aïde d'une

petite baguette fr ami anl duueeinenl luruneaulre, vertica- [emefit assujettie \ la patte d'un toul i ■■» 'îi oiseau dont tes ongles sont trêswrappi h) pénètrent légèrement la

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