‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 213 sur 309 · LE CHANT DE L ARÈNE · texte numérisé non relu

LE CHANT DE L ARÈNE

Généreui Grecs, VoiM les prix que remporteront les vainqueur:

HoHiBB.

ODE DIXlfiME

L'athlète vaînr|ucur dans Taréne Est en honneur dans la cité; Son nom, sans que le temps l'entrainc, Par les peuples est répété, Depuis cette plage iniéconde On dort sur la borne du monde L'hiver, vieillard au dur sommeil, Jusqu'aux lieux où, quand nait l'aurore. On entend sous l'onde sonore Hennir les coursiers du Soleil.

Voici la fête d'Olympie!

Tressez l'acanthe et le laurier !

Que les dieux confondent Timpie!

Que l'antique audace assoupie Se réveille au cœur du guerrier!

Venei, vous que la ffloire enchaine.

Voyez les prêtres d'Apollon, Pour votre victoire prochaine»

Ravir des couronnes au chêne Qui, jadiSy a vaincu Milon.

Venez de Gorinthe et de Crète,

De Tyr aux tissus précieux,

De Scylla, que bat la tempête,

Et d'Athos, où l'aigle s'arrête

Pour voir de plus haut dans les cieux!

Venez de Ttle des Colombes, Venez des mers de l'Archipel, De Rhode, aux riches hécatombes, Dont les guerriers jusqu'en leurs tombes De Rellone entendent rappel !

Venez du palais centenaire Dont Cécrops a fondé la tour ; D^Argos, de Sparte, qu'on vénère;

De Lemnos, où naît le tonnerre, D'Amathonte, ou naquit l'amour !

Les temples saints, les gynécées, Chargés de verdoyants festons. Tels que de jeunes fiancées, Sous des guirlandes enlacées, Ont cache leurs chastes firontons.

Les Archontes et les Ephores Dans le stade se sont assis; Les vierfçes et les canéphoret Ont purifié les amphores Suivant les rites d Eleusis.

On a consulté la pythie Et ceux qui parlent en rêvant.

A rheure où s'éveille Clytie, D'un vautour fauve de Scylhie On a jeté la plume au vent.

Le vainqueur de la course agile Recevra deux trépieds divins, Et la coupe agreste et fragile, Dont Bacchus h touché Targile, Lorsqu'il goûta les premiers vins.

Celui dont le disque mobile Renversera les trois faisceaux, Aura cette urne indélébile Que sculpta d'une main habile Phlégon, du pays de Naxos.

Juges de la gloire innocente.

Nous offrons au lutteur ardent Une chlamyde éblouissante De Sidon, qui, riche et puissante, Joint le caducée au trident.

Lutteurs, discoboles, athlètes, Réparez vos forces au bain ; Puis venez vaincre dans nos fêtes.

Afin d'obtenir des poètes Un chant sur le mode thébain !

L'athlète vainqueur dans l'arène Est en honneur dans la cité !

Son nom, sans que le temps l'entraîne^ Par les peuples est répété, Depuis cette plage iniéconde Où dort sur la borne du monde L'Hiver, vieillard au dur sommeil.

Jusqu'aux lieux où, auand nait l'aurore, On entend sous Tonoe sonore Hennir les coursiers du SoleiL

Janvier 1834.

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