‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 235 sur 309 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Pourquoi te plaindre, tendre fille?

168 jours n'AppartienoeDt^ilf pps à la première jeunesse?

Dotno lUhtutniên.

ODE DIX-SBPTIËNE

Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle, Enfant 1 n'enviez, point ikotre Affe de douleurs. Où le cœur tour a tour est esclave et rebelle, Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux, qu'on l'oublie ! Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs. Gomme une voix joyeuse en fuyant affaiblie, Gomme un alcyon sur les mers.

Oh ! ne vous hfttez ^int de mûrir vos pensées ! Jouissez du -matin» jouissez du printemps; Vos heures sont des fleurs l'une à loutre enlacées ; Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laisses venir les ans ! le destin vous dévoue, Gomme nous, aux regrets, à la fausse amitié, A ces maux sans espoir que Tonpieil désavoue, A ces plaisirs qui font pitié !

Ri^ pourtant! du sort ignorez la puissance.; Riez ! n'attristez pas votre front gracieux,' Votre œil d'azur, miroir de paix et d'innocence. Qui révèle votre Ame et réfléchit les cieux !

Pérrier 18S5.

Anx RUINES DE MONTFORT-LAMAURY

Ls royei-vous croître.

Là tour du Tieux cloître ; Et le grand mur noir Du royal manoir?

Altrid de Vignt.

ODE DIX-HUlTlÈME

Je vous aime, ô débris! et surtout quand l'automne Prolonge en vos échos sa plainte monotone. Sous vos abris croulants je voudrais habiter, Vieilles tours que le temps l'une vers l'autre incline. Et qui semblez de loin, sur la haute colline. Deux noirs géants préu à lutter.

Lorsque d'un pas rêveur foulant les grandes herbes, Je monte jusqu'à vous, restes forts et superbes ! Je contemple longtemps vos créneaux meurtriera.

El la tour octogone et ses briques rougies, Et mon œil, à travers vos brèches élargies, Voit jouer des enfants où mouraient des guerriers.

• Ecartez de vos murs ceux que leur chute amuse! Laissez le seul poète j conduire sa muse, . Lui (jui donne au moins une larme au vieux fort; Et, 81 l'air froid des nuits sous vos arceaux murmure. Croit au'une ombre a froissé la gigantesque armure D Amaury, comte de Hontfort.

Lé, souvent je m^.issieds, aux jours passés fidèle, Sur un débris qui fut un mur de citadelle. Je médite longtemps, en mon cœur replié ; Et la vflle, à mes pieds, d'arbres enveloppée, Etend ses bras en croix ei s'allonge en epée, Comme le fer d'un preux dans la plaine oublié.

Mes yeux errent, du pied de l'antique demeure, Sur les bois éclairés ou sombres, suivant l'heure, Sur l'église gothique, hélas ! prête à crouler, Et je vois, dans le champ où la mort nous appelle, Sous l'arcade de pierre et devant la chapelle, Le sol immobile onduler.

Foulant créneaux, ogive, écussous, astragales, M'attàchanl comme un lierre aux pierres inégales, Au faite des grands murs je m'élève parfois; Là, je mêle des chanis au sifflement oes brises; Et dans les deux profonds suivant ses ailes j^rises. Jusqu'à l'aigle effrayé j aime à lancer ma voix!

Li, quelquefois j'entends le luth doux et sévère D'un ami qui sait rendre aux vieux temps un (rouvëre. Nous parlons des héros, du ciel, des chevaliers. l>e ces âmes en deuil dans le monde orphelines. Et le vent qui se brise à Tangle des rumes Gémit dans les hauts peupliers!

Octobre 1825.

ODES

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