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LA GUERRE D'ESPAGNE

Sine clade TÎaor.

ODE SEPTIÈME

Oh ! que la royauté, puissante et vénérable, Fille, aux cheveux blanchis, des âges révolus, Perçant de ses clartés leur nuit impénétrable,

Où tant d*astres ne brillent plus; Soume(tant l'aigle au cygne et Pautoiir aux colombes,

S'élevant de tombes en tombes;

Géant que mndit son fardeau ; Consacrant sur raulel le fer dont elle est ceinte, Et mêlant les rayons de Tauréole sainle

Aux fleurons du royal bandeau ;

Oh ! que la royauté, peuples, est douce et belle! --

A force de bienfails e^le achète ses droits.

Son bras fort, quand.bouillonne une foule relielle,

Couvre les sceptres d'une croix.

Ce colosse d^airain, de ses mains sécuUires,

Dans les nuages populaires,

Lève un phare aux feux éclatants; Et, liant au passé l'avenir qu'il féconde. Pose  la fois ses pieds, en vain battus de l'onde,

Sur les deux rivages du temps.

Aussi, que de malheurs suprêmes Elle impose aux infoitunés.

Qui, sous le joug des dicfdémes, Courbèrent leurs fronts condamnés!

Il faut que leur cœur soit sublime.

Affrontant la foudre et l'abîme, Leur nef ne doit pas fuir recueil.

Un roi, digne de la couronne.

Ne sait pas desceqdre du trône.

Mais il sait descendre au cercueil.

Il faut, comme un soldat, ou'un prince ait une épée, H faut, des factions quand l'astre impur a lui. Que nuit et jour, bravant leur attente trompée,

Un glaive veille auprès de lui; Ou que de son armée il se fasse un cortège,

Que son fier palais se protège

D'un camp au front étincelànt; Car de la royauté la guerre est la compagne : On ne peut te briser, sceptre de Charleraagne,

Sans briser le fer de Roland I

Uoland ! — N'est-il pas vrai, noble élu ie la guerre,

Que ton ombre, éveillée aux cris de nos guerriers.

Aux champs de Ronceveaux lorsqu'ils passaient naguère,

'Les prit pour d'anciens chevaliers?

Car le héros, assis sur sa tombe célèbre,

Les voyait, vers les bords de TEbre

Déployant leur vol immortel.

Du haut des monts, pareils à l'aigle ouvrant ses ailes. Secouer, pour chasser de nouveaux infidèles.

L'éclatant cimier de Martel !

Mais un autre héros encore.

Pelage, l'effroi des tyrans, Pelage, autre vainqueur du Maure, Dans les cieux saluait nos rangs.

Au char où notre gloire brille, Il attelait de la Gastille Le vieux lion fier et soumis ; Répétant notre cri d'alarmes.

Il mêlait sa lance k nos armes.

Et sa voix nous disait : Amis!

Des pas d'un concjuérant l'Espagne enoor fumante

Pleurait, prostituée à notre liberté,

Entre les bras sanglants de l'effroyable amante,

Sa royale virginité.

Ce peuple altier, chargé de despotes vulgaires,

Maudissait, épuise de {jierres..

Le monstre eii ses cAmps accouru; Si las des vils tribuns et des tyrans serviles. Que lui-même appelait l'étranger dans ses villes,

Sans frémir d'être secouru !

Les Français sont venus : ^ du Rhin jusqu'au Bosphore, Peuples ae l'Aquilon, du couchant, du midi. Pourquoi, vous dont le front, que l'effroi trouble encfle,

Se courba sous leur pied hardi ; Nations, de la veille à leur chaîne échappées,

Qu'on vit tomber sous leurs épées.

Ou qui par eux avez vécu; Empires, potentats, cités, royaumes, princes; Pourquoi, puissants Etats, qui fûtes nos provinces,

me demander s'ils ont vaincu?

Ils ont af)pris à l'anarchie Ce que pèse le fer gaulois ; Mais par eux l'Espagne af|^nchie Ne peut rougir de leurs exploits; Tous les peuples, que Dieu seconde,

Îuand l'hydre, en désastres féconde, burne vers eux son triple dard.

Ont, ligués contre sa furie, Le temple pour même patrie, La croix pour commun étendard.

Pourtant, que désormais Madrid taise i l'histoire Des succès trop longtemps par son orgueil redits, Et le royal captif que l'ingrate victoire

Dans ses murs envoya jadis.

Cadix nous a vengés de l'alfront de Pavie.

A l'ombre d'un héros ravie

La gloire a rendu tous ses droits; Oubliant quel Français a porté ses entraves, La fiére Espagne a vu si les mains de nos braves

Savent briser les fers des rois !

Préparez, Castillans, des fêtes solennelles.

Des murs de Sarragosse aux Champs d'Almonadd.

Mêlez à nos lauriers vos palmes fraternelles :

Chantez Bayard; — chantons le Cid!

Qu'au vieil Escurial le vieux Louvre réponde;

Que votre drapeau se confonde

A nos drapeaux victorieux.

Que Gadés édifie un autel sur sa plage! Que de lui-même, aux monts d'où se leva Pelage,

S'allume un feu mystérieux?

Four témoigner de leurs paroles, Où sont ces nouveaux Dedus?

Le brasier attend les Scévoles !

Le gouffre attend les Gurtius !

Quoi I traînant leurs fronts dans la poudre. Tous, de Bourbon, cjui lient la foudre. Embrassent les sacres genoux I... — Ah ! la victoire est généreuse, Leur cause inique est malheureuse ; Ils sont vaincus, ils sont absouë !

Un fiourbon pour punir ne voudrait pas combattre. Le droit de son triomphe est toujours le pardon. Pourtant des factions que son bras vient d*abaltre

Il éteint le dernier brandon.

Oh! de combien de maux, peuples, il vous délivre!

Hélas I à quels forfaits se livre

Le monstre, à ses pieds frémissant !

Nous qui Tavons vaincu, nous fumes sa conquête. Nous savons, lorsque tombe une royale tête,

Combien il en coule de sang !

0 nos guerriers, venez ! vos mères sont contentes ! Vos bras, terreur du monde, en deviennent l'appui. Assez on vit crouler de trônes sous vos tentes!

Relevez les rois aujourd'hui.

Dieu met sur votre char son orcbe glorieuse;

Votre tente victorieuse

Est son taliemacle immortel ; Bjte saintes légions votre étendard dispose; irveut que votre casque à sa droite repose

Entre les vases de Tau tel !

C*en est fait : loin de l'espérance

Chassant le crime épouvanté.

Les cieux commettent à la France;

La garde dé la royauté.

Son génie, éclairant les trames,

Luit comme la lampe aux sept flammes,

Cachée aux temples du Jourdain ;

Gardien des trônes qu'il relève.

Son glaive est le céleste daive

Qui flamboie aux portes cTEden !

Novembre 1825.

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