OCTOBRE
L*espnt de Dieu, comme le soleil, donne toujours à la fois toute sa lumière. L'esprit de l'homme ressemble A cette p&le lune qui a ses phases, ses absences et ses retours, sa lucidité et ses taches, sa plénitude et sa disparition, qui emprunte toute sa lumière des rayons du soleil, et qui pourtant ose les intercepter quelquefois.
Avec beaucoup d'idées, beaucoup de vues, beaucoup de probité, les saint-simoniens se trompent. On ne fonde pas une religion avec la seule morale. 11 faut le dogme, il faut le culte. Pour asseoir le culte et le dogme, il faut les mystères. Pour faire croire aux mystères, il faut des miracles. — Faites donc des miracles. — Soyez prophètes, soyez dieux d'abord, si vous pouvez, et puis après prêtres, si vous voulez.
L'Eglise afBrme, la raison nie. Entre le ont du prêtre et le non de l'homme, il n'y a plus que Dieu qui puisse placer son mot.
Tout ce qui se fait maintenant dans l'ordre politique n'est qu'un pont de bateaux. Cela sert à passer d une nve à l'autre. Mais cela n'a pas dé racines dans le fleuve d'idées qui coule dessous et qui a emporté dernièrement le vieux pont de pierre des Bourbons.
Les tètes comme celle de Napoléon sont le point d'intersection de toutes les facultés humaines. Il faut bien des siècles pour reproduire le même accident.
Avant une république, ayons, s'il se peut, une chose publique
J'admire encore la Rochejaquelem , Lescure, Catbeli iieau, Gharetle même; je ne les aime plus. J'admire toujours Mirabeau et Napoléon ; je ne les hais plus.
Le sentiment de respect que m'inspire la Vendée n'est
S lus chez moi ou'une affaire d'imagination et de vertu, e ne suis plus Yendéeu de cœur» mais d'Ame seulement.
ces
Copie textuelle d^une lettre anonyme adressée jours-ci à M. Dupm.
« Monsieur le sauveur, vous vous f..... sur le pied de vexer les mendiants! Pas tant de bagout, ou tu sauteras l^ pas ! J'en ai tordu de plus malins que toi I A revoir, porte-toi bien, en attendant que je te tue. »
Mauvtiis éloge d'un homme que de dire : Son opinion politique n'a pas varié depuis quarante ans. C'est dire que, pour lui, il n'y a eu ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. C'est louer une eau d'être stagnante, un arbre d'être mort; c'est préférer l'huitre h l'aigle. Tout est variable, au contraire, dans l'opinion ; rien n'est absolu dans les choses politiques, excepté la moralité intérieure de ces choses. Or cette moralité est affaire de conscience et non d'opinion. L'opinion d'un homme peut donc changer honorablement, pourvu que sa conscience ne change pas. Progressif ou rétrograde, le mouvement est essentiellement vital, humain, social.
Ce qui est honteux, c'est de changer d'opinion pour son intérêt, et que ce soit un écu ou un galon qui vous fasse bnisquement passer du blanc au tricolore, et vire •versa.
Nos chambres décrépites procréent à cette heure une infinité de petites lob culs-de-îatte, qui, à peine* nées, branlent la tête comme de vieilles femmes et n'ont plus de dents pour mordre les abus.
L'égalité' devant la loi, c'est l'égalité devant Dieu traduite en langue politique. Toute charte doit être une version de l'Evangile.
Les whigs ? dit O'Connel, des tories sans places.
Toute doctrine sociale gui cherche à détruire la famille est mauvaise, et, qui plus est, inapplicable. Sauf à se recomposer plus tarit, la société est soluble, la famille non. C'est qu'il n'entra dans la composition de la famille que des lois naturelles ; la société, elle, est soluble partout l'alliage de lois factices, artificielles, transitoires, expédientes, contingentes, accidentelles, aui se mêle à sa constitution. H peut souvent être utile, être nécessaire, être bon de dissoudre une société auand elle est mauvaise, ou trop vieille,, ou mal venue. Il n'est jamais utile, ni nécessaire, ni bon de mettre en poussière la famille. Quand vous décomposez une société, ce ^ue vous trouvez pour dernier résidu, ce n'est pas l'individu, c'est la famille. La famille est le cristal de la société.