‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 220 sur 309 · A MON AMI S. B · texte numérisé non relu

A MON AMI S. B

Persévéra ndo.

DwUe des Ducie.

ODE DIX-SEPTIÈHE

L*Aiele, c'est le génie ! oiseau de la tempête Qui des monts les plus hauts cherche le plus haut faite ; Dont le cri fier du jour chante l'ardent réveil ; Qui ne souille jamais sa serre dans la fange, Et dont l'œil £[amboyant incessamment échange Des éclairs avec le soleil.

Son nid n'est pas un nid de mousse; c'est une aire, Quelque rocher, creusé par un coup de tonnerre. Quelque brèche d'un pic, épouvantable aux yeux, Quelque croulant asile» aux flancs des monls sublimes,

Qu'on voit, battu des vents, pendre entre deux abîmes. Le noir précipice et les cieuxl

Ce n'est pas Thumble ver, les abeilles dorées, La verte demoiselle, aux ailes bicarrées, Qu'attendent ses petits, béants, de faim pressés; Non ! c'est l'oiseau douteux, qui dans la nuit végète. C'est l'immonde lézard, c'est le serpent, qu'il jette, lideuxy aux aiglons hérissés.

Nid royal ! palais sombre, et aue d'un flot de neige La roulante avalanche en bondissant assiège! Le génie y nourrit ses fils avec amour, El, tournant au soleil leurs yeux remplis de flammes Sous son aile de feu couve de jeunes âmes, Qui prendront des ailes un jour !

Pourauoi donc t'étonner, ami, si sur ta tête, Lourd de foudres, déjà le nuage s'arrête ; Si quelque impur reptile en ton nid se débat ? Ce sont tes premiers jeux, c*est ta première fête : Pour vous autres aiglons, chaaue heure a sa tempête. Chaque festin est un comoat.

Rayonne! il en est temps I et s'il vient un orage, En prisme éblouissant change le noir nuage. Que ta haute pensée accomplisse sa loi. Viens, joins ta main de frère à ma main fraternelle. Poète, prends ta lyre; nigle, ouvre ta jeune aile; Etoile, étoile, lève-tôi !

La brume de ton aube, ami, va se dissoudre. Fais-loi, connaître, aiglon, du soleil, de la foudre. Viens arracher un nom par tes chants iiispirés, * Viens; cette gloire, en butte à tant de traits vulgaires. Ressemble aux fiers drapeaux qu'on rapnorte des guerres, Plus beaux quand ils sont déchirés 1

Vois l'astre chevelu qui, royal météore. Roule, en se grossissant des mondes qu'il dévore; Tel, ô jeune géant, qui t'accrois tous les jours. Tel ton génie ardent, loin des routes tracées. Entraînant dans son cours des mondes de pensées, Toujours marche et grandit toiyours I

Décembre 1827.

nt ardinu terne et potuit Mpcr ew orbem. Giiff. ttmM, I

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:% iDun, <xi dAmet tomberont. [ Page 6S,)

Il il dit ail chaos sa paro'e [ûcoDdr, Et d'un mot de s« voix laisse tomber le monde! L'archnnge auprès de lui comutc les nations. Quand, des jauri el des lieux Trancliisuot lei es|

11 dispenK aux siècles leurs ratxa.

Et meiare leur temps aux générations '

ODE DII-UIIITIËHE

P( 're à Dieu seul ! ion nom ravonne eo ses ouvrages ' n parte dans m main l'univers réuni; il mit l'éternité par-deln tous les Ages, Par-Jelà tous lei deux il jeta l'infiiii.

Rien n'arréle en soi( cours sa puissance prudente, SoiL que ton souille immense, aux ouragans pareil. Pousse de splière en splicre une comète ardente, Ou dans un coin du monde éteigne un vieux soleil '

Soit qu'il sème un volcan sous l'océan qui gronde, Courbe ainsi que des Qols le front altier des monts, Ou de l'enfer (rouble touchant la voQte immonde, Au fond des mm de feu chasse les noirs démons!

Oh I la création se meut dans M pensée, Seigneur! tout suit la voie en tes desseins tracée.

- Il soA deiiint les pis

U grlnii disïrl

Ton brailelte un rajon au milieu des liiien, Meod la veuTe en pleurs du publicain BTJdc, On dam un ciel loinlaia, séjour désert da vide, Crée en passant ud uoiters.'

L'homme n'est rien »ins lui, l'homine, débile proie, Que le malheur dispute un moment an trépas. tHeu lui doune le deuil ou lui reprend la jo'e. Du berceau yers la tombe il a compté ses pas.

Son nom, que des élus la harpe d'or célèbre. Est redit i<ar les voii de l'univers sauve; Et lorsqu'il retentit dflD<t son écho funèbre, - L'enfa mandit son roi par les cieui réprouvé '

de l'itonir.

Oui. les auges, les saints, les s|ihcres éloilées, Et les Ames des morts devant toi rassemblées, 0 Dieu ' font de ta gloire un concert solennel ; Et tu veui bien que l'homme, être humble et périssable,

Marchant dans k nuit sur le sable, Héle un chant 'éphémère à cet hymne éternel !

U porte dans sa main l'univerK réuni j Il mil l'éternité par-delà tous les Ages. Par-delà tous les cieux il jeta l'inBnil

IMcembre 18»,

. M«U. — TIP. SUH» MtON Et C*, 1

ODES

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