‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de Musset (volume 2)Chapitre 86 sur 130 · POUR UN PASSAGE D'UN ARTICLE INSÉRÉ DANS LA « REVUE DES DEUX-MONDES · texte numérisé non relu

POUR UN PASSAGE D'UN ARTICLE INSÉRÉ DANS LA « REVUE DES DEUX-MONDES

Ami, lu l'as bien dit : en nous, tant que nous sommes,

Il existe souvent une certaine fleur

Qui s'en va dans la vie et s'effeuille du cœur.

« Il existe, en un mot, chez les trois quarts des hommes,

Un poète mort jeune à qui l'homme survit. »

Tu l'as bien dit, ami, mais lu l'as trop bien dit.

Tu ne prenais pas garde, en traçant ta pensée,

Que ta plume en faisait un vers harmonieux,

Et que tu blasphémais dans la langue des dieux.

Relis-toi, je te rends à ta Muse offensée;

Et souviens-toi qu'en nous il existe souvent

Un poète endormi toujours jeune et vivant.

A LYDIE

TRADUIT d'hORACE (ODE IX, LIVRE IIl) HORACE.

Lorsque je t'avais pour amie, Quand nul jeune garçon, plus fobuste que moi, N'entourait de ses bras ton épaule arrondie.

Auprès de toi, blanche Lydie, J'ai vécu plus joyeux et plus heureux qu'un roi.

LYDIE

Quand pour toi j'étais la plus chère, Quand Chloé pâlissait auprès de Lydia, Lydia, qu'on vantait dans l'Italie entière,

Vécut plus heureuse et plus fière Que dans les bras d'un dieu la Romaine Lia.

HORACE

Chloé me gouverne à présent, Chloé, savante au luth, habile en l'art du chant; Le doux son de sa voix de volupté m'enivre,

Je suis prêt à cesser de vivre Si. pour la préserver, les dieux voulaient mon sang.

LYDIE

Je me consume mainteLant D'une amoureuse ardeur que rien ne peut éteindre Pour le fils d'Ornithus, ce bel adolescent,

Je mourrais deux fois sans me plaindre Si, pour le préserver, les dieux voulaient mon sang.

HORACE

Eh quoi ! si dans notre pensée

L'ancien amour se rallumait?

Si, la blonde Chloé de ma maison chassée, Ma porte se rouvrait? si Vénus offensée

Au joug d'airain nous ramenait?

LYDIE

Calais, ma richesse unique.

Est plus beau qu'un soleil levant,

Et toi plus léger que le vent.

Plus prompt à t'irriter que l'âpre Adriatique ;

Cependant près de toi, si o'était ton plaisir,

Volontiers j'irais vivre, et volontiers mourir.

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A LYDIE

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