‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de Musset (volume 2)Chapitre 17 sur 130 · L.ETITL\, entrant · texte numérisé non relu

L.ETITL\, entrant

Madame?

CAMARGO

Demandez des chevaux pour ce soir.

{Exil Lxlilia.)

RAFAËL

Sur mon dm».

Vous avez des vapeurs, madame, assurément.

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CAM.VRGO.

Me suivrez-vous?

RAFAËL

Ce soir! à Vienne? — Non, vraiment.

Je ne puis,

CAMARGO

Adieu donc, Garuci. Je vous laisse. — Je pars seule. — Soyez plus heureux en maîtresse.

RAFAËL

En mailresse? heureux? moi"? — .Ma parole d'honneur, Je n'eu ai jamais eu.

CAM.\RGO, hors d'elle.

Qu'étais-je donc?

Mon cœuT, Ne recommencez pas à vous fâcher.

CA.MARGO.

Et celle De tantôt? Quels étaient ces gens? — Que faisait-elle, Cette femme? — J'ai vu! — Voudrais-tu t'en cacher? Quelque liile, à. coup sur. — J'irais lui cravacher La figure !

RAFAËL

Ah! tout beau, ma belle Bradamante.

Tout à l'heure, voyez, vous étiez si charmante.

CA.MARGO.

Tout à l'heure j'étais insensée, — à présent Je suis sage !

RAFAËL

Eh! mon Dieu! l'on vous fâche en faisant Vos plaisirs! — J'étais là, près de vous. — Vous me dite D'aller là regarder si l'on vient. — Je vous quitte, Je reviens. — Vous partez pour Vienne! Par la croix De Jésus, qui saurait comment faire?

CAMARGO

I Autrefois,

Quand je le disais : « Va! » c'était à cette place!

Montrant son lit.

Tu l'y couchais — sans moi. — Tu m'appelais par gràr Moi, je ne venais pas. — Toi, tu priais. — Alors J'approchais lentement, — et tes bras étaient forts Pour me faire tomber sur ton cœur! — Mes caprices Étaient suivis alors. — fl tous étaient justices.

Tu ne te plaiiçnais pas; — c'était toi qui pleurais! Toi qui devenais pâle, et toi qui me nommais Ton inhumaine! — Alors, étais-je la maîtresse?

RAFAËL, se jetant sur le lit.

Mon inhumaine, allons! Ma reine! ma dresse!

Je vous attends, voyons! Les champs clos sont rompus!

M'osez-vous tenir tête?

CAMARGO, dans ses bras.

Ah! tu ne m'aimes plusl

Devant la maison de la Camargo.

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