‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de Musset (volume 2)Chapitre 111 sur 130 · STANCES DE CHARLES NODIER · texte numérisé non relu

STANCES DE CHARLES NODIER

STANCES DE M. CHARLES NX)DIEB

J'ai lu ta vive Odyssée

Cadencée ; J'ai lu tes sonnets aussi,

Dieu merci!

Pour toi seul l'aimable Muse,

Qui t'amuse, Réserve encor des chansons

Aux doux sons.

Par le faux goût exilée

Et voilée, Elle va dans ton réduit

Chaque nuit.

Là, penchée à ton oreille

Qui s'éveille, Elle te berce aux concerts

Des beaux vers.

Elle sait les harmonies

Des Génies, Et les contes favoris

Des péris ;

Les jeux, les danses légères

Des bergères.

Et les récils gracieux

Des aïeux.

Puis elle se trouve heureuse,

Lamoureuse, De prolonger son séjour

Jusqu'au jour.

Quand, du haut d'un char d'opale,

L'aube pâle Chasse les chœurs clandestins Des lutins.

Si l'aurore mal apprise

L'a surprise, Peureuse elle part sans bruit

Et s'enfuit,

En exhalant dans l'espace

Qui s'efface Le soupir mélodieux

Des adieux.

Fuis, fuis le pays morose

De ta prose, Ses journaux et ses romans

Assommants.

Fuis l'altière période

A la mode, Et l'ennui des sots discours, Longs ou courts.

Fuis les grammes et les mètres De nos maîtres,

Jurés experts en argot Visigoth.

Fuis la loi des pédagogues Froids et rogues,

Qui soumettraient tes appas Au compas.

Mais reviens à la vesprée

Peu parée, Bercer encor ton ami

Endormi.

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