‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 189 sur 309 · Quoniara omnes diea noatri defecerunt, et in ira · texte numérisé non relu

Quoniara omnes diea noatri defecerunt, et in ira

tua defecimus.

Ps. LXXXIZ.

Parce que noua sommes tombés dans votre colère, et que nous avons été troublés dans votre fureur;

Vous avez placé nos iniquités en votre présence, et notre siècle dans la lumière de votre face;

Puisque tous nos jours ont failli, et que nous sommes tombés dans votre colère !

ODE DIXIÈME

Voici ce qu'ont dit les prophètes.

Aux jours où ces hommes pieux Voyaient en songe sur leurs têtes L'Esprit saint descendre des cieux :

({ Dès qu'un siècle, éteint pour le monde, « Redescend dans la nuit profonde, a De gloire ou de honte chargé, « Il va répondra et comparaître a Devant le Dieu qui le fit naître, c Seul juge qui n'est pas jugé, j»

Or écoulez, fils de la terre, Vil peuple à la tombe appelé.

Ce qu'en un rêve solitaire La vision m'a révélé : — C'était dans la cité flottanto, De joie et de gloire éclatante,

Où le jour n'a pas de soleil, D'où sortit la première aurore, Et d'où résoDoeroDl encore Les clairons du dernier réreill

Parut un spectre centenaire, Par l'ange des Français conduit; Et l'ange, vêtu d'un lonR voile.

Etait pareil à l'humble etpile Qui mène au ciel la somlire nuit.

Dans les cieui et dans les abîmes.

Une voi» alors s'entendit, Qui, jusque parmi ses victimes.

Fit trembler l'archange maudit.

Le char des séraphins fidèles, - Semé d'yeui, brAtant d'étincelles, S'arrêta sur son triple essieu, Et la roue, aui flammes bruyantes, El les quatre ailes lourno^aules.

Se turent au sounie de Dieu.

a Déji du livre séculaire

0 La pai;e a dix-sent Tois tourné-, n Le gouffre nllenu <\ne ma colère « Te pardonne ou t'ait condamne !

« Approclie, — je liens l.i balance :

■ Te voilà nu dans ma présence,

". Siècle innocent ou criminel.

1 Paul-il que Ion souvenir meure?

a Répands, un siècle est comme une « Devant mon regard éternel.

''ai soumis à mes lois sublimes

Il l'immuable et l'infini;

'ai pesé les volontés ni£ines...

e PanlAme, arritel tes blasphèmes ■ Troublent mes saints d'un juste elTroi ; 0 Sors de ton orgueilleuse ivresse, « Doute aujourd^ui de ta sagesse; a Car lu ne peux douter de moi.

" Fier de tes aveugles sciences, 1 N'as-lu pas ri, itos les clameurs, a Et de mon être et des croynoces « Qui gardent les lois et les mœurs?

M De la mort souillant le mystère, « !S'as-lu pas effrayé la terre

0 D'un crime aux humains incnnnii?

1 Des rois, avant les temps célestes, I M'as-iu pal réveillé les restes?

- 0 Dieul votre jour est venu!

( Pleure, 6 tiéclel D'abord tiraide, « L'erreur grandit comme un géant; ■ L'athée invite au régicide ; « L# chaos est fîU du néant, a J'aimais une terre lointaine; a Un roi bon, une belle rjjne « Conduisaient son ij^iple joyeux; n Je bénissato leurs jours augustes ; I Réponds : Qu'as-tu fait de ces justes?

LE SliClE.

( — Sdgaeurl je les vois dans vos cioui.

« Oui ; l'épouvante enfin t'éclairc!

« C'est moi qui marque leur séjour « Aui ré|irouvés de nia colère, « Comme aux élus de mon amour.

<T Qu'un t'ayon tomtie de ma Tace, « Soudain tout s'anime ou s'effoce, • Tout naît ou retourne au tombeau.

« Mon sourOe, prunice ou terrible, (t Allume l'incendie horrible, ï Comme il éteint le pur (lambeau !

i Que l'oubli muet te dévore.

0 — Seigneur, votre bras s'est levé ; « Seigneur, le maudit vous implore!

I Nod; tais-toi, siècle réprouvé I

I — Eh bien donc! l'Age qui va naiin ï Absoudra mes Tortails peut-être « Par des forfaits plus odieux! > Ici gémit l'humble Espérance, Et le bel ange de la ^ance De son aile voila ses yeui,

LA von.

« Va, ma main t'ouvre les abimes;

« Un siècle nouveau prend l'essor; a Mais, loin de l'absoudre, ses crimes, i Maudit I t'accuseront encor. »

Ri i-jiTiimp l'ouragan (]ui gronde

Tinrt liniil iiiBniio sur l'oudC

Chasse i grand bruit jusque Le flocon vers les mers jeté, Longtemps la Vuii inexorable Poursuivit le Siècle coujiable, Qui tombait dans l'éternité.

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